«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Délaisser le PQ ?

Réplique à Dubuc

Ou se donner au combat dès maintenant

Tribune libre de Vigile
samedi 28 janvier
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Il faut ne pas savoir lire ou lire ce qu’on veut bien pour interpréter la proposition d’amendement du programme du PQ comme si elle « repoussait aux calendes grecs » l’indépendance. Elle est pourtant claire : c’est au deuxième mandat que la demande au peuple québécois sera faite dans une élection référendaire pour aller vers le pays. Il sera réalisé en 2026. Le parcours ne peut pas être plus clair. Pourtant Dubuc s’obstine à faire du projet du PQ un abandon pur et simple de l’objectif. Même les gestes de rupture avec la monarchie comme de couper les vivres au lieutenant gouverneur sont ignorés comme s’il n’y avait rien là d’un geste fort d’une Assemblée Nationale majoritairement indépendantiste.

Comment peut-on s’aveugler soi-même sur le projet indépendantiste de Lisée ? Mauvaise foi ? Rancune sourde et malhabile ? Je l’ignore. Mais de reporter le référendum à une deuxième mandat, je le répète, ne signifie en rien adopter une attitude « provincialiste ». Ce gouvernement s’engage à légiférer dans le sens de la gratuité scolaire. Il reprend la revendication de Québec solidaire de Pharma-Québec. Il exprime le voeux de sortir des énergies fossiles. Comme « province », trouvez m’en une qui ferait tout ça lorsqu’un nouveau gouvernement PQiste serait élu contre les Libéraux.

Parlons-en justement des Libéraux. Alors qu’on devrait se coaliser, c’est le moins qu’on puisse dire, resserrer les rangs des indépendantistes et préparer la prochaine échéance électorale de manière à former un camp uni contre ces Libéraux, Dubuc fait la fine bouche et appelle à se retirer à Ottawa au lieu de concentrer nos forces au Québec. Mais qu’ira faire Martine Ouellet contre Trudeau alors que l’adversaire est bien ce Couillard tant détesté des Québécois. Les intentions de vote ne résument en rien le ressentiment qui pourrait s’exprimer lors des élections si les indépendantistes tapaient ensemble sur le même clou : la faillite du régime libéral dont l’austérité a fait mal à une grande majorité des Québécois : modulation des frais de garde, coupures en éducation et en santé, gaspillage de fonds publics dans différents scandales comme à la Société Immobilière du Québec, coupures en francisation, indifférence face aux entreprises québécoises accaparées par l’étranger, ... Les syndicats ont d’ailleurs eux-mêmes fait connaître leurs intentions de faire battre Couillard devant ce bilan désastreux.

Dubuc ne semble pas prendre la mesure de son défaitisme maladif, signe encore là d’un colonialisme qu’il voudrait voir dénoncé par d’autres dans un projet stimulant d’indépendance. Mais que n’est-il pas là avec nous pour préparer 2018, l’année où les Libéraux seront exclus du pouvoir selon le souhait de bien des Québécois qui ont été touchés par leurs mesures d’austérité. Et 2022, l’année où le projet sera mis de l’avant comme jamais par un parti que le pouvoir n’aura pas épuisé, mais revigoré de manière à ce que le peuple retrouve sa confiance en lui pour choisir le projet tant appelé par Dubuc.

Celui-ci ne voit qu’un parti sur la défensive alors que les troupes sont justement en train de discuter ferme « le chemin des victoires » qui conduiront à cette plus grande et définitive victoire à nouveau convoquée pour 2026. D’ici au Congrès, les PQistes vont débattre de la façon dont le parti ira chercher l’appui des Québécois à cette société républicaine et progressiste que devrait être le Québec indépendant. Sur cette voie : la gratuité scolaire, le ré-investissement dans le secteur public, ... autant de choses que les Libéraux ont combattues, sinon délaissées, pendant que les jeunes Québécois y aspiraient dans la rue autour d’une génération de nouveaux leaders politiques comme Gabriel Nadeau Dubois ou Paul Saint-Pierre Plamondon.
Ou bien Dubuc n’a pas lu la même proposition que moi, ou bien il se cherche une voie de sortie pour justifier sa démission et son esquive du combat qu’il veut à tout reporter à Ottawa alors que c’est l’Assemblée Nationale qui sera le théâtre des affrontements entre fédéralistes et indépendantistes qui marqueront l’histoire des prochaines années politiques du Québec.

Commentaires

  • Gilles Verrier, 30 janvier 20h25

    Effectivement. La prochaine élection consistera à élire un bon gouvernement provincial et rien d’autre. De l’aveu même du PQ. Les électeurs auront donc le loisir de choisir entre les offres concurrentes pour des ambitions de même nature.

  • J. Binette, 30 janvier 08h44

    Vous posez la question : pourquoi n’est-il pas là ? Il me semble que la réponse est claire : si c’est l’indépendance qui l’intéresse et que c’est reporté en 2026 (il me semblait d’ailleurs que c’était en 2022, mais j’ai dû mal comprendre !), pourquoi voterait-il PQ en 2018 ? Pour battre les Libéraux avec un programme intéressant en remplacement du gouvernement provincial, on peut voter CAQ ou ON ou Québec solidaire ou PQ. Je ne sais pas ce que M. Dubuc en pense, mais en tant qu’indépendantiste, mon ennemi a toujours été Ottawa, que ce soit sur la scène québécoise, canadian, syndicale ou dans les groupes populaires. C’est l’indépendance qui doit nous unir et pas de battre les Libéraux, sinon on va voter pour la CAQ.

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