«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Être ou ne pas être...

Il y a 25 ans aujourd’hui

« Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse... »

Robert Bourassa, dernier premier ministre Libéral québécois

Editorial de Vigile
lundi 22 juin 2015
2 587 visites 11 messages

À deux jours de la Fête Nationale, il est opportun de rappeler aujourd’hui le 25e anniversaire de la déclaration que faisait Robert Bourassa, dernier premier ministre Libéral québécois, au lendemain du rejet de l’accord du Lac Meech : « Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement ».

Tout en nuances, fuyant l’hyperbole comme la peste, et toujours désireux de se ménager une porte de sortie « au cas où... », il fallait que le moment fût grave pour que Robert Bourassa abandonne sa retenue coutumière et reprenne à sa façon l’essentiel du message du Général de Gaulle au balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal un soir de juillet 1967 lorsqu’il s’était écrié « Vive le Québec libre ! ».

Robert Bourassa, sans pour autant être indépendantiste, était un authentique Québécois. Il avait assumé pleinement l’identité québécoise que l’émergence de l’État du Québec s’était trouvée à proposer en échange aux Canadiens-français à la faveur de la Révolution tranquille.

On ne peut en dire autant d’aucun de ses successeurs Libéraux. Ni de l’éphémère, inodore, incolore et insipide Daniel Johnson Jr, ni de Jean Charest, le « Capitaine Canada » de funeste mémoire, et encore moins du premier ministre actuel, Philippe Couillard, appliqué à éradiquer furieusement, et avec un acharnement pathologique que sa formation professionnelle devrait pourtant lui permettre d’auto-diagnostiquer, jusqu’à la dernière trace de la Révolution tranquille.

Pensez-y bien ! La dernière trace, c’est Nous...

Ëtre Canadien-français, c’est rejeter le seul espoir qu’il nous reste d’assumer avec un risque réduit et contrôlé par nous notre héritage de peuple français d’Amérique. Ëtre Canadien-français, c’est accepter l’ethnocide à petites doses sur deux ou trois générations comme les White (Leblanc), Brown (Lebrun), Greenwood (Boisvert), Baker (Boulanger), Drinkwater (Boileau, c’est hélas authentique) et autres Teebow (Thibault) et Arsnow (Arsenault) partis chercher fortune aux États-Unis (1890 à 1935, grosso modo)

Être Québécois c’est croire en nous, croire en l’avenir, croire en NOTRE avenir, et croire « qu’on est peut-être quelque chose comme un grand peuple » !

Commentaires

  • Andre arseneault, 10 juillet 2015 18h17

    Vous êtes dont bien compliquez tabarnac avec vos sornettes on se sépare c’est tout y a aucun problème on ramene nos richesses au QUÉBEC et nos 46 milliards et plus c’est pas compliqué PKP SAIT COMPTER !

  • Pierre Bourassa, 2 juillet 2015 12h13

    J’ai visionné à la télé il y a quelques semaines le documentaire l’Empreinte de Carole Poliquin et Yvan Dubuc,et j’ai du commander le DVD par la poste tellement ce film était venu me chercher.
    On y parle des premiers contacts des envoyés de France avec la nation Amérindienne déjà établie depuis plus de 10,000 ans en Amérique du Nord,avec tout ce que cela signifiait comme mélange des 2 peuples.Mélange d’où les francophones sortent ensauvagés,ceux-ci s’étant adaptés au peuple déjà sur place.Le documentaire réussit à faire ressortir la brisure qui nous a coupé de cette partie de notre identité suite à la conquête britannique,époque où nous étions frères et soeurs avec les premières nations et fiers de l’être.

  • Robert J. Lachance, 30 juin 2015 08h35

    Les Québécois.es, issus.es de plusieurs nations fondatrices : les Premières, la Deuxième, la Troisième, ne forment pas par conséquent une nation distincte mais un peuple plurinational distinct.

    Désolé Robert Bourassa et compagnie, vous n’aviez pas les 25 ans d’expérience, de réflexion et d’évolution locale et mondiale dont nous disposons maintenant. La question pourrait être redébattue. C’est ce que je conclus après avoir relu sur les concepts de peuple et de nation dans Quelque chose comme un grand peuple de Joseph Facal : Essai sur la condition québécoise, 2010.

    Les Canadiens, issus de plusieurs nations fondatrices : les Premières, la Deuxième, la Troisième, la question d’une quatrième se pose, ne forment pas par conséquent une nation distincte mais un peuple plurinational distinct. Ils se différentient de nous et l’inverse, ils sont majoritairement anglophones, nous sommes majoritairement francophones, pour ne compter que la langue, la religion étant ce qu’elle est devenue malgré ce qu’il en reste.

    Pour un oui à 60 % sur l’idée de passer politiquement de province à pays, stratégiquement, cette position de deux peuples plurinationaux distincts me semble plus réaliste et acceptable par les anglophones que celle de devenir minoritaires dans un premier pays francophone en Amérique du Nord britannique.

    Pour une meilleure suite du monde, ces deux peuples distincts auraient deux voix occidentales à l’Organisation des Nations unies.

  • Michel Lepage, Chef du Parti indépendantiste., 28 juin 2015 14h38

    Monsieur Carmichael,

    Pas plus qu’une nation Ontarienne, ou une nation Saskatchewannaise ou encore des nations Montréalaise ou Lavaloise, le concept d’une nation Québécoise formée de tous les habitants du Québec c’est quelque chose qui n’existe pas. Le grand démographe Jacques Henripin était d’accord avec la non existence d’une nation Québécoise formée de tous les habitants du Québec.

    Ce qui existe, c’est la nation Canadienne-française vieille de 407 ans qui regroupe tous les individus qui vivent dans la langue et culture françaises du Canada et du Québec.

    S’identifier à la nation historique Canadienne-française ne remet nullement en cause l’existence du pays du Québec. Mais réaffirme que l’indépendance du Québec est là pour créer en Amérique du Nord un pays de langue et de culture françaises, un foyer national pour tous les Canadiens-français d’Amérique.

  • Gaston Carmichael, 28 juin 2015 09h26

    « Par ailleurs, dernière précision, être un Canadien-français du Québec, comme moi, ... »

    Vous intégrez donc à votre identité l’attribut "canadien". Personnellement, je préfère mon identité de québécois.

    Un québécois, un ontarien, ou un canadien, c’est quelqu’un qui habite au Québec, en Ontario, ou au Canada. Vous semblez vouloir introduire de la confusion dans des concepts pourtant limpides.

  • André Gignac, 26 juin 2015 11h08

    Monsieur Le Hir

    Si M. Péladeau a un plan pour réaliser l’indépendance du Québec, il devrait nous l’affirmer publiquement et rapidement. Si ce plan n’existe pas, les Québécois devront entrer dans la résistance jusqu’à la libération totale du Québec ; nous en sommes rendus là. Les Québécois ne peuvent continuer de mourir à petit feu avec cette assimilation et ce génocide en douce qui menacent notre survie comme peuple. Si le statu quo actuel perdure, c’est qu’il existe une complicité entre le PQ et le PLQ (quebec liberal party) du West Island pour notre disparition collective. La patience a ses limites !

    André Gignac 26/6/15

  • Michel Lepage, Chef du Parti indépendantiste., 25 juin 2015 02h13

    Monsieur Le Hir,

    Dans votre texte du 23 juin 2015 « Quoiqu’on dise, quoi qu’on fasse …. » paru sur Vigile, vous affirmer que s’identifier à la nation Canadienne-française c’est « accepter à petite dose l’ethnocide » des francophones alors que s’identifier à une nation Québécoise « c’est croire en nous, croire en L’avenir ». Pouvez-vous m’expliquer comment le fait de s’identifier à la nation historique francophone du Québec et du Canada, la nation Canadienne-française, va mener directement à la disparition des francophones, alors que s’identifier à une nation Québécoise civique et territoriale permettrait la survie des francophones.

    Les tenants de cette nouvelle identité québécoise vont nous dire, nous étions des Canadien, puis nous sommes devenus des Canadiens-français et nous sommes maintenant des Québécois. Il y a là une grosse différence entre passer de l’identité Canadienne à l’identité Canadienne-française, et passer de l’identité Canadienne-française à l’identité Québécoise

    L’identité Canadienne ne faisait jadis référence qu’aux francophones qui habitaient le territoire, comme l’identité Canadienne-française ne s’appliquait également qu’aux francophones habitant le territoire. Mais il n’en va pas de même avec le concept d’identité Québécoise. L’identité Québécoise telle que définit par une résolution de l’Assemblée-nationale fait référence à toute personne qui habite le territoire du Québec indépendamment de sa langue et de sa culture.
    Nous avons ici affaire avec le concept d’une nation civique sans aucune ressemblance avec la nation Canadienne-française qui elle est obligatoirement francophone.

    Nous nous retrouvons donc avec une nation civique Québécoise, bilingue, multilingue et multiculturelle. Une nation insignifiante et sans consistance qui ne pourra mener à moyen et à long terme qu’à la disparition du seul peuple francophone d’Amérique du Nord, contrairement à la nation historique Canadienne-française qui elle sera toujours francophone.

  • Robert J. Lachance, 24 juin 2015 13h28

    Bonne Fête nationale !

    En ce jour, quoi faire de mieux en attendant d’aller « visite organisée » l’intérieur de la bâtisse de notre gouvernement, toute couleur confondue, que relire l’essai sur la condition québécoise de Joseph Facal Quelque chose comme un grand peuple, 2010. En voici un extrait où il nous instruit et avance sur les termes de peuple et de nation en page 35 et 36.

    « Je rappelle au passage, avant qu’on me reproche de ne pas le noter, qu’il n’existe pas une définition univoque des notions de « peuple » et de « nation », ni en droit international ni dans les diverses sciences sociales. Mais il nous en faut bien une. Soulignons aussi que le débat sur ces notions, s’il semble parfois ésotérique et byzantin au yeux du profane, donc futile de son point de vue, est en fait crucial, puisque c’est de la représentation qu’une collectivité se donne d’elle-même que découlent ses politiques linguistique, culturelle et d’immigration.

    Le philosophe José Echeverria, marchant dans les trace d’Ernest Renan, avance que « la nation et le peuple sont des communautés humaines caractérisées par la participation à un même passé et par la volonté de se construire un futur (référence 14) ». Fernand Dumont a aussi défini la nation en des termes presque identiques.

    (paragraphe résumant la conception que se faisait Fernand Dumont des concepts de peuple et de nation.)

    Pour ce qui est de la différence entre la notion de « nation » et celle de « peuple », elle tient pour l’essentiel dans ce que la nation fonde sa légitimité principalement, mais pas exclusivement, sur l’origine commune de ses membres, alors que la notion de « peuple » met l’accent sur un devenir commun à construire.

    La nation a donc une connotation rétrospective - renvoyant à tout ce qui a permis à une collectivité de prendre ses traits distincts : langue, culture, religion, façons d’être et de faire. La notion de peuple est davantage prospective, mettant plus l’accent sur le fait que la collectivité évolue, change, se construit un avenir au jour le jour en prenant des décisions collectives. »

    Le paragraphe suivant est excitant.

    Quel candidat à la chefferie d’un oui à 60 % il nous ferait en avril 2017 ou mieux !

    P.S. je n’ai pas eu de difficulté avec le système de sécurité. Je n’ai pas eu le temps d’approfondir ce qui s’offrait à mes muscles, neurones et viscères. je me suis arrêté à une vidéo passionnante sur l’architecte de l’édifice, un certain Taché, dont je vais me souvenir, le temps qu’il se pourra, qu’elle a été produite avec la collaboration de gens de Garnier.

  • Marie-France Legault, 24 juin 2015 07h55

    Quoi qu’on dise, quoi qu’on....il n’en tient qu’à nous de nous affirmer par la qualité de notre langue. Ne pas avoir honte de bien parler, de bien s’exprimer. Une loi ne viendra jamais régler le problème du français. Les citoyens doivent s’engager personnellement à bien parler et à bien écrire le français. Sans doute qu’une loi est nécessaire mais elle ne règlera pas tous les problèmes. Je n’aime pas la valorisation de la médiocrité dans notre langage : le joual, les blasphèmes, les expressions vulgaires. Ce n’est pas du snobisme de bien parler, c’est de la fierté...
    Il n’y a pas d’obligation à valoriser le "joual" dans le théâtre.
    On doit chercher plutôt à élever les cœurs et les esprits.
    Il y a une "banalisation" mortelle du mauvais français.

  • François A. Lachapelle, 23 juin 2015 23h38

    Merci Monsieur Le Hir de ramener dans l’actualité ce 25e anniversaire d’une déclaration limpide de Robert Bourassa faite à l’Assemblée nationale, ce 22 juin 1990 sur l’avenir du Québec.

    Si Robert Bourassa vivait encore, je lui poserais la question : quels sentiments avez-vous éprouvés lorsque vous avez lu votre déclaration sur l’avenir du peuple du Québec, cette société distincte dont le Canada se reconnaissait incapable d’accepter comme partenaire politique "distinct". Et l’ennui naquit de l’uniformité... forcée.

    Je tiens à préciser la date du 24 juillet 1967 qui est celle du fameux cri du Général De Gaulle : " Vive le Québec ... Vive le Québec libre !"

  • Robert J. Lachance, 23 juin 2015 11h58

    WOW ! Vous faites du bien « à mon coeur d’animal »

    Être Québécois.e c’est croire en soi, croire en l’avenir, croire en NOTRE avenir, et croire « qu’on est peut-être quelque chose comme un grand peuple » !

    Ma foi, vous n’y allez pas avec « le dos de la main morte ».

    Pas de souci, si si si, si peuple = pluri-national : les Premières-Nations, la Deuxième et compagnie, la Troisième et compagnie, par ordre chronologique de fondation et non d’importance démographique et linguistique. Vouloir un pays, tout compte fait, ça me semble ça.

    Je vois que vous avez lu, peut-être acheté comme moi pour la dédicace « À ma femme, à mes enfants, et à toute ma famille, qui d’autre ? » et retenu par solidarité et non corporatisme politique, du Joseph Facal !

    Son oeuvre date de 2010. J’étais un adepte de son blogue. Je n’ai pas relu religieusement récemment. S’il faut un mouvement de NOTRE base à NOTRE sommet comme le propose ce brave Guy Bertrand pour notre avenir et expose en fort détails ici ailleurs, comment dire… notre tribun libre Michel Aubin, il est de notre crème, laid.

    http://vigile.net/Vers-le-futur-que-nous-voulons

    Avez-vous comme moi lu et relu de Francis Dupuis-Déri Démocratie : Histoire politique d’un mot aux États-Unis et en France. À retenir sa synthèse sans vouloir révéler le punch, sans écrire gauche ou droite efficace : démocratie = bien = Nous, de mémoire, je n’ai pas le livre sous la main, austérité personnelle et non rigueur patriotique. Darwin en « biendit » là là là :

    https://jeanneemard.wordpress.com/2014/08/04/quand-la-democratie-en-perd-son-grec/

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