«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le modus operandi des spoliateurs - 2

Power Corporation, un État dans l’État, véritable « hydre au Québec »

Le « Seigneur de Sagard » serait-il devenu roi à notre insu ?

Tribune libre de Vigile
mercredi 12 octobre 2011
6 120 visites 10 messages

Il y a une quinzaine de jours, j’ai transmis à Vigile l’article intitulé « Anticosti : les relents nauséabonds du colonialisme français à la sauce Desmarais/Charest ». J’avais coiffé ce texte d’un surtitre, « Le pire est encore à venir », sans avoir une idée trop précise de la suite.


C’est alors qu’est tombée la nouvelle de la conclusion prochaine de l’entente de libre-échange Canada-Europe, et que j’ai compris le parti que pourrait en tirer Power Corporation, comme je l’ai expliqué dans les colonnes de Vigile et au journaliste Benoît Dutrizac sur les ondes du poste 98,5 fm.

Je pensais bien alors avoir épuisé le filon Power pour quelque temps, et c’est donc avec beaucoup de surprise que j’ai reçu certaines informations qui méritaient d’être approfondies sur certaines liaisons dangereuses, certainement au niveau des apparences en tout cas, entre Jean Charest, un de ses proches, Marc Bibeau, et Power Corporation.

Il faut tout d’abord savoir gré au député Amir Khadir de Québec Solidaire d’avoir été le premier à soulever le voile sur les rapports étroits de Jean Charest avec Marc Bibeau. Et il faut aussi savoir gré à La Presse ( ! ) d’en avoir fait état le 8 octobre de l’an dernier, dans la foulée des révélations de la Commission Bastarache. En effet, voici ce qu’écrivait Patrick Lagacé, blogueur-vedette du « quotidien de la rue St-Jacques » :

« Hier, Amir Khadir, député de Québec solidaire et remarquable poil à gratter du gouvernement Charest dans ces affaires de liens entre le fric, les constructeurs et le politique, a posé une question fort pertinente au premier ministre, hier, à l’Assemblée nationale :

« Est-il normal qu’on le retrouve, à cette table, en grande familiarité avec nul autre que Marc Bibeau, un vendeur de béton, sans charge officielle ? » a demandé M. Khadir. « Est-ce digne d’une démocratie que ce collecteur de fonds influence des nominations à la tête des sociétés d’État ? »

C’est une excellente question. Et c’est une question qui englobe beaucoup de zones d’ombre qui teintent les histoires du triangle fric-constructeur-PLQ, depuis deux ans.

Pourquoi Franco Fava, grand constructeur et grand argentier du PLQ, qui n’occupe aucune charge publique, est-il consulté pour des nominations de l’État québécois ?

Pourquoi Franco Fava, grand constructeur et grand argentier du PLQ, qui n’occupe aucune charge publique, allait-il dîner avec le sous-ministre associé à la Justice ?

Pourquoi un organisateur politique de l’Outaouais, qui n’occupe aucune charge publique, a-t-il réussi à pistonner la candidature de son fils avocat qui voulait être juge auprès du ministre de la Justice, par député interposé ?

Pourquoi Charles Rondeau, grand argentier libéral, avait-il un accès très large au bureau du premier ministre, dans les premiers mois du règne libéral ?

Pourquoi des gens qui contribuaient au PLQ, à l’invitation de Tony Tomassi, recevaient-ils des contrats publics qui, selon les normes établies par des fonctionnaires, auraient dû leur échapper ?

J’en oublie, je sais, mais mon disque dur déborde, quand il est question de l’influence du fric sur le politique, au PLQ...

Et là, arrive Marc Bibeau. Donc, Marc Bibeau est un entrepreneur. Il « lève » de l’argent pour la cause du PLQ. Et là, en 2004, il se retrouve à la table du premier ministre du Québec. Qui l’a invité là ? On ne sait pas parce que Jean-Marc Fournier, nouveau ministre libéral, qui a répondu à la question... qui a répondu à côté de la question d’Amir Khadir à l’Assemblée nationale, n’a pas pu éclairer notre lanterne. On ne sait pas comment M. Bibeau s’est retrouvé là. Peut-être que le premier ministre du Québec pourrait trouver la force, prochainement, de se lever et d’expliquer aux Québécois ce que M. Bibeau faisait là et qui l’avait invité ? Il peut aussi nous écrire une lettre, tiens, comme il l’a fait pour le Maclean’s.

Et Marc Bibeau, qu’a-t-il à dire ?

Eh bien, M. Bibeau, de Shokbéton, adopte une posture très similaire à celle de tous les acteurs du secteur privé qui ont été mêlés, depuis deux ans, à ces histoires émanant du triangle fric-construction-politique : il ne dit rien. Impossible à trouver. De M. Tony Accurso aux boss de firmes d’ingénierie qui comptent des secrétaires qui donnent des milliers de dollars au PLQ en passant par d’autres grands constructeurs, ils disent tous la même chose quand les journalistes appellent : rien à dire.

Ils sont probablement très occupés.

C’est pour cette raison qu’une commission d’enquête publique, élargie, serait instructive : on pourrait mettre les MM. Bibeau, Accurso et cie dans la boîte, pour leur poser des questions. Voici des gens, entrepreneurs et ingénieurs, qui reçoivent des contrats énormes payés par les fonds publics, qui sont mêlés à des histoires qui font lever des sourcils en certains cercles, et qui n’ont jamais rien à dire. Une commission d’enquête publique permettrait de poser des questions, de comparer des versions, d’élucider des zones d’ombre qui soulèvent des interrogations. Mais évidemment, comme chacun le sait, il n’y a pas, et il n’y aura pas de commission d’enquête publique élargie. Il y a un side-show qui fait diversion, la Commission Bastarache. La différence entre ces deux commissions est aussi évidente que la différence entre une burqa et un bikini. »

Source


Vous admettrez avec moi que tant la question du député Khadir que les commentaires du blogueur Lagacé ont le mérite de bien camper la problématique. Dans le cas de ce dernier, son propos s’inscrivait en marge des révélations du journaliste-enquêteur chevronné, André Noël, qui signait le même jour un article très étoffé évoquant l’étroitesse des liens de Marc Bibeau avec Jean Charest et le PLQ, et intitulé « Financement du PLQ : Marc Bibeau, à table avec George W. Bush et Jean Charest », dont voici le texte :

« Le premier ministre Jean Charest s’est fait accompagner par un riche entrepreneur de l’industrie de la construction à une réception en l’honneur du président américain George Bush, en 2004, a soutenu hier le député Amir Khadir à l’Assemblée nationale.

« Cet homme est Marc Bibeau, a dit le député de Québec solidaire. Son entreprise, Schokbéton, est le plus grand fournisseur de béton du secteur de la construction. Or, depuis 2003, M. Bibeau exerce, à l’abri des regards, une influence directe sur le premier ministre qui déplaît à plusieurs libéraux. »

Le 30 novembre 2004, ministres et dignitaires politiques canadiens assistaient à une réception en l’honneur de George W. Bush. M. Charest était assis à deux tables de celle du président américain. « Est-il normal qu’on le retrouve, à cette table, en grande familiarité avec nul autre que Marc Bibeau, un vendeur de béton, sans charge officielle ? a demandé M. Khadir. Est-ce digne d’une démocratie que ce collecteur de fonds influence des nominations à la tête des sociétés d’État ? »

Jean-Marc Fournier, leader du gouvernement et ministre de la Justice, a dit que les questions de M. Khadir étaient basées « sur du vent » et n’avaient pas leur place à l’Assemblée nationale. La question est donc demeurée en suspens : que faisait M. Bibeau aux côtés de M. Charest lors de la visite du président des États-Unis ? Joint par La Presse, l’attaché de presse du premier ministre, Hugo D’Amours, a dit qu’il ne connaissait pas la réponse. « Effectivement, M. Bibeau était là, a-t-il dit. Mais ce n’est pas nous qui l’avions invité. C’est le gouvernement fédéral. »

Six autres personnes se trouvaient à la table avec MM. Bibeau et Charest, dont l’ancien ministre fédéral Francis Fox et le ministre fédéral des Transports Jean Lapierre. Lors d’un point de presse, M. Khadir en a rajouté : « Quel est son rôle, ce monsieur qui vient du béton ? Quelles sont ses compétences politiques ? Pourquoi exerce-t-il une influence dans les nominations au gouvernement ? »

Selon M. Khadir, M. Bibeau aurait joué un rôle dans des nominations de présidents de société d’État, peut-être même dans celle de Thierry Vandal comme PDG d’Hydro-Québec, en 2005. « On n’a pas de commentaires à faire sur cette allégation, a dit Guy L’Italien, porte-parole de la société d’État. Le C.V. de M. Vandal témoigne de son expérience et de sa compétence. »

Nous avons laissé des messages à la secrétaire de Marc Bibeau, chez Schokbéton, mais personne ne nous a rappelé. Les relations étroites entre M. Bibeau et M. Charest sont de notoriété publique. Dès 2001, M. Bibeau recevait M. Charest lors d’une « soirée libérale » à sa résidence privée, dans l’ouest de Montréal.

Proche de Charest

M. Bibeau faisait partie du groupe très restreint de personnes que M. Charest avait invitées, à la résidence de son père, pour suivre la soirée électorale à la télévision, le 14 avril 2003. Une photo publiée dans La Tribune de Sherbrooke le montre en compagnie du premier ministre élu, avec une dizaine d’autres personnes, essentiellement des membres de la famille de M. Charest.

Encore dernièrement, M. Charest a confié qu’il connaissait beaucoup mieux Marc Bibeau que d’autres collecteurs de fonds comme Franco Fava et Charles Rondeau, dont il a été question à la commission Bastarache. Pourtant, son nom a été beaucoup moins souvent évoqué à l’Assemblée nationale ou dans les médias.

Le printemps dernier, des libéraux proches de M. Charest soulignaient que seul M. Bibeau pouvait prétendre au titre de « responsable du financement » au PLQ. Sous le sceau de la confidentialité, un ténor libéral disait qu’il avait encore une grande proximité avec M. Charest.

Une source a indiqué à La Presse qu’un membre de l’équipe de M. Charest a déjà conseillé à Liza Frulla de prendre contact avec Marc Bibeau si elle souhaitait être nommée à un poste de responsabilité dans une société d’État. Mme Frulla, ancienne ministre libérale provinciale et ancienne députée libérale fédérale, avait perdu ses élections en 2006 comme candidate pour le Parti libéral du Canada. Elle s’était trouvée temporairement sans emploi. Choquée de se faire dire de contacter M. Bibeau, elle a refusé de faire cette démarche. Jointe hier, elle n’a pas voulu commenter cet incident.

La Presse a joint le Parti libéral du Québec, hier, pour savoir si M. Bibeau occupait toujours des fonctions de collecteur de fonds, mais personne n’a donné suite à notre appel.

M. Bibeau est le président de la société à numéro qui est l’actionnaire majoritaire de Schokbéton et des « centres d’achats Beauward ». Schokbéton, qui se spécialise dans la fabrication de poutres de béton, a été créée il y a une quarantaine d’années. La firme a participé à la construction du Stade olympique et de nombreux ouvrages privés et publics, notamment d’un barrage hydro-électrique. Les « Centres d’achats Beauward » possèdent plusieurs centres commerciaux, dans lesquels sont installés les points de service d’organismes comme la SAAQ. »*

Mais dès avril 2004, Radio-Canada avait attaché le grelot au sujet de l’influence exercée par Marc Bibeau dans un topo de Sophie Langlois au téléjournal de Radio-Canada. Voici quelques extraits d’une retranscription de ce reportage :

« BERNARD DEROME (LECTEUR) : Québec, toujours, où certains libéraux s’interrogent de plus en plus sur la façon de gouverner de Jean Charest. Ce qui se passe, c’est qu’il y a un petit groupe de conseillers qui ne sont pas des élus, des gens, donc, qui n’ont aucun compte à rendre à personne et qui exercent une très grande influence sur le premier ministre. Plus, même, que certains ministres et c’est ce qui agace.

[...]

SOPHIE LANGLOIS (JOURNALISTE) : Certains libéraux ont ainsi une influence peu commune sur les orientations du gouvernement et sur le bureau du premier ministre. Or, ils n’ont pas de comptes à rendre, ne sont pas soumis aux règles d’éthique des attachés politiques.
C’est le cas de Raymond Boucher, un publicitaire retraité. [...] Des libéraux disent de lui que c’est lui le vrai chef de cabinet de Jean Charest.

[...]

Marc Bibeau, le plus important collecteur de fonds du Parti libéral, fait aussi partie de ce petit groupe tout-puissant. La famille Bibeau est propriétaire de Schokbéton, qui a participé notamment à la construction du Stade olympique.

Les libéraux inquiets qui nous ont parlé ne trouvent pas ça normal qu’un petit groupe d’hommes, qui ne sont ni des élus ni des employés du gouvernement, aient beaucoup plus d’influence sur le premier ministre que la très grande majorité des ministres. » http://lesanalystes.wordpress.com/2010/04/14/bagmen-du-plq-des-liberaux-se-sont-deja-plaint/

Bigre ! Tout un personnage, ce Marc Bibeau ! Charest prétend le connaître « mieux que les autres collecteurs de fonds du parti », et un « ténor libéral » confie à André Noël qu’il a « une grande proximité avec Jean Charest. Quant aux Libéraux, certains se disent inquiets de l’influence indue qu’il aurait sur Jean Charest !

***

Mais ce que ni Patrick Lagacé, ni André Noël, ni Radio-Canada ne nous ont dit, c’est que Marc Bibeau est également lié à Power Corporation de façon très étroite. Ça, c’est Amir Khadir et le Journal de Montréal qui nous l’ont appris.

En effet, Marc Bibeau siège au conseil de la Société financière Power, le coeur financier de Power Corp., aux côtés de Paul Desmarais Jr. et d’une vingtaine d’administrateurs de haut niveau comme l’ex-ministre Don Mazankowski, le Belge Gérald Frère, Henri-Paul Rousseau (ex-Caisse de dépôt), Raymond Royer, anciennement de Bombardier et Domtar, Arnaury de Sèze (ex-Suez), etc. et Michel Plessis-Bélair, Vice-président du conseil, Power Corporation du Canada, ce dernier étant également, comme le « hasard » fait bien les choses, membre du conseil d’administration d’Hydro-Québec.

Et chez Power Corporation, le rôle de Marc Bibeau n’est pas celui d’une potiche ! Il est président du comité de vérification, un poste stratégique, en plus de siéger au conseil d’administration d’une filiale importante de la Corporation financière Power, la Société financière IGM Inc , où il est membre des comités de direction, de vérification, et des stratégies de placement.

Il n’est donc pas exagéré de dire que Marc Bibeau occupe une place importante au sein du groupe Power, et qu’il doit sa place dans ce dispositif à des compétences exceptionnelles et/ou à des contacts de très haut niveau, susceptibles de contribuer de façon marquée à l’atteinte des objectifs du groupe. C’est en effet le critère de qualification utilisé pour inviter quelqu’un à siéger au conseil d’administration d’entreprises d’envergure comme le sont la Société Financière Power et la Société financière IGM.

Et le fait que Marc Bibeau occupe cette place depuis un certain nombre d’années constitue à n’en pas douter une indication que le groupe Power reconnaît l’utilité de sa contribution.

***

Si Marc Bibeau n’était pas si proche de Jean Charest, et si l’on ne connaissait pas l’intérêt du groupe Power pour la Caisse de dépôts, les richesses naturelles et les grands travaux du Québec (le CHUM, par exemple), mon analyse s’arrêterait là. Rien de plus normal, en effet, pour un groupe comme Power de chercher à élargir la base de ses affaires en s’appuyant sur un solide réseau de contacts. Et s’il le fait dans les confins du secteur privé, ça reste une affaire privée.

***

Mais à partir du moment où Power utilise ses contacts pour s’infiltrer aux plus hauts niveaux dans les sphères décisionnelles de l’État, comme le fait Power par l’entremise de Marc Bibeau ou de la présence de Michel Plessis-Bélair au conseil d’administration d’Hydro-Québec, son comportement se met à soulever de sérieuses questions de transparence, d’influence, et d’éthique pour lesquelles non seulement nous n’avons pas de réponses, mais surtout aucun moyen d’en demander et d’en obtenir.

Le Québec s’est doté il y a quelques années d’un mécanisme pour assurer la transparence des démarches entreprises par les personnes ou les sociétés intéressées à faire des affaires avec l’État. Si vous consultez le registre, non seulement n’y trouverez-vous pas le nom de Marc Bibeau, mais vous constaterez également que le nom de Power Corporation n’y apparaît pas souvent. Faut-il en conclure pour autant que Power n’est pas intéressée aux affaires de l’État ? Bien sûr que « non ». Il ne se passe plus une semaine sans que nous en ayons de nouvelles indications comme j’ai eu l’occasion de le démontrer récemment dans les articles suivants http://www.vigile.net/Quand-les-hypotheses-d-un-jour, et http://www.vigile.net/Le-Plan-Nord-et-l-Accord-de-libre.

C’est donc la preuve que Power s’y prend autrement, et les faits exposés plus haut, ironiquement avec le concours bien involontaire de La Presse, j’en suis sûr, nous fournissent d’amples indications sur sa façon de procéder.

***

Au fil des années l’appétit de Power est devenu de plus en plus vorace, comme je l’expliquais dans un article récent. Son envahissement systématique de tous les champs d’activités, où est présent le Gouvernement du Québec, et qui affichent un certain potentiel de développement et de croissance, est soit la marque d’une très grande confiance dans sa capacité de récupérer les droits du Gouvernement (qui ne peut lui venir que de la certitude que les dés sont pipés en sa faveur), ou alors d’une tentative désespérée et frénétique de recentrer ses activités à la veille d’une catastrophe imminente, comme pourrait en constituer la crise systémique de l’économie mondiale dont il est question ces jours-ci.

Je suis pour ma part convaincu que nous sommes en face d’une combinaison des deux.

Alors la question se pose : en vertu de quelle exception Power Corporation n’est-elle pas assujettie aux mêmes règles que toutes les autres entreprises lorsqu’elle veut faire des affaires avec l’État québécois ? Le « Seigneur de Sagard » serait-il devenu roi du Québec à notre insu ? S’il l’est devenu, c’est avec la complicité de quelqu’un. Quelqu’un qui lui a ouvert toutes grandes les portes de notre caverne d’Alibaba nationale. Quelqu’un qui, sûrement en échange d’une considération quelconque (on se demande bien quelle autre raison il aurait eue de le faire, à moins d’être prêt à admettre que Paul Desmarais est le « gourou » d’une secte et que Jean Charest est tombé sous son emprise !), s’est littéralement mis au service des intérêts de Power en se souciant comme d’une guigne des Québécois et des intérêts supérieurs du Québec.

***

Dans un article récent, j’avais lancé la mise en garde suivante : « Attention ! Un scandale peut en cacher un autre ». La situation que je viens de décrire est un scandale, au même titre que l’est l’infiltration du crime organisé dans l’industrie de la construction et les structures décisionnelles de l’État québécois. Il ne faudrait surtout pas que le côté spectaculaire du second nous fasse perdre de vue le premier, et vous pouvez d’ores et déjà être assurés que tous les moyens seront mis en œuvre pour que ce soit le cas.

***

J’aimerais vous dire que l’affaire s’arrête-là, mais comme nous aurons l’occasion de le voir bientôt, il n’y a pas que les institutions de l’État que Power se trouve à menacer. Vous le verrez, Power s’intéresse de très près à votre portefeuille.

* Les « Centres d’achats Beauward » ne sont pas les seuls dans lesquels sont installés les points de service d’organismes comme la SAAQ. Jusqu’à tout récemment propriétaire des Galeries Laval, l’entrepreneur très controversé Tony Accurso était parvenu à décrocher le même privilège (la SAAQ, comme d’ailleurs tous les services gouvernementaux, est en effet un locataire prisé par les propriétaires de centres commerciaux)

Commentaires

  • Électron libre, 18 octobre 2011 12h29

    À première vue, je croyais que cette photo était un trucage.
    Mais ça existe pour vrai ? Incroyable ! Un territoire non-organisé, est-ce vrai qu’il ne paie pas de taxes municipales ?
    Je persiste et signe : « on devrait sortir la guillotine ».

  • Michel Dion (Sagard, Charlevoix), 14 octobre 2011 17h24

    Bonjour M. Le Hir,
    Effectivement, nous pouvons parler d’État dans l’État... Et bravo pour cet article bien étoffé, avec liens et photos supportant vos dires. Gros travail de recherche, et surtout de ficelage, de liaisons et de ramifications.

    Ce n’est pas la première fois que le nom de M. Bibeau fait surface, mais votre démonstration le lie clairement au Clan Desmarais et à Jean Charest.

    De plus, vous soulevez des questions très pertinentes à son égard, qui plus est, sont très d’actualité considérant le climat politique actuel...

    Tous devraient s’éveiller à ces réalités et prendre conscience que les sous du gouvernement sont les nôtres, et d’avoir intérêt à faire cesser ces collusions et machinations.

    Malheureusement, tant que la majorité des québecois resterons des « chialeux de salon », le PLQ et ses acolytes continueront de nous voler en plein jour et sous nos yeux..!

    Je partage votre article sur les réseaux sociaux (lien) et invite tous à le lire.

    Salutations ;

    Michel Dion (iiibooo sur Twitter)
    Sagard, Charlevoix
    http://facebook.com/iiibooo
    http://twitter.com/iiibooo
    http://malys.ca

  • Vailcour, 14 octobre 2011 16h04

    Le Centre des grandes décisions du Québec

    Le manoir du Seigneur de Sagard

    http://vailcourt.com/Sagard3.html

    Photo du domaine extraite du Postfr de Paris

  • Philippe, 14 octobre 2011 13h54

    Cette année, le centre commercial ou communément appelé par l’anglicisme « centre d’achats de Saint-Hyacinthe » a substantiellement augmenté sa superficie locative et accueille de nouveaux locataires soit le Gouvernement du Québec. Le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale a profité de l’agrandissement pour emménager dans de vastes et nouveaux locaux de ce centre commercial. Les bureaux du Ministère étaient auparavant à l’extérieur de ce « centre d’achats ».

    La SAAQ est depuis plusieurs années un locataire important de ce centre commercial...

    J’oubliais..cet important centre d’achats de Saint-Hyacinthe appartient au groupe « Centres d’achats Beauward » de M. Marc Bibeau..

  • 14 octobre 2011 13h05

    Monsieur Le Hir

    Comment se fait-il que ces bandits à cravate ne soient pas encore en prison ? Un pauvre type va se faire prendre en flagrant délit chez Walmart pour une pacotille et devra passer devant un juge et faire quelques jours en prison et cette gang de bandits qui nous volent à journée longue pour plusieurs milliards depuis 2003 s’en tirent toujours ; expliquez-moi svp ! J’en ai marre de faire rire de moi et nous le peuple québécois, qu’attendons- pour bouger ? Sommes-nous devenus aussi corrompus qu’eux intérieurement parlant ?

    André Gignac 14/10/11

  • Éric Messier, 14 octobre 2011 00h50

    Mille mercis M. Le Hir pour votre grande contribution à apporter de la lumière.
    Avez-vous songé à faire du journalisme ?

  • Steven, 13 octobre 2011 16h08

    À la question de jeannot Duchesne.

    La dernière Photo c’est le Domaine de Sagard la résidence secondaire de Mr Desmarais. Sagard est un territoire non organisé dans la municipalité régionale de comté de Charlevoix-Est au Québec,

    le somptueux domaine de Sagard, en plein coeur de Charlevoix. Il s’agit d’une véritable imitation des grands domaines royaux français d’avant la Révolution. Le domaine de plusieurs milliers d’acres comprend aussi plusieurs autres édifices, habitations, lacs naturels et jardins, où plusieurs personnes d’influence sont invitées autant à chasser le faisan qu’à jouer au golf sur un terrain privé considéré comme l’un des plus beaux du Québec.

  • Pier-Luc Lampron, 13 octobre 2011 10h57

    Voici un lien vers un reportage de TVA portant sur le cas Bibeau.

    http://www.youtube.com/watch?v=cVemR7oTQt8&feature=channel_video_title

  • jeannot Duchesne, 13 octobre 2011 07h31

    Monsieur Le Hir, la dernière photo, est-ce la parlement du Québec ?

  • andre, 13 octobre 2011 04h12

    Merci encore une fois de vous préoccuper de nos intérêts.
    L’expression le loup dans la bergerie prend tout son sens et le passé est garant de son avenir !
    Voici quelques faits historiques dont la façon que Paul Desmarais nous à arnaqué depuis trop longtemps déjà.

    La Consolidated­-Bathurst que, dans la plus importante transaction de l’histoire du Canada, Paul Desmarais vendrait à une société américaine en 1989 pour la mirobolante somme de 2,6 milliards de dollars, mais non sans avoir d’abord obtenu du Québec la garantie de l’approvisionnement en bois pour 25 ans ni sans avoir refusé de participer à la création d’un géant québécois de l’industrie par la fusion de la Consol avec la Domtar, entreprise contrôlée par la Caisse de dépôt et de placement.
    La Consolidated Paper, fondée en 1931, a acquis le contrôle de la Bathurst Paper en 1966 pour former, sous les auspices de Power Corporation, la nouvelle entreprise de pâtes et papiers qui, dans les années 1970, figurait au troisième rang des entreprises de pâtes et papiers au Canada. D’une participation déterminante de 15,6 % des actions de la Consolidated-Bathurst lorsque Paul Desmarais en a pris le contrôle en 1968, Power Corporation a fait passer sa participation progressivement à 40 %, d’abord en 1970, quand elle a voulu en prendre le contrôle absolu.
    Quand on explique l’origine de la richesse de Power Corporation et de son patron, on se doit donc de tenir compte de cette richesse patrimoniale dont ils ont hérité en prenant le contrôle de Power Corporation. Encore une fois, il ne s’agit pas là du fruit du travail d’un entrepreneur créatif ni d’un travailleur acharné, mais du fruit provenant de ressources publiques. Sans parler encore de l’apport énorme des travailleurs et des travailleuses et de l’aide incessante de l’État.
    Desmarais n’a jamais remboursé le 2,6 Milliards investi par la CDPQ

    Hier on apprenait que AbitibiBowater avait un nouveau nom et une nouvelle signature visuelle. Il s’agit en quelque sorte de la touche finale à la métamorphose de l’entreprise, qui a complété sa restructuration judiciaire, nommé un nouveau président et déménagé son siège social dans le Vieux-Montréal.
    Le logo est magnifique. Il évoque parfaitement la forêt d’où proviennent tous les produits d’AbitibiBowater. Et le vert de la rentabilité qu’AbitibiBowater a retrouvée !
    Mais j’ai quelques réserves au sujet du nom, qui sonne mieux en anglais (Resolute) qu’en français. Il a fallu que je me réfère au Petit Robert pour m’assurer qu’il signifie bien ce que l’entreprise montréalaise veut projeter. « Qui sait prendre hardiment une résolution et s’y tenir », est-il écrit dans mon dictionnaire, qui associe résolu aux qualificatifs décidé, déterminé, ferme, hardi et opiniâtre.

    Résolument obstiné à brader nos ressources forestières avec le plan nord de Charest. Je ne serais pas surpris que Desmarais soit derrière ça.

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/2007/01/29/001-bowater-abitibi.shtml

    http://www.lacaisse.com/fr/nouvelles-medias/communiques/Pages/abitibi-consolidated-26-01-2007.aspx

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Desmarais_(p%C3%A8re)

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