«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Avons-nous peur de revenir à la base et au militantisme ?

Pour un congrès national du Parti québécois

Qui a fait l’originalité du PQ et son image dynamique

Tribune libre de Vigile
lundi 4 janvier 2016
691 visites 4 messages

Qui trouvons-nous en majorité au PQ maintenant ? Des retraités, dont je suis. Qui voulons-nous ? Les jeunes familles, entre autres, les étudiants et le peuple en général. Alors ouvrons nos portes ! Pas à un Institut, mais à un congrès qui formulerait le programme, un congrès ouvert aux institutions syndicales, étudiantes, aux organismes communautaires, etc. Un congrès comme au début du PQ où s’élaborait un programme social-démocrate grâce aux membres de la base et non à quelque institut d’élite. Avec comme mission aussi de revoir le cadre stratégique : référendum, constitution du Québec indépendant etc.

Avons-nous peur de revenir à la base et au militantisme, qui a fait l’originalité du PQ et son image dynamique.

Non pas que l’Institut de recherche sur l’indépendance du Québec (IRIQ) soit à opposer à l’idée d’un congrès national. Ce sont des réalités qui devraient être complémentaires. Mais il ne faudrait pas que cet Institut ressemble au comité politique du Mouvement Souveraineté-Association formé des amis libéraux de René Lévesque.

Parlant de dynamisme, est-ce que le Parti québécois actuel, comme parti politique formé de militants et de militantes, joue vraiment son rôle sous la direction de Raymond Archambault qui nous charma de sa voix veloutée à Radio-Canada et qui est président du Conseil exécutif du PQ. Si on en juge par l’incident du souverainiste amérindien Ghislain Picard, à la réunion des Présidents de comtés du PQ, on peut se poser des questions. Le Parti québécois ce n’est pas seulement le Chef et les députés : ce sont aussi et surtout les membres.

C’est un parti qui devrait avoir une action autonome visible et efficace. Par le processus de consultation dans les comtés et les régions que suppose un congrès national, le Parti québécois pourrait prendre des initiatives et montrer qu’il est utile et efficace. Et cesser d’être à la remorque du Chef et des députés.

D’accord pour un Institut de recherche pour donner des informations de base et formuler un argumentaire en faveur de l’indépendance du Québec. Mais comme personne ne parle de la nécessité d’un congrès du Parti québécois pour reformuler le projet indépendantiste et revoir le cadre stratégique qu’il faut absolument repenser, j’ai jugé utile de le faire.

Commentaires

  • Pierre Cloutier, 3 janvier 2016 14h46

    Il y a toujours eu un déficit démocratique important au Parti Québécois entre les volontés de la base du parti et celle des leaders. Contrairement à la légende urbaine (fédéraliste) qui tente de nous faire croire que les militants du PQ sont durs envers leurs chefs, c’est plutôt le contraire qui s’est produit, car ce sont les élites du parti qui ont constamment trahi la volonté des militants. Je l’ai démontré, preuves à l’appui dans mon livre : "Indépendance, le PQ a trahi ses militants", publié aux Éditions Schneider. Voir ici : http://www.amazon.ca/Ind%C3%A9pendance-Le-trahi-ses-militants/dp/2924078008.

    La seule fois où le Parti Québécois a eu un programme indépendantiste, ce fut lors du congrès de juin 2005 - le projet de pays - vite jeté aux poubelles par le PQBoisclair et le PQMarois, après la démission de Bernard Landry.

    Pour le reste, je peux vous dire, pour y avoir longtemps milité, que les militants du PQ passent 99,9% de leur temps à s’occuper de gouvernance provinciale le nez fixé sur le pouvoir en prenant comme base de leur action - outre les intérêts personnels de carrière - une prémisse fausse qui est celle de penser qu’un "bon gouvernement provincial" va nous conduire à l’indépendance, ce qui a été démenti par l’histoire de ce parti.

    Actuellement, nous avons une plage de 3-4 ans qui s’ouvre devant nous qui pourrait nous permettre de nous mettre en mode référendaire le plus tôt possible afin d’être prêt en cas de reprise du pouvoir. Mais cette reprise du pouvoir ne sera légitime à mes yeux que si l’indépendance est au coeur du débat public et qu’on aura su, en rendant la question référendaire publique rapidement, désamorcer l’épouvantail à moineaux fédéraliste concernant le référendum, qui a contribué à la défaite du PQMarois, tout simplement parce qu’il n’était pas préparé et avait évacué l’indépendance dans le placard comme une maladie honteuse.

    Et dire qu’encore et encore après toutes ces démonstrations d’échec répétés, il y a des masochistes qui veulent remettre cela. On peut toujours se prémunir contre la violence mais contre la bêtise, on est toujours désarmé.

    Les statuts du PQ prévoient un congrès à tous les 4 ans. Le dernier a eu lieu en avril 2011 et non pas en 2012, comme M. Ricard l’a dit. Normalement ce congrès devrait avoir lieu en avril de cette année. Mais les électoralistes du PQ sont encore à l’oeuvre pour gagner du temps. Et la même boulechite recommence.

  • J. Binette, Montréal, 31 décembre 2015 11h32

    Pour répondre à la question : avons-nous peur (au PQ) de revenir à la base et au militantisme qui a fait l’originalité du PQ ?
    La réponse est OUi. C’est normal, ça arrive dans toutes les organisations politiques, dans tous les grands partis, surtout dans les vieux partis. C’est pour cela qu’il faut plus qu’un congrès national du PQ, il faut un congrès comme celui de Lévesque avec le RN et le MSA (et d’autres) pour refonder le Parti québécois.
    Pour ça, il va falloir prendre des risques et prendre la chance d’aller dans des directions où le contrôle ne sera pas absolu, loin de là. J. Binette, Montréal

  • François Ricard, 30 décembre 2015 12h13

    Le dernier congrès (2012) a laissé un arrière-goût fort amère dans la bouche de bien des membres. Dans les derniers mois de 2011, dans les assemblées nationales, les élus s’impliquaient fort activement dans les délibérations des membres afin de s’assurer que les résolutions retenues demeurent dans l’"orthodoxie" du parti. Par exemple, une résolution portant sur le revenu minimum garanti fut qualifié de mesure "communiste" par un élu. La motion, pour cette raison, ne fut même pas présentée en plénière.
    Le congrès de 2012 était un congrès "paqueté". Le seul grand but visé : plébisciter Mme Marois, lui faire un couronnement. Elle fut couronnée.
    Le PQ, depuis, a perdu des dizaines de milliers de membres. Surtout dans la tranche d’âge de 35 ans à 55 ans.
    Les forces indépendantistes sont actuellement morcelées entre différents groupes et différents partis. Tant et aussi longtemps que ce morcellement existera, il sera impossible de faire progresser l’idée d’indépendance. Et ce ne sont pas nos seuls gens de la classe politique qui pourront effectuer la réunification essentielle de nos forces. Ils ont trop d’intérêts personnels à protéger. Surtout leur carrière.

  • Robert Barberis-Gervais, 17 décembre 2015 10h47

    Je suis d’accord avec l’ensemble de ce texte.

    A l’époque du Mouvement Souveraineté-Association, sous la direction de Marc Brière avec, entre autres, Jean-Roch Boivin (statuts), Rosaire Beaulé, Pothier Ferland etc et des professeurs d’université, le comité politique avait rédigé les documents de base pour le premier congrès de fondation. Alors il n’est pas question de nier l’utilité du comité politique.

    Il y avait une tension entre ce comité d’experts composé souvent d’ex-libéraux qui aidaient René Lévesque à fonder son parti et le comité du programme dont je faisais partie qui passait par la base des comtés et des régions pour formuler des propositions en vue de l’établissement du programme du MSA puis du PQ.

    L’Institut de recherche sur l’indépendance du Québec (IRIQ) pourrait se coordonner avec les assemblées de comté qui prépareraient le prochain congrès du Parti québécois. Cela pourrait servir à mobiliser les militants qui, dans chaque comté, pourraient travailler à repenser le programme et revoir le cadre stratégique.

    PKP pourrait faire une tournée du Québec en allant dans chaque comté où les militants seraient de nouveau mobilisés.

    Je suis 100% d’accord avec l’idée que les militants du Parti québécois devraient jouer un rôle plus grand. Et surtout que le Parti québécois devrait avoir une action autonome et dynamique comme parti politique. Actuellement, pratiquement seulement le Chef et les députés sont à l’avant-scène. Ou la vedette Marc Laviolette que les journalistes questionnent à chaque réunion du PQ. S’il est de bonne humeur ça va mais s’il est de mauvais poil, ça nuit à l’image du PQ.

    Quand le président du Conseil exécutif Raymond Archambault a-t-il donné une conférence de presse pour parler au nom du Parti et des militants ?

    Quant au cafouillage autour du chef amérindien Ghislain Picard, je ne sais pas qui en est responsable. Théoriquement, ce devrait être le Parti puisque c’était une réunion des Présidents du Parti. Il y a eu quelque part un manque de leadership inquiétant.

    « Le Parti québécois ce n’est pas seulement le Chef et les députés : ce sont aussi et surtout les membres.

    C’est un parti qui devrait avoir une action autonome visible et efficace. Par le processus de consultation dans les comtés et les régions que suppose un congrès national, le Parti québécois pourrait prendre des initiatives et montrer qu’il est utile et efficace. Et cesser d’être à la remorque du Chef et des députés. »

    Je suis complètement d’accord avec cette façon de voir les choses.

    Robert Barberis-Gervais, 17 décembre 2015

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