«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Débat du 24 septembre 2015

Pourquoi les chefs de partis fédéralistes ne répondent-ils pas aux questions de M. Duceppe ?

La raison est simple, ils ont trop à perdre

Tribune libre de Vigile
dimanche 27 septembre 2015
1 027 visites 7 messages

En écoutant le regretté Jack Layton, plusieurs nationalistes québécois ont décidé qu’il était temps que le Québec sorte de l’opposition à Ottawa.

Cette pensée a comme prémisse que le Québec serait plus avantagé si bon nombre de ses députés composaient le gouvernement canadien.

À mon avis, le débat de jeudi soir dernier nous a démontré le contraire.

Je m’explique.

Aucun des chefs de partis fédéraux n’a répondu aux questions de M. Duceppe. Pourquoi ? La raison est simple, s’ils répondent de manière positive aux aspirations des Québécois, la conséquence immédiate est la perte d’une partie de l’électorat hors-Québec, lequel électorat est indispensable pour être élu à Ottawa.

Comme tout parti élu travaille ensuite à se faire réélire, soyons certains que peu importe le chef fédéraliste, il ou elle continuera à prendre position pour le hors-Québec à chaque fois que les demandes du Québec seront en opposition ou perçues comme telles avec les demandes ou les besoins des résidants des autres provinces canadiennes. Et, admettons-le, c’est souvent le cas.

Six dossiers (parmi d’autres) le démontrent :
1- La vente du matériel militaire à l’Arabie Saoudite pour les 3 000 emplois générés à London, Ontario.
2- Le port du niqab pour le vote de cette minorité en Ontario.
3- Le transport du pétrole brut sur notre territoire pour la stratégie (caduque) de l’exploitation et de l’exportation des sables bitumineux.
4- Le maintien de la gestion de l’offre des produits laitiers pour faciliter la vente du bœuf et des céréales de l’Ouest.
5- Le retour à un niveau de financement par le fédéral de 25% des coûts de santé qui fait poindre un risque d’exiger des hausses d’impôt des mieux nantis dont les voix et les dons se font entendre à Ottawa.
6- L’encouragement à l’achat de véhicules électriques qui va à l’encontre de l’industrie pétrolière de l’ouest ainsi que de celle de l’automobile en Ontario.

Il est de plus en plus évident au fil des ans, que les besoins et les demandes du Québec sont plus progressistes que celles du ROC (Rest of Canada). Les sociologues le mesurent, la situation du Québec au Canada se compare de plus en plus à celles des régions de Boston/New-York et de la Californie au USA. Le Québec a concentré ses investissements dans les énergies propres et dans le développement des talents et les dividendes se pointent.

Deux exemples de dossiers progressistes :
L’implantation des CPE et la loi sur les soins en fin de vie sont des premières au Canada. Prévoyons de 5 à 10 ans avant que des programmes similaires puissent faire l’objet de consensus hors-Québec.

Espérer qu’un meilleur gouvernement fédéral sera avantageux pour le Québec et les Québécois, c’est dorénavant une utopie. Nous n’avons pas le pouvoir de faire élire et de garder au pouvoir un parti ouvert à nos besoins car ce parti verra ses supporteurs hors Québec lui faire faux bond.

Voici certains désavantages à faire élire un député fédéraliste le 19 octobre :
-  Que son parti soit au pouvoir ou dans l’opposition, un député québécois fédéraliste fait face à une opposition en règle d’un nombre important de collègues hors Québec dans son propre parti. Les demandes des Québécois sont jugées trop sociales, trop progressistes.
-  Contrairement aux É.-U., les partis fédéralistes souhaitent garder le plus de pouvoirs centraux (à ce titre, le NPD serait le pire) sous prétexte de garder le pays uni. En ce faisant, ils empêchent les provinces dont principalement le Québec d’accentuer sa différenciation et de capitaliser sur ses forces distinctives.
-  Ce député, son personnel ainsi que son budget seront investis à la cause du NON au prochain référendum, vraisemblablement tenu pendant le mandat du gouvernement fédéral élu le 19 octobre prochain. En bref, nous fournissons des soldats à l’armée d’en face.

Parmi les avantages que nous avons à faire élire des députés du Bloc, on retrouve :
-  Un député du Bloc, son personnel et son budget sont entièrement investis dans la promotion et la défense des intérêts du Québec.
-  Avec un gouvernement minoritaire, le Bloc a un pouvoir de négociation supérieur à tout autre parti de l’opposition car il peut obtenir un consensus au sein de sa députation beaucoup plus facilement.
-  En cas de victoire du OUI au prochain référendum, la députation du Bloc pourra empêcher ou du moins faire obstruction en cas d’ingérence des élus fédéralistes hors Québec. Il est à prévoir également que cette députation jouera aussi un rôle très important dans les négociations sur le partage des actifs et des passifs.

Notre choix le 19 octobre devient évident, on doit voter Bloc.

Et pour les nationalistes qui ont voté NPD aux dernières élections et qui se demandent pourquoi ils doivent revenir au Bloc, permettez-moi ici de nommer deux raisons irréfutables :
-  Le décès de M. Layton dont la vision était bien différente de celle de M. Mulcair
-  L’arrivée de Pierre Karl Péladeau en politique active

Parions que ces deux éléments furent considérés par M. Duceppe.

Commentaires

  • Marc el Haché, 3 octobre 2015 08h26

    @ Stef Sauvé.

    Merci pour les références. Accord total à propos du Bloc. Même feeling. Rien à redire. Ou plutôt ceci : au soir de l’élection de Gérald Godin, « quelque chose » comme un puissant courant électrique a traversé tout le mouvement indépendantiste. Cette élection particulière, si singulière et si imprévue, nous avait fait tous grandir d’un pouce. Même si cela avait toujours été une conviction, nous avions enfin le sentiment que le grand général n’avait pas fait appel pour rien. Pour une rare fois, en effet, les indépendantistes avaient touché ce soir-là, dans ce comté-là, à quelque chose de très-très profond chez-Nous…

    Je crois pour ma part qu’il suffirait que nous grattions quelque peu pour s’apercevoir que Nous ne sommes pas aussi cyniques que Nous semblons l’être…

    L’Indépendance n’est pas une banalité politique. Tous les oligarques de la Banalité ne s’y sont d’ailleurs jamais-jamais trompés. Godin non plus…

    Salutations

  • Stef Sauve, 1er octobre 2015 11h40

    Et si le Bloc nous surprenait à nouveau ?

    « “Nos pires ennemis ne sont pas dans le Canada profond. Si ça se trouve, les canadians du Canada valent bien les Québécois du Québec. Nos ennemis sont ici, parmi Nous, au Québec. C’est ici même que cherchent à se faire élire les poltrons Mulcair et Trudeau, puissamment aidés par les médias poltrons d’Ici et bien de chez nous.…" »

    Marcel Haché

    Je me répète ici, mais le Bloc doit constituer jusqu’au moment de l’indépendance du Québec, une force permanente de négociation, puis de transition (qu’il soit élu ou non !) avec le reste du Canada. .

    Le Bloc se doit de devenir un point d’appui à la catalyse de projets porteurs et à la synergie entre les Québécois pour les Québécois, notamment à travers son appui concret à la fédération de projets inspirants pour l’indépendance factuelle du Québec (que nous soyons reconnus officiellement ou non par le reste du Canada).

    Pour y parvenir, le bloc doit et peut sortir du conformisme.

    Si par exemple, le NPD, les conservateurs ou les libéraux sont élus au Québec, les candidats actuels du Bloc devront continuer à y œuvrer, et éventuellement créer une force politique parallèle aux partis officiellement élus afin de défendre sur le terrain et dans le concret les intérêts des Québécois..

    Par exemple, les pipelines de Enbridge ou de Transcanada (deux projets appuyés par les 3 autres projets fedéralistes) et auxquels la forte majorité des Québécois s’oppose, D-O-I-V-E-N-T être repoussés par le Bloc, et ce, de facon stratégique, avant et APRÈS les élections.

    Il est minuit moins une, l’heure est à la la révolution. Une révolution pacifique, résolue et réfléchie.

    Il n’est pas normal en 2015, que certains d’entres-nous soients considérés comme des terroristes par le gouvernement conservateur pcq nous tenons à protéger nos sources d’eau et nos terres d’un pétrole sale et dangereux pour le bien de la présente génération, et celles à venir.

    Tout projet d’indépendance qui ne commence pas ici et maintenant, par cette essentielle défense de notre patrimoine matériel, immatériel et naturel, devient hautement suspect, voire un autre moyen de maintenir le statu quo et le pouvoir en place.

    Avec une certaine paix d’esprit et beaucoup de fermeté, j’oppose un NON catégorique à l’agenda des oligarques cachés derrière l’arrogance et le total manque de courage des politiciens actuels (y compris, malheureusement plusieurs du Bloc (à l’exception de Beaulieu. Le Hir et d’autres).

    En termes simples, l’équipe du Bloc devra montrer au cours des prochaines années du courage, de la résilience et une volonté indéfectible POUR défendre bec et ongle, les intérêts actuels et à venir des Québécois.


    Enfin, je profite de la présente pour une fois de plus, rappeler à Duceppe (même si le Bloc a mon timide vote) que l’invasion militaire du Canada en Syrie est I-N-N-A-C-C-E-P-T-A-B-L-E (prendre connaissance de son opinion présumée sur la question : http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/09/12/etat-islamique-_n_8128150.html ).

    L’État islamique est le fruit direct de l’invasion américaine au Moyen-Orient, son laxisme volontaire dans la défense des intérêts véritables de l’ensemble des Américains ainsi que son appui indéfectible et immoral au complexe militaro-industriel. Celui-là même qui a pris en otage le monde occidental depuis la Première guerre mondiale.

    Même si j’ai peu d’espoir que les conseillers de Duceppe, les députés et candidats du Bloc, et Duceppe lui-même laissent tomber leurs œillères, je les invite à consulter les liens suivants sur l’implication des États-Unis (et l’appui implicite du Canada et d’Israël) dans la création/soutien/maintien de l’EI.

    http://vigile.net/Davantage-de-preuves-de-l
    http://www.legrandsoir.info/comment-et-pourquoi-les-etats-unis-ont-cree-l-etat-islamique.html
    http://www.wikistrike.com/2015/06/voici-les-preuves-des-liens-existant-entre-washington-et-l-etat-islamique.html

    « Les revers des chapeaux couvrent des têtes vidées par le trépan du conformisme. »
    Thea Mazzoni Balzano - Mots inutiles

    « Les grandes routes du conformisme mènent à la médiocrité et au malheur. »
    Nicolas Hulot - Les Chemins de traverse


    Psychologie et les moutons de Panurge : à regarder sur Youtube (fascinant !) : https://www.youtube.com/watch?v=XvAS2uektEA

    La question est donc la suivante : « Dans quelle mesure l’équipe du Bloc québécois peut-il innover et proposer une nouvelle approche pour l’accession des Québécois à l’indépendance ?

    Pour vous inspirer d’un politicien qui n’avait rien d’un conformisme :
    http://www.ledevoir.com/culture/cinema/319089/ppp-poete-politicien-passionne (voir le lien Youtube en bas de page)

    https://vimeo.com/17888027

  • Alain, 29 septembre 2015 13h59

    M Haché, je crois que vous êtes dans le mille comme on dit

  • Stefan Allinger, 29 septembre 2015 08h25

    Pour appuyer votre argumentaire, le candidat du NPD dans Montcalm et journaliste sportif, Martin Leclerc, est en faveur d’équipes nationales du Québec aux différentes compétitions internationales.

    Le NPD et TOM sont-ils en accord ? Nous savons tous que non. Que fera Martin Leclerc pour faire avancer ce projet. Il devra se battre contre son propre parti et ensuite contre tous les autres. Une situation impossible à tenir.

  • Muguette Paillé, 28 septembre 2015 17h46

    Bel argument M. Dancause. Vous oubliez certains petites choses mais le gros bon sens est là. Au moins, vous voyez clair. Bravo !

  • Marcel Haché, 28 septembre 2015 09h16

    « La raison est simple, s’ils répondent de manière positive aux aspirations des Québécois, la conséquence immédiate est la perte d’une partie de l’électorat hors-Québec, lequel électorat est indispensable pour être élu à Ottawa. »
    R. Dancause.

    Vous avez raison, Richard Dancause. Mais alors, pourquoi le Bloc a-t-il le verbe aussi haut et la main aussi molle si une partie importante « des Québécois » n’ont aucune « aspiration » puisqu’ils sont des canadians avant d’être « des Québécois » ?

    M. Dancause, vous avez raison de bien décrire le jeu de bascule dans lequel se trouve l’électorat québécois par suite de la game jouée par les partis fédéralistes canadiens au Québec. Il y a cependant une autre réalité (d’où la main molle du Bloc…), c’est celle-ci : jamais-jamais le Bloc (non plus que le P.Q.) n’a reçu le vote de l’électorat du West Island ni ne la recevra jamais.

    Vous passez facilement sous silence le fait que le West Island et son électorat ont eux aussi des « intérêts ». Conséquemment, eh oui, il aurait lui itou des « aspirations », qui n’ont rien à voir avec les aspirations indépendantistes du Bloc.

    Nos pires ennemis ne sont pas dans le Canada profond. Si ça se trouve, les canadians du Canada valent bien les Québécois du Québec. Nos ennemis sont ici, parmi Nous, au Québec. C’est ici même que cherchent à se faire élire les poltrons Mulcair et Trudeau, puissamment aidés par les médias poltrons d’Ici et bien de chez nous.…

    Que font, hélas, les indépendantistes depuis bien trop longtemps ? S’en prennent avec les fédéralistes, eh oui, avec les fédéralistes d’ici, à un ennemi imaginaire apparemment situé à l’autre bout du Canada ….

    Si nous ramenions la Politique « ici » seulement, drette là, drette « ici », entre Nous… non pas la p’tite clisse de politique au Québec, non, non, la Politique entre Nous, nous pourrions, nous les indépendantistes, nous pourrions ramener enfin la Bataille à « ici et maintenant », la grosse job consistant en effet à ramener la Bataille à faire « maintenant », plutôt que la remettre à toujours plus tard, (ce que nous avons hélas toujours-toujours fait depuis les débuts du P.Q.) au moyen d’un hypothétique référendum tenu dans la très hypothétique semaine des quatre jeudis.

    Chaque fois que Gilles Duceppe parlera du référendum, il perdra des appuis parmi Nous. Chaque fois qu’il posera des questions à nos ennemis à ce sujet, il signera notre reddition à nous, celle des indépendantistes.

    Si ça se trouve, les séparatistes catalans posent problème aux espagnols, leur posent pas des questions…

  • Roger Kemp, 28 septembre 2015 03h33

    BRAVO monsieur Dancause, votre texte est très bien argumenté. Vos propos sont justes et faciles à saisir. Je me ferai un plaisir de mettre votre texte en ligne. Je vais le diffuser à tous mes contacts soit environ 2000. Si chacun de ceux et celles qui liront votre texte fassent parvenir à leur tour, à chacun de ses contacts, cela pourrait donner de bons résultats d’ici le 19 octobre.

    Merci monsieur et continuons le combat.

    Roger Kemp, Trois-Rivières.

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