«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Pourquoi Couillard s’accroche au train de la Caisse ?

Pas seulement pour nourir la famille

Tribune libre de Vigile
jeudi 26 janvier
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S’appuyant sur des données statistiques sommaires, les libéraux prétendent être responsables d’une bonne création d’emplois et plusieurs analystes complaisants concluent que ce gouvernement livre une bonne performance économique. Le premier ministre du Québec se félicite notamment du fait qu’une forte proportion des emplois additionnels soit attribuable au secteur privé. Il faut démolir cette propagande qui réussit à endormir une proportion trop importante d’électeurs.

Il doit quand même y avoir pas mal de Québécois qui ont l’impression que ce qui bouge le plus au Québec depuis des années se passe sur les grands chantiers de construction financés par les gouvernements et les municipalités. Ils ont tout à fait raison. Les dépenses publiques en immobilisations sont le moteur de l’économie québécoise depuis plus de dix ans. Selon les derniers Comptes économiques, de 2004 à 2015, c’est la seule catégorie de dépenses qui a augmenté plus vite que le produit intérieur brut, soit de 6,7% par année comparativement à 3,4% pour de PIB et 3,4% pour la consommation.

Les investissements privés ont augmenté en moyenne de 2,4% tandis que les exportations augmentaient de 2,3% au cours de la même période. Du total de 15 milliards de dollars d’investissements publics en 2015, on peut considérer qu’environ 4 milliards de dollars constituent un stimulant exceptionnel à l’activité économique, dû à la croissance des investissements publics supérieure à celle du PIB depuis 2004. Une bonne partie des travaux sont réalisés par des entreprises et des employés du secteur privé mais ils sont payés par le gouvernement du Québec ce qui se traduit par une hausse de la valeur de la dette publique de plusieurs milliards de dollars par année, indépendamment du solde des opérations courantes qui est maintenant positif.

Pour que l’illusion de croissance libérale se perpétue il faut continuer à pousser la machine. Le rattrapage supposé dans l’entretien des infrastructures ne pourra servir de prétexte indéfiniment. Le projet de train parachuté par la Caisse de dépôt tombe à point pour le gouvernement Couillard.

Le Québec a pourtant tout ce qu’il faut pour conserver une économie prospère. Pour le moment il roule toujours sous l’impulsion donnée par le nationalisme économique suivant la Révolution tranquille, la nationalisation de l’électricité, l’essor de l’éducation et les interventions ciblées des gouvernements péquistes.
Le laisser-faire du parti libéral au pouvoir est catastrophique pour le Québec. Il n’y a pas l’ombre d’une politique économique, seulement des slogans. Le premier ministre parle avec raison du rôle primordial de l’éducation mais sa position idéologique en faveur de l’effacement de l’État l’oblige à restreindre les dépenses en éducation comme ailleurs.

Ce qui plombe aussi l’essor économique du Québec c’est son appartenance au Canada. La force du dollar canadien liée à la prospérité pétrolière de l’Ouest a couté cher aux exportateurs québécois et a fait disparaître des milliers d’emplois du secteur manufacturier. Le problème du dollar est plus grave. Les fluctuations de plus de 20% qu’il a connues à plusieurs reprises depuis quatre décennies génèrent une incertitude constante qui est néfaste à l’investissement des entreprises.

Plus fondamentalement, les intérêts du Québec ne sont pas pris sérieusement en compte au Canada et lorsque le gouvernement fédéral dépense de l’argent pour le développement économique ou le soutien à l’économie le Québec n’obtient pas sa juste part.

Commentaires

  • Peter Benoit, 26 janvier 11h47

    À tout cela, il faut rajouter la construction du pont Champlain, un des rares projets d’investissement fédéral au Québec.

    Selon l’ISQ, entre décembre 2015 et 2016, il ne s’est créé qu’environ 35 000 emplois net. Évidemment, le gouvernement pourra toujours ajouter les postes remplacés pour gonfler l’apparente création d’emplois. En moyenne, depuis 2008, il ne se crée qu’environ 30,000 emplois par année, à l’exception de l’année 2013 où près de 50 000 emplois furent créés par "l’incompétent" gouvernement Marois.

    Mais il y a plus encore : "L’incroyable" performance économique du Québec est essentiellement due au retrait des baby-boomers du marché du travail, dont l’essentiel se fera entre 2010 et 2018. Au-delà de 2018, ce phénomène sociétal communément désigné par "effet libéral" va s’estomper assez rapidement. Cet effet libéral a plongé le Québec dans un climat d’indifférence et de faux confort.

    En fait, le Québec va se retrouver à s’endetter encore plus massivement uniquement pour maintenir la situation de l’emploi, sans pouvoir en créer davantage. L’ajout de l’immigration massive, en l’absence de développement privé majeur et une augmentation importante des services de l’état, est un cocktail explosif.

    Cela est aussi sans compter sur la présence de Trump qui pourrait faire augmenter les taux d’intérêt au Canada à très court terme rendant caduque la capacité d’emprunter du Canada et du Québec.

    Tout cela se résume à quelque chose de très simple, et pour reprendre votre texte, ce n’est pas de slogans que le Québec a besoin, mais de gens qui croient au Québec. Ce seront ultimement les Québécois qui doivent développer le Québec.

  • Pierre Gouin, 26 janvier 06h16

    Nourrir comme pourrir, avec deux r. Il s’agit ici de nourrir la famille libérale.

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