«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Pour la suite des choses...

Réflexions sur l’état des lieux et la stratégie

Tribune libre de Vigile
mercredi 16 avril 2014
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Je fréquente Vigile depuis un certain temps déjà, et pour la première fois, je suis motivé à y intervenir. La raison de ce désir, c’est la quantité d’inepties que j’ai eu l’impression de subir pendant la campagne électorale. Je ne parle pas ici du lançage de boue des politiciens, mais bien d’analyses superficielles de journalistes, commentateurs et autres analystes qui me semblent toutes avoir pour points communs de 1) ne pas aller au-delà d’apparences trompeuses, et de 2) chercher à démoraliser les tenants de l’option indépendantiste. Ce genre d’analyse ne date pas d’hier, mais me semble se multiplier particulièrement depuis l’élection du PQ, et encore plus depuis la campagne électorale qui vient tout juste de se terminer.

Cela dit, n’ayant pas eu le temps d’intervenir immédiatement après l’élection, j’ai eu le bonheur, en vous lisant, de constater que nous tirons pour la plupart les mêmes conclusions quant à la suite des choses. Le fait que les résultats de l’élection semblent vous rassembler et vous enthousiasmer me rassure. Afin de ne pas faire dans la redondance, je ne répéterai pas les conclusions que d’autres avant moi ont tirées, et m’attarderai surtout à des questions moins abordées jusqu’ici.

Mais tout d’abord, malgré la campagne désastreuse du PQ et le résultat à l’avenant, il faut mettre deux choses au crédit de Mme Marois. La première est la formidable équipe de candidats qu’elle était parvenue à mettre sur pied. Bon nombre de candidats ont été élus, et certains défaits se représenteront sans doute. Mais surtout, leur participation démontre que, pour une idée censément dépassée, l’indépendance motive encore des candidatures intéressantes, plus en tout cas que ne le fait le statu quo. En tout cas, vous me permettrez de douter que la gouvernance souverainiste ait été le principal facteur persuadant ces gens de se porter candidats.

La deuxième chose à mettre au crédit de Mme Marois, ironiquement bien malgré elle, est que sa défaite éclatante met, espérons-le, un point final à la stratégie de gouvernance souverainiste. J’y ai moi-même cru et l’ai privilégiée jusqu’ici, mais une défaite d’une telle évidence impose une conclusion tout aussi évidente. Si le résultat avait été une victoire, ou une défaite plus mitigée, la remise en question ne serait sans doute pas venue.

Parlons maintenant de certains mythes véhiculés par les médias. Ainsi, l’idée d’indépendance n’aurait aucun avenir parce que les jeunes y seraient moins favorables que leurs aînés. J’espère que personne ici ne donne de crédit à cette thèse. Curieusement, lorsque j’étais moi-même dans les 18-24 ans et que la situation était inverse – plus on était vieux, moins on était favorable à l’indépendance –, personne dans les médias ne disait que le fédéralisme n’avait aucun avenir. Au contraire, on prétendait que ces jeunes, en vieillissant, finiraient par penser comme leurs aînés. Cela dit, comment s’étonner que les jeunes s’en désintéressent lorsque les principaux porte-étendards du mouvement n’en parlent pas ? Les plus jeunes électeurs de l’élection qui vient d’avoir lieu n’étaient pas nés lors du dernier référendum, et depuis que Lucien Bouchard éprouve des problèmes à se regarder dans le miroir, le PQ semble s’excuser d’être indépendantiste. Et malgré tout, les jeunes, on les voit, à ON et à QS.

Autre mythe : la popularité de l’indépendance est en baisse, ou, au mieux, stagne. Pourtant, les sondages, tout imparfaits qu’ils soient, donnent à la souveraineté entre 38 et 42% par les temps qui courent. Or, ces chiffres concernent la souveraineté pure, sans association. Car on a désormais cessé de parler d’association ou de partenariat, et c’est aussi bien, si vous voulez mon avis. Cela dit, selon la sociologue bien connue Claire Durand, cette option récolte toujours environ 7 ou 8% de moins (si ma mémoire est bonne) que la souveraineté-association (ou la souveraineté-partenariat).

Résumons donc : le simple mandat de négocier la souveraineté-association a obtenu 40% en 1980, et la souveraineté-partenariat a obtenu 49% en 1995 après cinq ans à baigner dans la constitution, les échecs des fédéralistes à produire une entente, et pour le PQ de Jacques Parizeau, à faire la promotion de la souveraineté. Et maintenant, la souveraineté sans association obtiendrait de 38 à 42% dans les sondages, après vingt ans presque sans aborder la question de l’indépendance, au point où les plus jeunes électeurs n’ont jamais connu de période où on débattait de la question, et on prétend que la souveraineté baisse ? Je trouve déjà très bien qu’elle en soit encore là, compte tenu du silence des leaders indépendantistes, conjugué à l’assourdissant tapage des fédéralistes, qui eux, n’oublient jamais qu’ils sont passés bien près de perdre en 1995 (ce qui explique en partie le sauve-qui-peut de cette année), et à qui on laisse le champ presque libre pour dire n’importe quoi.

Autre mythe, corollaire au précédent : la tendance démographique (lire : l’immigration) joue inexorablement contre l’indépendance. Si cette tendance est si inexorable, comment l’idée l’indépendance a-t-elle pu, au pire se maintenir, au mieux progresser encore, malgré l’entrée constante d’immigrants ? Et pourquoi le vote libéral ne va-t-il pas globalement en augmentant ? Si on fait le décompte du nombre d’immigrants entrés au Québec depuis 1980 – je ne ferai pas ce décompte, mais disons simplement que ce nombre est non négligeable –, il faut conclure que quelque chose ne fonctionne pas dans les chiffres si les tendances qu’on nous présente comme inéluctables sont vraies. Ou bien la proportion de Québécois de souche indépendantistes ne diminue pas, mais augmente, ou bien plus d’immigrants qu’on le croit deviennent indépendantistes, sauf qu’ils cessent d’être comptabilisés comme immigrants car d’allophones, ils sont devenus francophones, ou bien les deux à la fois. Ou encore, quelque chose de subtil m’échappe et que vous pouvez peut-être m’expliquer.

Comme la plupart d’entre vous, du résultat de l’élection, ainsi que de ce qui précède, je tire une conclusion principale : le PQ doit redevenir indépendantiste avant, pendant et après les élections. Et comme plusieurs d’entre vous, je crois qu’il devrait privilégier les termes indépendance et même séparation, et éviter à tout prix toute mention d’association et de partenariat, au-delà de simplement être « ouvert à l’idée ». En particulier, cesser d’accorder de l’importance au passeport canadien, et concernant la monnaie, prôner une éventuelle monnaie québécoise, mais pour la période de transition, être ouvert à plusieurs scénarios, comme le maintien du dollar canadien ou l’adoption du dollar américain. Bref, ne pas donner au Canada plus d’importance qu’il n’en a.

Plus important encore, il doit reprendre la propagande à plein temps en faisant flèche de tout bois, particulièrement en matière économique : reprendre les arguments de Jane Jacobs en faveur de la souveraineté, refaire chaque année un « budget d’un Québec indépendant », reprendre chaque année le bilan du fédéralisme de Stéphane Gobeil et en dégager une tendance afin de démontrer que ce portrait n’était pas circonstanciel. Et tout particulièrement, contrer l’argument de la péréquation, qui me semble le plus efficace dans l’arsenal fédéraliste.

Je suis plus ambivalent quant à la stratégie électorale. Le PQ devrait-il dire à l’électorat : « nous voulons être élus pour réaliser l’indépendance, si vous ne voulez pas de celle-ci, votez pour un autre parti », ce qui est essentiellement l’approche d’Option nationale ? Dans ce cas de figure, l’alternance de la gouvernance provinciale deviendrait le problème des fédéralistes. Et si le PQ est élu malgré tout, que fait-il s’il a moins de 50% des voix ? Gouverner quand même ? Laisser un parti fédéraliste gouverner et se contenter de garder un veto législatif ?

Concernant le vote lui-même, j’aurais tendance à privilégier deux avenues, en supposant bien sûr qu’au cours des quatre prochaines années, les intentions de votes ne bougent pas drastiquement. La première : pour la prochaine élection, proposer à QS de se diviser les circonscriptions, QS se présentant sur l’île de Montréal et en Outaouais, là ou il fait déjà très bien, et le PQ dans le reste du Québec (je suppose ici qu’ON serait revenu au bercail). Le PQ se tasserait plus à droite ; ainsi, il pourrait conserver dans son programme la charte, des politiques d’immigration et linguistique plus restrictives, et les aspects plus identitaires qui plaisent en région, et se rapprocher des entreprises. (Je demeure persuadé que, si on veut avoir une chance de réaliser l’indépendance, il faut qu’au moins une partie de la droite soit partante ; la gauche de type SPQ-Libre est-elle capable de mettre de l’eau dans son vin ? On ne peut pas dire qu’elle nous a fort habitués au compromis.)

La deuxième avenue serait de faire porter cette élection sur le bilan libéral, bien sûr, mais aussi sur l’adoption de la proportionnelle. Si la coalition en question est élue, elle devrait remplir cet engagement en premier lieu. J’irais même jusqu’à promettre deux référendums sur la question : un premier pour faire adopter le concept par la population, et un second après dix ou vingt ans pour confirmer ce choix ou revenir à l’ancien mode (d’autres options pourraient être ajoutées) ; ceci afin de convaincre les partis de bien se comporter en situation perpétuellement minoritaire.

J’ai longtemps été réfractaire à l’idée de la proportionnelle, préférant un système à deux tours comme en France, car il me semblait que cela revenait à reconduire les libéraux éternellement au pouvoir, et à mettre un X sur toute possibilité de référendum. Mais étant donné les résultats des quelques dernières élections, un régime proportionnel nous aurait probablement évité la décennie de gâchis de Jean Charest, du fait qu’il aurait été minoritaire tout le temps, et la majorité de Philippe Couillard (je nous prédis d’ailleurs quatre années fort animées, tellement l’homme semble déconnecté). Tandis qu’un système uninominal à deux tours aurait maintenant pour effet justement de reconduire les libéraux éternellement au pouvoir. Et puisque la tendance semble à la multiplication des partis indépendantistes plutôt que fédéralistes (comme quoi, lorsqu’on cherche des solutions alternatives, on se heurte vite à l’évidence), un jour peut-être, ils pourraient s’entendre sur un référendum.

En tout cas, ce scénario présente l’avantage d’éviter le cas ambivalent où le PQ obtient une majorité de sièges mais une minorité de voix. Si les indépendantistes obtiennent une majorité de sièges, c’est qu’ils ont une majorité de voix, et donc, la légitimité nécessaire pour procéder.

Cela dit, nous n’en sommes pas encore là. Pour l’instant, nous devons composer avec le système actuel. Or, parmi l’argumentaire à développer, un argument en particulier pourrait être utile pour augmenter le support à l’indépendance et est particulièrement adapté au système actuel, du fait que ce dernier favorise le statu quo, i.e. une division de l’électorat reposant principalement sur l’axe souveraineté-fédéralisme. C’est de répéter que, tant que le Québec fera partie du Canada, que jamais, jamais, jamais, jamais, jamais, les indépendantistes n’abandonneront, et que la question nationale demeurera toujours au centre des débats, car majoritaire ou non, il y aura toujours un noyau dur d’indépendantistes, et des fédéralistes toujours prêts à voter pour le PLQ en opposition à l’indépendance.

Il faudrait le répéter de manière à en convaincre une frange de l’électorat en particulier : celle qui s’intéresse énormément au contexte économique, financier et fiscal, et très peu au statut constitutionnel du Québec. Il s’agit d’une partie de la droite qui se retrouve probablement surtout à la CAQ à l’heure actuelle. Il faudrait donc chercher à la convaincre que tout compte fait, elle aurait avantage à s’allier aux indépendantistes le temps d’un référendum, histoire de régler la question nationale une fois pour toutes et qu’on se consacre enfin aux questions qu’elle considère importantes. En même temps, il faudrait confronter cette droite à la contradiction que constitue le fait de vouloir que le Québec devienne plus responsable, tout en lui refusant l’indépendance et en préférant qu’il demeure le Tanguy du Canada. Il faudrait bombarder cette partie de l’électorat avec ces deux idées aussi intensément qu’elle nous bombarde avec la péréquation et les problèmes économiques et financiers réels ou supposés du Québec.

Je n’ai pas abordé le rôle du Bloc dans tout ça. Une chose m’apparaît certaine toutefois : comme pour toute autre position d’influence, un siège de député me paraîtra toujours mieux occupé par un indépendantiste, que par un fédéraliste qui sera notre adversaire au moment critique. Il me semble que le Bloc devrait continuer d’exister, avec la même mission que le PQ : faire la promotion de l’indépendance (et la préparer, dans la mesure où on peut y contribuer au niveau fédéral).

Quoi qu’il en soit, pour le moment, nous devons nous préparer à subir quatre ans de Philippe Couillard. Il ne faut surtout pas nous démobiliser. Les années Charest n’ont pas été de tout repos, et Jean Charest doit beaucoup plus à des stratégies ineptes du PQ qu’à ses propres mérites d’être demeuré neuf ans au pouvoir. Le gouvernement Couillard ne sera sans doute pas mieux. Mettons-le sur la défensive. Ne nous excusons pas de nos idées. Soyons agressifs, musclés. Et si jamais Couillard se révèle assez bon sur le plan économique, il aura contribué sans le vouloir à enlever une épine au pied de l’idée d’indépendance.

Commentaires

  • Gaston Carmichael, 18 avril 2014 12h50

    Hier, j’ai posé deux questions à M. Haché. Vous trouverez ses réponses ici.

  • Yvon Lagacé, 17 avril 2014 15h18

    Comme M. Cloutier le sous-entends par ’définir, expliquer, en parler’ de la Souveraineté, le PQ DOIT expliquer ce que serait le Pays, aurions-nous une Banque du Québec, sortirions-nous de l’argent-dette ?

    Comme PKP le disait, exploiterions-nous nos ressources en tant que Propriétaire et NON en tant que Locataire ? Nationaliserions-nous les ressources ?

    Comme M. Nantel nous l’explique si bien dans toutes ses vidéos, contrôlerions-nous Notre fleuve Saint-Laurent en imposant un droit de passage aux navires qui passent en dessous ? Un péage aux véhicules qui passent dessus sans posséder une immatriculation du Québec ?

    Aurions-nous une société Pharma-Québec afin de contrôler au minimum 30% de la pharmaceutique ?

    Taxerions-nous les transactions financières pour aller chercher l’argent là où elle est ?

    Aurions-nous des mesures sociales concrètes tel que le Revenu Universel de Citoyen ?

    Le projet de Pays et de Société DOIT être clairement défini et expliqué en long et en large, à répétition, afin de convaincre non seulement les souverainistes de droite ou de gauche, mais aussi les fédéralistes de toutes allégeances qui vivent un sentiment d’appartenance au Québec avant tout.

    Il faut expliquer pour faire comprendre aux jeunes et aux moins jeunes le ’Pourquoi le Québec ne peut survivre à long terme au sein du Canada’, il faut dénoncer les bâtons dans les roues que nous impose le Ottawa, il faut heurter, il faut choquer, il faut faire réfléchir, il faut provoquer, bref, il FAUT en parler, et ça, c’est le rôle du PQ.

    Même le ’Leader’ n’aura pas une si grande importance si le projet en lui-même est excessivement vendeur, s’il se vends de lui-même.

    J’espère que le PQ prendra ce virage, la Souveraineté, en parler, l’expliquer, la définir, et si tel est le cas, les militants sauront convaincre si le projet est vendable, même si le leader ne l’est pas, la Cause avant tout.

    Nous avons 4 longues années devant Nous pour le faire, d’abord définir le Pays au plus vite, et ensuite un chef. Optons d’abord pour un projet rassembleur, ensuite le rôle de chacun de nous en tant que militant, voir patriote, sera de convaincre au moins un fédéraliste autour de nous, une personne qui appartient d’abord au Québec avant d’être citoyen ’Canadian’.

    Relevez vos manches au PQ, Nous, nous serions derrière vous.

  • Gaston Carmichael, 17 avril 2014 12h44

    @M. Haché :

    « Mais il ne sera jamais-jamais-jamais possible d’en tenir un (référendum) si les indépendantistes n’accèdent pas un jour au pouvoir (majoritaire) de la Province de Québec. »

    C’est un peu gratuit comme affirmation.

    vous condamnez sans appel une option qui n’a jamais été tenté, tandis que vous maintenez que celle que l’on tente depuis 40 ans n’a pas encore été tenté pour suffisamment longtemps.

  • Gaston Carmichael, 17 avril 2014 12h34

    @M. Haché :

    1- Quelle est votre position sur l’article Un du programme : Est-ce que vous la faites sauter, la conserver, ou la modifier ?

    2- Vous prétendez qu’une fois au pouvoir, le PQ pourrait faire un référendum gagnant. Expliquez-nous comment le PQ va faire pour aligner les planètes dans la bonne direction, alors que les planètes sont contrôlées par Ottawa.

    Un gouvernement du PQ au pouvoir demeure un gouvernement sous la tutelle d’Ottawa. Après s’être soumis au serment d’allégeance, il devra gérer une province avec les ressources qu’Ottawa daignera lui accorder.

  • Marcel Haché, 16 avril 2014 23h42

    M. Pruneau

    Depuis le 7 Avril, le déni consiste à refuser d’admettre que l’idée d’un référendum est devenue un puissant facteur de mobilisation des ennemis de l’indépendance.

    Évidemment, un jour, il faudra bien faire un troisième référendum. Mais il ne sera jamais-jamais-jamais possible d’en tenir un si les indépendantistes n’accèdent pas un jour au pouvoir (majoritaire) de la Province de Québec. Et pour arriver à cette Destination, l’idée du référendum est devenue un frein, du moins cette idée n’est plus l’accélérateur qu’elle avait pu être en 1973. Je puis faire erreur, évidemment. Mais les résultats de l’élection de 2014 m’apparaissent rien de moins qu’implacables. Ce ne sont pas des résultats « catastrophiques », bien au contraire, mais ils sont suffisamment clairs pour que le P.Q. prenne le temps de prendre son respire comme on dit parfois.

    Quand bien même Couillard serait premier ministre jusqu’à ce qu’il soit centenaire, les indépendantistes n’ont pas besoin du référendum pour rester ce qu’ils sont. Ils n’en ont jamais eu besoin d’ailleurs. Ni vous ni moi, M. Pruneau, nous serions moins indépendantistes parce que simplement les rouges et le West Island dominent à Québec. Je ne suis pas certain, moi, qu’il n’y ait seulement une trentaine de comtés que le vote West Island a fait basculé. Je crois plutôt que le vote West Island est en pleine expansion, capable qu’il est, de plus en plus dans le futur, de faire basculer les comtés où la majorité franco est divisée.

    Évidemment, si vous croyez, M. Pruneau, qu’un jour le West Island se ralliera à l’Indépendance…pas de problèmes ! Go ahead !

    Le P.Q. est l’Opposition officielle. Ce n’est pas rien. En 1973, avec 32 % des votes et bien moins de députés que maintenant, il lui avait suffi d’avancer l’idée du référendum pour lui permettre d’accéder au pouvoir dès 1976. S’il l’a fait à l’époque, c’est sans aucun-aucun-aucun doute que ses stratèges avaient bien senti un certain « plafonnement », un Mur… le même qui se dresse encore au milieu du chemin emprunté pour notre Marche de l’Indépendance.

    L’idée du référendum est un discours « soft » sur l’Indépendance. Le voilà le discours qui n’a jamais tenu ses promesses de faire le pays. Mais un discours « hard » serait-il plus porteur ? Me semble qu’il y a cette chose toute simple qu’après avoir été désavoué sur le « moins » depuis 40 ans, c’est beaucoup espérer maintenant- c’est même proche du déni- c’est beaucoup espérer que le P.Q. puisse gagner sur le « plus » avant très-très-très longtemps.

    Évidemment, le P.Q. peut bien radicaliser son discours pour se mettre en règle avec lui-même, cependant cela ne le mettrait pas automatiquement au diapason de l’électorat. S’il faisait cela- et cela peut légitimement se faire-la voie serait grande ouverte à ce que les rouges gardent les clefs de la Maison Québec très longtemps. Je crois que nous nous abusons avec cette idée du « référendum volé » et du score miraculeux du référendum de 1995. Le résultat de ce référendum a plutôt durci les blocages de la société Québec plutôt qu’il ne les a dissous. Or, c’est précisément quand les situations politiques sont bloquées et insurmontables que les corrompus prennent leurs aises… C’est aussi, hélas, le meilleur temps donné aux fameux « carriéristes » pour qu’ils prennent le relais dans les partis politiques, ceux-là aussi bien fédéralistes qu’indépendantistes.

  • Pierre Cloutier, 16 avril 2014 13h45

    Mettons cela au plus simple. KISS Keep it simple and stupid, comme disait Péladeau père. Pour faire l’indépendance, il faut 2 ingrédients :

    1 - un chef indépendantiste charismatique et déterminé ;

    2 - une proposition de pays claire, simple et précise.

    Sur la première proposition, PKP est la personne désignée, car sincèrement je ne vois pas comment on peut faire l’indépendance sans les entrepreneurs, les créateurs et les gens d’affaires.

    Sur la deuxième proposition, un projet de constitution républicaine temporaire contenant des droits individuels et collectifs modernes et progressistes d’une page ou deux maximum ferait l’affaire. Un programme d’État. Pas un programme de province.

    Pierre Cloutier

  • François Ricard l&8217;inconnu, 16 avril 2014 10h53

    Le scrutin....
    Le PLQ ne changera sûrement pas un mode de scrutin qui l’avantage au plus haut point. D’autant plus que le parlementarisme à la britannique s’accommode fort mal de gouvernements minoritaires dont il a tôt fait de se débarrasser.
    Le pays...
    En 2012 j’étais directeur de campagne pour On. Cette année je me suis impliqué pour le PQ. "Il va avoir l’air de quoi, votre pays ?" Une monarchie ? Une république ? Une dictature ? "Pourquoi se séparer ?" Quels sont les grands avantages de l’indépendance ?
    "Que fera-t-on si on perd la péréquation ?" Voilà les trois questions qui reviennent le plus souvent. Des centaines de personnes rencontrées aucune ne m’a mentionné "référendum".
    Le parti...
    Il y a aussi confusion non seulement dans la population en général mais aussi chez les sympathisants péquistes qui ne sont pas trop sûrs où le PQ veut se rendre.
    L’indépendance, c’est clair. C’est la séparation.
    La souveraineté, c’est plus ambigu. Plus grande autonomie ; séparation ; séparation avec association.
    Pourquoi, dans un premier temps, d’ici septembre 2014, ne pas déterminer la véritable direction du PQ. Un référendum interne permettrait d’y impliquer les membres et d’inciter des non-membres à s’inscrire.
    Ensuite, prévoir et tenir un congrès national pour définir ce pays dont nous voulons, identifier les principaux avantages de l’indépendance. Ce congrès pourrait avoir lieu à l’automne 2015.
    Puis une course à la chefferie qui se terminerait au printemps 2016.
    Et impliquer le plus grand nombre de personnes à toutes les étapes.
    Avec les nouvelles règles de financement, le militantisme redeviendra extrêmement nécessaire. Un général sans soldat ne gagne pas tellement de batailles.

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