«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Une vigilance de tous les instants s’impose !

Hommage au premier politicien indépendantiste du Québec

Pierre Karl Péladeau se situe tout droit dans le sillage d’Honoré Mercier

Il risque aussi de subir le même sort sans notre aide

Editorial de Vigile
jeudi 16 juillet 2015
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Un ami de Vigile (merci Jacques Bergeron) m’a fait parvenir il y a quelques jours un bref extrait du discours-fleuve d’Honoré Mercier prononcé à Montréal, au parc Sohmer, le 4 avril 1893, devant plus de 6000 personnes, un nombre qui surprend lorsqu’on réalise que c’était au tout début du printemps et qu’il n’y avait alors pas encore d’électricité, pas de téléphone pour rejoindre les sympathisants, pas de haut-parleurs, pas de radio, pas de télévision, et pas d’internet. Réunir une telle foule pour entendre un discours dans ce contexte était tout un exploit !

Vous trouverez cet extrait plus bas, en caractères gras. Sa lecture m’a profondément bouleversé et je suis certain qu’il aura autant d’effet sur vous, même s’il revêt pour moi un sens très personnel pour des raisons que vous comprendrez très rapidement.

Il faut d’abord savoir qu’Honoré Mercier, né à St-Athanase d’Iberville le 15 octobre 1840, fut premier ministre du Québec du 29 janvier 1887 au 21 décembre 1891. Député d’Iberville de 1994 à 1998, je suis donc l’un de ses successeurs, un fait dont j’étais bien conscient au moment de mon élection.

Mais ce dont j’étais beaucoup moins conscient, c’est ce que le Québec doit à l’homme incroyablement moderne que fut Honoré Mercier, et je dois dire, à ma courte honte, que, la vie politique étant ce qu’elle est et ayant surtout été ce qu’elle fut pour moi l’année du référendum et les suivantes, ce n’est qu’aujourd’hui que j’en découvre la pleine mesure.

Laissez-moi d’abord partager cette information avec vous. Vous allez voir à quel point elle est fascinante et nous permet de comprendre combien les choses ont finalement peu changé, et combien la solution pour le Québec demeure aujourd’hui, et plus que jamais, la même.

Honoré Mercier naît à Saint-Athanase d’Iberville le 15 octobre 1840 dans une famille des plus patriotiques. Son père, Jean-Baptiste Mercier, avait été un fervent supporteur de Louis-Joseph Papineau et des Patriotes de 1837-38 et avait même été emprisonné pour avoir aidé deux Patriotes à s’enfuir vers les États-Unis. On inculque donc à Honoré, dès son plus jeune âge, l’amour de la patrie et la fierté nationale.

Le journaliste

Ne sachant quelle carrière choisir (il hésitait entre artiste, avocat, soldat et prêtre), Mercier quitte l’école. À 21 ans, il se trouve un emploi dans un bureau d’avocats de Saint-Hyacinthe. Ses employeurs le font connaître par les élites locales. En juillet 1862, il accepte de devenir le nouvel éditeur du journal « Le Courrier de Saint-Hyacinthe ». Mercier, qui est de tous les débats, fait connaître ses opinions politiques par le truchement du journal. Entre autres, il s’oppose au principe de « Rep by Pop » dans le contexte du Canada-Uni, croyant que celui-ci rendrait les francophones encore plus minoritaires et serait une menace à la société canadienne-française. Il se prononce en faveur d’une institution de crédit pour les fermiers, désirant mettre un terme à la vague d’émigration vers les États-Unis.

On commença à parler d’une possible confédération en 1864. À cette époque, Mercier quitte Saint-Hyacinthe pour Montréal où il compte poursuivre ses études en droit. Il collabore également avec le journal « Le Courrier » pendant un certain temps. Mais lorsque le propriétaire du journal l’enjoint de se prononcer en faveur de la confédération, Mercier refuse et démissionne. Il considère alors le projet de confédération comme un mécanisme qui servirait à écraser les francophones. Mercier s’endette pour poursuivre ses études, acceptant de livrer des discours anti-confédération à l’occasion. Il est admis au Barreau le 3 avril 1865.

L’avocat

Mercier retourne à Saint-Hyacinthe où il ouvre son propre bureau d’avocat. Il retrouve avec joie ses vieux amis et sa fiancée qui lui avait tant manqué. Après plusieurs discussions, Mercier en vient à changer d’opinion sur la confédération et il décide de l’endosser. En février 1866, il se joint à nouveau à l’équipe du journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe qui prend position pour la confédération de George-Étienne Cartier et John A. MacDonald. Mais il se retrouve vite en désaccord avec les politiques de Cartier lorsque ce dernier demande à Londres d’arbitrer un désaccord entre le Canda-Uni et les Maritimes. Mercier trouve que cette manœuvre perpétue un statut colonial suranné et constitue un dangereux précédent et une menace à l’autonomie des provinces. Il quitte le journal le 23 mai.

Mercier devient le meilleur avocat de droit criminel de la région. Sa réputation grandit. Il se marie le 29 mai 1866 et le couple a un premier enfant en 1867. Mais ce nouveau bonheur est de courte durée. Sa femme, de santé fragile, décède le 16 septembre 1869. Mercier se réfugie dans son travail, question de se tenir occupé. Puis, il rencontre la belle-sœur d’un de ses amis et se marie à nouveau le 9 mai 1871. Il retrouve graduellement sa joie de vivre et se sent prêt à tenter l’aventure en politique.

Le politicien

Il se joint au nouveau Parti National en 1871, créé par des Libéraux et des Conservateurs qui désirent « mettre les intérêts nationaux devant les intérêts partisans ». Mercier est élu à la Chambre des communes d’Ottawa, le 28 août 1872. Mais le parti ne s’avère pas être à la hauteur des idéaux de Mercier. Lors d’un débat au sujet du droit aux francophones du Nouveau-Brunswick à des écoles francophones catholiques, Mercier prend la défense des Acadiens et lance un appel d’union de tous Canadiens de langue française. Ce discours ne plaît pas du tout au Premier ministre canadien, John A. MacDonald, ni au chef de l’opposition d’ailleurs. On fait savoir à Mercier qu’il doit respecter la ligne du Parti. Mercier est indigné de cette rebuffade. En 1874, on fait savoir à Mercier qu’il n’y a pas de place pour lui au sein du parti. Déçu et blasé, il retourne à la pratique du droit.

Henry-Gustave Joly de Lotbinière

En 1878, les nouvelles positions du Parti libéral de Wilfrid Laurier plaisent à Mercier qui tente à nouveau sa chance en politique. Il est battu aux élections du 17 septembre 1878 et a droit au traditionnel « charivari » à sa porte. Mais seulement deux mois plus tard, c’est le Premier ministre libéral du Québec, Henry-Gustave Joly de Lotbinière, qui fait appel à Honoré Mercier. Il a besoin d’un bon orateur pour tenir tête à Chapleau, l’étoile montante du Parti conservateur. Mercier est élu à l’Assemblée nationale en juin 1879.

Le chef

Mercier devient rapidement plus populaire que le Premier ministre Joly lui-même. Dans une période de grand désaccord entre et au sein même des partis, Mercier continue de rêver à une grande coalition de députés de différents partis. Le 18 janvier 1883, Joly démissionne comme chef du Parti libéral du Québec et Honoré Mercier est désigné successeur. Il entreprend de rassurer l’Église et le peuple et de faire remonter le parti dans l’opinion publique. Il s’oppose au centralisme du gouvernement fédéral et dénonce le Premier ministre Chapleau comme une marionnette du fédéral. Il s’oppose également à la pratique fédérale de piger dans les revenus du Québec pour ensuite redistribuer l’argent dans les autres provinces. Honoré Mercier devient également un des premiers à dire que la confédération canadienne n’est qu’un pacte entre les provinces et que celles-ci retiennent leur pleine souveraineté.

Suite à la révolte des Métis du Manitoba en 1885, Louis Riel est arrêté et condamné à mort pour haute trahison par un jury exclusivement anglais. Les francophones du Québec, majoritairement pro-Riel, réclament qu’il soit libéré. Les anglophones croient qu’il doit être pendu. La population se retrouve profondément divisée sur la question, catholique contre protestant, anglophone contre francophone. Le Premier ministre du Canada, Macdonald, déclare : « Même si tous les chiens du Québec aboient, Riel sera pendu ! » Louis Riel est exécuté le 16 novembre. Au Québec, les drapeaux sont mis en berne alors que les gens portent le brassard noir en deuil du frère disparu. Plusieurs conservateurs et libéraux québécois s’allient spontanément pour mettre fin au gouvernement MacDonald. La coalition dont Mercier a toujours rêvé commence à prendre forme.

Le Premier ministre

Aux élections de 1886, Mercier rallie les libéraux et les conservateurs mécontents à sa cause et est élu Premier ministre du Québec. Suivant sa politique d’autonomie provinciale, le premier ministre Mercier convoque la première conférence interprovinciale qui a lieu à Québec du 20 au 28 octobre 1887. Toutes les provinces y sont représentées, sauf la Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard qui craignent de déplaire au premier ministre MacDonald. Les délégués se mettent d’accord sur 26 résolutions qui visent à augmenter l’autonomie des provinces et à abolir le droit de veto du gouvernement fédéral, au grand déplaisir de MacDonald. Par la suite, le premier ministre de l’Ontario, Oliver Mowat, dira de Mercier : « He was head and shoulders above every one of us. »

MacDonald a sa revanche peu après. En effet, autorisé à emprunter 3,5 millions de dollars pour stabiliser les finances publiques, Mercier est confronté au refus des marchés de New York et de Londres suite à l’envoi d’émissaires du gouvernement canadien pour lui faire de la mauvaise publicité. Mercier se retourne secrètement vers le Crédit Lyonnais et se rend à Paris en janvier 1888 pour finaliser l’entente. MacDonald vient d’être déjoué.

En 1887, après un an de gouvernement Mercier, le Québec a beaucoup progressé. Le chemin de fer Québec - Lac Saint-Jean est complété, un bureau d’immigration québécois a été ouvert à Montréal et un comité de la santé a été créé. Mercier s’attaque au pouvoir de taxer du gouvernement fédéral et à sa capacité de forcer les Québécois, par le biais de la conscription, à aller se battre dans de sanglantes et lointaines guerres qui ne nous concernent pas. Des lois sont votées pour contrôler les conditions sanitaires et le travail des enfants dans les usines. Mercier nomme les trois premiers inspecteurs d’usine de la province.

En 1888, Mercier fait du développement économique sa priorité. Il fonde des écoles de soir pour les travailleurs, subventionne le développement des chemins de fer et modernise les routes de la province pour aider l’industrie laitière et permettre la colonisation de nouvelles régions.

[Le 16 mai 1888, il confie le poste de sous-commissaire au département de l’agriculture et de la colonisation au Curé Labelle, renommé pour ses initiatives en faveur du développement économique]. Il investit également dans des études préliminaires qui mèneront à la construction du pont de Québec. En juin, soucieux de voir le Québec assumer les droits et devoirs de patrie des francophones d’Amérique, il envoie deux délégués à la 17ième convention des Canadiens-Français à Nashua, au New Hampshire. La popularité de Mercier ne cesse d’augmenter, il fascine littéralement les foules.

En 1889, Mercier poursuit ses réformes. Il fait agrandir le territoire québécois vers le nord, malgré les réticences du gouvernement fédéral. Mais Honoré Mercier, si populaire auprès des francophones, est très bas dans l’estime des anglophones de la province. MacDonald ne lui a toujours pas pardonné sa conférence interprovinciale et ses idées déplaisent aux financiers anglophones de Montréal.

Les francophones se répandent de plus en plus, s’installent dans les Cantons de l’Est (jusque-là presque exclusivement anglais et protestants) ainsi que dans l’est et le nord de l’Ontario. Mercier, le chef si ouvertement catholique, francophone et patriotique dérange de plus en plus. Le jour de la Saint-Jean-Baptiste 1889, Mercier déclare : « La province de Québec est catholique et française et restera catholique et française. Tout en affirmant notre amitié et notre respect pour les représentants des autres races et religions, tout en déclarant notre empressement de leur donner leur juste part en tout et partout (…) nous déclarons solennellement que nous ne renoncerons jamais aux droits qui nous sont garantis par les traités, par la loi et la constitution (…) Cessons nos luttes fratricides et unissons-nous ! »

Le 17 juin 1890, Mercier est réélu pour un second mandat. En février 1891, il met son prestige et son organisation au service de Wilfrid Laurier lors des élections fédérales. Laurier perd mais obtient un nombre record de sièges québécois. Puis, Mercier part pour une visite diplomatique de la France, de la Belgique et de Rome et il est accueilli de façon triomphale en tant que chef d’état français et catholique. Mais le gouvernement canadien sabote à nouveau ses tentatives d’emprunt. Pendant tout ce temps dans les coulisses, Mercier, qui s’est fait des ennemis puissants, ne se doute pas des machinations qui se préparent dans son dos.

La défaite

Puis, le complot porte ses fruits. En 1892, le scandale du réseau ferroviaire de la baie des Chaleurs éclabousse le gouvernement. Au sommet de sa gloire, Mercier ne prend d’abord pas au sérieux les accusations qui sont portées contre lui et tarde à se défendre. En fait, il n’est au courant de rien.

Puis, tout s’écroule. Le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers, un conservateur nommé par Ottawa, restreint le gouvernement. Le 18 septembre, Mercier met sur pied une commission d’enquête provinciale. Le 16 décembre, sans attendre les conclusions de la commission, Angers congédie Mercier de son poste de premier ministre du Québec. Le 8 mars 1892, après une campagne électorale particulièrement méchante et vicieuse où tous les coups sont permis, les Conservateurs obtiennent 52 sièges contre seulement 12 pour l’équipe de Mercier.

Le 20 avril, Mercier est traîné devant les tribunaux sous des accusations de fraude criminelle. Il est finalement acquitté, faute de preuves. La population fait preuve d’un regain de sympathie suite au verdict et il revient à Montréal en triomphe. Malgré tout, le mal est fait. Ruiné physiquement et financièrement, il retourne à la pratique du droit.

Le visionnaire

Le 3 février 1893, après une douloureuse faillite personnelle et des traitements contre son diabète, Mercier reprend son siège de député à l’Assemblée Nationale. Mais Gabriel Marchand est maintenant chef du parti. Le 4 avril, il livre un superbe discours devant 6000 personnes au Parc Sohmer. Il partage avec la foule sa vision prémonitoire de l’avenir du Canada en ces mots :

« Quand je dis que nous ne devons rien à l’Angleterre, je parle au point de vue politique car je suis convaincu, et je mourrai avec cette conviction, que l’union du Haut et du Bas Canada ainsi que la Confédération nous ont été imposées dans un but hostile à l’élément français et avec l’espérance de le faire disparaître dans un avenir plus ou moins éloigné.

J’ai voulu vous démontrer ce que pouvait être notre patrie. J’ai fait mon possible pour vous ouvrir de nouveaux horizons et, en vous les faisant entrevoir, pousser vos cœurs vers la réalisation de nos destinées nationales.

Vous avez la dépendance coloniale, je vous offre l’indépendance ; vous avez la gêne et la misère, je vous offre la fortune et la prospérité ; vous n’êtes qu’une colonie ignorée du monde entier, je vous offre de devenir un grand peuple, respecté et reconnu parmi les nations libres.

Hommes, femmes et enfants, à vous de choisir. Vous pouvez rester « esclaves » dans l’état de colonie ou devenir « indépendants et libres » au milieu des autres peuples qui, de leurs voix toutes-puissantes, vous convient au banquet des nations. »

Il parle également d’une grande alliance francophone, avec un siège central à Paris, qui aurait pour mandat la défense des francophones du monde entier (des rêves de Francophonie !). Ce discours plonge Mercier dans une autre controverse. On le soupçonne, non sans raison, de rêver à voix haute d’une république indépendante canadienne-française. Aujourd’hui on reconnaît que l’homme était en avance sur son époque.

Mais ses problèmes de santé s’aggravent et il est bientôt contraint de quitter la vie publique. Il est hospitalisé à l’hôpital Notre-Dame où il décède le 30 octobre 1894. Une foule de plus de 70 000 personnes accompagne son cercueil au cimetière.

Quel personnage incroyable ! Quel message puissant ! Vous aurez certainement remarqué la ressemblance de son discours avec celui du nouveau chef du Parti Québécois, Pierre Karl Péladeau, lorsque celui-ci proclame son ambition d’enrichir les Québécois.

Mais ce qu’il est essentiel que vous gardiez à l’esprit, ce sont les machinations orchestrées contre Mercier à partir du moment où il commence à être perçu comme une menace pour le gouvernement fédéral, les intérêts anglos-canadiens, et les élites canadiennes-françaises qui monnaient auprès d’eux leur soumission et leur collaboration.

À cause de qui il est, de son indépendance financière personnelle, de sa notoriété, de sa réussite et de la fascination qu’elle exerce sur les Québécois, de la popularité de Julie Snyder, sa conjointe, de la vulnérabilité actuelle du régime fédérale du fait de la multiplication des facteurs d’illégitimité au cours des dernières années, Pierre Karl Péladeau est perçu comme une menace si grande pour le régime en place que celui-ci va tout faire pour tenter de l’abattre avant même la prochaine élection générale.

Les moyens employés contre Mercier au début des années 1890, les moyens employés lors des deux référendums de 1980 et 1995 pour en infléchir le résultat, les moyens employés à diviser l’électorat indépendantiste depuis 1995, les moyens employés pour diluer l’identité québécoise et étouffer toute velléité d’indépendance chez les Québécois, les moyens employés à promouvoir le fédéralisme, nous donnent une petite idée de l’importance et de la brutalité de ceux qui vont être déployés contre Pierre Karl Péladeau.

Pour réussir son coup, le régime en place doit détruire l’image favorable de Pierre Karl Péladeau et de Julie Snyder dans l’esprit des Québécois en les faisant mal paraître. Il a déjà commencé à le faire dans les deux cas. Tous les moyens les plus variés, tous les coups les plus bas, toutes les attaques les plus viles, seront bons pour y parvenir, y compris des moyens illégaux comme l’expérience l’a démontré et comme Jean Chrétien s’en est lui-même vanté - To hell with the rules ! Au diable les règles ! - dans une entrevue accordée à un hebdomadaire de Dundee pendant le référendum écossais l’automne dernier. L’unité du Canada est en jeu, la fin justifie les moyens.

Pour éviter le sort d’Honoré Mercier, PKP doit pouvoir compter sur un réseau solide d’appuis et de relais dûment prévenus de la manœuvre, en état de vigilance constante, et capable de la dénoncer pour ce qu’elle est, tambour battant, sur toutes les tribunes, à chaque fois qu’elle se manifeste. Vu la complaisance des médias traditionnels envers le régime en place - quand ils n’en sont pas tout simplement les instruments ou les complices -, la tâche sera rude et devra mobiliser tous ceux que son leadership inspire. L’arme de choix : les forums et tribunes libres des médias traditionnels, et les médias sociaux.

Commentaires

  • jean cormier, 20 juillet 2015 10h37

    Merci M. Le Hir pour cet article instructif
    Dans ce contexte, l’obtention d’une concession de la LNH pour la ville de Québec devient très improbable, QUEBECOR a signé récemment un bail de 10 ans pour gérer l’amphithéatre.
    On peut facilement imaginer que la LNH continuera de bloquer l’arrivée d’une équipe à Québec encore quelques années.

    Ce bloquage parviendra t’il à ruiner PKP ?, et par la même occasion mettre la faute de tous les prochains déficits de la ville sur LaBeaume (ancien organisateur péquiste) et PKP.
    Les medias depuis peu, commencent à miner LaBeaume à Québec.

  • Ouhgo, 20 juillet 2015 10h22

    La guerre que vous décrivez dans un article suivant (au grand jour) devrait Nous ouvrir les yeux sur la nécessité de Nous serrer les coudes. Or, la même émission qui se cherche un auditoire sur la rue Marie-Anne nous a de nouveau présenté des comportements discutables. Si le peintre Marc Séguin se hisse sur sa grandissante renommée pour qualifier PKP de Baril de Poudre entouré de craqueurs d’allumettes, voire de terroriste de l’emploi au Québec, en association avec la puissante Julie, on peut y voir une petite jalousie, genre tondeuse de haie de cèdre, rappelant l’époque, justement, d’Honoré Mercier. Ces luttes fratricides, on les retrouve ces jours-ci dans ce film présenté en ville, La salle de danse, en Irlande d’entre deux guerres : un Patriote exilé 10 aux É.U., revenu tenter d’aider son peuple, et poursuivi par les dominés religieux et sectaires.

    Par ailleurs, qu’un Pierre Curzi se colle à ce discours canadianisant, égalisant, serpentant... laisse un goût amer : pour qui court-il ?

  • H St-Pierre, 18 juillet 2015 10h56

    M. Le Hir,

    Pros and Cons démontrent que vous avez eu raison de nous ramener cette page d’Histoire. Nous pensons que nous n’avons eu que des défaites. Bien sûr, peuple conquis ne se relève que si le Maître est distrait, par des guerres, ou d’autres conquêtes. Honoré Mercier s’est fait connaître par "cessez ces luttes fratricides" ! Il a réussi des coalitions rares. Mais il a encore une fois été matraqué par l’arrière en des gestes perfides, jamais punis. Pain in the ass, nous sommes "bin fatiquants" pour eux, en plein milieu de territoire, et surtout, de la voie maritime, que nous nous apprêtons à monnayer.

    En tout autre pays, la diversité culturelle est encouragée, ne serait-ce que pour l’image. Au Canada, la montée du français, ce serait le partage de l’économie.

  • Claude Bariteau , 17 juillet 2015 18h34

    Il y a, je pense, plus d’affinités entre le discours de Mercier et les propos de Jacques Parizeau, ce dernier ayant été, avec d’autres, à la fois l’architecte du Québec moderne et le concepteur du Pays à fonder.

    Il importe toutefois de signaler que Parizeau, homme d’État, n’aurait pas affirmé que la province de Québec « est et restera catholique et française », mais aurait probablement avancé que « nous ne renoncerons jamais aux droits (…) garantis par les traités, par la loi et la constitution ».

    Cela dit, il faut se remémorer que Mercier tient ses propos dans un cadre provincial différent de celui de l’après révolution tranquille. Ce cadre a comme particularité la juxtaposition de deux groupes ethnoculturels. Conscient de la charge récente dont est l’objet le groupe franco-catholique, il affirme sa pérennité mais ajoute aussitôt qu’il respecte « les autres races et religions auxquelles il entend « donner leur juste part ».

    On retrouve cette approche dans les premiers programmes du Parti Québécois, à laquelle s’est greffée peu après la thèse de la convergence autour du noyau de base, une idée chère développée par Jacques Beauchemin dans La Souveraineté en héritage (Boréal, 2015).

    Peut-on associer Pierre Karl Péladeau aux propos de Mercier ? J’en doute. S’il réfère à son père et aux descendants des ressortissants français, ses idées convergent plus vers la citoyenneté et la lutte pour faire pays. Aussi me semblent-elles plus proches des thèses de Pierre Falardeau. Plus proches aussi de celles de Parizeau, deux hommes d’action qui fondent leur démarche sur l’engagement des citoyennes et des citoyens plutôt que sur des fondements ethnico-culturels.

    Parce que c’est ainsi, Pierre Karl Péladeau sera plus ciblé que l’a été Honoré Mercier. Même plus que le furent Louis-Joseph Papineau et Jacques Parizeau. Comme ce sera ainsi, il faudra plus que des relais sociaux. Quelque chose comme une service très spécial, car, derrière ces charges, il y a un plan, celui de provoquer des affrontements, afin d’assurer la pérennité des associés locaux du Canada aujourd’hui les dirigeants de la province.

  • Luc Ménard, 17 juillet 2015 16h03

    M. Le Hir, personnellement je crois que le jeu des comparaisons ou des rapprochements dans les personnalités, dans les fonctions, dans les cheminements de carrières ont tous le mêmes défauts soient de créer des attentes envers l’individu visé.

    Exemple : Au lendemain de l’élection du KidKodak en chef-Maire de Montréal…Denis Coderre, un ami twitter, qui a une notoriété dans le milieu fédéraliste, déclarait publiquement : Denis Coderre est le Jean Drapeau des temps modernes.

    Ma réponse à cet ami twitter avait été : Wowww Minute…il n’a pas encore fait ses preuves. Quand il aura efface la corruption, la collusion et les liens mafieux à Montréal, là on pourra commencer à le comparer aux plus grands maires de Montréal. Pas avant.

    Je suis un indépendantiste convaincu modéré de centre droit. Je suis un PKP à 200%, Je suis un Julie Snyder à 200%. Je vais les soutenir à 200%.

    Toutefois le travail que PKP a à faire est titanesque au sein du PQ, du mouvement souverainiste en général et surtout sur le projet d’indépendance national.
    Je veux bien le vanter mais prudence sur le jeu des comparaisons…qui lance le message du héros, du sauveur, de l’icône avant sa mort.

    Il ne faut pas créer d’inutiles attentes ou de pressions sur PKP.

    Aidons le, supportons le, travaillons avec lui, concentrons nous sur ce qu’il y a à faire et non pas sur les images…

    On perd du temps…

  • Michel J Dion, 17 juillet 2015 13h46


    Bravo M. Le Hir pour ce rappel historique très éloquent, qui nous remémore que l’histoire est un cycle qui semble se répéter incessamment. Il nous incite à se rappeler que les mêmes ingrédients d’une recette donneront toujours le même résultat. Cela me rappelle cette citation :

    La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent . – Albert Einstein

    Le clan fédéraliste travaille très fort, actuellement, à tenter de détruire l’image et la réputation de l’homme qu’est PKP (même des supposés souverainistes y travaillent déjà). Ils feront n’importe quoi, même illégal soit-il, pour atteindre leur but. Donc, il faut s’attendre à de vrais coups bas, et il faut jouer avec les mêmes « armes » qu’eux, quelles qu’elles soient, et ne pas se gêner pour employer les mêmes techniques. Il faut répliquer immédiatement, et soutenir notre parti et notre chef dès la moindre attaque. Et comme vous le dites, aujourd’hui, nous avons les réseaux sociaux que nous n’avions pas, nous avons des tribunes libres (comme Vigile), nous avons des blogues, etc. Il faut que tous nous utilisions ces outils pour notre cause, il faut contrebalancer, directement (sur le coup du moment) toute propagande et désinformation fédéraliste.

    Nous savons tous que cette « guerre » des fédéralistes contre PKP est déjà commencée. Que l’on parle du « tribunal politique libéral » pour « abattre » Pierre Karl Péladeau, des changements de réglementation faits par le PLQ pour nuire à Productions J de Julie Snyder, etc. tous ces « acrobaties » politiques ont pour seul but d’affaiblir l’homme à abattre, et son entourage.

    Ce matin le JDM titrait : « PKP échouera s’il veut « briser le Canada » prévient Christy Clark »... Même la PM des Rocheuses nous tire dessus, depuis Terre-Neuve.

    PKP ne veut pas briser le Canada, il veut bâtir un pays avec le Québec, un pays prospère où il fait bon vivre, c’est très différent. Les fédéralistes parlent toujours par la négation, c’est leur façon de répandre leur sale propagande et leur désinformation, et d’enfoncer dans la tête de l’opinion publique ce qu’ils veulent bien. Personnellement, je crois que le Canada est brisé depuis longtemps, et je me demande même si ce Canada de 1867 a déjà été un tout...

    Somme toute, il faut veiller aux grains, et se défendre bec et ongles contre ces attaques sournoises qui ne font que commencer. Encore une fois, merci de ce rappel, et souhaitons que tous les indépendantistes en prendront note et qu’ils seront avisés.

  • coccinelle , 17 juillet 2015 11h01

    Les RATS SORTENT DE LEURS ÉGOÛTS ,le temps d’écrire des articles contre les méchants séparatistes suite au à la sorti de G.N"D.
    Marissal s’en donne à coeur joie.

  • Marcel Bernier, 17 juillet 2015 03h02

    Au diable les règles !
    C’est tellement bien dit - ce Jean Chrétien nous étonnera toujours : un jour en Russie, un jour en Écosse... - que je n’oserais pas le contredire ; en fait, il nous inspire.
    On a rien à faire des modus operandi : on veut la liberté avec l’indépendance qui vient avec.

  • Gilles, 16 juillet 2015 23h32

    C’est la question qui me préoccupe, l’entourage du chef. PKP va devoir compter sur une équipe solide pour fair face aux "crasseries" qui se déploient déjà.

    je souhaite qu’il soit entouré de gens sages et intelligents

  • Claude G. Thompson, 16 juillet 2015 23h28

    M. Le Hir.

    Superbe retour sur notre histoire ; sur ce qu’elle a de plus significatif en même temps que de plus révélateur.

    Chose vraiment étonnante, j’ai vécu pendant trois ans au manoir Honoré Mercier à ville de Léry à la fin des années 1980 jusqu’en 1991. J’ai vécu la crise d’Oka en première ligne du côté de Kahnawake. Le manoir Honoré Mercier était à l’époque la propriété d’une de mes plus proches amies qui, psychologue, y recevait ses patients. J’avais même avec un de mes amis qui y résidait à la même époque, construit une potence avec une reproduction à deux dimensions du manoir.

    Votre résumé de la vie de ce grand patriote et le rapprochement que vous faites avec les propos de Pierre-Karl Péladeau sont hallucinants à bien des égards. Voilà un bel exemple de ces retours de l’histoire qui nous rappellent que rien de nouveau n’apparaît jamais sous le soleil, mais bien qu’événements, circonstances, volonté populaire et désir profond d’émancipation et de réalisation du devenir des choses nous rappellent sans cesse à l’attention en nous faisant voir et comprendre ce que nous sommes, ce que nous désirons, ce que nous devons accomplir et dont nous sommes les légitimes détenteurs ; ceux d’un pays qui nous ressemble et qui nous rassemble.

    Merci pour votre persévérance et votre infatigable poursuite de la révélation des faits qui, comme le dit l’adage, sont têtus et ne sauraient être impunément distordus au bon plaisir de manipulateurs en soif de pouvoir et qui ne recherchent que la satisfaction de leurs propres désirs tout aussi insatiables que le vide existentiel qu’ils cherchent ainsi à combler.

    Claude G. Thompson

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  • 19/09 Alain Tousignant: 5$
  • 16/09 François-Luc Valiquette: 5$
  • 15/09 André Thibault: 5$
  • 13/09 Robert Lecompte: 5$
  • 6/09 André Lafrenaie: 25$
  • 6/09 Georges Le Gal: 100$
  • 4/09 André Gignac: 50$
  • 3/09 Maxime Boisvert: 5$

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Merci beaucoup!

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