«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Pour un auteur, Paul Desmarais est un bon sujet. Pour un Québécois, c’est une autre affaire

Desmarais : Le post-mortem

Requiem pour un prédateur de haut vol

Son empire lui survivra-t-il ?

Tribune libre de Vigile
mercredi 4 décembre 2013
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C’était hier qu’avait lieu la cérémonie commémorative à la mémoire de Paul Desmarais, décédé le 8 octobre dernier. Messe célébrée à la Basilique Notre-Dame, réception au Pavillon Jean-Noël Desmarais du Musée des Beaux-Arts de Montréal dont les six étages ont été réquisitionnés pour l’occasion. Un gros événement auquel assistaient quelques 1900 invités.

Dans un geste pour lequel il n’y a sans doute pas beaucoup de précédents dans le cas d’une personnalité non politique, la Société Radio-Canada, son alliée dans la lutte aux velléités indépendantistes du Québec, a même diffusé la cérémonie sur son réseau. C’est sans doute la reconnaissance que Paul Desmarais, bien qu’il n’ait jamais occupé de fonctions officielles dans le gouvernement canadien, en occupait de très importantes à titre officieux.

Il faut dès lors s’attendre à ce que le concert de louanges, qui s’était quelque peu apaisé ces dernières semaines, reprenne de plus belle. Le corbillard étant passé, il devient socialement acceptable d’introduire quelques bémols pour rétablir un peu l’équilibre et jeter sur l’homme et son oeuvre un regard un tant soit peu critique.

Paul Desmarais en cinq temps

Le moment est venu de vous faire quelques confidences. Si je n’ai commencé à m’intéresser à Paul Desmarais et à ses affaires qu’en 2009, le personnage ne m’était pas étranger. En fait, et au risque d’en surprendre plus d’un, je connais Paul Desmarais depuis l’été 1963 ou 1964, je ne me souviens plus trop. Je lui ai même déjà prêté de l’argent ! Bon, ce n’était pas le mien, mais quand même...

Laissez-moi vous raconter...

Charlevoix

En visite familiale au Lac-Saint-Jean à l’occasion des Fêtes l’hiver précédent, j’avais eu l’occasion de rencontrer un beau-frère de mon oncle qui était le professionnel de golf attitré au Murray Bay Golf Club, situé entre La Malbaie et Pointe-au-Pic dans le comté de Charlevoix.

Impressionné par mon air de jeune homme sérieux, mes bonnes manières et ma capacité de m’exprimer couramment aussi bien en français qu’en anglais, il en vint rapidement à me demander si je serais intéressé à être son assistant et à tenir le pro-shop du club l’été suivant. L’occasion était trop belle pour la refuser, et je sautai dessus à pieds joints.

Mes cours terminés, je pris le chemin de La Malbaie. À l’époque, la construction de l’autoroute Jean-Lesage n’était pas encore tout à fait terminée (les derniers tronçons le seraient juste avant l’EXPO 67), et le voyage en autobus d’abord jusqu’à Québec, puis jusqu’à La Malbaie, représentait toute une expédition, doublée pour moi d’une découverte. C’était la première fois de ma vie que je me rendais dans Charlevoix, n’étant jamais allé auparavant plus loin que Ste-Anne-de-Beaupré. .

Les paysages étaient à couper le souffle, et la route aussi. Je garderai toute ma vie le souvenir de cette première descente vers Baie-St-Paul dans un vieil autobus poussif dont on craignait à chaque cahot, et il y en avait alors beaucoup, qu’il ne s’éventre. Les freins gémissaient à fendre l’âme, et une vague odeur de brûlé s’infiltrait dans l’habitacle, suscitant chez les passagers les pires appréhensions.

Au soupir collectif de soulagement à l’annonce de l’arrivée imminente du bus à La Malbaie, je compris que je n’étais pas le seul à avoir ressenti un doute sur l’atteinte de notre destination.

Le temps d’installer mes pénates, j’allais découvrir un univers dont j’ignorais jusqu’à l’existence, celui des gens très riches et de ceux qui leur gravitent autour dans l’espoir fou, mais hélas trop répandu, que la richesse soit une maladie contagieuse. Plus d’un papillon s’est brûlé les ailes à s’approcher trop près du feu.

Paul Desmarais appartenait déjà à la catégorie des gens riches, avec résidence sur le Boulevard des Falaises, à Pointe-au-Pic. Mais il y avait des gens alors bien plus riches, des Américains, les Taft, qui fréquentaient les lieux depuis la fin du 19e siècle, les Cabot de Boston, ou d’autres encore, les barons du caoutchouc ou de l’acier de Cleveland. Les riches arrivaient à Pointe-au-Pic sur les navires de la Canada Steamship. Certains y avaient de superbes résidences, à Pointe-au-Pic ou à Cap-à-l’Aigle, d’autres s’installaient pour la saison au Manoir Richelieu.

Pour ma part, j’habitais chez mon patron et sa conjointe, la soeur de mon oncle par alliance comme on expliquait les choses autrefois, qui avaient loué pour la saison le second étage d’une maison qui donnait tout juste sur le quai de Pointe-au-Pic. Mais ma vie, comme celle de tous les estivants, allait graviter autour du club de golf dont je tiendrais la boutique. Logée dans une cabane tout à côté du « club-house », elle donnait directement sur le « tee » de départ et le champ de pratique.

Mes fonctions comprenaient entre autres l’assignation des caddies aux golfeurs. Ils passaient donc tous dans la boutique avant de partir, et de la fenêtre qui donnait sur l’enclos arrière dans lequel devaient se tenir les caddies, j’avais la délicate tâche d’apparier les caddies aux joueurs selon des critères aussi variés que la séniorité, la connaissance du jeu, l’aptitude des jeunes à comprendre l’anglais et de pouvoir en baragouiner quelques mots au besoin avec un joueur n’ayant aucune notion du français, etc.

J’allais rapidement apprendre qu’autant les joueurs que les caddies avaient leurs préférences, et l’exercice devenait franchement périlleux lorsque elles ne coïncidaient pas. Certains joueurs avaient la cote chez les caddies pour leur largesse, d’autres étaient réputés pour leur pingrerie. Chez les caddies, certains étaient recherchés pour leur connaissance du jeu ou leur courtoisie, d’autres étaient rejetés pour leur jeunesse, leur petite taille ou leur « mauvais genre ».

C’est dans ces conditions que j’allais rencontrer la famille Desmarais, à tout le moins Paul Sr, sa femme Jacqueline et les deux garçons Paul Jr et André (surnommé Andy) qui avaient alors respectivement neuf ou dix ans pour le premier, et sept ou huit pour le second.

Après chaque partie, Paul Sr, qui n’avait jamais un sou dans ses poches, entrait dans la boutique et me demandait de lui prêter l’argent pour payer son caddy. Dûment prévenu de cette habitude, je n’en étais pas moins surpris à chaque fois, tant il me paraissait incongru qu’un homme prétendument si riche en soit réduit à emprunter de l’argent pour des dépenses aussi minimes. J’allais apprendre beaucoup plus tard qu’on ne prête qu’aux riches.

Le Paul Desmarais que j’ai alors croisé parlait peu et s’en tenait au strict minimum dans ses échanges avec moi. Après tout, je n’étais qu’un préposé, et il n’était guère obligé d’en faire plus, même si d’autres que lui savaient se montrer beaucoup plus affables. Ayant appris par la rumeur qu’il était toujours en train de mijoter de nouvelles transactions, je ne lui tenais pas rigueur de sa distance. C’était un homme très occupé, et l’on m’avait enseigné à me faire très discret et respectueux devant ce genre de personnage.

Quant à Mme Desmarais, elle jouait surtout l’après-midi, et passait à chaque fois à la boutique pour que je lui assigne son caddy. Elle en profitait pour me confier son sac à main que je plaçais dans un tiroir sous le comptoir le temps qu’elle joue sa partie. À l’occasion, elle amenait ses fils pour des leçons de golf et m’en confiait la surveillance pendant qu’ils étaient dans le champ de pratique et qu’elle allait rejoindre son groupe d’amis au « clubhouse ».

Cet été-là, Paul Desmarais avait reçu la visite de Jean-Louis Lévesque, à l’époque réputé pour être l’un des hommes d’affaires les plus riches du Québec, sinon le plus riche. L’affaire avait fait grand bruit dans le milieu. On en parlait dans tous les commerces, et les quelques notables de la région dont certains étaient membres du club me sondaient discrètement pour connaître le jour exact où joueraient ces messieurs.

Parmi les intéressés, l’avocat Martial Asselin, alors maire de la Malbaie après avoir été député conservateur sous Diefenbaker. Les hasards de la vie feront que je le retrouverai au conseil d’administration du Groupe La Laurentienne en 1982 alors que j’y occupais la fonction de vice-président des Communications, et à l’Assemblée nationale en 1994, alors que, devenu lieutenant-gouverneur du Québec, il m’assermentera comme ministre dans le gouvernement Parizeau.

Mon expérience dans ce milieu allait prendre fin avec la saison. L’été suivant, préférant rester à Montréal et cherchant à gagner le plus d’argent possible pour mon année scolaire, je décrochais, grâce aux contacts de ma mère, un poste d’apprenti menuisier à l’Hôtel-Dieu, rémunéré au tarif syndical. Après l’univers des riches, le monde ouvrier.

« Mademoiselle de Mes Deux »

Quelques années plus tard, à l’été 1968, je rentrais au Québec après avoir passé deux ans en Europe, entrecoupées par un retour au Québec pour profiter de la manne de l’Expo 67.

À la veille de reprendre mes cours universitaires, j’étais allé passé quelques jours dans ma famille du Lac-St-Jean où j’avais rencontré le professionnel de golf dont je vous ai parlé plus haut.

On eut tôt fait de m’apprendre que mon séjour dans la région coïncidait avec celui d’une jeune française de mon âge qui passait l’été comme jeune fille au pair chez les Desmarais à Pointe-au-Pic. J’appris ainsi que la soeur de mon oncle mariée au professionnel de golf était devenue proche de Mme Desmarais auprès de qui elle jouait un peu le rôle d’une dame de compagnie.

C’est ainsi qu’elle avait organisé le séjour au Lac de cette jeune française dont les gens là-bas ne savaient trop QUE faire tant elle semblait issue d’un autre monde. Et le fait est qu’elle l’était. C’était la fille BCBG d’un des hauts dirigeants du constructeur automobile Renault. Sa famille était issue de l’aristocratie française et elle portait un nom à particule, Béatrice de... quelque chose (je ne me souviens plus du nom exact).

Notre rencontre fut vite organisée, et au grand soulagement de ma famille du Lac, elle allait jeter son dévolu sur moi, la libérant du coup de la tâche de l’occuper. Comme elle était plutôt jolie, je n’étais pas trop malheureux de lui servir de guide. Mais le moment arriva vite pour moi de rentrer à Montréal. Elle manifesta aussitôt le désir de m’y suivre. « Pas de problème, me dit-elle, j’ai ma chambre chez les Desmarais à Westmount ».

Rentré chez mes parents à Montréal, je leur fis part de ma rencontre. Mon père, Français venu s’établir au Québec en 1948 à l’insistance de ma mère, Québécoise, avait conservé cette gouaille des gens du peuple élevés dans l’esprit de la Révolution de 1789, et à l’annonce des origines aristocratiques de la jeune fille, il l’avait promptement surnommée par dérision « Mademoiselle de Mes Deux », Je vous laisse deviner à quoi il faisait référence...

J’allais donc revoir Béatrice pendant quelques semaines. Un jour, elle me demanda de passer la prendre chez les Desmarais. Ils habitaient déjà leur maison cossue de la rue Ramezay qui surplombe le centre-ville de Montréal. À mon arrivée, comme je m’enquérais de la présence de quelqu’un d’autre dans la maison devant son insistance à me faire faire le tour du propriétaire, elle me répondit avec un air espiègle et déterminé que nous étions seuls. Je n’eus guère le loisir de découvrir autre chose que sa chambre à coucher.

En quittant cette maison en ce petit matin brumeux et âprement frisquet des premiers jours de septembre, j’étais loin de me douter que les hasards de la vie m’amèneraient de nouveau à pénétrer l’univers Desmarais.

Le Groupe La Laurentienne

J’ai mentionné un peu plus haut que j’avais été vice-président du Groupe La Laurentienne au milieu des années 1980. Aujourd’hui disparu, il regroupait plusieurs entreprises du secteur des services financiers. Bâti autour de la Laurentienne Mutuelle d’assurance, une entreprise fondée par le Dr Joachim Tardif de Lévis dans les années 1930, le Groupe La Laurentienne prendra un essor considérable sous l’impulsion de Jean-Marie Poitras à compter du milieu des années 1960 avant d’atteindre son apogée en 1985.

Au début des années 1980, Jean-Marie Poitras a acquis de Paul Desmarais une compagnie d’assurance d’envergure canadienne, l’Imperial Life, basée à Toronto. Est venu en prime avec l’entreprise, Claude Bruneau, son président , mais surtout un financier de l’écurie Power.

Convaincu de la validité du modèle de développement de Power, Jean-Marie Poitras cherche à le reproduire et s’adjoint de grosses pointures pour encadrer les équipes existantes. Claude Castonguay devient le président du Groupe La Laurentienne, et Jacques Drouin, le vice-président, pour mettre en place une stratégie ambitieuse qui mise sur le décloisonnement des services financiers.

Déjà présente dans le capital de Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal, La Laurentienne la transforme en Banque Laurentienne à la faveur d’un amendement à une loi fédérale. Elle s’implante également dans le secteur des fiducies en procédant à l’acquisition d’une petite société de l’Ontario.

À l’époque, La Laurentienne Mutuelle est tenue, en vertu des règles qui sont imposées aux mutuelles de comptabiliser ses actifs à leur valeur d’acquisition, ce qui la prive de la possibilité d’utiliser le levier financier correspondant à leur valeur au marché. Claude Castonguay obtient la modification de cette règle, ce qui lui permet de lancer un important programme d’acquisitions.

Invité par Paul Desmarais à se joindre à ses efforts de prises de contrôle en Europe, le Groupe La Laurentienne va prendre des participations dans BNP-Paribas et le Groupe Suez., et c’est ainsi que mes fonctions de vice-président me permettront de comprendre le fonctionnement du modèle que constitue pour lui Power Corporation.

Mais le plan de développement de La Laurentienne était sans doute beaucoup trop ambitieux parce quelques années plus tard, durement touchée par l’écrasement du marché boursier en 1987 et une série de décisions qui apparaissent à posteriori mal avisées, le Groupe doit être démantelé, dans un scénario qui préfigure, à l’échelle réduite du Québec, l’effondrement de quelques grands noms de la finance américaine en 2008. Les grands perdants sont les mutualistes de La Laurentienne dont l’avoir s’est envolé en fumée.

Après le fiasco, Claude Bruneau est retourné chez Power. L’avait-il seulement jamais quittée ?...

Il serait malhonnête pour moi de prétendre que je comprenais à l’époque tout ce qui se passait. Même si j’avais été en mesure de le faire, je n’en aurais pas saisi la portée, celle-ci m’étant apparue beaucoup plus tard. En 1986, lorsque j’ai quitté La Laurentienne, j’en savais un peu plus sur les affaires de Paul Desmarais, mais je n’avais pas la moindre idée de ce qu’elles pouvaient avoir de répréhensible.

Le référendum de 1995

Élu député d’Iberville aux élections générales de 1994, j’ai été nommé, à ma propre stupéfaction, ministre délégué à la Restructuration, avec la responsabilité de préparer les études préparatoires à la tenue du référendum. Vingt ans plus tard, je ne m’explique toujours pas pourquoi j’ai été choisi pour ce poste.

Quoiqu’il en soit, une fois en place, je n’avais guère d’autre choix que de m’atteler à la tâche. J’allais rapidement me rendre compte que je faisais face à un barrage soutenu des médias. J’en étais d’autant plus surpris que j’avais toujours entretenu d’excellentes relations avec les milieux journalistiques dans mes fonctions antérieures, notamment à la tête de l’Association des manufacturiers.

Avec le recul du temps, j’ai fini par comprendre que ce n’était pas tant à moi que les journalistes s’en prenaient mais à l’option que je représentais. En 1995, les fédéralistes étaient en guerre contre les indépendantistes québécois, une guerre qu’ils livraient par médias interposés. Et ils avaient le contrôle des principaux médias au Québec, que ce soit les journaux de l’Empire Desmarais ou Radio-Canada. Or en guerre tous les coups sont permis. J’allais en recevoir plus que ma juste part, et les pires allaient m’être portés par La Presse, le fleuron de l’Empire Desmarais.

À l’époque, je n’étais pas pleinement conscient de l’ampleur du combat qui se déroulait. Je ne mesurais pas pleinement la portée d’une victoire du camp du « Oui ». Si je parvenais à en saisir les conséquences pour le Québec, j’entrevoyais beaucoup moins bien celles qu’elles auraient pour le reste du Canada, et pour tout dire, je n’avais guère le temps de m’en soucier.

Grave erreur, de ma part assurément, et je dois le dire, de la plupart de mes collègues. Eussions-nous mieux compris l’enjeu pour le reste du Canada, nous aurions certainement joué la partie très différemment. Ainsi, la publication d’une étude sur ces conséquences aurait mis le gouvernement fédéral sur la défensive, et aurait permis au Canada anglais de comprendre l’importance de ne pas créer des conditions qui pourraient les aggraver.

À l’occasion du Salon du livre de Montréal qui vient de se terminer, j’ai eu la surprise de recevoir la visite, lors de la séance de signature prévue pour mon livre sur Charles Sirois, l’homme derrière François Legault, d’un ex-collègue des Postes au moment où l’on m’avait confié, en 1988, dans le cadre d’un mandat temporaire, la responsabilité de mettre sur pied une cellule de gestion des enjeux stratégiques.

Comme nous avions alors sympathisé, et apprenant ma présence au Salon, il avait tenu à venir me rencontrer pour me raconter qu’au référendum de 1995, tous les employés du siège social (plusieurs centaines) avaient été réunis par le président d’alors, Georges Clermont, et le vice-président aux Communications André Villeneuve, pour une harangue politique les pressant de participer dans les jours qui venaient à une grande manifestation à Montréal, Place du Canada. Des autobus les cueilleraient dans le stationnement du siège social le jour de l’événement, leur lunch serait fourni, et aucune retenue ne serait effectué suer leur salaire pour leur absence ce jour-là.

Autrement dit, les dirigeants d’une agence fédérale, la Poste, avaient convaincu ses employés de participer à la violation de la Loi sur les consultations populaires du Québec. Et, aux dires de mon ex-collègue à qui je demandai de répéter ce qu’il venait de me dire au journaliste Normand Lester, présent à mes côtés et auteur de quelques ouvrages sur la période référendaire, et avec qui j’ai l’honneur d’être publié chez le même éditeur, Michel Brûlé, Poste Canada n’était pas la seule agence fédérale à avoir agi de la sorte. Ainsi, il était au courant que la même chose s’était produite à la Société centrale d’hypothèque et de logement (SCHL).

L’importance de cette manifestation pour faire bouger le vote des Québécois à la veille du référendum est bien connue. La question qui se pose maintenant est la suivante : compte tenu du résultat très serré du référendum, son issue aurait-elle pu être différente si toutes les règles avaient été respectées, et si le gouvernement fédéral, avec toute la puissance et les moyens qu’on lui connaît, n’était pas intervenu dans le processus démocratique du Québec ?

Bien entendu, en se faisant les relais complaisants de cette manifestation sans soulever la moindre question sur sa légitimité, les médias, et au premier chef Radio-Canada et l’Empire Desmarais par l’entremise de ses journaux, se faisaient les complices de la manoeuvre fédérale. Jusqu’au début des années 1980, un complot pour enfreindre une loi, fût-elle provinciale, était un acte criminel. Le fait que ce n’était plus le cas en 1995 n’enlève rien au caractère odieux et à l’illégitimité de la chose.

Cela dit, sans être pleinement conscient du rôle qu’il jouait, je savais que Paul Desmarais était un adversaire de premier plan. En contact depuis plusieurs années avec le célèbre cabinet d’avocats Rogers & Wells (aujourd’hui dsparu dans une longue chaîne de fusions) de Washington depuis plusieurs années, je savais que Power Corporation était une de leurs clientes.

Dans le cadre de mon programme d’études référendaires, sachant que l’associé principal William Rogers était un ancien Secrétaire d’État des États-Unis sous Nixon, je voulais retenir les services de cette firme pour produire un « Avis sur les conséquences de l’indépendance du Québec en ce qui a trait aux traités et accords conclus avec les États-Unis d’Amérique  »

Ceux qui ont une bonne mémoire des débats de l’époque se souviendront que le camp fédéraliste prétendait mordicus que le Québec ne pourrait jamais succéder en son chef aux droits du Canada dans le traité de libre-échange. Pour en avoir longuement discuté avec mes contacts de Washington, je savais que le camp fédéraliste avait tort. Le défi était de convaincre mes contacts de me le confirmer dans une opinion officielle.

Alors que je craignais rencontrer une résistance de leur part. ce fut tout le contraire, même après que je leur eus signalé qu’ils risquaient d’encourir les foudres de Paul Desmarais et de perdre la clientèle de Power. Professionnels jusqu’au bout des doigts, ils m’expliquèrent que ce n’était pas la première fois qu’ils se trouvaient dans une situation pareille et qu’ils avaient pour politique de ne jamais discuter avec leurs clients des affaires d’un autre.

Avocat moi-même, je connaissais bien la règle, mais je l’avais vue si souvent bafouée ici que j’avais peine à croire qu’elle put être respectée. C’est pourtant bel et bien ce qui arriva. L’étude fut réalisée au coût de 25 000 $ US (une aubaine) dans le plus grand secret par Mes David Bernstein et William Silverman qui vinrent la présenter eux-mêmes en conférence de presse à la Tribune de la presse à l’Assemblée nationale.

Je me suis souvent demandé quelle tête avait bien pu faire Paul Desmarais lorsqu’il avait découvert que nous avions obtenu une opinion favorable de son cabinet d’avocats à Washington sur une question qui revêtait alors une telle importance stratégique dans le débat référendaire. Et surtout quelle tête avait faite Jean Chrétien, alors premier ministre à Ottawa, lorsqu’il avait appris que le cabinet Rogers & Wells était celui de Paul Desmarais.

Une étude effectuée et rendue publique à mon insu par un professeur de droit de l’Université Laval proche des Libéraux dans le cadre du programme d’études du Secrétariat à la Restructuration que j’étais censé chapeauter mais qui relevait en fait du Conseil exécutif, le ministère du premier ministre, allait venir contredire les conclusions de Rogers & Wells dans les semaines précédant le référendum.

Cela vous donne une idée de la façon dont la machine du gouvernement, encore aux mains des Libéraux malgré l’élection d’un gouvernement péquiste majoritaire l’année précédente, faisait des pieds et des mains pour assurer l’échec du référendum. Cela vous donne aussi une idée de ce qui peut se passer en ce moment pour faire déraper le gouvernement minoritaire de Pauline Marois.

J’ai particulièrement en tête le cas de la Commission des droits de la personne présidée par le constitutionnaliste Jacques Frémont, proche des Libéraux, qui s’est prononcé publiquement au nom de son organisme contre le projet de Charte du ministre Drainville sans avoir été invité à le faire.

La dépossession tranquille

Il faudra ensuite plusieurs années avant que je m’intéresse à nouveau à Paul Desmarais. Ceux qui me suivent régulièrement sur Vigile depuis bientôt quatre ans savent que mon intérêt a été piqué lorsque j’ai vu Hydro-Québec s’intéresser à Énergie Nouveau-Brunswick et proposer de l’acquérir.

En examinant les dessous de l’affaire, j’ai rapidement compris qu’il s’agissait d’une manoeuvre pour soustraire Hydro-Québec à la compétence du Québec et en faciliter la privatisation au bénéfice d’intérêts privés dans lesquels l’Empire Desmarais serait fortement représenté.

En effet, en acquérant Énergie Nouveau-Brunswick, Hydro-Québec serait devenue une entreprise à caractère interprovinciale et soumise ipso facto à la compétence fédérale. Il aurait alors été facile pour le gouvernement Charest d’argumenter que le Gouvernement du Québec n’avait plus le même intérêt à en être l’unique propriétaire, et l’entreprise aurait été partiellement privatisée dans un premier temps et ensuite progressivement abandonnée en invoquant la nécessité d’utiliser le produit de la vente pour rembourser la dette publique.

Ce scénario est archi-connu et il a été largement utilisé ailleurs comme je l’ai documenté dans de nombreux articles en m’inspirant de certains exemples étrangers.

Après avoir publié Desmarais, La Dépossession tranquille en 2012, un ouvrage qui reprend à peu de choses près mes chroniques publiées sur Vigile pour la raison très simple qu’elles n’avaient entraîné aucune mise en demeure ou poursuite contre Vigile ou moi-même, j’ai continué à écrire d’autres articles sur l’Empire Desmarais au fur et à mesure que je faisais de nouvelles découvertes, et je me retrouve aujourd’hui avec suffisamment de matériel pour publier un Tome II, tout aussi trépidant que le premier comme peuvent facilement s’en rendre compte les lecteurs qui ont la patience de rechercher sur Vigile mes articles dans leur ordre de parution.

La succession

Pour réussir comme il l’a fait, il est indéniable que Paul Desmarais avait beaucoup de talent, un flair certain et un magnétisme ravageur. Cette combinaison est si rare que l’on voit mal quiconque pouvoir lui succéder, à moins que les qualités requises pour assurer le succès de son empire ne soient plus les mêmes que celles qui lui ont permis d’atteindre son niveau actuel.

Si cette possibilité existe, elle a peu de chances de se matérialiser. En effet, la crise financière dans laquelle le monde est plongé depuis 2008 ne montre aucun signe d’essoufflement. Bien au contraire, le ralentissement de la croissance mondiale malgré les quantités astronomiques de liquidités mises en circulation par les grandes banques centrales laisse entrevoir des jours très difficiles et le spectre d’une grande déflation ou au contraire d’une inflation débridée, deux scénarios difficiles à vivre pour des groupes financiers dont le succès repose sur l’utilisation maximale de l’effet levier des actifs qu’ils gèrent essentiellement pour d’autres.

Ainsi, la valeur des actions de Power avait fortement chuté en 2008, et il faut se demander de combien elle chuterait encore advenant une crise bien plus grave, une possibilité très réelle selon les meilleurs spécialistes. Dans un tel scénario, l’expérience, les talents et l’influence personnelle d’un Paul Desmarais seraient fortement mis à contribution, et il n’est pas du tout certain que sa relève soit à la hauteur, tout en sachant que même cela pourrait ne pas être suffisant.

D’autant plus qu’un jour ou l’autre, certaines affaires dans lesquelles est engagé l’Empire Desmarais commenceront à être examinées de plus près. Certaines sentent déjà le roussi. Pour tenter de faire comprendre à mes lecteurs le cas Desmarais, J’ai mis en relief son côté prédateur. En effet, Paul Desmarais était un prédateur, de génie peut-être, mais prédateur néanmoins.

Comme me l’a souligné une lectrice enthousiaste originaire de la même région que lui dans une formule lapidaire, « Paul Desmarais ne faisait pas travailler le monde, il faisait travailler l’argent ». Et toujours celui des autres, ce qui est inévitable dans les services financiers. Le champ même de votre activité vous condamne à n’être jamais qu’un écumeur, ce qui n’est pas le cas pour les industriels du secteur manufacturier qui sont, eux, condamnés à être des bâtisseurs. Ils ne peuvent progresser que par la valeur ajoutée. Pas une valeur factice fondée sur des artifices comptables. Une valeur tangible et vérifiable à l’oeil nu.

Paul Desmarais devait aussi ses succès à ses contacts politiques. Il n’en a d’ailleurs jamais fait mystère. Mais à quoi donc peuvent servir de tels contacts si ce n’est pour obtenir par leur entremise des avantages qui ne vous seraient pas accessibles autrement ? Se posent dès lors plusieurs questions, toutes plus embêtantes les unes que les autres. Quels avantages ? Légaux ou illégaux ? En contrepartie de quoi ? En toute transparence ou sous la table ? Plus rapidement que vous n’avez le temps d’y penser, vous voilà en route pour un paradis fiscal des îles Mouk-Mouk.

Dans l’immédiat, la perspective peut paraître alléchante. Mais quand quelqu’un se met à poser les questions embêtantes, l’alléchant devient vite indigeste. Parlez-en aux témoins convoqués devant la Commission Charbonneau ou à ceux qui, comme l’ex-maire Vaillancourt, vont devoir subir leur procès pour gangstérisme.

Mais, me demanderez-vous, quel rapport tout ceci a-t-il avec Paul Desmarais ? Il serait facile de répondre « aucun » si au cours des dernières années, son empire ne s’était pas retrouvé mêlé à des dossiers au sujet desquels toutes sortes de questions demeurent en suspens, ou si certaines personnes mêlées à des dossiers suspects n’étaient pas apparues dans son entourage.

Exagéré ce scénario ? Pas du tout, c’est celui du CUSM. C’est peut-être aussi celui du CHUM. Si l’Empire Desmarais peut être exclu du premier, peut-il l’être tout aussi facilement du second, ou de la « tempête parfaite » survenue à la Caisse de dépôt en 2008 ? Et Anticosti ? Et l’affaire Quick en Europe ?

L’avantage avec un bon sujet, c’est qu’il reste toujours quelque chose à écrire. Pour un auteur, Paul Desmarais est un bon sujet. Pour un Québécois, c’est une autre affaire. L’histoire retiendra sûrement de lui qu’il est parvenu à exercer sur le Québec une influence plus grande que celle de la majorité de toutes les personnes ayant occupé un poste électif au cours de toute son histoire.

Si cette mesure est très flatteuse pour lui, elle l’est beaucoup moins pour nous. Comment avons-nous pu tolérer une chose pareille ?

Commentaires

  • polbel, 10 juin 2014 09h24

    Bonjour M. Le Hir,

    félicitations pour un autre excellent article sur les processus orientant notre société ! Je ne fournis que rarement un contribution pécuniaire aux organismes solliciteurs, mais je ferai une exception pour vigile.net qui évoque en moi un immense sentiment de gratitude. J’invite aussi à faire de même tous ceux qui se sentent l’esprit orphelin avec autour d’eux prétenduement seulement 25% des individus souffrant de maladie mentale alors que trop d’électeurs à tout coup répètent les mêmes choix erronés en s’attendant à des conséquences différentes. On a plutôt l’impression d’être dans une nouvelle version du film l’invasion des profanateurs.

    Depuis 100 ans une foule de nations est née de la séparation de groupes ethniques aspirant à la souveraineté. Aucune nouvelle nation n’est devenue vraiment indépendante car elles ont toutes laissé aux banquiers le soin d’imprimer et de leur prêter leurs monnaies avec intérêts s’ensuivant, ce qui constitue un système dysfonctionnel, les intérêts ne pouvant être remboursés sans impressions et prêts supplémentaires de billets. Ce problème important demeure escamoté dans le discours indépendantiste québécois contemporain. Parizeau renonça à « la piastre à Lévesque » vers 1992 sans qu’il soit au préalable publiquement défini si l’état québécois aurait imprimé et contrôlé sa monnaie.

    Je souhaite que vous mettiez plus d’emphase sur ce point crucial pour notre avenir. Les faibles taux d’intérêts actuels de la fed (un amalgame de 16 banques contrôlées par les Rothschild) ne font que ralentir l’augmentation du fardeau d’endettement mondial en repoussant l’inévitable défaut de paiement et l’insolvabilité entraînant une obligatoire tonte des banquiers comme en Islande, mais n’empêchent pas cette douloureuse conclusion vers un nouveau départ de l’économie mondiale. Un système monétaire québécois inspiré de celui du Dakota du nord pourrait donner l’exemple d’un modèle stable à suivre pour la planète.

    Merci !

  • Francis Déry, 10 décembre 2013 10h42

    Merci pour le texte.
    On en apprend toujours sur les dessous.

    Je n’y étais pas aux funérailles. Dommages, car j’ai manqué une belle occasion pour développer des contacts d’affaire. (cynisme)

    Le Patriarche est mort.
    Je m’interrogeait s’il pouvait être le lion Jérémie Martin dans le téléroman Sous le signe du Lion.
    Mais il n’est pas le premier patriarche des affaires au Canada français. Faisons un effort de mémoire pour Rodolfe Forget, un p’tit de Terrebonne qui fit une fortune entre autre avec la Montreal Light, Heat and Power.

    Ses activités ne se limitent toutefois pas à ces seules entreprises. Il était membre de nombreux conseils d’administration et était impliqué dans la compagnie qui sera le maître d’œuvre du Manoir Richelieu à Pointe-au-Pic dans la région de Charlevoix. D’ailleurs, Rodolphe Forget fut, de 1904 à 1917, député du comté de Charlevoix, pour le Parti Conservateur à la Chambre des Communes.


    http://fr.wikipedia.org/wiki/Rodolphe_Forget

    Depuis le milieu du XIXe siècle, la région de Charlevoix accueille des touristes, notamment des croisiéristes de la Richelieu and Ontario Navigation Company puis de la Canada Steamship Lines (CSL). La région ne possède pas d’hôtel de prestige pour recevoir ces invités de marque. Rodolphe Forget propose au conseil de la compagnie Richelieu Ontario, qui possédait déjà un grand hôtel à Tadoussac, de construire un grand hôtel à Pointe-au-Pic, qui possède un quai pour bateaux à vapeur depuis 1853.

    La construction du Manoir Richelieu commence en 1898. Il est inauguré officiellement le 15 juin 1899 et compte alors 250 chambres de luxe.

    Le 12 septembre 1928, alors que les employés s’affairaient à fermer l’hôtel pour l’hiver, il est complètement rasé par un incendie.


    http://fr.wikipedia.org/wiki/Manoir_Richelieu#XIXe.C2.A0si.C3.A8cle-1928_:_le_manoir_de_bois

    C’et sûr que l’homme de main de Rockefeller mérite tout un téléroman qui relate sa vie et qui nous enseigne les dessous de notre Histoire.

    En attendant un tel téléroman, je vous laisse sur le Temps des Bouffons.

  • Jean Lespérance, 7 décembre 2013 13h18

    M. Le Hir, votre texte m’a rappelé bien des souvenirs puisque j’ai caddé au club de golf de St-Bruno, là il n’y avait que des ultra riches qui venaient se délasser en jouant au golf. À $1.50 puis à $2. pour un 18 trous, ça ressemblait au travail d’un Boy en pays d’Afrique. Je me souviens du président de Johnson&Johnson qui signait une "run double" et du bonhomme Rolland des papiers Rolland, le plus pingre de tous. N’étant pas son caddy, un jour, à la fin du 18ième trou il me demande de transporter son sac au caddy house, je refuse et il comprend qu’il doit me donner un tip s’il veut que j’accepte. Il sort un gros 0.10¢ et j’accepte, tip qu’habituellement il donne à la fin d’un 18 trous quand il est de bonne humeur mais rarement.

    À la maison des caddy, je raconte mon exploit d’avoir arraché un gros 0.10$ à ce grippe-sou. Un tel évènement devait être souligné d’une façon mémorable, tous ceux qui avaient une bouteille de liqueur, la fameuse Wishing Well, la lancent en même temps sur un mur de ciment en criant Hourrah ! Le chef des caddys sort la tête d’une fenêtre en disant : êtes-vous fous ? Un bruit pareil, vous êtes malades ? L’affaire racontée, il souria et ferma la fenêtre en disant : un vrai miracle.

    Oui, il arrive des miracles, mais je me demande comment il se fait que le conseil d’administration d’Hydro-Québec n’a pas fait l’objet d’une enquête lors de cette histoire de l’achat d’Énergie Nouveau-Brunswick ? Lorsque l’annonce fut faite de vouloir acheter la centrale nucléaire de Point-Lepreau alors que le monde entier savait qu’elle était finie, je ne voyais aucun intérêt à acheter Énergie Nouveau-Brunswick même pour exporter aux États-Unis puisqu’il faut passer par le Maine dont la gestion est séparée par un comité spécial qui a pleins pouvoirs. Donc non corruptible. Quand on sait que ce n’est pas rentable, pourquoi insister pour signer un contrat ? Il y a des loups dans la bergerie d’Hydro-Québec et on doit les enlever du C.A.

    Merci M.Le Hir d’avoir expliqué la fourberie de cette transaction dont je ne comprenais pas les motifs. Maintenant Power survivra-t-elle ? Si le Parti libéral,(ses membres) ne sont pas touchés par la Commission Charbonneau, parce que l’UPAC les protège, pensez-vous que Power est attaquable, vulnérable ? Nullement. Cependant toute fortune peut tomber à zéro ou se dilapider. Mon arrière grand-père Alphonse Lespérance et son grand ami Noé Bourrassa avaient le contrôle du commerce de la viande à Montréal, riches comme les Steinberg et aujourd’hui plus rien. En apparence concurrents, ils fixaient les prix. Tellement amis qu’ils se sont fait enterrés l’un à côté de l’autre au cimetière Notre-Dame des Neiges, terrain 697-P.

  • 7 décembre 2013 11h31

    Ici,Romuald,la vie est belle !
    MON PAYS,LE QUÉBEC ;OUI !
    Un jour, tout proche ,ce slogan sera scandé dans la bouche de tous les Québécois,de race noble et fière !Un lour,très proche ,ce slogan retentira dans tout le Québec,soyez-en assurés !Jusqu’à mon dernier souffle,je le chanterai dans mes écrits ,à qui veut l’entendre !
    Rappellons-nous l’exemple de Caton,l’ancien :Delenda est Carthago ! il
    faut détruire Carthage !Il l’a chanté ce slogan jusqu’à ce qu’un jour, il devienne réalité:Les Romains ont détruit Carthage.!
    Chantons-le,scandons-le sans cesse ,jusqu’à ce qu’un jour ,nous l’ayons ce Pays !
    M.Hir,j’aime votre style:sa fraîcheur ,sa beauté,sa justesse,sa fluidité,sa vivacité,au contenu si vrai et révélateur !Elle est si belle notre langue,écrite par le conteur-né que vous ëtes !Continuez à nous enhardir par vos écrits,M.le Président,le premier président de mon pays souverain.Vous êtes le Georges Washington,le sauveur de notre Patrie !
    Notre premier combat,M.le Président,serait de contrer le projet d’oléoduc d’Enbridge à Montréal,la 2ème ville la plus polluée du Québec pour l’amour,la santé ,la survie de nos enfants, Montréalais ! Tout ce que je fais,je le fais pour les enfants de mon Pays,,le Québec,que j’aime tant !
    1500 Montréalais,chaque année meurent du cancer .Comment les riches D’outremont ne s’y oposent pas, alors que c’est là l’endroit le plus pollué
    de Montréal ;Pour une fois,mon dieu ,que Dieu est juste,cette pollution est dans leur cour ! ils vont y ouvrir deux raffeneires ,ce ne sera plus vivable à Montréal ! Ce que le nerf de l’argent est puissant et prévaut sur tout ,même
    sur la santé,la joie,le bonheur ,la survie de nos enfants !Ah,mon Dieu,ce que les hommes sont fous et déraisonnales !
    MON PAYS,LE QUÉBEC,OUI !
    Ici,Romuald,la vie est belle !
    À vous,tout l’amour et la santé du monde,M.le Présisdent ! Romuald Simard.

  • Jean-François, 7 décembre 2013 02h45

    @ Mario Goyette :

    Oui, je connais. Mais merci.

    Je trouve que cette chanson exprime vraiment le désespoir, mais elle le fait en grande beauté. Notamment, avec la façon dont Greg Lake l’interprète.

  • Mario Goyette, 6 décembre 2013 22h29

    Si s’était à refaire.

    I Talk to the Wind - King Crimson

    http://www.youtube.com/watch?v=Ql8nTBO0apI

  • Mario Goyette, 6 décembre 2013 20h49

    Confusion will be my epitaph.

    Publiée le 2013-02-27

    Lyrics :

    The wall on which the prophets wrote
    Is cracking at the seams.
    Upon the instruments of death
    The sunlight brightly gleams.
    When every man is torn apart
    With nightmares and with dreams,
    Will no one lay the laurel wreath
    When silence drowns the screams.

    Confusion will be my epitaph.
    As I crawl a cracked and broken path
    If we make it we can all sit back
    and laugh.
    But I fear tomorrow I’ll be crying,
    Yes I fear tomorrow I’ll be crying.

    Between the iron gates of fate,
    The seeds of time were sown,
    And watered by the deeds of those
    Who know and who are known ;
    Knowledge is a deadly friend
    If no one sets the rules.
    The fate of all mankind I see
    Is in the hands of fools.

    Confusion will be my epitaph.
    As I crawl a cracked and broken path
    If we make it we can all sit back
    and laugh.
    But I fear tomorrow I’ll be crying,
    Yes I fear tomorrow I’ll be crying.
    http://www.youtube.com/watch?v=ogg_USB5ZKA

  • 6 décembre 2013 15h22

    Monsieur Goyette,

    Ce que fait John Baird en Ukraine a pour but de convaincre

    les Ukrainiens du Canada de voter pour le Parti

    Conservateur.

    N’y voyez aucun autre motif qui pourrait être jugé

    comme désintéressé.

    Les Ukrainiens du Canada sont massivement concentrés

    dans l’Ouest, dont le Manitoba, aussi l’Ontario

    méridional. Stephane Harper

    pense aux élections qui s’en viennent.

    JRMS

  • Michel Bélisle alias Didier, 5 décembre 2013 18h00

    Le décès de M. Nelson Mandela me rappelle un peu ce qui s’est produit lors du décès de M. Desmarais.

    Ce qui me frappe, c’est que la même élite politique et les mêmes médias mainstream s’unissent dans un concert d’éloges.

    Je ne dis pas que les éloges ne sont pas méritées.

    Je soupçonne cependant que pour un temps, cela permet à l’élite politique et médiatique de faire diversion et de bien paraître.

    Pendant ce temps, ils n’ont pas à se pencher sur toute cette détresse qui prend de plus en plus d’ampleur dans le monde, alors que la pauvreté gagne du terrain partout.

    J’entendais aujourd’hui, à l’occasion de la guignolée des médias, que les banques alimentaires de la Mauricie avaient à subvenir aux besoins de 2000 personnes de plus par mois depuis le début de 2013.

  • Mario Goyette, 5 décembre 2013 17h38

    Nelson Mandela est mort.
    Nelson Mandela a assez souffert, il ne risque pas de rencontrer Paul Desmarais au paradis. Dieu l’en préserve.

  • yvan, 5 décembre 2013 12h58

    Rebonjour monsieur Le Hir

    André Pratte est dévaster depuis le départ de son maitre qui as quitter Sagard pour un monde meilleur.

    C’est plus qu’un ami ,c’est un membre de la famille politique libérale dont lui même André Pratte est le porte parole chez Gesca

    Dans un éloge post funèbre dédier a son maitre bien aimé intilulé Amour et admiration ,Pratte se fait fort de raconter des anecdottes pour parler de la simplicité ,de la bonté ,de la générosité de celui que Pratte as servi sans faille jusqu’as son dernier souffle

    http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/andre-pratte/201312/03/01-4717311-amour-et-admiration.php

    C’est le coeur brisé d’un serviteur aimant et d’une loyauté sans faute aux visés de l’empire qui s’exprime

    Pour illustré l’authenticité de l’homme Pratte raconte comment cet homme près du peuple qui quelque jours plutot auparavent soupait avec la reine Elizabeth quelque jours plus tard discutait aussi simplement avec des ouvriers.

    L’histoire ne dit pas si Mulroney qui avait pris ainsi Desmarais en flagrand délit en train de parler avec des ouvriers trainait avec lui ses fameuse valises qui ont fait sa réputation internationale dans le médias

    Bref pour Pratte c’était un homme ben ordinaire comme dirait son ami Robert Charlebois qui a une certainne époque s’enrichissait en vendant sa bière a saveur nationaliste aux Québécois

    Un homme vraiment ben ben ben ordinaire et ses bouffons

    Le temps de bouffons, version 3.0 minutes
    http://www.youtube.com/watch?v=uqeepF1QlYE

    Jean Chrétien a parlé de l’homme de famille qu’il a découvert, en particulier quand sa fille France a marié un des fils Desmarais, André, aujourd’hui président du conseil de La Presse. « Je suis certain que Saint Pierre lui a ouvert toutes grandes les portes du Paradis »

    Comme quoi même un saint comme Saint -Pierre peut se faire rouler dans la farine par un prédateur fin renard déguisé en agneau.

    L’ex-président de la France, Nicolas Sarkozy a livré un témoignage particulièrement émouvant, répétant : « Je l’aimais. Je l’admirais. »

    Sarkosy c’est la créature politique créé de toute pièce par le prédateur pour servir ses intérets et que l’oligarque fédéraliste de Sagard as salement utiliser pour salir les québécois et a qui Sarkozy doit a peu près tout ...toujours avec l’héritage en moins mon cher Paul...ce dont je doute

    Pour Pratte qui tenait la plume de son maitre , Paul Desmarais est de ces hommes dont l’oeuvre et la personnalité sont trop exceptionnelles pour disparaître

    Désolé pour Pratte ...mais les cimetières sont remplis à raz bord de ce genre d’individus vite oublier par le nation et le peuple.

    Pratte termine l’hommage a son maitre par une dernière phrase épeurante pour les québécois et notre nation

    Ne vous tenez pas devant ma tombe en pleurant,

    JE N’Y SUIS PAS ..JE VIS ENCORE .

    Est ce que l’on peut aller vérifier qui est vaiment dans la tombe ?

  • ssauve, 5 décembre 2013 12h12

    A lire et relire ce commentaire de Gilles Verrier :

    "Mettre du sable dans l’engrenage serait si facile. Mais l’on sent que Me Diane Charbonneau, elle aussi a peur et semble vouloir s’arrêter aux limites invisibles tracées pour elle... c’est pourtant juste un cran plus haut que ça se passe, niveau qu’elle ne veut pas toucher ; juste au-dessus."
  • Lorraine Dubé, 5 décembre 2013 06h49

    Monsieur Le Hir
    Je prends souvent le temps de consulter les commentaires dans les tribunes. Un lecteur du Devoir y laisse un lien dont je vous invite à prendre connaissance. À Télé-Québec, la comédienne et cinéaste Micheline Lanctôt livre son opinion quant à l’homme d’affaire Paul Desmarais et l’hommage rendu suite à son décès.

    Le malaise de Vincent Marissal et autres est palpable. Il est rare d’entendre la vérité, les gens ont trop souvent la langue de bois.

    Bonne journée
    Lorraine Dubé

    Extraits :
    Commentaires de 2 des lecteurs de la tribune du Devoir.
    Yves Côté - Abonné 4 décembre 2013 03 h 47
    Par conséquent...
    "Nicolas Sarkozy a raconté, à son tour, que cet homme (Paul Desmarais) « n’aimait ni les flatteurs ni les flatteries »". Par conséquent, on ne peut que conclure qu’il a donc beaucoup aimé Pierre Falardeau...
    Vive le Québec libre !

    Richard Evoy - Abonné 4 décembre 2013 04 h 47
    N’aimait pas les flatteries ? Hahahahahaha !
    Alors sa chère famille aurait dû inviter Micheline Lanctôt pour y lire son hommage personnel au grand homme. http://zonevideo.telequebec.tv/media/7494/edito-17-octobre-2013/bazzo-tv

    Référence : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/394284/le-gratin-politique-et-culturel-rend-un-dernier-hommage-a-paul-desmarais?utm_source=infolettre-2013-12-04&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

  • yvan, 5 décembre 2013 01h29

    Bonjour monsieur Le Hir

    Je suis rester en haleine du début a la fin de votre texte qui pourrait s’intituler : Ah.! si la naissance de Versaille en Québec m’était conté .

    Votre expérience vécue dont vous nous faites part parfois de manière humoristique et que vous partager avec nous sur les rouages et les dessous peu reluisant de l’empire Desmarais est exceptionnel comme témoignage et il nous éclaire tous comme québécois et indépendantistes sur les méthodes peu scrupuleuses que le saint homme sanctifier par les fédéralistes, les médias libéraux comme Gesca et son jumeau Radio Canada qui sont deux vases communiquants liés autant par les liens politiques que par les liens familliaux du sang avec l’empire.

    En fait l’hommage rendu au saint homme par Radio Canada,par Gesca et les fédéralistes en était plutot un de reconnaissance ultime envers leur chef de clan .

    Vous terminer avec ceci :
    Si cette mesure est très flatteuse pour lui, elle l’est beaucoup moins pour nous. Comment avons-nous pu tolérer une chose pareille ?

    Et je dirais que si cette opération de sanctification grand public mise en place par Gesca et Radio Canada était flatteuse pour lui ,elle ne l’était pas du tout pour les québécois qui ont accepter que leur dirigants élus dans les urnes se soient comporter de manìère aussi peu démocratique devant un homme qui n’avait aucune légitimité démocratique pour exercer son pouvoir de pression en sous main en tirant une a une les ficelles du pouvoir politique dans ce qui est un détrournement de la démocratie qui n’as finalement servis que ses intérets financiers personnel ,celui des corrompues libéraux et ceux de Sarkozy .

    Paul Desmarais ne faisait pas travailler le monde, il faisait travailler l’argent comme vous écrivez

    Et en plus avec la complicité servile de politiciens retords et sans scrupule de la libérasserie fédéraliste corrompue et pourritte de Charest

    Un pouvoir politique que l’empire Desmarais a usurper et s’est octroyé au fil du temps en s’appuyant sur les manigances politiques , le controle de l’information et la complicité de média qui partagaient son option politique anti indépendantiste et qui relayaient ses vues et ses opinions en utilisant la complaisance des deux frères siamois que sont les officines de propagande fédéraliste Radio Canada et Gesca afin que son controle de l’information soit le plus complet possible et qu’aucune voix discordante ne se fasse entendre sur les agissements et les liens politico financiers de l’empire

    En fait l’hommage de sanctification rendu a Desmarais par Radio Canada et Gesca en était plutot un d’ultime reconnaissance de ces médias envers leur chef de clan.

    C’était en réalité l’hommage d’une médiacratie fédéraste négationiste et servile , redevable au chef du clan autant par ses liens politique incestueux ,ses liens financiers et familliaux qui lui rendait hommage et non pas celle de notre nation qu’il ne reconnaisse même pas dans leur propre constitution

    Comment une nation qui a leur yeux n’existe pas aurait -elle pu avoir voulu lui rendre hommage ?

  • 4 décembre 2013 22h24

    Il faut absolument rapprocher votre texte de celui, témoignage vécu lui aussi, de Louis Lapointe :
    http://www.vigile.net/A-beau-mentir-qui-vient-de-loin et suivre tous les liens qu’il propose pour comprendre le système.
    Les tireurs de ficelle.
    Quelques centaines de magouilleurs, dont le pouvoir et l’impunité sont garantis par le peur de quelques milliers de subalternes qui renoncent à leur éthique, ils n’osent pas. Ils ont peur. Tous morts de peur. À commencer par ce concert de défécations unanimes de l’Assemblée nationale qui avait unanimement condamné Yves Michaud pour des propos que ces gens, nos législateurs, n’avaient pas lus. Ah ah ah !!! Beau modèle pour le Québec qui dit se tenir debout ! En fait, un exemple de colonisés pur jus, une fois dans cent ans !

    Mettre du sable dans l’engrenage serait si facile. Mais l’on sent que Me Diane Charbonneau, elle aussi a peur et semble vouloir s’arrêter aux limites invisibles tracées pour elle... c’est pourtant juste un cran plus haut que ça se passe, niveau qu’elle ne veut pas toucher ; juste au-dessus.

    GV

  • Michel Bélisle alias Didier, 4 décembre 2013 21h17

    M. Desmarais et les politiciens et affairistes gravitant autour de lui partagent la même idéologie qui, malheureusement, n’est jamais parvenue à créer à un monde plus juste dans lequel tous pourraient vivre décemment et heureux.

    À ce sujet, le pape François déclarait récemment :

    « Dans ce contexte, certains défendent encore les théories de la “rechute favorable”, qui supposent que chaque croissance économique, favorisée par le libre marché, réussit à produire en soi une plus grande équité et inclusion sociale dans le monde.

    Cette opinion, qui n’a jamais été confirmée par les faits, exprime une confiance grossière et naïve dans la bonté de ceux qui détiennent le pouvoir économique et dans les mécanismes sacralisés du système économique dominant. En même temps, les exclus continuent à attendre. »

    http://www.rue89.com/2013/11/27/cette-fois-cest-pape-francois-est-socialiste-247911

  • Marcel Haché, 4 décembre 2013 17h38

    Quel magnifique texte.

    Cela nous laisse penser que l’Indépendance ne tient qu’à un fil : quelques têtes dures, des cœurs fidèles. Ça n’en prend pas beaucoup plus. De meilleures stratégies peut-être…

    C’est sur Vigile que ça se passe, nulle part ailleurs.

  • 4 décembre 2013 16h44

    Pour ceux qui n’avaient pas encore compris pourquoi Sarkosy détestait tant les souverainistes, tant et tant qu’il a pris la peine une fois président de venir nous le dire jusqu’à Québec, l’image à la première page du Devoir de Sarko au bras de la veuve de Paul Desmarais la suave Jacky est évocatrice de la réalité. L’image parle, comme un coup de tonnerre

    Nous t’aimions Paul a-t-il dit hier. Bien sûr, c’est sans doute la genèse de ses positions. On ne peut servir deux maîtres.

    Quant au défunt, quoiqu’on en pense, Brassens avait bien raison :

    « Il est toujours joli, le temps passé,
    une fois qu’ils ont cassé leur pipe,
    on pardonne à tous ceux qui nos ont offensé,
    les morts sont tous de braves types.

    http://www.dailymotion.com/video/x220p7_brassens-le-temps-passe_music

  • François A. LACHAPELLE, 4 décembre 2013 15h45

    « Ainsi, la valeur des actions de Power avait fortement chuté en 2008, et il faut se demander de combien elle chuterait encore advenant une crise bien plus grave, une possibilité très réelle selon les meilleurs spécialistes. » Richard LE HIR

    À vous lire, on dirait que vous avez inspiré l’équipe éditoriale du quotidien LE DEVOIR. À la page A 8 de l’édition du 4 décembre 2013, l’éditorialiste Serge Truffaut dans son texte LA POUPÉE RUSSE, écrit une introduction qui va dans votre sens quant à l’imminence d’une crise économique pire que celle de 2008.

    Il vaut la peine de citer l’introduction de Serge Truffaut. « Au fond, c’est à se demander si la crise de 2008 n’était pas une fiction. Car entre le rapport européen, du reste cinglant, consacré aux agences de notation, les bulles immobilières actuellement en formation et la liste des banques présentant un risque systémique qui est une copie carbone de ce qu’elle était en 2008, on peut avancer que tout est à faire puisque rien n’a été fait. Ou si peu... »

    Où Power placera-t-elle (la corporation) son « blé » pour se mettre à l’abri le plus possible de la prochaine crise économique mondiale ?

  • Mario Goyette, 4 décembre 2013 15h43

    John Baird parlera démocratie en Ukraine

    Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, profitera de sa visite en Ukraine jeudi et vendredi pour « parler personnellement aux autorités ukrainiennes et leur faire comprendre, en des termes non équivoques, que leurs actions ne sont pas conformes aux normes démocratiques auxquelles le peuple ukrainien a droit ».

    J’aimerais bien que le Canada se comporte démocratiquement avec le Québec et cesse de dire aux Québécois quand (faire un référendum), quelle question, comment elle va être débattue, quand elle va se faire et l’interprétation des résultats.

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2013/12/04/006-john-baird-voyage-ukraine-democratie.shtml

  • Yves Rancourt, 4 décembre 2013 13h18

    Excellent texte une fois de plus, monsieur Le Hir. En voyant défiler hier tous ces ex-politiciens français, américain et canadiens pour rendre hommage à Paul Desmarais, je me suis dit qu’il en avait vraiment tiré des ficelles au plan politique et qu’il avait en même temps sûrement bien répondu aux attentes de la puissante oligarchie qui gouverne la planète et à laquelle il est associé via le groupe Carlysle entre autres.

    Pour réagir aux questions de ssauv, je voudrais signaler seulement que, lors du 150 ième des Voltigeurs de Québec l’an dernier, Le Soleil a publié un cahier spécial indiquant que Paul Desmarais y est "membre honoraire", que David Rockefeller et Maurice Druon y sont des "amis internationaux" et qu’André Desmarais y est un ancien colonel honoraire. C’est d’ailleurs ce dernier qui aurait institué le concept des grands amis internationaux. Ce qui explique la place faite aux bons amis des Desmarais dans le cercle des Voltigeurs.

    Quant à savoir enfin si madame Marois est près des Desmarais, c’est bien difficile d’y croire, madame Marois n’ayant jamais à notre connaissance été invitée à Sagard. Par ailleurs, dans sa présentation des grands invités d’hier, John Rae n’a jamais mentionné la présence de la Première ministre du Québec. Et, les propos de madame Marois à la sortie de l’église étaient vraiment très réservés, le minimum attendu dans les circonstances. Oui, visiblement hier, c’était vraiment une affaire canadian et madame Marois n’y semblait pas très à l’aise.

  • 4 décembre 2013 11h26

    Dans les conditions nouvelles qui s’annoncent, la stratégie québécoise doit viser à convaincre les autres provinces de devenir des États comme le Québec, qui vise précisément cet objectif. Il faut aussi entrer en contact avec tous les états américains qui aspirent au statut d’État avec un grand E.

    Les gouvernements centraux, qui ont de moins en moins de crédibilité, vont finir par tomber.

    Salutations cordiales.

    JRMS

  • Michel Bélisle alias Didier, 4 décembre 2013 11h26

    Passionnante lecture M. Le Hir.

    Ce que je retiens de la cérémonie d’hier, c’est ce que nous savons tous au fond, c’est que le monde des affaires et de la finance et le monde politique sont liés de très très près et c’est pourquoi la plupart des politiciens sont d’abord et avant tout au service du monde des affaires et de la finance avant d’être au service du peuple, c’est à dire au service du Système.

    Le peuple étant toujours perdant, je me demande comment l’on pourrait changer cela pour que les besoins des citoyens priment sur des intérêts particuliers comme c’est le cas présentement.

    Peut-être que cette élite politique et d’affaires, qui se trouvait hier dans une église, aura entendu l’appel récent du pape qui dit que "les riches doivent aider les pauvres, les respecter, les promouvoir".

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2013/11/27/001-pape-francois-capitalisme.shtml

  • Ouhgo, 4 décembre 2013 11h19

    "Comment avons-nous pu tolérer une chose pareille ?" apportez-vous en conclusion !

    Or, vous l’avez bien précisé : Par le contrôle des médias.

    Et votre récit à l’apparence candide, votre exposition fréquente à l’Empire, et votre compréhension si tardive de sa qualité répréhensible, étonne... Autant que l’apparente naïveté de tout de cabinet politique voué à Nous amener à l’indépendance, qui a joué en boy scouts la joute ethnocidaire de l’Empire !

    Nous sommes pourtant de la même souche française, lui et Nous... pourquoi gagnait-il à tout coup, contre Nous, si naïfs, et partant regroupés sur notre territoire ?

    C’est à donner raison aux promoteurs de la thèse : Après la conquête, les plus brillants retournèrent en France... bien que, à voir les Français maintenant... ah !... quelques-uns sont revenus... diriger le CHUM ! (d’autres ont fait alliance avec ce "gars ben ordinaire" las de faire le "chanteur populaire" en vendant sa "Maudite" bière)

    En commentaire, on vous demande, M. Le Hir, de parler des liens de l’Empire avec les Voltigeurs...

    Ne pas oublier que le Canada les avait utilisés pour aller mater la révolte des Métis de la Rivière Rouge : guerre fratricide, porteuse de choc post-traumatique.

  • ssauv, 4 décembre 2013 08h38

    Encore une fois, merci pour cette généreuse contribution. Votre présence chez Vigile est précieuse et mérite que ses administrateurs et leurs partenaires investissent dans ce noble objectif de faire de Vigile, le portail d’arrimage des forces souverainistes.


    Si jamais vous avez le temps et l’intérêt, j’aimerais bien vous entendre sur la présence des Voltigeurs aux funérailles de Desmarais. Desmarais en était le caporal d’honneur, ce qui me fait croire que celui-ci avait une partie du 22e régiment à son service. Plusieurs de ses amis (Rockfeller et cie) étaient grands amis des Voltigeurs : http://voltigeursdequebec.net/regiment.html

    Autre point. Rien n’est laissé au hasard par Desmarais. Rien. Or, Jean-François Lisée rapporte dans son livre « Dans l’œil de l’aigle », que Desmarais avait encouragé (à travers un comité secret au sein du parti libéral) le départ de René Lévesque du PLQ, pour qu’il puisse créer son propre parti indépendantiste. C’était, selon l’interprétation de Lisée, une alternative moins dangereuse que celle où Lévesque fait des siennes sein du Parti libéral.

    C’était il y a plus de 40 ans ! Alors éclairez mes lanternes je vous prie.

    Vous connaissez les qualités du prédateur qu’était Desmarais. Vous avez été témoin des calculs politiques et de l’influence du parti libéral dans un contexte d’un gouvernement majoritaire, vous avez vu Lucien Bouchard retourner sa veste contre le PQ, vous connaissez le flair et l’efficacité des Desmarais, alors dites-moi, n’est-ce pas normal de se poser des questions sur la loyauté véritable de madame Marois ?

    Qui nous dit que Madame Marois n’est pas une sympathisante aux affaires de Desmarais ? Son époux, Claude Blanchet, trempe dans la haute finance depuis déjà très longtemps et se trouve très proche des Desmarais. N’est-ce pas ce même Blanchet qui a été directeur de Saputo pendant de nombreuses années ? N’est-ce pas celui-là même qui est associé à Jerry Tarasofsky, Denis M. Sirois, etc. dans la firme I-Perception. J’ai peine à croire que ce soit un hasard que madame Marois soit devenue députée de Charlevoix, le bastion des Desmarais.

    Je vous rappelle que Madame Marois est une grande défenderesse du projet d’intégration nord-américaine... un projet où le Québec est indépendant, mais sans les pouvoirs qui viennent avec.

    Pour vous retremper dans le sujet - le lien entre Desmarais et Marois-, je vous invite à relire le texte de Dion ainsi que les commentaires qui suivent :
    http://www.vigile.net/Le-couple-Marois-Blanchet-aurait

  • Marcel Bernier, 4 décembre 2013 08h21

    La mauvaise pièce est terminée.
    Nous en sommes à une nouvelle étape de notre émancipation nationale.
    Heureux, enfin, que ce triste personnage ait quitté la scène.
    Imaginez ! Cet individu, suite à une faillite familiale, s’est constamment investi à se refaire une respectabilité, dans la plus pure saga de parvenus, achetant des médailles, se faisant octroyer des titres qu’il ne méritait pas, se conduisant comme les nababs américains du siècle dernier en investissant dans les arts (déductible d’impôt) jusqu’à se servir du musée des Beaux-Arts comme salle de réception.
    Et que dire de Gesca, cet empire médiatique qu’il contrôlait, tellement qu’il en est venu à acheter la conscience d’un Pratte ou d’un Dubuc pour vomir sur notre projet d’indépendance.
    Désolé ! Mais l’argent n’achète pas tout, et surtout pas l’honorabilité. Ni le respect de ses concitoyens et de ses concitoyennes.
    Dernier acte dans l’édification posthume de sa petite personne : la transmission d’une cérémonie commémorative par Radio-Canada-CBC.
    C’est d’un ridicule achevé et d’une bassesse innommable !
    Oui ! Une oraison funèbre pour un traître à la nation par une société de propagande.
    Rien de nouveau sous le soleil !

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