«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La vision « inclusive » de l’histoire repose sur un rejet de sa trame et vise essentiellement à couper les peuples, dont le nôtre, de leurs racines. À qui profite l’ethnocide ?

Projet de programme d’histoire : il y a encore place à l’amélioration

vendredi 2 septembre 2016

Le ministre Sébastien Proulx a reporté d’un an l’approbation du projet de nouveau programme d’histoire du secondaire. Rappelons que ce projet, né sous le gouvernement du Parti québécois, doit remplacer le programme de 2006, attaqué sans relâche par une coalition de nationalistes conservateurs, parce que soi-disant trop social et pas assez national.

Les enseignants approuvaient généralement les principes du programme de 2006, mais lui reprochaient d’être chronologique dans la première année, thématique dans la seconde, et d’entraîner ainsi de nombreuses répétitions.

En rétablissant une chronologie continue, le projet actuel règle ce problème. Pour le reste, le programme de 2006 possède d’importantes qualités. Le report donne quelques mois pour les conserver ou les conjuguer avec le projet actuel. Il faut en profiter.

LA MARQUE PÉQUISTE

Né sous un gouvernement péquiste, le projet en porte la marque : sa chronologie adopte la « trame nationale » traditionnelle, c’est-à-dire la succession des événements douloureux qui, de la Conquête aux référendums manqués, a ponctué le cheminement de la nation canadienne-française.

C’est un parcours considéré comme inachevé, dont il est espéré rédemption dans l’indépendance. Dès sa présentation, le projet se dévoile : « La nation n’est jamais achevée... » La chronologie de la première année se conclut sur « les revendications et les luttes nationales », celle de la seconde sur « Le Québec à l’heure des choix ». On devine lequel.

L’histoire du Québec doit-elle être l’histoire d’une entité théorique, la nation, ou l’histoire d’une réalité bien concrète, la société québécoise dans son ensemble ?

Ce qui est proposé dans le projet, c’est une histoire de la seule nation canadienne-française du Québec.

Pourtant il serait facile d’y inscrire toute la population québécoise, car c’est ainsi qu’a évolué le savoir historien depuis des décennies.

Histoire des Québécois, plus qu’histoire de la nation : on pourrait rapatrier du programme de 2006 divers objets d’histoire sociale, témoins de la vie concrète de la société. Dans son invitation à l’histoire problème, ce programme en offrait de nombreuses occasions grâce à sa souplesse générale. L’actuel projet, en s’ordonnant autour de l’idée de nation, se dispose plutôt à de l’histoire politique.

CONNAISSANCES OU PERSPECTIVES HISTORIQUES ?

À travers les longues tables des matières qui présentent le contenu du projet de programme, on compte 99 champs de connaissances historiques, décomposés en 466 sujets d’enseignement, chacun supposant moult faits à connaître, 168 dates sur des lignes du temps, 17 concepts particuliers ou communs...

Alors quand on lit, « les connaissances prescrites consistent en un bagage de connaissances essentielles », on imagine avec frayeur l’examen d’histoire final du Ministère !


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