«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Québec Suicidaire !

QS et la politique du pire

mercredi 24 mai

Les délégués au congrès de Québec solidaire ont rejeté toute alliance électorale avec le Parti québécois. Les militants, qui pendant le débat sur la question dimanche après-midi ont été nombreux à dire tout le mal qu’ils pensaient du parti dirigé par Jean-François Lisée, ont préféré la pureté idéologique au pragmatisme politique.

De façon paradoxale, les délégués ont élu Gabriel Nadeau-Dubois, un partisan d’une alliance stratégique avec le PQ, à titre de co-porte-parole du parti. Il faut dire que sur le plancher du congrès, le co-porte-parole, fraîchement élu dimanche matin, n’a pas dépensé d’énergie à défendre sa thèse. L’autre co-porte-parole, Manon Massé, élue par acclamation, a attendu de sentir le vent — la bourrasque, devons-nous dire en rétrospective — avant de se prononcer contre l’alliance que la majorité des solidaires considéraient comme impie.

 

Il est vrai qu’une fois l’alliance rejetée les candidats de QS sur l’île de Montréal auront les coudées franches pour vouer aux gémonies leurs ennemis péquistes lors de la prochaine campagne électorale. Ils n’auront pas à ménager la chèvre et le chou ; QS pourra cibler sans vergogne les électeurs péquistes dont le bassin est le plus susceptible d’alimenter son électorat. Gabriel Nadeau-Dubois a beau affirmer que sa formation politique pourra attirer de nombreux libéraux déçus, la preuve reste à faire qu’un parti voué à l’indépendance du Québec pourra obtenir des résultats significatifs sur ce plan.

 

Pour Jean-François Lisée, il s’agit de l’échec personnel d’un chef qui se targue d’afficher un exceptionnel raffinement stratégique. En point de presse mardi, au terme d’une réunion d’urgence de son caucus, le chef péquiste a admis que les électeurs ne savent plus « qui nous sommes » en parlant de son parti. Le PQ a un peu plus d’un an pour démontrer qu’il est un « gouvernement en attente », une solution « progressiste et pragmatique » au gouvernement libéral. Or cette entreprise de séduction de QS a poussé à gauche le programme du PQ qui doit être approuvé lors du congrès de l’automne. S’il est vrai que le PQ se définit toujours comme un parti de centre gauche, son véritable adversaire, la Coalition avenir Québec, se trouve à sa droite. Pour bien des élus péquistes, il est temps que les stratégies de leur parti en tiennent compte.

 

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