«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les indépendantistes doivent réinvestir le PQ. Oui mais...

Pour un nouveau nationalisme au Québec

Tribune libre de Vigile
mardi 29 septembre 2009
659 visites 10 messages

Ce texte est un commentaire en réponse à l’article de Denis Julien, publié le 28 septembre, intitulé « Les indépendantistes québécois doivent réinvestir le PQ ! ». Comme je fais référence dans mes propos à un article à paraître sur cette question, j’ai pensé qu’il serait intéressant pour les lecteurs de Vigile de publier ma réponse en Tribune libre.

Effectivement, j’appuie cette idée d’appeler les indépendantistes à réinvestir le parti québécois. Peut-on faire autrement ? Mais je crois qu’il se trompe de cible. C’est une idée qui revient souvent chez monsieur Julien et bien d’autres de rendre les opportunistes et les carriéristes qui ont investi le PQ responsables de la décrépitude et du recul du parti. Je crois plutôt que le vrai coupable de l’affaiblissement du PQ et à travers lui de l’idée d’indépendance, c’est l’étapisme et rien d’autre. Lorsque l’objectif de cette stratégie vise d’abord à prendre le pouvoir provincial en attendant que de vagues conditions gagnantes surviennent un jour, il est normal que quelques opportunistes et carriéristes y trouvent leur compte. Mais c’est également vrai que les indépendantistes qui y militent encore se trouvent piégés par cette avenue sans issue. Ou bien ils plient ou bien ils s’abstiennent de voter. Résultat : comme on tourne en rond, on a l’impression que ce sont les opportunistes qui mènent ce parti.

Parce qu’il est à peu près impossible de créer un nouveau parti indépendantiste dans l’état actuel des choses, il n’y a pas d’autres alternatives, en effet, que de réinvestir le PQ. Mais la première chose à faire est de faire sauter le verrou de l’étapisme. Et pour y arriver, il faut une stratégie alternative. Malheureusement, proposer en échange l’élection référendaire ou décisionnelle, comme on en a fait presque un mantra dans ces pages, n’a guère plus d’avenir. Pour que la déclaration d’indépendance soit valide, le PQ devrait avoir obtenu non seulement la pluralité des sièges mais aussi la pluralité des voix. Un tel résultat est à peu près impossible à atteindre avec l’actuel mode de scrutin majoritaire mais aussi parce que, en dehors du cercle des convaincus que nous sommes, l’idée d’indépendance a perdu sa cohérence auprès de nombreux Québécois en tant qu’alternative politique au fédéralisme canadien en plus d’être présentée de façon négative. L’élection décisionnelle risque donc de mener au même cul-de-sac que la stratégie référendaire.

Il existe peut-être une troisième voie que j’explore dans un article à paraître dans le numéro d’octobre de l’Action nationale, intitulé « En finir avec la fatigue politique du Québec contemporain : JETER LES BASES D’UN NOUVEAU NATIONALISME AU QUÉBEC ». Certes, un tel titre apparaît ambitieux sinon présomptueux de la part d’un simple citoyen qui, comme moi, n’appartient à aucun parti, église, école ou chaire universitaire. Mais j’offre justement au débat une voie de sortie au cul-de-sac politique actuel en identifiant les nombreux obstacles auxquels fait face toute idée nationale ici comme ailleurs.

Avant de partir à l’assaut du PQ, je pense qu’il faut d’abord proposer un nouveau nationalisme plus positif qui puisse contrer ces formidables vents contraires. Comme Denis Julien, je suis prêt à me joindre à un groupe pour en discuter sur la base, entre autres, des idées que je développe dans mon article et qui en feront sans doute sursauter plus d’un. Mais à 35% d’appui, si l’espoir est encore permis, l’idée d’indépendance a besoin d’être présentée de manière différente. C’est l’avenue que je propose.

Commentaires

  • Denis Julien de Lotbinière, 1er octobre 2009 08h42

    10 militants radicaux activistes indépendantistes, articulés et disponibles X par autant de comtés du Québec qui réadhèrent au PQ, se font élire sur leur exécutif , prennent la parole aux assemblées officielles telles que les conseils nationaux et les réunions des présidents. S’organisent pour participer au prochain congrès national=ON SORT DE L’IMPASSE=un gouvernement du PQ majoritaire=un vote à L’Assemblée nationale avec la double majorité=on réalise l’indépendance=le Québec qui fait son entrée à l’ONU. Point !

  • Denis Julien de Lotbinière, 1er octobre 2009 07h23

    En 1995, le OUI est allé chercher 50% d’appui. Le dernier sondage met le PQ à 33%. CA c’est un maudit gros problème ! Je n’ai rien d’autre à ajouter !

  • Etienne Rivard, 1er octobre 2009 07h11

    À mon avis, tout ce que ça prend, c’est un bon chef. Qu’est-ce qu’un bon chef ? Simplement celui qui réussira à convaincre les durs et les mous qu’ils ont un intérêt économique à faire l’indépendance du Québec. Je dis économique parce que l’argent, ça parle à tout le monde : à l’argent, aux ethnies, aux francophones, aux anglophones, aux allophones et aux xylophones. Ça parle aux colonisés qui n’ont d’autres obsessions que leur pain et leur beurre et aux mangeurs de steak comme Vincent Lacroix.

    Pour ça, ça va prendre quelqu’un qui utilise systématiquement chaque seconde de « temps d’antenne » pour démontrer qu’on se fait avoir quotidiennement et volontairement par la nation voisine qui contrôle le parlement impérial et que ça commence à faire mal à tout ceux qui vivent sur ce territoire (blancs, indiens, chinois et portugais inclus). Il faut choisir une formule choc (même électrochoc) en béton armé et la marteler jusqu’à ce qu’elle touche le ROC.

    Quand la population sera convaincue, la mécanique d’accession sera une formalité, mais j’opte en faveur d’une république à la Pierre Cloutier, Avocat pour qu’on puisse enfin se débarrasser de la charte PET qui nous mène directement au chaos multiculturel que connaissent actuellement le Royaume-uni et les Pays-bas.

  • Denis Julien de Lotbinière, 30 septembre 2009 19h11

    Il y a une condition GAGNANTE pour relancer le PQ et faire en sorte qu’il reprenne le pouvoir et le plus tôt sera le mieux ; c’est qu’il s’engage à faire ce que Bouchard n’a pas eu assez de couilles de faire suite au jugement de la Supreme Court of Canada en 1997 : RÉTABLIR LA LOI 101 DANS TOUTE SON INTÉGRALITÉ en appliquant la clause NONOBSTANT. POINT FINAL !
    Rendre obligatoire le CEGEP en français !
    On vient de répondre de façon favorable aux attentes de l’électorat francophone en faisant d’une pierre deux coups. La Charte de la Langue Française est avec l’instauration des garderies à 7.00$ la législation la plus populaire chez les québécois et le débat sur les accommodements qui a fait la démonstration de l’urgence de contrôler notre immigration.

    Aussi ; on doit mettre fin au Cheval de Troye des fédéralistes lorsqu’ils ont réussi à imposer l’étapisme dans le programme du PQ. L’indépendance du Québec doit se faire par la double majorité à l’Assemblée Nationale, majorité des députés dont le cumul équivaut à 50+1 des votes exprimés.

  • Marcel Haché, 30 septembre 2009 07h53

    M.Girard.

    Seulement sortir de l’étapisme : les choses iraient.

    Il m’est arrivé quelques fois d’écrire ici que le Québec est bloqué. Je ne tiens pas à avoir raison. Mais si je ne me trompe pas, ce qui fait tant espérer maintenant les péquistes—le P.Q. étant devenu l’imposante, mais confortable, opposition officielle—sera d’une désillusion cruelle.

    Dans l’état actuel des choses, si rien ne change au P.Q., ce n’est donc pas à un step du pouvoir qu’il serait maintenant, mais bien plutôt à un nouveau peak. Mais le dernier peak ! Celui avant le déclin !

    Et avec le déclin du P.Q., le déclin historique du mouvement souverainiste .L’A.D.Q. a déjà fourni un formidable coup de semonce…

    Les étapistes analysent tout faux depuis si longtemps : l’A.D.Q.serait mort maintenant. Peut être, mais son électorat n’est pas mort. Cela serait suffisant pour bloquer longtemps le P.Q. et lui faire entreprendre son déclin. La vérité serait plus que c’est le P.Q. piégé et bloqué lui-même dans l’étapisme qui initie le blocage du Québec.

    Un nouveau nationalisme ? Non encombré par l’étapisme ? J’ai hâte de vous lire.

    .

  • le militant, 30 septembre 2009 06h37

    Si on avait plus de mémoire et moins de critique, la Souveraineté serait un fait acomplit.
    L’étapiseme l’idée qui a floué René Lévesque et le Parti Québécois ?
    J’aimerais bien que beaucoup de militant pour l’indépendance revoient les article de Presse des années soixante et soixante-Dix. Entr’autre cette opinion de fédéralistes qui cherchaient le moyen de couler la Souveraineté. Et l’idée toute gratuite qui fut introduite par le bras droit de René Lévesque fut l’idée la plus dévastatrice de notre projet ? Tenir un référendum sans même avoir compris qu’est-ce qui ne marche pas dans notre société.
    Pas besoin d’être instruit pour comprendre le discour cacaphonique pratiqué par Charest et ces sbire à l’Assemblée nationale. On a accepté sans bronché la destruction de notre bas de laine (40 milliards de $ en 2008, 5 milliards au moins en 2009 et lla saignée continue ? On n’a changé de capitaine mais pas de bateau

  • Fleurdelys, 29 septembre 2009 20h53

    Les indépendantistes n’ont pas à réinvestir le PQ pour rendre ce dernier indépendantiste. Pour attirer les indépendantistes, un parti se doit de proposer l’indépendance. Ce qui n’est pas le cas du PQ. Il propose maintenant le rapport Allaire.

    C’est pourtant simple comme bonjour !

  • André Gignac, 29 septembre 2009 18h56

    Les solutions miracles et une 3e voie, je n’y crois pas. J’ai l’impression de revenir en
    arrière au tout début de la révolution tranquille lorsque les politiciens nous parlaient de plusieurs sortes de fédéralismes que ça prendrait pour accommoder le Québec qui
    venait de se réveiller après la grande noirceur. Qui n’a pas entendu parler de
    fédéralisme rentable, de fédéralisme asymétrique bla bla...? Et nous sommes toujours
    pognés pire que jamais dans cette tour de Babel sans issue et nous continuons à vouloir y demeurer, je ne sais trop pourquoi ? (les Rocheuses à Chrétien ?) La seule solution possible pour s’en sortir, c’est l’indépendance et
    plus nous allons attendre, comme le dit Monsieur Bertrand, plus les choses devront se
    précipiter et se radicaliser. Qu’on se le mette dans la tête, le Canada est sans issue
    pour nous Québécois ! Il vaut mieux être majoritaire dans notre pays (le Québec) que
    minoritaire dans le pays des autres (le Canada). Il y a longtemps que j’ai choisi !

    André Gignac 29-9-09

  • Luc Bertrand, 29 septembre 2009 15h09

    Je vous félicite pour votre initiative, monsieur Girard et je lirai avec beaucoup d’attention votre article dans L’Action nationale. Cependant, pour l’idée de réinvestir le PQ, je vous souhaite bonne chance. Le Parti québécois est devenu carrément un monstre ingouvernable qui, s’il n’est pas combattu avec vigueur le plus rapidement possible, ne finira plus de discréditer, par ses pathétiques contorsions idéologiques et jeux de mots incessants, l’idée d’indépendance comme solution aux problèmes récurrents du Québec et, par ricochet, le mouvement indépendantiste en général puisque la majorité des gens croient toujours les médias qui entretiennent l’illusion que le PQ constitue encore et toujours le seul parti souverainiste au Québec.

    Il faut cesser d’avoir peur d’appeler les choses par leur nom et de prendre les électeurs comme des analphabètes électoraux. Et il faut également tenir compte du contexte qui est désormais le nôtre aujourd’hui, car les fédéralistes ont poursuivi impunément leur oeuvre de démolition en règle de notre État national français après le vol jamais contesté de 1995. Le PLQ ne se cache même plus pour livrer nos avoirs publics à ses collaborateurs, le robinet de l’immigration continue de couler à flot et les Yolande James de la manipulation de l’opinion publique coupent dans la francisation, les parents sont réduits à envoyer leurs jeunes dans le réseau d’écoles privées (largement subventionné par les fédéralistes) et toute la société est poussée à la consommation à l’extrême pour faire rouler l’économie, même si cette économie profite à une minorité bien nantie qui exploite la main-d’oeuvre docile des pays en développement au lieu de créer des emplois chez nous.

    Si nous voulons sortir de cette spirale infernale (et mortelle pour l’avenir de notre nation) il nous faut accepter un constat implacable : plus nous poireautons pour faire notre indépendance, plus les gestes pour la faire se devront d’être radicaux. À l’évidence, nous ne contrôlons plus rien. Toutes les lois du pays qu’on tente de nous faire croire nôtre sont contre notre épanouissement en tant que société de seule langue commune française (après qu’on ait réussi à nous éloigner de notre foi religieuse traditionnellement catholique), notre gouvernement est complice de l’ordre social qui nous tient dans l’impuissance hormis ses propres intérêts, aucun parti fédéral n’a à prendre d’engagement envers nous pour prendre ou conserver le pouvoir et notre combat national est disparu de l’écran-radar de la communauté internationale.

    Malgré l’apparence (fausse d’ailleurs) de démocratie dans la Loi sur la clarté, Ottawa et ses tribunaux ont rendu irréalisable et même illégale l’indépendance du Québec. Il n’est plus possible d’envisager aucune action politique sans la prémisse de rejeter ouvertement le carcan constitutionnel et légal qui nous a été imposé unilatéralement en 1982. En dépit du battage médiatique qui tente de faire paraître comme hérétique toute personne qui refuse de reconnaître ou observer la constitution canadian et son insidieuse charte des droits et libertés, il ne faut dorénavant plus manquer une occasion pour reconnaître publiquement que c’est effectivement cet obstacle qui est à l’origine de l’affaiblissement incessant du Québec et de la perception générale que ce n’est que d’Ottawa que peuvent venir les vraies solutions pour régler nos problèmes. Il faut carrément mettre le fédéral dehors et le seul moyen encore démocratique pour le faire est l’élection d’un gouvernement national majoritaire officiellement mandaté pour le faire. Il nous faut donc instamment cesser de penser en termes de politique provinciale et concevoir, dès maintenant, les institutions et lois que nous voulons promulguer le soir de la déclaration d’indépendance. Tant que nous ne nous mettrons pas rigoureusement à cette tâche, les Québécois ne nous prendront jamais au sérieux.

  • Gilles Bousquet, 29 septembre 2009 14h17

    J’attends votre proposition d’un nouveau nationalisme québécois avec impatience.

    En attendant, ce n’est pas l’étapisme qui a été responsable de l’échec de la souveraineté du Québec. L’étapisme est né parce que la méthode directe d’un parti qui se présente pour faire l’indépendance ne marchait pas. Le PQ l’a vécu 2 douloureuses fois avant d’être élu en 1976 quand il a mis de l’avant cette proposition là.

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