«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Quand des jeunes souverainistes français s’engagent

Plaidoyer pour une nouvelle Amitié France-Québec

Tribune libre de Vigile
mardi 3 mars 2015
918 visites 4 messages

Il y a des affaires qui regardent au même chef les citoyens de la Grande Nation et les « Gens du pays » de la Belle Province. C’est le cas de la rupture récente d’une entente qui régissait depuis 1978 les modalités de nos échanges universitaires, en faisant respecter le principe selon lequel les étudiants québécois devaient être considérés comme des Français en France et les étudiants français comme des Québécois au Québec.

« Enterrée » ou presque par nos gouvernements respectifs, sa profonde modification sera mise en œuvre dès l’automne 2015 : le gouvernement de Philippe Couillard en accord avec le gouvernement français, a décidé de tripler les frais de scolarité des étudiants français au Québec. Rendre le Québec 200 % moins attractif pour les étudiants français constitue, nous l’affirmons, à la fois une bêtise politique et une faute diplomatique grave. Face à l’ingérence mondialiste et au tout-anglais érigé en règle suprême, l’éloignement de nos deux peuples n’est pas une option sage.

En saccageant de la sorte une entente de réciprocité conclue il a plus de trente ans, garante d’une confiance mutuelle chaque année renouvelée dans le domaine universitaire, nos gouvernants respectifs ont non seulement détruit une mesure intelligente, mais ont surtout porté un coup d’arrêt incompréhensible au développement d’une amitié durable. Amitié plus que nécessaire à un moment de l’histoire du monde où les identités nationales devraient pour certains se standardiser selon un modèle unique ; où les nations devraient s’effacer pour laisser place aux grands ensembles.

« La confiance mutuelle est le fondement de l’amitié » écrivait l’auteur latin Tertullien dans ses Sentences. Nous souhaitons refonder cette confiance pour jeter les bases d’une Amitié plus solide. Avoir le français en partage confère des responsabilités, des soucis permanents pour ceux qui souhaitent voir leurs peuples vivre libres sans se soumettre aux ordres de quelque tutelle politique et culturelle que ce soit.

La solidarité, telle que nous la concevons entre le Québec et la France, doit faire l’objet d’une ambition commune. Celle qui renforcera, par des projets bilatéraux, les indépendances de nos peuples. Quand les fédéralistes québécois et français souhaitent briser notre Amitié, nous, souverainistes français, affirmons qu’une autre voie est possible, et en appelons au travail commun avec les souverainistes québécois. Comment préserver cette exception franco-québécoise, si ce n’est, dans le domaine universitaire, par l’ouverture d’une maison des étudiants québécois à Paris et des étudiants français à Montréal ? Par l’instauration d’une bourse des étudiants francophones ? Mais l’université n’est pas le seul conservatoire vivant de la langue française, et nous plaidons aussi pour la création d’un forum franco-québécois des affaires !

Une Amitié solide et durable entre le Québec et la France mérite une volonté commune. Bâtissons-la.

Signataires :
Loup Viallet, Délégué national à la Prospective FN-RBM. Gaétan Dussaussaye, Directeur du Front National de la Jeunesse (FNJ). David Masson-Weyl, Président du Collectif Marianne Gwenael Blancho, secrétaire départemental FNJ des Hauts-de-Seine (92). Manon de Saint Just, secrétaire départemental FNJ Paris (75). Jordan Grosse-Cruciani, conseiller municipal FN de Thaon, secrétaire départemental FN des Vosges (88). Gilles Parmentier, conseiller municipal de Villiers-sur-Marne, secrétaire départemental FNJ du Val-de-Marne (94). Marie-Amélie Dutheil de La Rochère, assistante parlementaire de Florian Philippot au Parlement européen. Kevin Pfeffer, assistant parlementaire et délégué territorial FN du Grand Est. Etienne de Francqueville, adjoint à la direction du FNJ. Lilian Noirot, conseiller municipal Montceau-les-Mines, secrétaire départemental FNJ de Saône et Loire (71). Jordan Bardella, secrétaire départemental FN de la Seine-Saint-Denis (93). Arnaud de Rigné, Coordinateur départemental FNJ de l’Ouest. Benjamin Briand, secrétaire général du Collectif Marianne.

Commentaires

  • schweitzer, 4 août 2015 19h08

    Je pense que Monsieur Richard donne les bons remèdes, réponsestrès pertinentes.

  • 4 mars 2015 06h46

    À tort ou à raison, le FN a toujours été et continue d’être diabolisé, tant en France qu’au Québec. Le PQ doit par conséquent éviter de jouer avec le feu en donnant prise à certains commentaires malveillants de la part de personnes qui ne manqueraient pas de voir, dans des initiatives du genre de celles évoquées, un rapprochement malsain entre les deux partis.
    Je ne doute pas que le FN et d’autres mouvements et partis européens dits de droite répondent à des attentes que les partis traditionnels n’ont pas su combler. Mais ce n’est pas une raison pour servir de caution morale à des gens dont les propos et les actions soulèvent trop souvent la controverse.
    Le PQ n’a rien à gagner et tout à perdre à vouloir former une alliance stratégique, aussi ténue soit-elle, avec le FN. Par conséquent, que chacun reste sur ses positions et s’occupe de ses affaires chez lui. Les "jeunes souverainistes français" auraient dû comprendre que leur "Plaidoyer pour une nouvelle Amitié France-Québec", maladroit et insouciant, ne sert en rien la cause des souverainistes québécois et la cause qu’eux-mêmes défendent, au contraire !

    Cela dit, un rapprochement de plus en plus étroit entre la France et le Québec est plus que jamais souhaitable, car essentiel. En tant que Québécois d’origine ayant acquis la nationalité française par la voie du mariage, je rêve même du jour où, sur simple demande et sur la base de critères d’admission qu’il reste à définir, les Québécois qui le souhaiteront pourront obtenir la nationalité française et où, inversement, les Français qui le souhaiteront pourront obtenir la nationalité québécoise.
    On n’en est visiblement pas encore là, mais j’ose croire que cette idée germera dans l’esprit de nos futurs dirigeants respectifs !
    Entre-temps, concentrons-nous sur l’essentiel : bâtir le pays du Québec sans pour autant chercher à nous acoquiner avec des gens à la réputation douteuse dans le seul désir, puéril et superficiel, de gonfler la liste de nos amis Facebook !

    Cordialement,

    Normand Paiement

  • Gaston Carmichael, 3 mars 2015 15h09

    Bienvenu sur Vigile, M. Viallet,

    Nos média "à la Desmarais" ont déjà construit une réputation "d’infréquentable" au FN dans l’esprit des québécois. Comme on dit chez-nous, vous risquez de ramer dans la gravelle.

    Votre lettre a déjà été l’objet de discussions sur Facebook par de jeunes péquistes.

    Toutefois, l’establisment du PQ est intervenu rapidement pour les sommer de cesser cette discussion. Voici quelques commentaires :

    « Les dirigeants du CNJ qui ont soupesé la possibilité d’adhérer à une lettre conjointe avec le FN « manquent probablement d’information sur la politique française » »

    « Ce sont des jeunots qui ne savent pas ce qu’ils font, c’est un manque de jugement »

    « Il n’y a aucun lien institutionnel entre le PQ et le Front national, un parti d’extrême droite qui ne reflète en rien les valeurs des péquistes »

    « On devrait être prudents. [...] Le PQ ne devrait pas s’associer avec un parti d’extrême droite qui a déjà tenu des propos à caractère raciste et antisémite »

    M. Bureau-Blouin ne semble pas réaliser que le PQ traîne déjà une réputation de raciste et d’antisémite (courtoisie de Power), mais aussi d’islamaphobie.

    Manifestement, le PQ s’est docilement soumis au diktat de Power Corp.

    Le seul argument anti-FN concret qu’on apporte est une déclaration de Jean-Marie Le Pen de 2014 :« À titre d’exemple, a ajouté M. Bureau-Blouin, Jean-Marie Le Pen a dit en 2014 qu’il faudrait faire « une fournée ». M. Bureau-Blouin continue en donnant SA propre définition de "fournée", soit : c’est-à-dire mettre dans un four le chanteur juif Patrick Bruel »

    C’est totalement hors contexte. Voici ce contexte : « En juin dernier, dans son "Journal de bord" sur Internet, l’ancien patron du FN s’exprimait au sujet de "tous ceux qui avaient juré en cas de victoire du Front national de prendre leurs cliques et leurs claques et de quitter la France". Après avoir interrogé le père de Marine Le Pen sur Yannick Noah, l’intervieweuse du parti mentionnait le nom de Patrick Bruel. "On fera une fournée la prochaine fois", déclarait alors Jean-Marie Le Pen". »

    Quand des "vedettes" interviennent dans une campagne électorale pour diaboliser le FN, on peut comprendre qu’il ait une réaction "à la Jean-Marie Le Pen". Nous, on a eu le "coup de la Brinks", alors, on peut comprendre sa réaction.

    Depuis la prise en charge du FN par Marine Le Pen, ce parti s’est "civilisé", et n’est plus le pit bull qu’il a déjà été.

    Personnellement, je suis l’évolution du FN avec intérêt. Il sème la trouille au PS et à l’UMP parce qu’il menace leur alternance historique. Ce parti recueille de plus en plus d’appui auprès des français qui ont des préoccupations tout autres que celles de leur élites politiques traditionnels. Les accusations de racisme et d’antisémitisme n’arrivent plus à les faire entrer dans le rang. On voit ce phénomène se développer également dans plusieurs autres pays d’Europe.

    Ici, au Québec, nos élites libérales et fédéralistes adhèrent sans conditions au multiculturalisme à la Trudeau. Une grande partie de la population ne suit plus. On commence à percevoir une fracture de plus en plus évidente. Il y a donc une certaine similarité entre les climats politiques français et québécois.

    Je me questionne donc à savoir si le PQ ne devrait pas adopter une approche similaire à celle du FN. Pour l’instant, le PQ est quasiment dans un cul de sac, et semble se refuser à considérer quelque changement que ce soit. On est confortable dans notre petite routine.

    Enfin, il faudra attendre l’élection d’un nouveau chef au PQ pour voir si on peut dépoussiérer ce parti.

    P.S : Il est intéressant de noter que les journalistes mercenaires de La Presse (Power Corp) surveillent les discussions des jeune péquistes sur Facebook.

  • Claude Richard, 3 mars 2015 13h02

    Il y aurait une façon simple pour le gouvernement québécois d’économiser dans le dossier des étudiants français au Québec. Ce serait de ne pas subventionner les études des Français dans les universités anglophones du Québec.

    On sait qu’une forte proportion des Français étudiant au Québec s’inscrivent à des universités de langue anglaise et bénéficient des tarifs réduits actuels. Cela trahit l’esprit de l’entente France-Québec qui veut favoriser les études dans notre langue commune, le français.

    Déjà que les universités de langue anglaise sont surfréquentées et surfinancées. Leur fréquentation par des Français à nos frais contribue à maintenir et à augmenter ce phénomène néfaste.

    Sans doute qu’une bonne proportion de ces Français qui n’ont que l’anglais en tête choisiraient, s’ils n’étaient grandement subventionnés comme aujourd’hui, d’étudier aux États-Unis ou au Canada, faisant ainsi économiser au Québec des sommes qui permettraient de garder à leur niveau actuels les tarifs actuels consentis à nos cousins français.

    Comme quoi, le bon sens peut se conjuguer avec le maintien d’ententes avantageuses pour les Français et les Québécois !

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