«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Une politique étrangère fondée sur un délire mental

Vu d’Alger

Quelle obsession !

L’emprise des « neo-cons »

« Pour gagner une bataille politique, le premier travail de tout stratège consiste à identifier avec soin la « géométrie mentale » de son ennemi afin d’évaluer précisément ses forces et ses faiblesses ». (Karel Vereycken).

Le 11 septembre 2001, les observateurs de la vie politique américaine furent frappés de stupeur en entendant les déclarations fracassantes du vice-président, Dick Cheney. En effet, avant même l’ouverture d’une quelconque enquête sur les attentats, celui-ci déclara d’emblée qu’il fallait frapper l’Irak.

Dès le lendemain, à en croire les dires du célèbre journaliste du Washington Post, Bob Woodward, dans son livre « Bush at War », le ministre de la Défense, Donald Rumsfeld, déclarait lors d’une réunion à la Maison-Blanche que « l’Irak devait être l’une des premières cibles de la guerre contre le terrorisme ».

Réaction impulsive de faucon ? Non, car, en réalité, la clique de Cheney et Rumsfeld souhaitait achever cette guerre commencée en 1991. C’est un vieux projet qu’ils défendent depuis la chute du mur de Berlin et bien que, selon eux, Bush père ait fait quelques pas dans la bonne direction, la présidence Clinton faillit anéantir tout le chemin parcouru.

Ainsi, le 18 février 1992, Paul Wolfowitz (n°2 du Pentagone) et Lewis Libby (chef de cabinet de Cheney) sonnent l’alarme dans un document intitulé « Defense Policy Guidance » (DPG). Avec Eric Edelman et Zalmay Khalilzad (représentant spécial américain pour l’Irak), ils y développent d’abord la notion de guerre préventive visant à garantir la « prééminence américaine », imposée « par la force, si nécessaire ».

Aujourd’hui, grâce à des fuites dans les médias, émanant de documents officiels, nous savons que ce milieu n’exclut nullement l’utilisation d’armes nucléaires, biologiques ou chimiques dans ce but. Pratiquement, on assiste au même scénario en guise de prélude à une éventuelle attaque contre la Syrie, et après ce sera le tour de l’Iran, etc.

Or, dans un récent entretien accordé au Washington Post, le ministre des Affaires étrangères de Russie Sergueï Lavrov a annoncé qu’il avait transmis au secrétaire d’Etat américain John Kerry des données confirmant l’implication des opposants syriens dans l’attaque chimique menée à Damas le 21 août.

Selon lui, il s’agit notamment des témoignages des journalistes s’étant rendus sur les lieux et ayant parlé aux combattants, ainsi que des conclusions d’anciens membres de la CIA envoyées à Barack Obama. « Ces données sont à la portée de tout le monde », a ajouté M. Lavrov.

Cela dit, pourquoi donc persiste-t-on à désarmer la Syrie ? L’un des atouts dissuasifs syriens (armes chimiques syriennes) disparaîtrait ainsi, pour ensuite laisser le champ libre aux prédateurs qui envisagent déjà de lâcher leurs chiens de chasse (les drones) dans le ciel syrien sous prétexte, bien entendu, de chasser les pigeons d’Al Qaïda, et ce, avant le coup fatal.

Dans cette bataille politique, les « démocrates » de la Maison-Blanche et leurs vassaux ont brillé par l’incohérence de leur politique. Au moment où Israël détient un arsenal chimique, biologique et nucléaire à même de provoquer l’apocalypse, on craint l’Iran, la Syrie et le Hezbollah.

Après moult efforts en vue de désarmer la résistance libanaise, après presque dix années de campagne anti-iranienne pour justifier une guerre sine die (pour laquelle les Occidentaux ne semblent pas encore prêts), l’heure est venue donc pour entamer, dans une première phase, le démantèlement de l’arsenal chimique syrien avant de porter le coup fatal. Quelle obsession !


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