«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Pourquoi j’ai signé l’Appel citoyen du 20 mai lancé par Claude G. Thompson

Tribune libre de Vigile
dimanche 23 mai 2010
451 visites 9 messages

Bonjour à vous tous,

Bien que ne faisant pas partie du collectif associé à la présente démarche, j’ai quand même participé aux travaux ayant abouti à l’Appel citoyen du 20 mai. À titre de « citoyen consulté », si on peut dire. Beaucoup de discussions, parfois des tensions, souvent des moments forts. Et au bout un résultat : la publication de l’Appel sur Vigile. Ce fut difficile, mais aussi emballant.

Le collectif qui a publié cet appel n’est toutefois pas le seul. D’autres citoyens ont aussi choisi de s’engager dans cette voie, différemment. On pourrait trouver agaçant que des sous-groupes se constituent sans pour autant arriver à s’entendre ou à fusionner. Rationnellement, on est tenté de l’affirmer, mais pratiquement, ce n’est pas possible, du moins dans un premier temps. Ce qui est formidable, toutefois – et j’insiste sur le formidable – c’est qu’enfin des citoyens s’engagent sur la voie de l’union. Qu’un collectif vise la population toute entière, alors qu’un autre veuille mobiliser les citoyens plus engagés est pour moi secondaire. On vise le même but, alors n’accordons pas trop d’importance aux désaccords sur la forme et tablons plutôt sur ce qui nous unit sur le fond, cela dans le respect de tout un chacun. Cherchons plutôt la complémentarité, pour que le travail de l’un renforce celui de l’autre. Point besoin de se fusionner ou de se renier pour y arriver.

Les collectifs de citoyens pour l’indépendance qui commencent à voir le jour ne devraient pas s’opposer, mais bien apprendre à converger. « Tu es meilleur que moi dans tel ou tel aspect, alors vas-y ! ». Facile à dire, mais pas nécessairement toujours aisé à faire, compte tenu de la propension des souverainistes à s’engager perpétuellement dans des luttes fratricides… Entre nous, le débat ne doit pas s’achever par l’obligatoire défaite de l’un ou de l’autre. Le but doit être de s’entendre ce sur quoi chacun peut et doit agir. Que tous se placent là où ils auront le meilleur angle de tir.

À mon avis, ces collectifs, loin de "surdiviser" les forces, disposent d’un potentiel indéniable pour rejoindre les citoyens en fonction des intérêts de ceux-ci. La convergence souverainiste ne pourra jamais être homogène, ni monolithique. Elle sera plutôt un amalgame combinant citoyens et société civile s’activant autour d’un commun dénominateur, celui de l’indépendance. Ainsi, un regroupement pour la laïcité pourra très bien s’associer aux efforts de convergence et affirmer qu’une charte de la laïcité ne pourra devenir réellement effective que dans un Québec souverain. Des citoyens, des collectifs, des organismes, des associations dont les revendications diffèrent, mais qui auront librement décidé de faire les liens essentiels qu’il y a entre leurs revendications et la question nationale. La convergence, c’est aussi refuser de faire de la souveraineté un sujet tabou.

Y a-t-il momentum en ce moment ? Je le souhaite. Comme je crois que le Parti québécois et Québec solidaire ne feront pas campagne pour l’indépendance lors des prochaines élections, j’estime que la responsabilité des indépendantistes est de s’organiser pour amorcer l’action politique. Non pas agir contre les partis, mais s’engager sur la voie de l’indépendance. Surtout, commencer à le faire maintenant, si l’on veut que le mouvement puisse devenir influent au point « d’encourager » les partis à aller au-delà des revendications sectorielles et des programmes de gestion provinciale.

Je dis donc bravo à ces citoyens – et pas seulement à ceux du présent appel - qui se regroupent pour l’union et l’indépendance. Il faudra avoir du souffle et se montrer pugnaces.

L’Appel citoyen du 20 mai va dans le sens que je souhaite. C’est pourquoi je l’ai signé.

Michel Gendron

Commentaires

  • Christian Montmarquette, 24 mai 2010 13h50

    Je ne joue pas à semer la zizanie Monsieur Parent.

    Ce groupe tente de rassembler, mais ne nous mène nulle part.

    - Que veulent-ils faire au juste ?

    En ce qui me concerne, tout ce qui n’est pas relié à une action directe vers la fondation de la république du Québec ne vaut pas tellement la peine d’être investi, en plus que de ponctionner des forces.

    Ceci dit.. Ça ne les empêche pas de faire leur affaire..

    Mais outre ce cri de ralliement, tôt où tard, les gens se demanderont qu’est qu’ils font là-dedans.

    Si c’est un ralliement de souverainistes, y’en a déjà un et un gros, et c’est le PQ.

    Ce n’est pas d’un ralliement dont nous avons besoin, c’est d’action.

    Voici mon commentaire au récent article de Danièle Fortin :

    Danièle Fortin dit :

    « Est-ce que seule l’idée vague de faire l’indépendance peut suffire à convaincre ces indécis ? La réponse est NON. »

    J’abonde dans le sens de Madame Fortin.

    Comment peut-on espérer être crédible et faire monter des appuis stables à l’indépendance en nous présentant une coquille vide ?

    On dirait que ces gens-là, n’ont aucune idée de ce qu’ils veulent faire ; où alors qu’ils sont trop paresseux pour y travailler. Mais le plus probable, c’est qu’ils en font une carotte à faire voter.

    Je suis aussi de votre critique en ce qui concerne cet appel citoyen, qui ne propose qu’un ralliement de forces, mais sans projet concret d’action ; et s’en remettant encore aux partis politiques.

    Les gens de bonne foi veulent une république.

    Ils veulent savoir dans quoi ils s’embarquent.

    Ils veulent une Constitution du Québec.

    Ils veulent que faire le pays règles des problèmes

    Ils veulent que leur pays améliore leur sort par rapport à celui du Canada.

    Ne pas agir en ce sens démasque l’absence d’une véritable volonté.

    Christian Montmarquette

  • Ivan Parent, 24 mai 2010 13h02

    M. Montmarquette,

    Nous étions, il y a quelques temps, habitués à vos emportements d’une logique pas toujours implacable. Vous avez prêché comme c’est pas possible pour Québec Solidaire au point de faire perdre à cette entité politique plusieurs adhésions.

    Maintenant , vous venez tenter de semer la zizanie par des raisonnements de fond de tambour. Il y a une différence entre la grandiloquence et le bon français. Manifestement vous ne semblez pas capable d’en faire la différence. Le français est une langue extraordinaire, d’une grande précision à condition, bien sûr, d’en maîtriser les éléments ce qui ne semble pas être votre cas.
    Vous me faites penser à ces jeunes ignares (pas tous heureusement) qui doivent parler une langue abatardisée de vulgarités et de mauvais américanismes pour na pas avoir l’AIR « tapette ». Je ne vise en disant cela nullement les homosexuels mais cette expression se retrouve malheureusement dans le langage bas de gamme des non instruits, ceux qui le sont volontairement.

    La langue est un formidable OUTIL de communication. C’est comme si un boucher n’aiguisait pas ses couteaux pour ne pas avoir l’air « tapette ». Bien sûr ça n’a pas de sens. Comment se fait-il que M. Montmarquette joue dans ces plates-bandes là.
    Vous êtes sûr que vous aussi vous n’avez pas suggéré au CH une décoration singulière à leurs chandails de hockey ?

    Ivan Parent

  • Christian Montmarquette , 24 mai 2010 11h54

    Voici un problème écrit sur votre page Facebook :

    Vous dites être…

    « Contre la division électoraliste partisane sur la raison d’État »

    Cette déclaration se positionne électoralement et partidairement, alors que vous tentez de nous laisser croire qu’elle citoyenne.

    Si vous être « contre » la division électoraliste, vous êtes donc « pour » l’union électorale... Et l’union en faveur et autour de qui vous croyez ?

    Ou bien vous nous prenez pour des valises, ou bien, vous ne comprenez pas ce que vous faites.

    Vous vous saisissez des idées des autres, mais il est clair que l’esprit vous échappe...

    Je ne vous crois pas.

    Je vous conseille de relire mon texte :

    « Le cinquième pouvoir »

    http://www.vigile.net/Le-cinquieme-pouvoir,27829

    ..et je regrette presque de vous le redonner...

    Car je crains que vous ne repreniez encore une fois ces idées tout croche.

    _____________________

    Christian Montmarquette

    P.S. à l’instar de d’autres commentaires, je vous recommande aussi de corriger la constante grandiloquence rebutante de vos textes. Faire constamment dans le « grandioso » n’est pas de mise. Tenter de nous envoyer de la poudre aux yeux pour camoufler le vide de votre contenu vous mine fortement votre crédibilité.

    Référence :

    APPEL CITOYEN du 20 mai 2010 à l’UNION de nos forces :
    http://www.facebook.com/group.php?gid=124053760952980

  • André Vincent, 24 mai 2010 07h30

    Eh bien moi, je ne signerai cet appel citoyen, et je ne le signerai pas parce que je ne me vois pas dire à mon concierge ou à mon dépanneur que nous sommes « les sujets de notre verbe » et autres envolées verbeuses de ce genre... Vont me regarder drôle.

    Ce texte emberlificoté de poésie douteuse est à mon avis plus nuisible qu’autre chose.

    André Vincent

  • pierre Schneider, 23 mai 2010 23h13

    J’ai signé parce que j’appuie tout mouvement qui travaille à la libération du peuple québécois, que ce soit ce collectif du 20 mai (excellente initiative), que ce soit comme sympathisant du RRQ, que ce soit comme membre du Comité national républicain ou encore du Gouvernement provisoire. Car tout geste souverain posé dans le but de rassembler indépendantistes et républicains va nous aider à faire ce que les politiciens élus ne feront que si la pression devient trop forte.
    C’est pourquoi nous devons insister et interpeller nos alliés potentiels de tous bords et de tous côtés. Notre avenir- que dis-je, notre survie collective en dépend.
    Par ailleurs, je ne désire pas m’engager dans des stériles querelles de sémantique qui ne perpétuent qu’une diversion qui a déjà trop duré. L’heure est à l’action citoyenne et je tente d’accepter toutes les tendances souverainistes, même si ce n’est pas toujours facile avec ceux qui adoptent une souveraineté défensive plutôt qu’offensive.

  • 23 mai 2010 23h09

    Monsieur Gauthier

    Vous écrivez :

    “J’ai cependant CATÉGORIQUEMENT refusé, malgré les demandes qui m’étaient faites, d’endosser le texte du Collectif citoyen du 5 mai 2010, parce que je ne m’y retrouvais pas du tout. Pour cette raison, sans doute, on a retiré mon nom des 12 premiers signataires et j’en suis bien aise. Je vois sur le texte promotionnel diffusé sur Vigile que (maintenant) « L’adhésion au Collectif citoyen du 5 mai 2010 est libre ».”

    D’où a bien pu vous venir l’idée que l’adhésion au Collectif citoyen pouvait être autre chose que libre ? La forme sous laquelle il se présentait le 5 mai n’était pas définitive et constituait un document de travail auquel nous participions dans le cadre d’un groupe de discussion afin d’arriver, dans les meilleurs délais, aux résultats auxquels nous sommes parvenus et à la forme sous laquelle nous l’avons publié le 20 mai.

    Vous écrivez encore :

    “La rhétorique qui sous-tend l’Appel citoyen, dont messieurs Luc Archambault et Claude G. Thompson sont les promoteurs, ne m’apparait pas tellement rassembleuse pour des gens qui sont plus facilement branchés sur le hockey que sur la politique”.

    Si vous croyez que monsieur Archambault et moi sommes les promoteurs de l’appel citoyen, je suis, de vous et moi, le mieux placé pour vous dire que vous êtes dans l’erreur. Le texte du 20 mai est le résultat du travail patient, parfois frustrant, parfois vexant, d’autres fois excitant, stimulant et tonifiant, d’un groupe d’individus remarquables, suite à plusieurs mois de discussions, de corrections, de remises en question, et, comme l’a très justement écrit monsieur Gendron de :

    ’’Beaucoup de discussions, parfois des tensions, souvent des moments forts. Et au bout un résultat : la publication de l’Appel sur Vigile. Ce fut difficile, mais aussi emballant.’’

    Emballant ; c’est ce que je retiens le plus de cette expérience. Comme je l’ai écrit récemment à un de mes plus proche ami :

    ’’Tout au long de la préparation de ce document, je pensais à l’avenir de notre nation et à l’héritage que nous avons le devoir de laisser à nos descendants. Je méditais et m’inspirais également de la fierté qu’aurait été la mienne de voir le fils que j’ai perdu il y a trois ans assister à la naissance de notre nation en un Etat libre et indépendant.’’

    Vous savez, il aimait le hockey et savait faire la différence entre « hockey et politique ».

    Je suis convaincu que tous ceux qui jusqu’à maintenant ont signé l’Appel citoyen savent eux aussi faire cette différence.

    Je n’ai rien contre l’idée qu’est la vôtre de diffuser une déclaration qui soit plus au raz du sol, mais je refuse de croire pour autant qu’elle sera de nature à aller chercher autre chose que du monde déjà convaincu de la nécessité de faire l’indépendance, et encore moins que la démarche qui la sous-tendra sera davantage citoyenne et républicaine. Excusez-moi de vous dire que vous faites bien peu de cas de celle qui sous-tend l’Appel citoyen du 20 mai et de ceux qui l’appuient, ce qui est très peu respectueux pour vos concitoyens et pas très digne de l’esprit républicain.
    Je ne puis, quant à moi, que prendre à mon compte les mots de monsieur Gendron et affirmer, dans un esprit de conciliation et d’union :

    ’’Les collectifs de citoyens pour l’indépendance qui commencent à voir le jour ne devraient pas s’opposer, mais bien apprendre à converger.

    À mon avis, ces collectifs, loin de "surdiviser" les forces, disposent d’un potentiel indéniable pour rejoindre les citoyens en fonction des intérêts de ceux-ci. La convergence souverainiste ne pourra jamais être homogène, ni monolithique. Elle sera plutôt un amalgame combinant citoyens et société civile s’activant autour d’un commun dénominateur, celui de l’indépendance.’’

    Claude G. Thompson

  • gauthieray, 23 mai 2010 20h48

    Même si je trouvais la démarche compliquée et élitiste pour y arriver, j’avais accepté, personnellement, de signer l’Appel citoyen du 20 mai, parce que je n’y voyais rien, dans le texte, de contradictoire avec la Déclaration citoyenne sur laquelle notre groupe travaille et diffusera en temps opportun. J’ai cependant CATÉGORIQUEMENT refusé, malgré les demandes qui m’étaient faites, d’endosser le texte du Collectif citoyen du 5 mai 2010, parce que je ne m’y retrouvais pas du tout. Pour cette raison, sans doute, on a retiré mon nom des 12 premiers signataires et j’en suis bien aise. Je vois sur le texte promotionnel diffusé sur Vigile que (maintenant) « L’adhésion au Collectif citoyen du 5 mai 2010 est libre. » Les auteurs se sont ravisés.

    Je persiste à croire que notre Déclaration est plus au raz du sol et, lorsqu’elle sera disponible en ligne et en format papier et que nous prendrons le temps de la faire signer, sera de nature à aller chercher autre chose que du monde déjà convaincu de la nécessité de faire l’indépendance. Notre démarche est davantage citoyenne et républicaine.

    La rhétorique qui sous-tend l’Appel citoyen, dont messieurs Luc Archambault et Claude G. Thompson sont les promoteurs, ne m’apparait pas tellement rassembleuse pour des gens qui sont plus facilement branchés sur le hockey que sur la politique. Pourtant, l’engouement pour le hockey est éminemment politique ! Et c’est pour une bonne part sur cette conviction qu’« on est capable » qu’il va falloir compter pour compter le but décisif de LA VICTOIRE CITOYENNE de la ligue nationale de l’INDÉPENDANCE.

    Je ne déconseillerais pas pour autant que l’on boycotte cette démarche.
    Tout ce qui nous rassemble est un pas vers notre objectif commun.

    Raymond Gauthier

  • O, 23 mai 2010 15h24

    Phrase clé : "Comme je crois que le Parti québécois et Québec solidaire ne feront pas campagne pour l’indépendance lors des prochaines élections, j’estime que la responsabilité des indépendantistes est de s’organiser pour amorcer l’action politique."

    C’est la base d’action des 10 ans (déjà) d’engagement du Réseau de Résistance du Québécois (RRQ). Au fil des ans, autant le Journal, que les Éditions, que le Réseau de Résistance sont parvenus à marquer bien des points contre les adversaires des partisans de la liberté québécoise. Parce que son porte-parole P. Bourgeois a été calomnié lors du barrage à la "célébration" des Plaines, le Parti Québécois l’a renié sans vérifier ses sources, puis l’ennemi en a fait le "diable en personne". Certains d’entre nous se sont même prêtés à ce jeu sans réaliser que RRQ persévère dans l’édition de livres et du journal Le Québécois en plus de mener des actions de fond dès que c’est nécessaire. Voilà donc un allié à fréquenter pour se remonter le moral quand on veut se serrer les coudes sous le feu nourri des assimilateurs. Une action à 100 participants bruyants, si elle paraît dans les médias conscrits est toujours une manifestation de notre résistance qui ne mourra pas.

  • 23 mai 2010 14h55

    Monsieur Gendron

    Vous écrivez :

    “Y a-t-il momentum en ce moment ? Je le souhaite. Comme je crois que le Parti québécois et Québec solidaire ne feront pas campagne pour l’indépendance lors des prochaines élections, j’estime que la responsabilité des indépendantistes est de s’organiser pour amorcer l’action politique. Non pas agir contre les partis, mais s’engager sur la voie de l’indépendance. Surtout, commencer à le faire maintenant, si l’on veut que le mouvement puisse devenir influent au point « d’encourager » les partis à aller au-delà des revendications sectorielles et des programmes de gestion provinciale.”

    J’approuve complètement et je signe.

    Ce que nous voulons, c’est un État libre et indépendant qui se construise au-delà de la partisannerie politique de gestion de l’État, dans l’union politique transpartisane et citoynne des forces vives indépendantistes.

    Signons en masse l’Appel citoyen et donnons-nous le pays qui nous rassemble et qui nous ressemble.

    Appel à l’UNION et la CONCERTATION - Une proposition citoyenne

    Claude G. Thompson

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