«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Pétrole : Pas de pactole en vue, même dans le meilleur scénario

Pétro-Québec : il y a encore loin du rêve à la réalité

Du pétrole, il y en a un peu partout. Encore faut-il que son extraction soit rentable, dit le blogueur Stéphane Gobeil.

vendredi 10 janvier 2014

Avouez que ça fait rêver.

Tant qu’à être dépendant du pétrole, tant qu’à se faire fouiller dans les poches par les pétrolières et tant qu’à envoyez notre argent à l’étranger, aussi bien produire du pétrole nous-mêmes et ramassez une partie du fric.

Si l’on se préoccupe de l’environnement, on doit penser global et choisir nos batailles. Il vaut mieux que le pétrole, qui sera produit de toute façon, le soit dans les États les plus stricts en matière d’environnement. Un endroit comme le Québec, par exemple, qui s’en préoccupe davantage que le Kazakhstan, l’Angola, l’Algérie ou même l’Alberta.

Et puis, surtout, rien ne nous interdit de réduire agressivement notre dépendance au pétrole tout en envisageant d’en produire.

Si l’on se préoccupe de l’économie, on envisage avec joie les investissements, les emplois et l’expertise générés par la production de pétrole, ainsi que le rétablissement de notre solde commercial.

Si l’on se préoccupe des finances publiques, on ne peut que souhaiter une augmentation des revenus de l’État, sans hausse de taxes ou d’impôts.

Si l’on est à gauche, on souhaite que cet argent finance de meilleurs services publics.

Si l’on est à droite, on souhaite que ces revenus supplémentaires se transforment en baisses d’impôt.

Si l’on est au centre, on souhaite que la richesse générée par le pétrole soit investie à très long terme, dans le Fonds des générations, ce qui fera baisser notre endettement, nous offrira un puissant instrument financier et en prime, un bel héritage pour les prochaines générations.

. . .

Mais il y a encore loin du rêve à la réalité.

D’abord, ni à Old Harry ni sur Anticosti n’avons-nous la certitude qu’il y a bel et bien du pétrole exploitable commercialement. Du pétrole, il y en a un peu partout. Encore faut-il que son extraction soit rentable.

S’il y a du pétrole exploitable, il demeure impossible d’en évaluer la quantité et la qualité. Un pétrole léger, facile à extraire et d’accès, rapporte beaucoup plus qu’un pétrole lourd, difficile à extraire et loin des axes de transport.

Autrement dit, avant de trop rêver, allons-y voir avec des forages d’exploration bien encadrés, du point de vue environnemental et scientifique.

. . .

Imaginons qu’on trouve bel et bien des réserves de pétrole exploitables.

Il faudra attendre plusieurs années, voire une décennie, avant que la production ne débute. Il est inutile de faire miroiter des revenus à court terme, de même que de se précipiter sans égards à tous les enjeux soulevés par une telle production.

Et puis, il ne faut pas croire que le Québec va devenir aussi riche que l’Alberta, sur une base par habitant.

Selon ce document exceptionnel, en 2011, le gouvernement de l’Alberta a obtenu des revenus de 9 milliards pour ses ressources naturelles (partagés entre 3,6 millions d’habitants), soit 2 500 dollars par Albertain. Le gouvernement du Québec a obtenu 3 milliards partagés par 8 millions, soit 375 dollars par Québécois. Pour obtenir autant que l’Alberta par personne, il faudrait que le Québec retire 20 milliards par année de ses ressources naturelles. Ce n’est pas réaliste.

L’exemple le plus près de chez nous est celui de Terre-Neuve, qui produit 200 000 barils par jour, ce qui est 20 fois moins que les quatre millions de l’Ouest canadien. En 2011, les revenus du gouvernement de Terre-Neuve tirés des ressources naturelles ont atteint 2,6 milliards.

Imaginons que nous en fassions autant d’ici quelques années : nous ajouterions 2,6 milliards aux revenus du gouvernement du Québec. Imaginons qu’Ottawa nous fasse le même cadeau qu’à Terre-Neuve et qu’il ne diminue pas la péréquation d’autant. Les revenus tirés des ressources naturelles passeraient de 375 $ à 706 $ par Québécois.

Ces revenus équivalents à plus de 3 % des dépenses de l’État seraient les bienvenus, bien entendu. Mais avouons qu’avec 3 %, nous sommes loin du pactole.

. . .

On peut quand même rêver à Pétro-Québec et surtout, débattre tranquillement et sereinement de cette possibilité et d’aller voir s’il y en a.

Mais si on ne veut pas que le rêve se transforme en cauchemar, le plus urgent, c’est de réduire notre dépendance au pétrole.


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