«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Quelques leçons pour le PQ et les candidats à la chefferie

Les plaques tectoniques de l’Histoire viennent de bouger

Que la lumière soit, et le Brexit fut…

Les masques tombent, jusqu’au PQ !

Editorial de Vigile
vendredi 1er juillet 2016
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Perdre de vue que les lois de la physique gouvernent l’univers est toujours très risqué. Pour sa part, l’histoire évolue à la manière des plaques tectoniques. Les pressions s’accumulent sans que trop n’y paraisse au quotidien, puis, dans un brusque mouvement de détente équivalent à une forte secousse tellurique, un événement survient qui change complètement la donne, laissant les acteurs à découvert, dans le plus grand désordre.

Une semaine après le référendum sur le Brexit, il est déjà évident que nous venons de vivre un de ces événements. Les importants développements survenus depuis sur la scène politique au Royaume-Uni, et la réaction très ferme – et pour cause - de ses partenaires européens, constituent des indications très claires qu’une nouvelle dynamique fortement centrifuge - jouant donc contre l’Union Européenne dans sa forme actuelle - s’est déjà engagée en Europe, au grand désespoir de ceux - ils sont nombreux et non des moindres - qui n’ont rien vu venir ou qui sont demeurés confiants dans la solidité du statu quo malgré les tensions apparentes depuis plusieurs années à tout observateur attentif.

Bien entendu, ce sont ceux qui s’attendaient le moins au Brexit qui vont avoir le plus de difficulté à composer avec la suite des choses. Soit ont-ils un retard d’information à combler, soit ont-ils fait une mauvaise analyse de la situation, et, dans un cas comme dans l’autre, le temps qu’ils mettront à s’ajuster dépendra de la profondeur à laquelle ce développement les aura atteints. Plus ils auront investi, au sens psychologique du terme, dans l’Union Européenne et les valeurs sur lesquelles elle repose, plus leur deuil sera lourd, et plus il sera long.

Ceux qui ont quelques notions de psychologie connaissent bien les différentes étapes de ce processus. La première réaction est le choc. Viennent ensuite le déni, la colère, les tentatives de marchandage, la tristesse ou la dépression, la résignation, l’acceptation, et enfin l’adaptation. Dans une situation aussi complexe que celle que représente le retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne, chacun des acteurs - États, entreprises, simples citoyens et autres parties prenantes – va vivre ces étapes à sa façon, à son rythme, selon qui il est, et selon l’importance des enjeux pour lui, ce qui aura pour effet d’accentuer l’effet de désordre.

Ayant des intérêts dans la décision des Britanniques et la réaction des Européens en raison de son histoire et des options politiques de sa population, le Québec se range certainement parmi les parties prenantes du Brexit.

Les fédéralistes canadiens, tant ceux du Québec que du ROC, déjà consternés de voir leur modèle contesté et remis en question, le sont encore davantage à voir que les Britanniques, les instigateurs du fédéralisme canadien, soient les premiers à scier la branche sur laquelle ils sont assis. Ils sont avares de commentaires mais n’en sont pas moins ébranlés dans leurs certitudes.

Pour leur part, les indépendantistes sont ravis de voir les Britanniques servir une deuxième leçon de démocratie en deux ans aux fédéralistes canadiens. En effet, l’entente avec les Écossais sur la question du référendum sur la souveraineté et l’engagement à en respecter le résultat s’il devait être concluant constituaient déjà un désaveu de la méthode Chrétien-Dion. Et la semaine dernière, la rapidité avec laquelle le camp du « Remain » a concédé la défaite sitôt le seuil du 50 % plus 1 voix franchi contrastait agréablement avec les atermoiements piteux du gouvernement Chrétien sur la prétendue « clarté ».

On aurait donc pensé que les candidats à la chefferie du PQ se montreraient plus enthousiastes devant le Brexit. Mais, crainte de glisser sur une pelure de banane, malaise devant certaines des motivations du camp du « Leave » notamment sur la question de l’immigration, ou inquiétude devant les conséquences du Brexit sur l’accès du Royaume-Uni au marché commun européen, ils sont demeurés très tempérés dans leur appréciation du résultat.

Que les candidats à la chefferie du PQ soient sur leur garde et veuillent éviter tout dérapage se comprend facilement quand on sait que le camp fédéraliste est à l’affut du moindre incident susceptible d’être monté en épingle pour discréditer le camp souverainiste, mais qu’ils en viennent à hésiter de se prononcer franchement sur des points de doctrine souverainiste comme la souveraineté du peuple, la démocratie, et le droit des peuples à l’autodétermination, n’est tout simplement pas acceptable sans renier la raison d’être du PQ.

Quant à redouter d’être catalogué comme raciste ou xénophobe en rappelant que toute politique d’immigration responsable tant envers les immigrants qu’envers la société d’accueil doit tenir compte de la capacité de cette dernière d’en assumer le coût (4 milliards par année pour le Québec seulement selon l’étude la plus récente du Fraser Institute) et de les intégrer, c’est un signe non-équivoque du degré auquel ils ont intériorisé la narration mondialo-fédéralo-multiculturaliste et de leur difficulté à promouvoir et défendre les meilleurs intérêts du Québec et de la nation que nous formons.

Il n’y a qu’à voir la moue dédaigneuse qu’ils affichent à la moindre évocation de Marine Le Pen, dont le parti, le Front National, résolument et clairement souverainiste, est désormais le premier parti politique de France, pour comprendre à quel point ils ont perdu leurs marques. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls, hélas ! Ils ont bêtement intériorisé la narration de nos médias fédéralistes, Radio-Canada, La Presse, et même Le Devoir et le Journal de Montréal.

Lorsque la bêtise et/ou l’ignorance, ou encore la mauvaise foi, atteignent cette épaisseur, il est inévitable qu’elles finissent par être mise en relief par une intervention externe, complètement étrangère aux enjeux locaux, et c’est ce qui s’est produit hier avec la publication par le New York Times, en anglais et en français s’il vous plaît, de la déclaration de Marine Le Pen à l’occasion du Brexit. Il faut croire que les Américains prennent au sérieux la possibilité que Marine soit élue à la présidentielle de 2017. Et l’on voit tout de suite à quel point nos élites québécoises, grandes, moyennes, petites, et toutes toutes petites (un clin d’œil), auraient l’air fou - un québécisme de bon aloi - s’il fallait qu’elle le soit, au détriment des meilleurs intérêts du Québec.

Reconnaître que le Front National est désormais le premier parti politique de France n’équivaut pas à « se coller » à Marine Le Pen. C’est tout simplement prendre acte d’une réalité susceptible d’avoir d’importantes conséquences pour le Québec et les Québécois.

Reste enfin la question des conséquences possibles du Brexit sur les « acquis » de la mondialisation et du libre-échange que le PQ idéalise sous l’impulsion de Bernard Landry depuis le milieu des années 1980. Trente ans plus tard, le bilan est négatif, comme vient de le conclure une étude très récente du FMI.

Et comment pourrait-il en être autrement lorsque la part des services financiers dans le PIB des pays développés est passé de 12 à 38 % (en moyenne) entre 1985 et 2015, alors que celle du secteur manufacturier, le créateur de richesse par excellence dans l’économie, est passé de 38 % à 12 % (toujours en moyenne) pendant la même période. La mondialisation et le libre-échange ont été les fossoyeurs des classes moyennes et un facteur d’appauvrissement individuel et collectif qui a été en grande partie occulté par l’endettement tant des États que des collectivités locales, des entreprises et des particuliers. .

Le PQ vit depuis ses tout débuts une ambivalence. Ceux qui sont familiers avec son histoire se souviendront de sa genèse, avec le Mouvement Souveraineté-Association (MSA). C’était l’époque où les indépendantistes s’entre-déchiraient sur la question de savoir s’il devait y avoir un trait d’union entre souveraineté et association. Vint ensuite la formation du PQ à partir du MSA de René Lévesque, du Ralliement National du créditiste Gilles Grégoire, et du RIN de Pierre Bourgault.

Le PQ est né d’un compromis qui le hante depuis ses débuts. Le compromis entre le désir d’indépendance et celui d’une association économique avec le reste du Canada. Autrement dit, le désir d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Et voilà que les Britanniques viennent de nous démontrer qu’ils étaient prêts à renoncer à l’argent du beurre pour avoir leur beurre ! Gênant… Surtout après les questions posées lors des référendums de 1980 et de 1995.

Alors, bien sûr, les candidats à la chefferie du PQ sont coincés. Mais à l’exception de Jean-François Lisée, ils conservent toute leur marge de manœuvre. Lisée, pour sa part, s’est peinturé dans le coin avec sa déclaration sur le Brexit :

« Je vous le dis franchement, j’aurais été Britannique, j’aurais voté pour rester dans l’Union européenne (comme les Écossais, donc) Un pays souverain dans une zone d’échange où on rediscute constamment de notre partage de souveraineté en fonction de ses intérêts et de l’intérêt collectif, je trouve ça plutôt bien. »

On notera que, pour Lisée, l’intérêt collectif est celui de l’entité fédérale, les intérêts du Québec devenant dès lors subordonnés. Il livre-là le fond de sa pensée, essentiellement fédéraliste.

Voter pour rester dans l’Union Européenne, c’était accepter le déficit démocratique, la tyrannie bureaucratique de Bruxelles, les diktats de Bruxelles, la dépossession de moins en moins tranquille de sa souveraineté, renoncer à son droit à l’auto-détermination, à la Home Rule, etc...

Pas fréquentable, ce Lisée. Il se range dans le camp de l’establishment contre le peuple. L’association économique au bénéfice de l’establishment est pour lui plus importante que la souveraineté du peuple et de l’État. Pour les Britanniques, c’est le contraire.

Mais que vont-ils tous faire, ces associationnistes, s’il faut que Donald Trump soit élu à la présidence des États-Unis, lui qui vient tout juste de dire que l’ALENA est une mauvaise entente pour les États-Unis et qu’ils doivent y renoncer ou la renégocier. Lui aussi qui proclame urbi et orbi que la mondialisation et le libre-échange sont responsables de la disparition de la classe moyenne qui était l’épine dorsale de l’économie américaine.

Cela dit, tout ce débat illustre à merveille le flou qui entoure à l’heure actuelle l’option du PQ, flou sur la doctrine du souverainisme, flou sur la doctrine de l’effectivité en droit constitutionnel et international. Non seulement est-il important de maîtriser tous les tenants et aboutissants de la souveraineté et des rapports de force sur lesquels elle repose, mais encore faut-il aussi comprendre qu’un vote référendaire n’a aucune valeur si ceux qui s’en réclament ne sont pas en mesure de lui donner toutes ses suites, tant à l’interne qu’à l’international. Et le rendre effectif, c’est beaucoup plus que la seule obtention de la reconnaissance internationale.

Comme tout ce qui compte dans la vie, la souveraineté ne se gagne pas, elle se mérite, au prix d’un dur labeur qu’une victoire référendaire vient reconnaître à la fin, juste avant de s’adresser à la communauté internationale pour lui demander de la reconnaître.

Comprendre les exigences de l’effectivité, c’est, par exemple, profiter de la déclaration de l’ancien - et nouveau - ministre Stéphane Dion vantant les mérites de la question posée lors du référendum écossais pour substituer le nom du Québec à celui de l’Écosse et lui demander s’il est prêt à reconnaître les résultats d’un référendum sur la même question au Québec, une occasion que le PQ n’a jamais saisie et qui aurait eu pour avantage de mettre le fédéral sur la défensive.

Le Brexit vient jeter une lumière utile et même nécessaire sur la démarche souverainiste québécoise et ses principaux acteurs, une lumière révélatrice qui nous manquait et nous permet de découvrir qui et ce qui se cache derrière certains masques bien connus. Loin de représenter une occasion pour discréditer le leadership actuel, il constitue plutôt une occasion de le renforcer qui ne saurait être que bienvenue.

Commentaires

  • Pierre Bourassa, 26 juillet 2016 09h41

    Rencontre Boris Johnson - Ban Ki-Moon

    ’’Il y a vu la première preuve concrète du grand retour du Royaume-Uni comme un État souverain à part entière sur la scène internationale, et il a enfoncé le clou en lançant : « Il y a une très grande différence entre le Brexit et une forme quelconque d’isolationnisme. Sortir de l’Union européenne signifie que nous allons être davantage tournés vers l’extérieur, plus engagés et enthousiastes que jamais sur la scène internationale. Brexit ne veut pas dire isolationnisme !’’.
    https://www.upr.fr/actualite/europe/boris-johnson-ne-faut-confondre-brexit-isolationnisme

    Parizeau applaudirait.

  • Denis Hubert, 10 juillet 2016 23h06

    WOW ! Merci monsieur Le Hire...
    Et pour ceux désirant voir l’article du New-York Times, en français SVP, c’est ici :
    http://www.nytimes.com/2016/06/28/opinion/marine-le-pen-apres-le-brexit-le-printemps-des-peuples-est-inevitable.html?_r=0

  • Jean Lesperance, 10 juillet 2016 11h47

    Monsieur Le Hir,

    Je dois dire que je fus étonné par les mots : Que la lumière soit, et le Brexit fut... mais maintenant que le débat a eu lieu partout dans toute l’Europe, on voit bien que la lumière s’est faite. Il n’y aura pas un autre référendum car la peur n’ayant pas fonctionné, le résultat du deuxième référendum serait plus décisif, plus éclatant que le premier. La honte aussi serait plus grande, non pas la honte simplement le regret car ces gens-là n’ont honte de rien. Les grands journaux vont mentir encore et encore mais les peuples ne sont plus dupes de rien.

    Les anglais ont cru au thatcherisme qui devait améliorer leurs conditions de vie, ils le regrettent amèrement, c’est tout le contraire qui s’est produit. Ils ne croient plus en leurs leaders et ils ont bien raison. Contrairement à tout le monde, je souhaite un deuxième référendum, la gifle deviendrait un coup de pied au derrière de cet establishment corrompu.

  • Jean Tremblay, 4 juillet 2016 23h10

    Des NEOCONS sont actuellement en train d’utiliser le prétexte du BREXIT pour réafirmer que l’OTAN doit être renforcée en Europe, dû à la ’’menace’’ encore plus forte ’’posée par la Russie’’, en raison du retrait de l’Angleterre. Donc, une expansion de l’OTAN en perspective.

    Des soldats canadiens (et corporations) sont d’ailleurs parkés en Europe depuis assez longtemps à cette fin (L’expansion de l’OTAN). Les pays de l’U-E ne serviront ainsi que de terrain de balle entre l’OTAN et la Russie.

    Mon opinion est que le Canada sera utilisé principalement en Ukraine, pour provoquer une fois de plus la Russie, que l’on veut piller depuis des décennies. Le lobby Ukrainien a toujours été assez fort au Canada.

    Ainsi le Canada a historiquement été le pays supportant le plus l’indépendance de l’Ukraine, avec P. E. Trudeau, et aussi Mulroney en 1991 :

    Brian Mulroney made sure Canada was, with Poland, the first country to recognize Ukraine’s independence from the collapsing Soviet Union in 1991.

    _
    http://thechronicleherald.ca/opinion/1376400-wells-trudeau-channels-harper-on-ukraine

    Bref tout cela sent la manipulation.

    En outre, je serais tenté, si j’étais géopoliticien Brzezinski - pour l’OTAN (et par consequent la natonarcopétropiasse) à supporter l’indépendance de l’Écosse (le TRIDENT), puis à produire un false flag afin de la defendre (article 5 de NATO, tous pour un, un pour tous). La plupart des leaders de l’Écosse sont d’accord pour rester membre de l’OTAN. Le NORD....... est extrêmement convoîté par l’Ouest et la Russie. Il faudrait remettre sur table le procès du Pan Am 103 Lockerbie. Mais certains ’’démocrates’’ s’y opposent. M. Tony Hayward de BP (présent dans le Caucase avec Gazprom) l’a bien constaté en 2010.

  • André Gignac, 2 juillet 2016 16h48

    Monsieur Le Hir

    Texte net, clair et précis qui me redonne l’espoir. Nous nous rejoignons sur l’essentiel soit l’indépendance du Québec. Un gros merci !

    André Gignac 2/7/16

  • gilles Verrier, 1er juillet 2016 22h01

    Monsieur Le Hir,

    Votre éditorial pourrait sonner l’hallali avec Martine Ouellet. Pas seule, mais entourée d’autres indépendantistes résolus. Votre édito est assez pédagogique pour contribuer au rassemblement du plus grand nombre sans verser dans la facilité d’un dénominateur trop commun. L’unité sans principe, c’est-à-dire l’unité à des fins exclusivement partisanes nous aura toujours couté. Il ne s’agira pas de remplacer Couillard, comme de remplacer Charest ou Bourassa en leur temps, mais de faire l’effort de proposer un changement de régime qui nous débarrassera de Couillard.

    Visiblement, JFL est maintenant exclu des cartons de Vigile. Ses dernières déclarations auront eu raison des espoirs trop rapidement entretenus et prématurément relayés. Un écueil en vue : la vigile appelle au changement de cap. Je note avec satisfaction que Vigile en soit capable. Et le but d’une course à la chefferie n’est-il pas justement de peser les candidats jusqu’au moment du vote ?

    L’accueil fait à Marine Le Pen, comme l’Affaire Michaud, sont des marqueurs du provincialisme profond de notre classe politique dans lequel a sombré le PQ. Doublé sur la liberté d’expression par le New York Times (Marine Le Pen), comme vous en faites mention, et humilié en regard des normes de liberté pour l’Affaire Michaud sur le plan mondial ; cette dernière affaire étant un cas de terrorisme d’État, une fois dépouillée de tout affect, puisqu’elle a rendu opérationnelle l’alliance des sionistes/libéraux-fédéralistes/péquistes. L’Assemblée nationale réunie au grand complet, pour blâmer un lambda ayant eu l’outrecuidance de s’exprimer sur un sujet qui ne plaisait pas au pape noir des élus. Cette affaire que l’on veut oublier constitue pourtant le point d’orgue de la trahison « indépendantiste » amorcée au lendemain du référendum de 1995.

    Quant au NYT, il présente aux élites mondialistes des sujets utiles pour sa gouvernance (Les positions de Marine Le Pen), alors que nos élites provinciales s’acquittent servilement de leur rôle de la dépeindre comme infréquentable, ne relayant aucun contenu. Tous les enjeux du monde dans une coquille de noix.

    De retour à Martine Ouellet, l’avenir nous dira si elle a l’étoffe d’une Jeanne d’Arc. Tellement trahis par tant de chefs imposteurs, les indépendantistes ne peuvent baisser la garde. Leur devoir serait plutôt de doubler la mise. Martine Ouellet, selon le texte relayé par Gilbert Paquette (dans un commentaire précédent) pourrait être la bonne. Mais n’oublions jamais qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. La vigilance nous sera plus utile que l’adhésion consentie hâtivement. Nous avons besoin d’un chef mais sans y perdre notre jugement... du moins pas avant que des preuves tangibles d’engagement absolu ne soient données.

    Je ne le cache pas, je suis de ceux qui n’ont jamais cru en Pierre-Marc Johnson ni à André Boisclair. Bouchard m’a fait hésité un court moment mais il m’a surtout profondément déçu. Je le croyais capable de grandeur, il s’est révélé petit et mesquin. Landry, mondialiste aux chiffons rouges, n’avait pas l’étoffe. Marois, je me demande pourquoi elle voulait être premier ministre, pour une affaire de féminisme peut-être ? PKP, après avoir bataillé pour la tête de la garde nationale a choisi la garde familiale.

    Il est désormais clair comme de l’eau de roche que notre cause demande un leader hors norme. Un-une leader qui ne se soumettra pas aux modes électorales mais qui saurait imposer son agenda basé sur nos fondamentaux nationaux, sans concession au mondialisme-multiculturalisme-sans frontiérisme. Rappelons-le vivement car les péquistes semblent l’ignorer : l’indépendance c’est la monnaie, l’armée, la banque et le contrôle des frontières. C’est ce que viennent de nous rappeler les Britanniques, ceci dans l’esprit de la plus grande ouverture des uns envers les autres, entre égaux et sans tenter de faire abstraction des entités nationales.

    Après le référendum de 1995, en 2000, Yves Michaud a voulu sainement et courageusement recadrer le débat dans le sens de nos intérêts. Voyez ce qui lui est arrivé... Antisémite ! Des cris d’orfraie, tout comme si PKP, à un moment où il aurait vraiment pu se distinguer du provincialisme ambiant, s’était dressé comme un chef alors que l’Histoire l’y invitait. Oh horreur, s’il avait rencontré Marine Le Pen...

    Un chef du PQ pourra-t-il avoir ce courage (Michaud - Le Pen ...) d’agir en liberté ? Or, tenez-vous bien, de telles « horreurs », type Michaud- Le Pen, il y en aura des mille et des cent avant que le Québec soit indépendant. Vigile ne vient-il pas d’en vivre une ? Tel est le prix de la liberté. Mais que le NYT double le PQ sur la question du Québec (à travers Marine Le Pen) c’est le comble de l’humiliation de la petite élite de province ... trop sotte pour le voir !!! Pas étonnant que la question du Québec soit devenue absente des revues de presse internationales, sa nullité n’intéressant personne. Un peuple qui tremble devant Côte St-Luc (Affaire Michaud) et devant Marine Le Pen, un peuple dont l’élite « indépendantiste » tourne le dos à l’histoire qui se fait, un peuple dont l’élite politique est plus colonisée que le colonisateur ne représente aucun intérêt. D’ailleurs, ceux qui ont applaudi au fait que PKP ne rencontre pas Marine Le Pen (dont J-F Lisée) sont ceux qui sont indifférents au cas d’Yves Michaud et ce sont ceux qui tourneront casaque au premier vent contraire.

    Je conclus. Ceux qui pensent que l’indépendance est une simple formalité, soit une affaire de référendum dans un Canada démocratique (où les Québécois qui se disent non à eux mêmes à répétition sont les seuls ennemis à combattre, ha ha ha), devraient passer aux douches. Ces présomptueux ne connaissent pas le Canada ni sa relation avec ses conquis...sa relation avec tous les autochtones, statut auquel appartiennent les Québécois et les Canadiens-français. Les autochtones primitifs, ce n’est pas différent.

  • jean bouthillette, 1er juillet 2016 19h03

    Merci Richard LE HIR pour cette analyse profonde et inspirée. Merci Gilbert Paquette pour cette référence au "plan" de Martine Ouellet. À vous deux, selon la savoureuse expression employée par Mireille Deschênes, vous venez de faire ma journée.

    À voir l’importance donnée dans nos médias et même ici sur Vigile aux candidats les plus oui-oui à genoux, j’en étais venu à croire que mon vote allait être un vote perdu. Vous venez de me convaincre de renouveler ma carte de membre pour appuyer la bonne personne comme cheffe. Merci

    JB

  • Chrystian Lauzon, 1er juillet 2016 17h50

    Erratum : dans mon commentaire du 1er juillet 2016, 08h47, lorsque je cite le texte de la chanson Antiaméricanisme primaire de Loco Locass, il faut lire “peuple” et non pas “Prédateur” à la première ligne, c’est un lapsus de ma part. Mes excuses à Loco Locass.

  • Jean-Louis Pérez-Martel, 1er juillet 2016 11h00

    Voici un autre portrait de cette Union Européenne qui conduira inexorablement à l’implosion de ce conglomérat de mafias politiques et économiques : Une « mafia » chinoise soupçonnée d’agressions racistes en Italie
    http://www.lapresse.ca/international/europe/201607/01/01-4997033-une-mafia-chinoise-soupconnee-dagressions-racistes-en-italie.php

  • Ouhgo St-Pierre, 1er juillet 2016 10h31

    La déclaration de Lisée sur le Brexit m’avait échappé... manque de Vigilance...
    M. Le Hir l’éclaire de façon dramatique : "...Voter pour rester dans l’Union Européenne, c’était accepter le déficit démocratique, la tyrannie bureaucratique de Bruxelles, les diktats de Bruxelles, la dépossession de moins en moins tranquille de sa souveraineté, renoncer à son droit à l’auto-détermination, à la Home Rule, etc..."
    Fin de sa montée dans la course ?...
    Jean-Martin Aussant affirme qu’il aurait fait le choix contraire !
    Or, JMA ne court pas ! Ne risque rien, contrairement à ceux qui ont hérité de sa crisette appelée O.N.

  • Jean-Louis Pérez-Martel, 1er juillet 2016 09h43

    Le Prix Nobel d’Économie Michael Spence avait bien défini cette sorte de démocratie totalitaire conditionnée aux intérêts du multiculturalisme, le socle des carriéristes, imposteurs, traîtres et mercenaires de la politique : « L’Union Européenne fait face à un problème qui affecte une grande partie du monde développé. De plus en plus de citoyens savent qu’ils sont gouvernés par des élites qui manipulent en coulisse des politiciens qui ont été démocratiquement élus. »

  • Jean Lespérance, 1er juillet 2016 09h22

    Bravo M. Le Hir pour avoir le courage de dire les choses telles qu’elles sont. C’est en disant la vérité sur la voie à suivre qu’on avance. Quand un parti n’est pas capable de dire autre chose que : Le Parti québécois prend acte du résultat du vote de la population qui a fait le choix de quitter l’Union Européenne. Il est évident que nous continuerons de suivre les débats etc. etc. etc., ça fait dur comme on dit. Piqué par la mouche tsé-tsé, le PQ dort. Bon, au lieu de prendre acte ou prendre note, le PQ devrait se secouer, réagir et réorienter son agenda. Un, on se range derrière Marine Le Pen ou on donne sa démission. Le double discours doit cesser, on est souverainiste ou on ne l’est pas. Les traîtres et les lâches doivent sortir du PQ. S’ils ne sont pas capables de se tenir debout, de tenir un discours cohérent, qu’ils quittent le navire. D’autres élections partielles à venir ? Pourquoi pas ?

    Pourquoi le New York Times s’incline devant Marine Le Pen en lui accordant une importance, une visibilité extraordinaire ? Il voit sans doute en elle la statue de la liberté de l’Europe, rien de moins, et c’est ce qu’elle est vraiment.

  • Chrystian Lauzon, 1er juillet 2016 08h47

    Les tus et taisants politiques provincialistes pseudos-indépendantistes, néolibéraux et fédéralistes de fait passeront, votre texte restera en appel, direct et franc, lancé aux définisseurs de l’État souverain par l’agir et l’effiScience stratégique ! Que les guerriers libérateurs de notre intelligence nationale et souveraine se lèvent pour couper, radicalement enfin et sans déni, le cordon anglo-ombilical canadian toxique et génocidaire !

    Joyeuse contre-fête du canada à tous et toutes !

    On peut pas être le Maître du monde sans faire chier le monde - Loco Locass, Américanisme primaire :

    Pour qui tu te prends, espèce de Prédateur impérieux ?
    Tu t’étends partout pas d’tact : ooouhh c’est périlleux…
    Ça va péter de par toutes les parties opprimées
    Faudra payer pour tou’és pays qu’t’as tenté d’touer
    Toé qui sais pas pourquoi personne peut t’supporter
    Y’a des vérités héritées ardues à porter
    Pourtant c’est à portée d’entendement
    Mais c’est t’en demander tant pour l’instant…
    C’est trop gros pour ton égo
    Et pis d’amis t’as pas parce que tu passes et te répands comme une épidémie
    T’as pas d’bon sens, le con
    Tu penses comme une contagion
    Tu mets des légions dans toutes les régions
    Ça fait des lésions, des sécrétions d’matière première pour TA réplétion, des États en état de sujétion et d’indigence
    Ou d’autres dans le sillon de Sion qui, malgré leur apparence d’indépendance, te doivent leur existence contre nature qui nourrit les frictions
    Ça dure depuis des siècles, y’a pas d’solution, j’te jure
    Pis tu nous fais l’affront d’essayer d’être juge et partie : t’es pas mal mal parti…

    On peut pas être le Maître du Monde sans mépriser l’monde
    Vous s’rez pus les masters parce qu’astheure ça gronde
    On peut pas être le Maître du Monde et pis aimer l’monde
    On sonde son nombril de lombric
    On peut pas être le Maître du Monde sans faire chier l’monde
    Ça prend plus qu’un plaster pour calmer la fronde
    On peut PAS être le Maître du Monde
    Tu mèneras pas à terme ton plan immonde

    J’ai choisi mon camp
    Quand ?
    Quand TU me l’as demandé, le Grand !
    Entre le p’tit monde ou le Roi
    C’pas toi mon choix… c’est quoi l’émoi ?
    Tu t’attendais pas à tant, tant tu te sens essentiel ?!
    Mais sans l’ciel de ton bord, qu’est-ce que tu veux faire ?
    C’est l’Enfer ! La Mort !
    Tout est relatif ici-bas, c’est ça qui va pas !
    Mais relaxe, du mal y’en a partout, même (surtout) dans ton bout
    Tu vois donc pas qu’la myopie des criss d’intégristes, au fond
    C’est ton fondamentalisme presbyte et casse-couilles
    Mais en moins hypocrite, en plus « on s’débrouille »
    Ta fatuité de fat ass fait qu’il faut forcer forcément un peu plus
    Pour faire fuir le minus qui se camoufle au tréfonds de toi
    Tu fais peur au monde mais fais gaffe à la fronde, ça gronde, ça gronde…

    On peut pas être le Maître du Monde sans mépriser l’monde
    Vous s’rez pus les masters parce qu’astheure ça gronde
    On peut pas être le Maître du Monde et pis aimer l’monde
    On sonde son nombril de lombric
    On peut pas être le Maître du Monde sans faire chier l’monde
    Ça prend plus qu’un plaster pour calmer la fronde
    On peut PAS être le Maître du Monde

    Ça fait que : fais attention
    Ça prends juste une fraction de faction
    Une effraction, et tac ! : un coup d’exacto ou d’couteau…
    Tôt ou tard les exactions vont pleuvoir
    La miction entre en fonction dans ton caleçon
    Tu passes à l’action même si y’a rien à faire que de raser tous les arbres
    Dans les pays où c’est que y portent la barbe
    Faire sauter toutes les cavernes ?
    C’est de l’impatience-fiction, de Jules Vernes
    Mais t’as raison, ça prendrait beaucoup trop de temps sans tension
    Cent ans de repentance et des excuses honnêtes et nettes à la planète
    Pour que se mettent à t’apprécier tous les peuples que t’as tapé à la machine
    Faute de frappes, vous auriez la sympathie comme arme de persuasion massive
    Tu m’as déjà dit qu’j’avais le même discours qu’Oussama Ben Laden
    Ouh, ça m’a fait ben d’la peine !...

    On peut pas être le Maître du Monde sans mépriser l’monde
    Vous s’rez pus les masters parce qu’astheure ça gronde
    On peut pas être le Maître du Monde et pis aimer l’monde
    On sonde son nombril de lombric
    On peut pas être le Maître du Monde sans faire chier l’monde
    Ça prend plus qu’un plaster pour calmer la fronde
    On peut PAS être le Maître du Monde
    Tu mèneras pas à terme ton plan immonde

    Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=JTgRjEaesns

  • Gilbert Paquette, 1er juillet 2016 08h21

    Je partage cette brillante analyse.

    Et la colonne vertébrale du PQ se nomme.... Martine Ouellet.
    http://martineouellet.quebec/wp-content/uploads/2016/06/Plan-Ouellet-2018-Pour-la-victoire-des-indépendantistes.pdf

    Voir aussi ses commentaires sur le Brexit hier qui rejoignent ceux de Richard Le Hir

  • Mireille Deschênes, 1er juillet 2016 06h40

    Bonjour M. Le Hir,

    Et VLAN ! Tout y est, tout, tout, tout ! Quel papier !

    Merci !

    Vous venez de faire ma journée !

  • Marcel Haché, 1er juillet 2016 06h26

    Merci encore Richard le Hir.

    La meilleure façon de s’attirer les micros (et entreprendre de débiter quelques vérités à la nation québécoise) aurait été que P.K.P. rencontre et fraternise avec Marine Le Pen lors de son passage au Québec.

    Évidemment alors, tous nos journaleux, une majorité de péquisteux, et même quelques vigiliens itou… seraient tous montés sur leurs grands chevaux, ce qui est une autre façon de dire qu’ils se seraient écrasés face contre terre. Cela leur aurait été d’autant plus facile et sans risque qu’ils étaient et sont encore à genoux.

    Sous votre impulsion, Richard le Hir, sous l’impulsion de Vigile, le P.Q. est bien près maintenant -il manque bien peu de choses- de se doter enfin de ce qu’il n’a jamais eu et qui s’appelle une colonne vertébrale.

    C’est debout que Marine Le Pen s’adresse à la nation française et à tous les souverainistes. Et c’est à genoux que Sarkozy était venu enquiquiner les indépendantistes, pour le plus grand plaisir de la p’tite gang de vous savez qui.

    La nation est une donnée fondamentale, ce que ne peut pas être ni Bruxelles ni Ottawa, qui s’inscrivent tous les deux dans l’histoire mais pas dans l’Histoire.

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