«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Indépendance politique du Québec 457

Pour devenir une nation indépendante

Il faut décider de mettre le cap sur l’indépendance et agir en conséquence.

Tribune libre de Vigile
vendredi 21 juillet
112 visites 4 messages

2017-07-21 11:50

« Nous sommes d’un "naturel irrémédiablement soumis",
atavique, presque inextirpable. »

(J. Maurice Arbour, Cessons d’être des colonisés !)

Qu’est-ce que la question nationale ?

Nous sommes là-dedans depuis les années 1920. De Lionel Groulx à Esdras Minville, du Père Richard Arès à François-Albert Angers sans compter tous les avocats qui se sont penchés sur la question et sans oublier les études, les mémoires et la création de la Commission royale d’enquête, en 1953, par Maurice Duplessis. Après par le gouvernement de Daniel Johnson, père, premier ministre du Québec. Puis les années 1970 avec le Parti Québécois jusqu’en 1995 qui a achevé la désorganisation nationale des Québécois malgré toute la ferveur qui les animait.

Maintenant, le Groupe « OUI Québec » s’intéresse surtout à la création d’une assemblée constituante et à l’élaboration d’une constitution. Notre avenir national irait dans cette direction. Or, n’importe quel citoyen ou citoyenne qui observe le monde et son pays et bien d’autres choses encore ne semble pas avoir d’intérêt dans cette opération constitutionnelle. Après deux échecs référendaires, le public se demande qu’est-ce que ça change. L’électorat a répondu en élisant majoritairement le Parti libéral du Québec avec l’équipe fédéraliste de Philippe Couillard.

Pourquoi une nouvelle Constitution ?

Je vais me référer à un livre qui remonte à 1932, mais qui a été suivi d’une édition en 2 volumes (1949) suivie, en 1961, d’une édition en un volume et réimprimée, en 1970, avec une nouvelle introduction. En 1998, l’ouvrage est réédité chez Greenwood Press. Personnellement, j’utilise l’édition de 1961. Je donne la référence exacte :

FINER, Herman (1898-1969)
Theory and Practice of Modern Government [1961, Éd. rev., xiv+978 p.]

Chapter 8 Constitutions – The Institutional Fabric of the State (p. 116-138)

- Form of the Constitution
→ The Political Effects of a Written Constitution

If the effect of expression in writing alone is considered, the written constitution has little, if any advantages over the unwritten. (p. 125)

There is little advantages in mere writing or proclamation. Is there any at all ? At the most, the written constitution is a standard of reference, and it is valuable only in proportion to its clarity and the extent to which it has not been altered by interpretation. As no constitution satisfies these conditions for more than a decade after it has issued from the constituent assembly, the advantage approaches nil. (p. 127)

L’auteur est partisan de la formule démocratique de gouvernement. Quelques-uns le lui reprochent. Que faire entre l’anarchie et la tyrannie ? Mais oublions ça.

Le Parti Québécois traîne de la patte.

Tout le monde est conscient que le Parti Québécois traîne de la patte. Nous sommes aussi conscients que certains partis sont DANS le régime et d’autres dans la RÉFORME (sociale de droite ou de gauche ou révolutionnaire) tout en étant dans le régime. La défense de l’idée d’indépendance n’est pas dans les cartons. Il faut chasser les libéraux, prendre le pouvoir, composer un bon gouvernement et agir démocratiquement et proprement.

Deux cent cinquante ans de servitude collective imposée ont créé des comportements de subordonnés et de dépendance. La constitution canadienne nous propose la liberté individuelle. Et le PLQ nous propose d’être « Québécois. Notre façon d’être Canadiens. » [Noter que le mot « Canadiens » est mis au pluriel dans la politique gouvernementale du ministre Jean-Marc Fournier. (Aller lire « Le mot du ministre ».] Nous ne sommes que des individus dans le système constitutionnel canadien. Tout abouti au libéralisme excessif des droits individuels. Belle astuce pour sauver les valeurs de la famille canadienne et de la majorité anglo-saxonne.

Peut-on créer cette unité nationale des Québécois.es ?

Dans un tel contexte, peut-on créer cette unité nationale des Québécois.es ? Peut-on trouver des politiques qui ont une intention ferme de vouloir défendre la nécessité de posséder à notre service un État souverain ? Un bien soi ! Malheureusement, la langue de bois et l’aveuglement volontaire sont trop répandus parmi l’élite pour compter sur elle. On a pu survivre, on peut survivre encore.

Je ne crois pas qu’un texte constitutionnel va soulever la masse. Que faire ? Sinon inventer le lien qui peut unir les Québécois.es. L’Assemblée nationale à un rôle essentiel à jouer. Mais il faut un public capable de se manifester. Comprendre que la marche sera difficile et longue. Dans le même esprit, après l’historien Michel Brunet dans les années 1950 et suivantes, J. Maurice Arbour, spécialiste en droit international public de l’Université Laval, continue le même combat pour démasquer les pièges du fédéralisme pour une nation mise en minorité. Il y ajoute une touche grincheuse qui ne devrait pas déplaire, car il le dit bien ― surtout qu’il rapporte les faits et dit la vérité. Le réquisitoire est bien structuré. C’est un appel de libération collective pour devenir une nation indépendante.

J. Maurice Arbour
« Un jour je dirai OUI à ma naissance. »(Dixit en entrevue.)
Cessons d’être des colonisés !

Le colonialisme canadien ? Feutré, déguisé, subtil et insidieux.
Bref, un colonialisme de gentlemen et de bonne compagnie.
Québec, Presses de l’Université Laval, 2015.

Voir aussi :

Bruno Deshaies, « LE FÉDÉRALISME, LA LOI CONSTITUTIONNELLE DE 1867 ET LES QUÉBÉCOIS.La déprogrammation mentale des Québécois-Français. INDÉPENDANCE : POUR OU CONTRE ? Le Rond-Point des sciences humaines 30 novembre 2000.

Le procès est fait du fédéralisme canadien depuis longtemps.

La notion d’indépendance doit être expliquée aux Québécois.es. C’est la masse qu’il faut rejoindre et convaincre. Malheureusement, nos élites politiques et intellectuelles sont ailleurs. Le professeur Arbour est très conscient que c’est d’indépendance dont il faut parler. Il soulève clairement l’affrontement entre deux nations. Il faut dénouer l’impasse pour se libérer collectivement et pour cesser, enfin, d’être dominé et ne plus accepter sa dépendance collective. D’où le rejet du statut de nation annexée. Il faut se déprogrammer du fédéralisme.

« Un jour, déclare-t-il, je dirai OUI à ma naissance. » C’était aussi le message vibrant de Félix Leclerc. Faire l’indépendance et aller de l’avant avec notre génie propre. Se mettre en marche sérieusement et faire face à la réalité du monde pour s’affirmer et exister réellement comme nation indépendante. Il va droit au but dans son entrevue.

Commentaires

  • Marcel Haché, 27 juillet 08h30

    @ Normand Bélair.

    Comment « faire » ?

    Une toute petite poignée de députés péquistes ont déjà brassé plus fort à l’A.N. que toute l’actuelle « première opposition » réunie et désunie. Mais c’était il y a bien longtemps. Une poignée de députés indépendantistes ont déjà su comment « faire »… et s’attirer tous les micros, dont aucun pourtant n’était alors indépendantiste.

    En langage d’hockey, c’est de plus en plus clair que le capitaine des péquisteux a peur d’aller dans le trafic et dans les coins et se salir le nez… Un chevreuil !

    Et toute notre Équipe se transforme maintenant- quelle équipe pathétique, les péquisteux !- en une p’tite bande de patineurs et de patineuses de fantaisie, tous et toutes patinant la bouche en cœur, mais tous et toutes susceptibles évidemment, de se faire ramasser solide à la première occasion, à la prochaine occasion… On jase.

  • Normand Bélair, 26 juillet 16h32

    Comment faire ?
    Voilà fondamentalement la question. Il est vrai que « la façon » ne fait pas vibrer le but de faire un pays. Et pourtant il y a des façons. Des façons simples. Pratiqué par Lévesque, Bourgault et Parizeau. Hélas nos leaders ont délaissés ces façons.
    Je parle surtout d’un travail quotidien de dénonciation et de comparaison pour l’imagination.
    Prenons, l’exemple du Devoir d’aujourd’hui, simplement. Il y a ici dans une nouvelle sur deux la possibilité de dénoncer une intrusion fédérale ET une « image » de comment nous pourrions agir autrement en tant que pays.
    ex1:ALENA : Ottawa ne renoncera pas....bla bla bla...
    ET LE QUÉBEC, lui ? OÙ est le QUÉBEC ? Quel est la position du Québec ? (comparaison-imagination)

    ex 2:La défenseure des droits des 11 000 migrants agricoles.
    Voici un sujet EN OR, pour n’importe quel chef, défenseur des droits et les lois appliquées au Québec ! (dénonciation- comparaison) Quand 2 gouvernements agissent sur le même sujet...

    ex3:Trudeau contredit Couillard et réitère son refus
    Une autre belle occasion ratée de parler de l’indépendance d’agir du Québec pars nos leader politiques qui dorment tous au gaz de la surdose de festivals qui frappe le Québec !

    Voilà seulement 3 exemples, facile à trouver, à TOUS les jours pour faire avancer la création de notre pays. Hélas on ne le fait plus !
    On regarde réellement la parade passer.
    En parlant de parade, j’ai été sidéré de votre le bas niveau de qualité de la parade de notre Fête nationale sur la rue St-Denis à Montréal cette année !
    WOW !
    J’avais l’impression de regarder une tentative étudiante de St-Clin-clin des Meuxmeux !
    En [comparaison) avec toutes les activités qui se passe actuellement à Montréal, !

    merci

  • Bruno Deshaies, 24 juillet 17h25

    2017-07-24 17:05

    Monsieur Haché, le MUR auquel vous faites allusion nous concerne tous. Gilles Bousquet n’arrêtait pas d’en parler mais, contrairement à vous, c’était pour nous rasseoir. Par contre, Nestor Turcotte a publié de nombreuses tribunes libres pour illustrer l’incapacité du PQ et les carences de la pensée péquiste. Le National, c’est tous et toutes les Québécois.es. Le passage obligé est du côté du public, du monde, bref de la masse. Le professeur Arbour parle de décolonisation. J’ai déjà parlé de déprogrammation mentale.

    Pour aborder ce problème, je préférerais qu’on s’attaque à la transformation de notre état de nation annexée à celui de nation indépendante. Une nation annexée subit une oppression essentielle, c’est-à-dire des privations et surtout un remplacement par un autre gouvernement de son agir (par soi) collectif. Par ailleurs, la nation québécoise doit apprendre que notre lutte contre les oppressions accidentelles n’a pas changé d’un iota les fondements de la constitution de 1867, sinon que cette constitution se renforcit par des politiques « nationales » canadians par toutes sortes de mesures d’unité pancanadienne dont les Chaires du Canada sont un bel exemple ainsi que la subvention du gouvernement Harper à la création de la Fondation Pierre-Elliott Trudeau. Tous les moyens sont bons pour affirmer et défendre le fédéralisme canadien ici et dans le monde. Stéphane Dion a été le promoteur de cette idée comme ministre dans le gouvernement de Jean Chrétien. Il a fait plus, il a réussi à faire adopter la Loi sur la clarté (PROJET DE LOI C-20).

    Ce qui fait que le point de vue exprimé sur le processus vers l’indépendance que vous avez exprimé au sujet de mettre le cap sur l’indépendance ne peut esquiver l’affrontement entre deux visions : celle du Québec et celle du Canada-Anglais. Et avec raison vous posez la question :

    « Pourquoi un gouvernement ″décidé″ ne pourrait-il pas réussir là où les partis ont toujours échoué parce qu’ils ont toujours tergiversé ? Grosse-grosse job de réveil requise du côté des péquisteux pour ce qui s’appelle la realpolitik. …. »

    Prendre conscience, pour une nation ANNEXÉE, que l’indépendance est un bien en soi, serait un progrès énorme dans notre pensée politique et pour la conscience nationale de nous-mêmes. Donc, un Québec distinct doté d’un État souverain reconnu internationalement et libre dans ses relations envers les autres nations indépendantes.

  • Marcel Haché, 22 juillet 09h06

    Je crains que l’avenue de la « constituante » et l’aventure des gestes de « rupture » aient toute les deux l’apparence prometteuse du référendisme. Cela ressemble à la version 2.0 du vieux référendisme péquiste, celui-là qui a mené tout droit à cette longue dictature des référendeux, puis ensuite à celle actuelle des péquisteux.

    Si on revient à l’élection de 1976, à cette immense-immense élection de 1976, celle qui avait porté au pouvoir un parti qui avait été jusque-là seulement la conscience, ou plutôt la mauvaise conscience de l’Assemblée Nationale, malgré toute l’espérance qu’elle portait, cette immense élection, elle n’avait pas réussi à réunir une nation. Elle avait simplement chassé les libéraux de façon spectaculaire.

    Tout au long des quatre années menant au référendum de 1980, les forces d’opposition à notre émancipation nationale n’avaient pas du tout renoncé ni désarmé un seul instant. Suite à l’élection du plus grand gouvernement que Nous n’avions jamais eu jusque là , les maudites forces qui s’étaient toujours (et qui le sont encore) opposées à notre émancipation, ne s’étaient pas contentées de se constituer en spectateurs de la montée d’une ferveur totalement, mais totalement imaginaire, et imaginée totalement par Claude Morin… comme semblent le croire maintenant les partisans d’une constituante ou des gestes de rupture.

    Le mot constitution est maintenant aussi brûlé que le mot référendum. Avec conséquemment la même portée électorale !

    Ce qu’il nous faudrait admettre un jour- grosse job, et je ne suis pas certain que nous puissions y arriver - c’est ceci : s’en prendre au Canada, de quelque façon que ce soit… avec ou sans gestes de « rupture » de la part d’un gouvernement québécois… c’est toujours entrer en collision avec Ottawa. S’en prendre et faire le procès d’Ottawa (qui le mériterait bien mille fois par ailleurs), c’est invariablement réunir, fédérer et renforcer nous-mêmes les ennemis de notre Cause, ceux de l’extérieur, mais aussi ceux de l’intérieur. C’est fédérer et favoriser la jonction de ces ennemis intérieurs et extérieurs.

    Alors pourtant…Eh oui, alors pourtant qu’un gouvernement juste un ti-peu moins scrupuleux, c’est-à-dire un ti-peu moins « progressiste », mais un ti-peu plus nationaliste (à Québec) aurait tous les moyens à sa disposition pour diviser ses ennemis extérieurs, plutôt que de les fédérer, et réussir peut-être à mettre en échec leur maudite jonction avec ses ennemis intérieurs, essentiellement le West Island, l’électorat du West Island, auquel la gang à Couillard est actuellement si redevable.

    Mais…Mais cela pourrait nécessiter de mener une toute autre politique « intérieure » québécoise, en tandem avec une nouvelle politique « extérieure » canadienne - ce qui est prodigieusement scandaleux aux yeux de nos péquisteux, scandaleux, certes, mais pourtant incontournable…- eh oui, cela nécessiterait quelque chose d’inédit sur le plan « intérieur » de notre maudite province de Québec : un gouvernement décidé, mais « décidé »…bien décidé à souffler le chaud et le froid et traiter (éventuellement, selon les circonstances, mais très exactement, oui, oui, très exactement) l’électorat du West Island de la même façon que le Canada et Ottawa traitent eux-mêmes l’électorat québécois,- et Nous tout particulièrement- c’est-à-dire ceci, et de cette façon précise : minorisation et isolement politique par apaisement ou l’affrontement, mais jamais par collaboration ni reconnaissance. Comme on dit en anglais : il s’agirait d’un « must ». En réalité, il s’est toujours agi d’un redoutable mais incontournable défi, que les péquistes n’ont jamais relevé ni assumé. Colonisés à l’os, les péquistes ? Non, non. Pas du tout. Mais un ti-peu peureux peut-être ?

    En quelque sorte, ne s’agit-il pas maintenant, comme ce l’était hier et le sera demain, ne s’agit-il pas de cette réunion extrêmement difficile à réaliser, (non pas celle des indépendantistes, ce qui serait accessible et facile à un gouvernement « décidé »…) mais bel et bien la réunion et la communion de toute une nation ? N’est-ce pas là précisément le Mur auquel la Cause est confrontée depuis 50 ans : la réunion d’un immense électorat actuellement dispersé, et divisé (bloqué dur !) depuis 37 ans par la simple évocation du mot référendum ? Pourquoi un gouvernement « décidé » ne pourrait-il pas réussir là où les partis ont toujours échoué parce qu’ils ont toujours tergiversé ?

    Grosse-grosse job de réveil requise du côté des péquisteux pour ce qui s’appelle la realpolitik. …. Salutations.

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