«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

L’âme en abîme, une dépossession collective !

Qui sommes-nous ?

En ce jour de la fête nationale, il faut admettre que, pour nombre de Québécois, la « nation » est un mot en désuétude. Les nationalistes ne courent plus les rues, surtout à Montréal, où les francophones seront bientôt minoritaires.

Le « Je me souviens » ressemble aussi à un vœu pieux qui appartient à un passé assurément révolu, celui des baby-boomers. Ce n’est pas de gaieté de cœur que j’écris ces lignes, mais par un devoir de mémoire envers ceux qui ont rêvé, incarné et construit le Québec d’hier.

Au fil des ans, le Québec s’est scindé en deux entités. Ce qui s’est confirmé clairement avec l’arrivée accélérée de nouvelles vagues d’immigrants et de réfugiés.

Deux pays se côtoient. Montréal et le reste du Québec. Montréal, majoritairement multiculturelle, dirigée par un maire qui se rêverait dirigeant d’un territoire sanctuaire et autonome, et le reste du territoire, celui des « de souche » répartis dans les villes et villages du Québec.

Des citoyens de Montréal, affranchis à leurs yeux des tyrannies du nationalisme canadien-français, se définissent maintenant d’abord ou exclusivement comme Montréalais. C’est leur droit et leur choix. Ils sont l’incarnation du plus pur trudeauisme multiculturel.

Alors qui sommes-nous donc désormais ? Et que représente ce 24 juin, selon le calendrier liturgique la fête de saint Jean-Baptiste, encore patron des Canadiens français jusqu’à ce que la source de l’eau bénite se tarisse ?

De nos jours, les drapeaux fleurdelisés se mêlent aux drapeaux des membres des communautés culturelles. Ce qui tend à démontrer que les symboles de rassemblement sont diversifiés et renvoient à des appartenances atomisées.Terminées, donc, ces manifestations où la nation tout entière vibrait en commun pour une certaine idée du Québec, devenue anachronique pour plusieurs.

Ce phénomène contemporain pourrait s’appeler la souveraineté personnelle. En effet, comment faire perdurer la nation lorsque chaque personne est sa propre planète et que toute affirmation collective apparaît discutable, voire contestable ?

Alors nous paradons, nous chantons, nous partageons des lieux de rassemblements, habités par ce sentiment étrange et grisant d’être uniques, distincts, rattachés à la toile sans frontière et virtuelle, et non plus reliés par un imaginaire commun, une histoire commune et une émotion commune.

Le 24 juin, le français non seulement ne s’impose plus, il n’est même plus à l’ordre du jour. Les chanteurs francophones, qui ont souvent recours à l’anglais pour s’exprimer, ici comme en France, il faut le préciser, ne se perçoivent plus comme courroies de transmission de la langue et de sa culture. La chanson est devenue un acte d’épanouissement personnel. S’il y a un message à transmettre, la langue dans laquelle il s’exprime exige l’efficacité pour rejoindre le plus grand nombre. L’anglais, alors, s’impose sans hésitation.

En fait, la fête nationale est un divertissement comme les autres. Elle s’inscrit dans les activités multiples et distrayantes de l’été de tous les galas du Québec.

L’âme de la fête nationale, elle, est en abîme. N’est-ce pas là une dépossession collective ?


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