«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Journée mondiale du livre et du droit d’auteur - 23 avril 2013

Qu’est-ce qu’un « livre québécois » ?

La situation politique du peuple québécois en écriture

Tribune libre de Vigile
mercredi 17 avril 2013
1 491 visites

Un « livre québécois », c’est un livre publié par un éditeur agréé par le gouvernement du Québec. Si votre livre n’a pas été publié par un éditeur agréé par le gouvernement du Québec, ce dernier ne parle pas de votre livre lorsqu’il aborde la question du livre et de lecture. Autrement dit, le gouvernement du Québec n’inclut pas tous les livres édités aux Québec lorsqu’il parle du livre.

Lorsque le Gouvernement du Québec parle du livre, il exclut :

  • les livres autoédités ;
  • les livres édités à compte d’auteur ;
  • les livres édités en ligne ;
  • les livres qui ne sont pas distribués en librairies traditionnelles (avec pignon sur rue) ou tous les livres offerts uniquement dans une librairie en ligne sur Internet ;
  • les livres uniquement imprimés à la demande (un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur) ;
  • les livres offerts uniquement en format numérique.

Le gouvernement du Québec reconnaît qu’un livre est un livre uniquement s’il est le produit de l’industrie officielle du livre, c’est-à-dire de l’industrie qu’il a lui-même définie et qu’il régit par sa Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre, communément appelée « Loi du livre ».

L’industrie officielle du livre au Québec réunit exclusivement :

  • les bibliothèques publiques municipales ;
  • les bibliothèques scolaires,
  • Réseau de la santé et des services sociaux : établissements visés par la Loi sur les services de santé et les services sociaux ou établissements visés par la Loi sur les services de santé et les services sociaux pour les autochtones cris.

Le gouvernement du Québec exclut donc volontairement de l’industrie officielle du livre tous « les commerces dont l’activité principale ou accessoire est la vente de livres, mais pour lesquels un agrément n’a pas été délivré ne sont pas des librairies agréées. Les acheteurs institutionnels ne peuvent effectuer l’achat de leurs livres dans ces établissements. » Source

Tous les dépanneurs, épiceries et pharmacies qui sont les seuls points de vente du livre dans les villages sont exclus.

Lorsque vous entendez le gouvernement du Québec parler de sa Politique de la lecture et du livre, il exclut tous les livres qui ne sont pas le fruit du travail des éditeurs qu’il a agréés. Si vous avez autoédité ou publié votre livre à compte d’auteur, vous êtes exclus de cette politique.

Politique de la lecture et du livre

“En 1998, le ministère de la Culture et des Communications a rendu publique la Politique de la lecture et du livre - Le temps de lire, un art de vivre, qui oriente depuis les actions du gouvernement en matière de livre et de lecture.

Le but de cette politique est de faire de la lecture une véritable pratique culturelle et d’en faciliter l’accès à l’ensemble des Québécoises et des Québécois. À cette fin, elle présente une gamme de mesures visant enfants, jeunes et adultes, et propose d’investir chacun des lieux où la lecture est susceptible de les atteindre : famille, centres de la petite enfance, écoles, bibliothèques, librairies, etc.

Source

Lorsque le ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec se donne pour objectif « de garantir l’accès au livre », on peut lire que « le Ministère agit sur tous les acteurs de la chaîne du livre, des écrivains aux libraires, en passant par les éditeurs et les distributeurs » mais cela n’est pas vrai, car cela concerne uniquement les acteurs de la chaîne du livre qu’il a agréés.

Et si nous considérons que les éditeurs agréés refusent plus de 90% des manuscrits soumis à leur attention par nos auteurs, on peut affirmer que le gouvernement du Québec réduit implicitement l’accès au livre à moins de 10% des œuvres des auteurs québécois.

Lorsque le gouvernement québécois parle de la littérature québécoise, il parle uniquement de la littérature industrielle, celle produite par son industrie du livre.

On trouve une preuve flagrante de cette discrimination dans le plus récent Rapport annuel (2011-1012) du Conseil consultatif de la lecture et du livre du ministère de la Culture et des Communications. Lisez attentive ce passage du rapport :

“Recommandations finales

Répondant au mandat d’examen qui lui avait été confié en 2010, et après s’être livré à un examen approfondi des défis auxquels le marché québécois du livre doit faire face, en particulier avec l’avènement du numérique, le conseil a remis ses recommandations finales à la ministre en novembre 2011. S’inscrivant dans le cadre plus large de la réflexion sur le numérique en culture menée dans le portefeuille ministériel, les travaux du conseil s’ajoutent aux rapports du Conseil des arts et des lettres du Québec et de la Société de développement des entreprises culturelles, dont les membres ont pris acte.

Ces recommandations sont destinées à guider l’action ministérielle dans le secteur du livre. Elles visent à conjuguer les objectifs de bibliodiversité, d’accessibilité au livre et d’équité commerciale qui prévalent toujours avec les possibilités du marché numérique. Pour assurer l’essor du livre, tant imprimé que dématérialisé, et celui des entreprises qui le produisent et le mettent en marché, le conseil a recommandé :

- l’actualisation du cadre législatif et réglementaire du livre, notamment pour étendre sa portée au livre numérique, mais sans que soit modifiée la loi actuelle ;

- la réglementation du prix du livre, tant pour le livre imprimé que pour le livre numérique, en soulignant la nécessité d’intervenir rapidement à cet effet ;

- la détaxation du livre, y compris du livre numérique ;

- le maintien et l’accroissement de l’aide publique dans le secteur du livre ;

- le soutien au développement des collections numériques en français dans les bibliothèques publiques et scolaires.

Le texte intégral a été rendu public par la ministre et peut être consulté sur le site du Ministère, au www.mcccf.gouv.qc.ca, dans la section Publications.”

Portons notre analyse sur cet extrait :

“« Pour assurer l’essor du livre, tant imprimé que dématérialisé, et celui des entreprises qui le produisent et le mettent en marché, le conseil a recommandé :
- l’actualisation du cadre législatif et réglementaire du livre, notamment pour étendre sa portée au livre numérique, mais sans que soit modifiée la loi actuelle ;”

Lisez-vous la même chose que moi : « mais sans que soit modifiée la loi actuelle » ? On veut adapter la Loi du livre à la réalité du livre numérique sans la modifier. C’est clair, c’est simple et ça veut tout dire : il n’est pas question de reconnaître d’autres livres numériques que ceux édités par les éditeurs traditionnels agréés par le gouvernement.

Quand ce Comité ministériel affirme vouloir « assurer l’essor du livre, tant imprimé que dématérialisé, » (numérique) », il n’ouvre pas du tout la porte au nouveau monde du livre né des nouvelles technologies et de l’Internet mais s’en tient uniquement aux livres édités par les éditeurs traditionnels agréés par le gouvernement.

Pourquoi ? Parce que selon le gouvernement du Québec, seuls les éditeurs qu’il a agréés peuvent produire un livre digne de ce nom, un livre de qualité professionnelle.

Or, nous savons tous que ce n’est pas le cas, tant sur le plan éditorial que matériel. Plusieurs livres sont édités uniquement parce qu’ils représentent un certain potentiel commercial sans apporter une contribution réelle et authentique au patrimoine littéraire québécois. Et plusieurs livres des éditeurs agréés laissent clairement à désirer quant à la typographie et la mise en page.

Un livre demeure un livre que s’il est le fruit de l’industrie officielle du livre, tout le reste n’a pas d’importance. Et ce reste, comme je l’ai mentionné, représente plus de 90% des écrits des nos auteurs. Ce reste, c’est aussi les livres autoédités, édités à compte d’auteur, édités en ligne et imprimés à la demande.

Mis à part cette affaire de « livres de qualité professionnelle » dont le gouvernement du Québec accorde le monopole à son industrie agréée du livre, il y a une autre raison qui pousse le gouvernement du Québec à agir ainsi : la peur de la réaction de ce monopole culturel. La culture est un sujet politique sensible au sein du gouvernement du Québec, peu importe le parti au pouvoir. Et il vaut toujours mieux ne pas bousculer l’industrie du livre si on ne veut pas susciter une levée de boucliers.

Autre raison : la peur que toute reconnaissance du nouveau monde du livre (autoédition, édition à compte d’auteur, édition en ligne,...) entraîne automatiquement de nouvelles demandes d’aide financière. J’ai dénoncé hier cette façon de penser et de faire la politique dans l’article intitulé « Le Centre d’analyse stratégique du Premier ministre français se penche sur le nouveau monde du livre ». Un gouvernement peut grandement contribuer au développement du nouveau monde du livre uniquement en orientant ses projecteurs sur ce dernier pour attirer l’attention et développer l’intérêt de la population, et cela ne demande aucune dépense additionnelle puisque les gouvernements agissant ainsi utilisent les ressources déjà à leur disposition.

Autrement dit, la reconnaissance du nouveau monde du livre au Québec par le gouvernement du Québec ne demande aucun investissement additionnel et elle ne nécessite aucun changement à la Loi du livre. Seul un changement d’attitude est nécessaire.

“« Le gouvernement du Québec a la très fâcheuse habitude de croire qu’il doit limiter ses actions en fonction de la législation. Et puisque le nouveau monde du livre ne s’inscrit pas dans la législation, il le passe sous silence. »
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys”

Un secteur en émergence a besoin de mobiliser l’attention de la population, de l’ensemble de la société, et les gouvernements disposent des moyens pour y parvenir.

Le silence du gouvernement du Québec face aux initiatives québécoises dans le nouveau monde du livre laisse ces dernières à la merci de la compétition étrangère qui dispose de moyens extraordinaires pour se frayer un chemin au Québec. Si le gouvernement attirait l’attention sur les initiatives québécoises, ces dernières seraient mieux connues de notre population.

Prenons l’exemple de l’édition en ligne, c’est-à-dire lorsque tout le processus d’édition se déroule et débouche sur Internet par une offre de livres sur support papier et/ou numérique. L’édition en ligne se présente comme le parfait exemple des nouvelles avenues offertes aux auteurs et aux lecteurs grâce aux nouvelles technologies. Les initiatives québécoises disposent de peu de moyens pour rejoindre la population québécoise dans le contexte de la mondialisation instantané de l’offre puisque l’Internet n’a pas de frontière.

Quels sont les services d’édition en ligne les plus connus au Québec : les services américains des firmes LULU.COM, AMAZON et APPLE. C’est la loi du libre marché international dans le domaine de l’édition en ligne au Québec. Nos auteurs se tournent souvent vers ces firmes américaines à défaut de connaître les initiatives québécoises. Combien d’auteurs québécois sont édités par ces firmes américaines ? Le gouvernement du Québec ne le sait pas et ça ne l’intéresse pas puisqu’il se concentre sur son industrie du livre et sa Loi du livre. Un marché nous échappe et notre gouvernement garde le silence par principe au lieu d’attirer l’attention de la population sur les initiatives d’ici.

La conséquence du silence de notre gouvernement déborde amplement l’aspect économique. Une part importante de notre patrimoine littéraire (pour autant que l’on reconnaisse que les livres des auteurs québécois édités en ligne sont des livres québécois) nous échappe. Si l’auteur d’ici se tourne vers un service d’édition en ligne à l’étranger, il n’est pas soumis au dépôt légal. Plus encore, si cet auteur demande un numéro ISBN à un éditeur en ligne américain, il en recevra un qui n’est pas associé à la littérature de langue française mais à la langue anglaise. On ne retrouvera donc pas ce livre québécois dans la section LANGUE FRANÇAISE des banques de données fondées sur les numéros ISBN. Plus encore, la Bibliothèque nationale du Québec et la Banque de titres de langues française ne le retrouveront pas.

Évidemment, un auteur peut se faire publier par un éditeur en ligne à l’étranger et demander préalablement un numéro ISBN à la Bibliothèque nationale du Québec pour être classé dans la littérature de LANGUE FRANÇAISE. Mais combien d’auteurs connaissent cette possibilité ? Et combien d’auteurs édités à l’étranger feront le dépôt légal de leurs livres à la Bibliothèque nationale du Québec et à celle du Canada ? Les lois québécoise et canadienne sur le dépôt légal ne s’appliquent pas dans le cas d’un livre édité à l’étranger.

Le gouvernement du Québec ne s’intéresse pas à cette part du nouveau monde du livre.

L’édition en ligne sur Internet offre deux types d’édition : l’édition à compte d’auteur et l’autoédition. Prenons en exemple l’autoédition en ligne. Voici quelques nouvelles tirées de la presse étrangère au sujet de l’autoédition en ligne en 2012 :

10 000 ventes pour David Forrest, auto-édité - L’écrivain David Forrest a atteint le cap des 10 000 ventes pour ses livres numériques auto-édités. Présents sur les principaux réseaux de distribution français, les œuvres de David Forrest confirment le succès de l’auto-édition numérique. A en croire son blog, David Forrest n’en revient pas. Pourtant, il a atteint le cap des 10 000 ventes pour ses livres auto-édités, parmi lesquels un roman et deux nouvelles. Petit Ange, première nouvelle vendue à 0,99 €, s’est retrouvée pendant plusieurs semaines numéro un des ventes d’eBooks sur Amazon. En série – journal d’un tueur, quant à lui, a été élu best-seller 2011 par la librairie en ligne Kobobooks.com. Ce roman, auquel il doit une très large proportion des 10 000 ventes effectuées, est vendu 2,94€. Source

“Un succès pour l’auto-édition française - Replacé dans un contexte français, où l’auto-édition en est encore à ses débuts, c’est un succès remarquable pour David Forrest qui signe avec En série – journal d’un tueur, son premier roman. Mais certains écrivains américains qui s’auto-éditent ont vu leurs livres devenir de véritables best-sellers. Comme Amanda Howcking, qui vendaient 100 000 exemplaires par mois de ces eBooks. Ou, plus récemment, Kerry Wilkinson, qui a, en six mois, vendu plus de 250 000 eBooks. Cet auteur auto-édité vient d’ailleurs de signer avec la maison d’édition Pan Macmillan pour trois prochains livres qui sortiront en format papier et numérique. Mais certains écrivains américains qui s’auto-éditent ont vu leurs livres devenir de véritables best-sellers. Comme Amanda Howcking (voir la nouvelle ci-dessous), qui vendaient 100 000 exemplaires par mois de ces eBooks. Ou, plus récemment, Kerry Wilkinson (voir le nouvelle ci-dessous), qui a, en six mois, vendu plus de 250 000 eBooks. Source

Qui veut gagner des millions avec le Kindle Store ? Les livres d’Amanda Hocking 26 ans sont devenus des best sellers dans la boutique en ligne d’Amazon, le Kindle Store. Et pourtant, Amanda Hocking n’a pas d’éditeur. En s’autopubliant, elle peut ainsi garder 70% de la commercialisation de ses livres dont elle vend environ 100 000 exemplaires par mois. Elle a décidé de miser sur le volume plutôt que sur les prix et vend ainsi ses livres entre 0,99 $ et 3$. Le calcul est vite fait : si les ventes se maintiennent, elle pourra ainsi engranger plusieurs millions de dollars en un an. Source

Self-published author Kerry Wilkinson lands 6-book deal - Kerry Wilkinson, the self-published author who topped the ebook charts, has signed a six-book deal with publisher Pan MacMillan. The deal will see Wilkinson write three new novels in the Jessica Daniel series, to be released in print and ebook form. It also covers the release in print form of his three published ebooks - Locked In, Vigilante and Woman in Black. For the first time, Wilkinson’s novels will be available to buy in bookshops in traditional format. Publishers scrambled to sign Wilkinson after the phenomenal success of his foray into ebook publishing, and the backing of Macmillan could propel him into the same league as Lee Child and Martina Cole. Wilkinson said : “This type of six-book deal for a ‘nobody’ like me is absolutely unprecedented in the publishing world.” The 31-year-old sports journalist began writing novels barely a year ago but went on to sell 250,000 copies in six months despite no formal advertising, becoming the number one best-seller on Amazon in the last quarter of 2011. Source

L’autoédition gagne en popularité partout dans le monde grâce à l’internet, y compris au Québec :

Marguerite Lescop a vendu plus de 100 000 exemplaires de son autobiographie Le tour de ma vie en 80 ans. Source L’histoire passionnante de Marguerite Lescop - Son témoignage donne envie de faire quelques folies, de croire en soi et d’aller au bout de ses rêves. La détermination dont elle a fait preuve est remarquable, alors que tous la décourageaient, notamment les maisons d’édition montréalaises qui lui disaient que son premier livre n’intéresserait que sa famille proche. Elle a publié son autobiographie elle-même avec un de ses fils. Elle a arrêté de compter le nombre de copies vendues de ses livres à 100 000, ce qui est énorme pour le marché québécois. Source

Mais le gouvernement du Québec se fout éperdument de l’autoédition. « Des auteurs qui s’éditent eux-mêmes, voyons tout le monde ne peut pas devenir ainsi écrivain », dit-on :

Tous écrivains grâce à Internet ?

Sauf que la publication ne fait pas l’écrivain. Tout au plus fait-elle l’”écrivant”, pour reprendre la terminologie de Barthes, à savoir quelqu’un qui se contente de faire de l’écriture un moyen de communication. Et non de la littérature. À travers quelques “success stories” comme celles d’E. L. James ou d’Amanda Hocking, une Américaine de 27 ans devenue millionnaire grâce à des histoires de vampires (comme c’est original), l’autoédition entretient des rêves de gloire illusoires. Source

La vérité, c’est que les auteurs autoédités (ou « écrivant » comme on peut le lire dans l’extrait de l’article ci-dessus) ne réclament pas le statut d’écrivain. Au Québec, la différence entre les « auteurs » et les « écrivains » est claire. L’écrivain est un professionnel et l’auteur un amateur. Il y a aussi une loi pour définir ce qu’est un artiste professionnel québécois : Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des métiers d’art et de la littérature et sur leurs contrats avec les diffuseurs dont voici un extrait :

“SECTION I

STATUT D’ARTISTE PROFESSIONNEL

7. A le statut d’artiste professionnel, le créateur du domaine des arts visuels, des métiers d’art ou de la littérature qui satisfait aux conditions suivantes :

1° il se déclare artiste professionnel ;

2° il crée des œuvres pour son propre compte ;

3° ses œuvres sont exposées, produites, publiées, représentées en public ou mises en marché par un diffuseur ;

4° il a reçu de ses pairs des témoignages de reconnaissance comme professionnel, par une mention d’honneur, une récompense, un prix, une bourse, une nomination à un jury, la sélection à un salon ou tout autre moyen de même nature.

1988, c. 69, a. 7.

8. L’artiste qui est membre à titre professionnel d’une association reconnue ou faisant partie d’un regroupement reconnu en application de l’article 10, est présumé artiste professionnel.

1988, c. 69, a. 8.

9. L’artiste professionnel a la liberté d’adhérer à une association, de participer à la formation d’une telle association, à ses activités et à son administration.

1988, c. 69, a. 9.

Source

Au Québec, il n’y a qu’un seul syndicat d’écrivains reconnu par la loi, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) :

“L’UNEQ a été reconnue, en 1990, comme l’association la plus représentative des artistes du domaine de la littérature, en vertu de la Loi sur le statut professionnel des artistes en arts visuels, des métiers d’art et de la littérature et sur leurs contrats avec les diffuseurs (L.R.Q., chapitre S-32.01). L’UNEQ a aussi été accréditée, en 1996, par le Tribunal canadien des relations professionnelles artistes-producteurs pour négocier, de façon exclusive, avec les producteurs relevant de la compétence fédérale, afin de conclure des accords-cadres qui définissent les conditions d’embauche des travailleurs professionnels autonomes du secteur littéraire. Source

Ces références au statut d’écrivain (d’artiste) au Québec intéressent peu le peuple en écriture, des gens qui, comme vous et moi, écrivent simplement pour le plaisir sans espérer un quelconque statut. Même si nous sommes plus nombreux que les écrivains professionnels au Québec, notre gouvernement passe sous silence notre existence et, par conséquent, la part du nouveau monde du livre québécois que nous créons. J’oubliais, un livre québécois, c’est uniquement un livre produit par un éditeur agrée et commercialisé par des acteurs agréés aux yeux du gouvernement du Québec.
En conclusion

Si la petitesse du marché du livre québécois impose une intervention de notre gouvernement par la Loi du livre pour en assurer la protection et le développement, rien ne l’oblige à réduire le nouveau monde du livre à sa seule et unique version de la réalité.

Le gouvernement se doit d’attirer l’attention de la population sur tous les livres québécois, sur tous les aspects du nouveau monde du livre québécois, y compris l’autoédition, l’édition à compte d’auteur, l’édition en ligne et l’impression à la demande.

Une part importante du retard dans ce domaine du nouveau monde du livre québécois provient du manque d’intérêt de notre gouvernement pour les initiatives d’ici qui sortent du cadre de la Loi du livre. Cette loi agit sur le gouvernement comme des œillères. Pour le gouvernement du Québec, le nouveau monde du livre se réduit au passage de l’industrie traditionnelle du livre au numérique.

Pourquoi le gouvernement du Québec doit-il élargir sa vision du nouveau monde du livre ?

Pour reconnaître la réalité du nouveau monde du livre dans laquelle baigne la population et ainsi :

  • être en phase avec la population et le peuple en écriture ;
  • rejoindre le concert des Nations dans le domaine du nouveau monde du livre ;
  • briser l’isolement dans lequel le contraint la Loi du livre.
  • être inclusif plutôt qu’exclusif face aux livres québécois.

Pour inciter la population à recourir aux services offerts au Québec et ainsi :

  • contrer l’exode des auteurs québécois vers les services étrangers ;
  • soutenir l’émergence de nouveau monde du livre au Québec.

Que doit faire le gouvernement du Québec face au nouveau monde du livre ?

S’informer pour informer la population :

Émettre sur la place publique un bulletin annuel au sujet du nouveau monde du livre au Québec.

Dresser un portait sectoriel :

  • de l’autoédition ;
  • de l’édition à compte d’auteur ;
  • de l’édition en ligne ;
  • de l’impression à la demande.

Encourager sur la place publique l’usage d’un numéro ISBN fourni par Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Encourager sur la place publique le dépôt légal des livres autoédités, édités à compte d’auteur et édités en ligne sur Internet ici et à l’étranger.

Encourager sur la place publique les Québécois à recourir aux initiatives québécoises dans les domaines du nouveau monde du livre (autoédition, édition à compte d’auteur, édition en ligne et impression à la demande).

Reconnaître sur la place publique tous les livres québécois.

Voici un programme simple qui ne contrevient en rien à la Loi du livre et à la Politique du livre et de la lecture. Le gouvernement du Québec dispose déjà de toutes les ressources humaines et financières pour le réaliser.

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Courriel : serge-andre-guay uMo manuscritdepot.com

Téléphone : 418-903-1911

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