«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le projet de barrage de Terre Neuve est au bord de la faillite

Pourquoi le Québec devrait reprendre le Labrador

dimanche 18 septembre 2016

Dans les médias de Terre-Neuve depuis plus d’une année, le sujet le plus brûlant sur les plans politique et économique est celui du projet hydroélectrique de Muskrat Falls, sur le Bas-Churchill.

La situation est devenue catastrophique au point où le coût projeté de 7 milliards est maintenant estimé à 14 milliards, certains médias proposant même d’arrêter tout simplement les travaux. Structures effondrées, centaines de kilomètres de lignes à reprendre, tout y passe.

Terre-Neuve n’a même pas jugé opportun de faire appel à des firmes de gestion d’envergure alors qu’Hydro-Québec l’avait fait avec Bechtel et Lavalin pour la Baie-James, et ce, malgré ses réalisations antérieures.

Cette situation est catastrophique pour une population d’à peine 530 000 personnes, surtout avec la dégringolade simultanée du prix du pétrole qui s’ajoute.

Or, on se souviendra que le gouvernement Harper s’était permis de garantir les emprunts de 7 milliards de dollars requis à l’origine pour financer ce projet, ce qui avait pour but d’en faire diminuer le taux de financement. Des questions se posent. Jusqu’à quel point le gouvernement du Canada est-il responsable d’éponger ce dégât ? Quelles mesures avait-on prises au départ pour s’assurer du réalisme des estimations et de la qualité de la gestion ? En ferons-nous les frais, nous qui n’avons jamais profité d’un tel soutien du gouvernement du Canada ?

« Bien mal acquis ne profite jamais », surtout lorsque « les yeux sont plus grands que la panse ». On se rappellera que le Labrador a été arraché au Québec (et au Canada) par le Conseil privé de Londres en 1927, à la suite des manigances de certains financiers, pour être rattaché à Terre-Neuve, alors colonie britannique, et ce, sans la moindre réaction du gouvernement du Canada.

Depuis, Terre-Neuve ne cesse d’amener en vain Hydro-Québec devant les tribunaux pour essayer de modifier le contrat signé à la fin des années 60, contrat qui lui a pourtant permis de réaliser ce premier projet de 5400 MW de Churchill Falls. Par contre, encore aujourd’hui, il demeure incapable de développer ce projet de 824 MW pour son marché qui n’équivaut même pas à l’envergure d’une ville comme Laval ; son réseau provincial ne peut toujours pas l’absorber à lui seul.

Le Québec ne peut acheter l’énergie du projet Muskrat Falls puisque les lignes actuelles opèrent au maximum de leur capacité et que l’excédent de Muskrat Falls ne pourrait jamais suffire à rentabiliser la construction d’une nouvelle ligne de transport.

Encore une fois, seule l’intervention du Québec pourrait résoudre la complexité de la situation désastreuse actuelle au plus grand bénéfice de tous les Canadiens puisqu’une telle nouvelle ligne de 1200 km (au coût de 3 à 4 milliards de dollars incluant les postes) serait toutefois rentable si on réalisait simultanément le dernier projet disponible dans cette région, celui de Gull Island, d’une capacité de 1711 MW.

D’ailleurs, plusieurs rivières tant de la Côte-Nord que du Labrador ne seront probablement jamais développées non plus à cause de cette frontière disputée entre Terre-Neuve et Québec qui en divise les bassins de drainage.

PROPOSITION LA PLUS LOGIQUE

Québec fait don d’une production d’énergie de 1000 MW à Terre-Neuve en échange du Labrador.

On corrigerait ainsi à l’avantage de toutes les parties cette erreur catastrophique du Conseil privé de Sa Majesté.

Quoi que l’on en dise au premier abord, cette proposition est pourtant parfaitement équitable. De plus, elle débloquerait la réalisation éventuelle d’une dizaine de projets importants et assurerait aux Premières Nations un avenir beaucoup plus positif que celui que leur offre le gouvernement de Terre-Neuve.


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