«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Mulroney cherche à sauvegarder son héritage

Relations canado-américaines : Mulroney en renfort

(Ottawa) L’ancien premier ministre Brian Mulroney a joué un rôle de premier plan dans les efforts du gouvernement Trudeau pour établir des relations de travail cordiales avec le président des États-Unis Donald Trump et les membres influents de sa nouvelle administration.

Le premier ministre Justin Trudeau pourra d’ailleurs tirer profit de ce travail diplomatique mené en coulisses par M. Mulroney auprès de M. Trump et certains de ses ministres quand il rencontrera aujourd’hui pour la première fois le président américain à la Maison-Blanche.

Selon des informations obtenues par La Presse, M. Mulroney a eu quelques conversations avec le président Trump depuis sa victoire à l’élection présidentielle de novembre dernier afin de lui souligner l’importance des relations économiques et commerciales entre les deux pays et le rassurer sur les orientations du gouvernement de Justin Trudeau.

Négociations commerciales

L’ex-premier ministre, qui est le père de l’accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis, conclu en 1987 alors que Ronald Reagan était président, et de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), s’est également entretenu avec le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, un ami personnel depuis plusieurs années.

C’est à M. Ross, un milliardaire du monde des finances, que Donald Trump a confié l’important mandat de renégocier l’ALENA afin d’obtenir une meilleure entente pour les États-Unis. S’il est impossible d’arracher des concessions aux deux autres signataires, M. Trump a promis de déchirer cette entente qui est entrée en vigueur en 1994.

Selon nos informations, M. Mulroney a joué un rôle d’intermédiaire entre M. Ross et la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, qui a aussi comme mandat de veiller au bon déroulement des négociations commerciales entre les deux pays.

« Le gouvernement Trudeau ne pouvait pas faire appel à une meilleure personne que Brian Mulroney pour établir de bonnes relations. Il connaît bien M. Trump et plusieurs membres de son administration », a déclaré à La Presse hier l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest, qui a notamment été ministre de l’Environnement dans le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney.

« Pendant la campagne présidentielle, j’ai dîné avec M. Mulroney et il venait d’avoir une conversation téléphonique avec Donald Trump. Et quand M. Mulroney a célébré son 75e anniversaire de naissance, j’étais à son party à Palm Beach, et Wilbur Ross faisait partie des invités », a ajouté M. Charest depuis Le Cap, en Afrique du Sud.

« Brian connaît ces gens-là, il connaît les organisateurs, il connaît les réseaux. Il a toujours su nouer des relations avec eux avec sincérité. Il l’a aussi fait du côté des démocrates », affirme-t-il.

Après l’élection présidentielle de novembre dernier, les proches collaborateurs de Donald Trump étaient convaincus que le gouvernement Trudeau avait espéré jusqu’à la toute fin une victoire de la démocrate Hillary Clinton, bien que le premier ministre et ses ministres aient refusé de s’immiscer dans la campagne américaine. La « bromance » entre M. Trudeau et l’ancien président démocrate Barack Obama avait aussi alimenté la suspicion à la Maison-Blanche. Enfin, la déclaration dithyrambique de Justin Trudeau lors de la mort de l’ex-dictateur cubain Fidel Castro a provoqué la colère de Donald Trump, selon nos informations.

Un rôle important

Le quotidien The Globe and Mail a rapporté le mois dernier que M. Trudeau avait décidé de faire appel aux services et aux conseils de M. Mulroney et de Derek Burney, l’ex-ambassadeur du Canada à Washington durant les négociations sur le libre-échange, afin de lancer sur le bon pied les relations bilatérales avec la nouvelle administration républicaine. Mais on ignorait jusqu’ici la nature de ses interventions pour faciliter les discussions entre les deux gouvernements.

À titre d’exemple, c’est M. Mulroney qui a également suggéré à Stephen Schwarzman, PDG de Blackstone Group LP qui préside un « comité stratégique » de 16 grands patrons américains nommés par Donald Trump pour le conseiller sur les questions économiques, de rencontrer Justin Trudeau et ses ministres à Calgary, le mois dernier, alors que le premier ministre tenait une retraite de deux jours de son cabinet.

M. Mulroney siège au conseil d’administration de Blackstone Group LP, un des plus importants fonds d’investissement privés au monde, depuis 2007. M. Schwarzman a finalement rencontré M. Trudeau et ses ministres à Calgary et a tenté de les rassurer à propos des velléités protectionnistes de M. Trump.

Au terme de cette rencontre, M. Schwarzman a déclaré : « Je ne crois pas qu’il [le premier ministre Justin Trudeau] devrait être trop inquiet, parce que le Canada est tenu en haute estime. Nous avons une relation commerciale équilibrée entre les États-Unis et le Canada, et ce n’est pas le genre de situation qui devrait vous inquiéter. »

Conférence à Toronto

Signe du rôle important qu’il a joué en coulisses, Brian Mulroney, qui a été au pouvoir de 1984 à 1993, sera un des principaux orateurs, en compagnie de la ministre Freeland, lors d’une conférence organisée par le Conseil canadien pour les Amériques qui aura lieu le 21 février à Toronto. Le thème de la conférence est : « Une nouvelle Amérique du Nord (A New North America) ».

Selon Jean Charest, le fait que M. Mulroney a accepté de donner un précieux coup de main au gouvernement libéral de Justin Trudeau démontre que l’ex-premier ministre est « un Canadien avant d’être un conservateur. Cela ne fait aucun doute... Même s’il a aimé les batailles partisanes, être Canadien avant tout a toujours fait partie de ses aspirations. 

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