«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Suite au verdict du jury dans l’affaire Bain, Vigile remet en ligne son éditorial du 6 septembre 2012

L’Attentat du Métropolis

Pauline Marois visée

Et les vrais responsables sont...

Editorial de Vigile
jeudi 6 septembre 2012
36 messages

Depuis l’attentat survenu au Métropolis mardi soir, il est assez pitoyable de voir notre classe politique, les médias, et même la police, tout faire pour ne pas regarder la réalité en face.

La première chose qu’il faut dire très clairement est qu’il s’agit d’un attentat terroriste. Cette précision est importante car elle emporte des conséquences sur le plan juridique.

Vous comprendrez que si la police a pu porter des accusations de terrorisme contre les étudiants qui avaient lancé des grenades fumigènes dans le métro de Montréal le printemps dernier, à plus forte raison devra-t-on porter des accusations de terrorisme contre un individu lourdement armé qui s’apprêtait à utiliser l’arme automatique dont il était muni pour tirer sur Pauline Marois, avec le risque de faire de nombreuses autres victimes vu la nature de son arme, pour des motifs essentiellement politiques.


En effet, selon le Journal de Montréal auquel j’emprunte dans mon titre sa manchette d’aujourd’hui sans le point d’interrogation qu’il a jugé nécessaire d’ajouter,

« Alors que les policiers l’amenaient au poste peu après son arrestation, Richard Bain leur aurait laissé entendre que sa cible était Pauline Marois, car il n’acceptait pas l’élection d’une femme indépendantiste. »

Depuis l’attentat de Polytechnique, on sait que la place qu’occupent les femmes dans la société est un enjeu politique majeur capable de déchaîner les plus violentes réactions.

Quant à l’indépendance, elle suscite chez certains des réactions d’opposition viscérales. Certains prétendent que, parce que c’est le cas, il faudrait éviter d’en parler et oublier ça.

Le fait est qu’on ne peut pas, parce qu’il s’agit d’une aspiration légitime, tout comme l’aspiration des femmes à l’égalité. Et si, comme société, on a reconnu le droit des femmes à l’égalité malgré les oppositions véhémentes qu’il a soulevées, il n’y a pas de raison qu’on ne reconnaisse pas non plus le droit du Québec à son indépendance.

Or la reconnaissance du droit emporte reconnaissance de la démarche pour le revendiquer, pour vu qu’elle soit pacifique.

L’opposition violente à ces deux démarches n’est pas plus acceptable dans un cas comme dans l’autre.

En effectuant quelques recherches pour la préparation de cette chronique, je suis tombé sur un article de La Presse, daté du 25 novembre 2010, et intitulé « Propos haineux contre Marois : le PQ porte plainte à la SQ » .

Comme il est très pertinent dans l’analyse des événements tragiques de mardi soir, je vous le cite au complet :

« Propos haineux contre Marois : le PQ porte plainte à la SQ »

Catherine Handfield

La Presse


Le Parti québécois (PQ) a porté plainte à la Sûreté du Québec (SQ) contre un militant anti-loi 101 qui a invité les lecteurs de son site web à « pendre Pauline Marois pour le bien de l’humanité », a appris La Presse.

« C’est un appel à la violence que nous ne pouvons tolérer, peu importe envers qui il est dirigé », a dit hier l’attachée de presse de la chef péquiste, Marie Barrette. Elle précise que la SQ a ouvert une enquête.

Les propos jugés menaçants ont été publiés cette semaine sur le site www.ParkAvenueGazette.com. Dans un éditorial de cinq pages, le fondateur du site, James Angus Brown, plaide en faveur du retour de la peine capitale pour ceux qui ont contribué à ce qu’il appelle le « nettoyage ethnique des anglophones » du Québec. L’article est coiffé du titre « Pendez Pauline Marois pour le bien de l’humanité ! » (Hang Pauline Marois for humanity’s sake !).

« Des crimes contre l’humanité sont commis chaque jour contre des anglophones, allophones et indigènes de partout au Québec », écrit M. Brown, faisant notamment allusion à la loi 101.

« Quand ces questions seront amenées devant les Nations unies pour être jugées - comme nous le demandons le plus rapidement possible -, nous verrons alors que la demande de peine capitale pour le nettoyage ethnique au Québec est raisonnable », poursuit-il.

Dans un courriel envoyé à La Presse, hier, James Angus Brown a maintenu sa position. Il s’est dit personnellement en faveur de la peine capitale pour les crimes sexuels et racistes.

« La leader du PQ a déclaré qu’elle nous retirerait notre droit de vote si nous refusons de coopérer en joual advenant son élection, a-t-il écrit dans un anglais soutenu. Ça s’apparente à une incitation à la rébellion. L’accuser et l’inculper de nettoyage ethnique quand le Code criminel le permettra serait une bénédiction pour nous tous. »

Il faisait possiblement allusion au projet de loi péquiste sur l’identité québécoise, qui obligerait les immigrants à démontrer leur maîtrise du français pour être éligibles aux élections municipales, scolaires ou provinciales. Toutefois, les immigrés déjà installés au Québec obtiendraient ces droits d’office.

James Angus Brown, qui affirme être un Montréalais à la retraite, accuse le Parti québécois d’être à l’origine de la faillite de sa librairie. Il a ouvert Park Avenue Gazette en 2006 lorsque la Ville de Montréal songeait à renommer l’avenue du Parc l’avenue Robert-Bourassa. Le site compterait 90 collaborateurs réguliers.

Or malgré la plainte de Pauline Marois en novembre 2010, le site www.ParkAvenueGazette.com est demeuré en ligne jusqu’à aujourd’hui, et son animateur n’a fait l’objet d’aucune poursuite, ce qui soulève immédiatement la question de la responsabilité des autorités policières et judiciaires dans les événements survenus mardi soir.

Voici un échantillon de ses incitations criminelles au fil du temps :



Thus objectively we are going to call this assault on our communities a crime against our traditions and our way of life by the apparently and subtly chauvinist lot who call themselves the municipal government. If this is the case it is time for all of us to wake up and smell the coffee. Getting stabbed in the back with French smiles on the faces of the assailants is no different in resulting injury than being stabbed by accident.
http://www.parkavenuegazette.com/Extra.htm

Wake up you old fool. Wise of you to do so before you lead your own people into a Civil War. You ain’t Moses and they ain’t Jews so wakey wakey and get off your high horse.
http://www.parkavenuegazette.com/French_Question_too_much.htm

Sarajevo was rife with language racism before the blow-up . . . just like Montreal ! Wake up Canada !
http://www.parkavenuegazette.com/Indigenous_Games_Updates.htm

Wake up before you become such an evil Knight yourself you may never again be able to tell the difference. Come Clean Sir, or face the inevitable consequences if you do not.
http://www.parkavenuegazette.com/HeelsnotToes1.htm

Wakey Wakey ! Time for tea. I understand how they can enrage one so that one wants to become a fascist just to exterminate this French variety of the fascist genre. I never understood that until I lived in French Hell in Montreal the past few decades. We must stay cool until a legal war breaks out on Montreal Island. We do not want our troops getting into trouble for jumping the gun.
http://www.parkavenuegazette.com/Montreal.htm


Le caractère haineux et incitatif de ces propos est évident, et la question se pose de savoir pourquoi les autorités n’ont pas agi avant qu’un jour, un Richard Bain de ce monde se « réveille » et passe à l’action .

Et la réponse est évidemment « pour des raisons politiques ». La « paix sociale », bien sûr, mais également le souci crasse de ne pas aliéner une frange de l’électorat acquise au pouvoir dont vous pouvez être certains qu’elle a voté à 100 % pour le PLQ au scrutin de mardi.

Au cas où vous seriez tentés, comme le maire Tremblay hier dans une autre de ses performances pitoyables, de parler d’un incident isolé, du geste d’une « personne qui a des problèmes de santé mentale » , je veux porter à votre attention un autre article, du Journal de Montréal du 15 juillet 2011 celui-là, intitulé :

Polémique
Propos haineux contre le français
Jean-Louis Fortin
Journal de Montréal
15/07/2011 06h29

Encore une fois, je le cite au long car vous pourriez m’accuser d’exagérer. Il faut en effet le voir pour le croire :

La condamnation d’Air Canada à verser 12 000 $ en dommages et intérêts à un couple d’Ottawa qui n’a pu être servi en français a semé l’émoi et provoqué des tensions à travers tout le pays, hier.

En remportant leur bataille judiciaire face au transporteur aérien, Michel Thibodeau et son épouse ont ravivé le débat sur la cohabitation du français et de l’anglais comme les deux langues officielles.

Dans le Canada anglais, plusieurs commentaires méprisants envers la cause du bilinguisme ont déferlé sur les sites Web d’information, les médias sociaux et les tribunes téléphoniques.

Ces réactions rappellent un texte d’opinion publié au début des années 2000 par le premier ministre du Canada, Stephen Harper, dans lequel il remettait en question la place du français au pays.

Dans sa missive, publiée dans le Calgary Sun le 6 mai 2001, celui qui allait devenir chef de l’Alliance canadienne quelques mois après décrivait le bilinguisme comme un « dieu déchu » qui « a coûté des millions aux contribuables canadiens » (voir extraits).

« Parasites »

Hier, on retrouvait des propos semblables partout sur la toile. Plusieurs n’ont pas hésité à aller plus loin et s’en prendre à l’ensemble des Québécois.

« Les idiots comme ce gars et sa femme sont des parasites. Ils sont la raison pourquoi le reste de la planète n’aime pas les Québécois », a écrit un lecteur, en anglais, sur le site du Ottawa Sun.

« En tant que Canadien francophone, je voudrais remercier monsieur Thibodeau [de] nous avoir embarrassés et d’avoir donné une mauvaise image des Canadiens francophones, une fois de plus », a lancé quelqu’un d’autre.

Dans la section des commentaires du site Web du quotidien The Globe and Mail, la teneur des propos était semblable.

« Écoutez tout le monde. Allons tous au Québec et poursuivons-les lorsqu’ils n’accepteront pas nos commandes en anglais au restaurant. Qui embarque avec moi ? », a écrit un homme.

« Lorsque je me suis mariée, je me suis débarrassée de mon nom de famille en français pour une bonne raison. Ce cas est un exemple dégoûtant de gaspillage, d’arrogance et d’intolérance », a même témoigné une lectrice.

Haine

Certains propos incitaient même franchement à la haine.

« C’est dégoûtant. Débarrassons-nous du Québec. Mettons fins à ce fiasco », a-t-on aussi pu lire sur le site Web du Globe and Mail.

Pour se défendre, Michel Thibodeau a déclaré que sa poursuite contre Air Canada n’avait pas été menée dans le but de s’enrichir, mais bien qu’il s’agissait d’une question de principe.

« Sur une base quotidienne, si je ne suis pas servi en français, je perds mon droit », a-t-il plaidé sur les ondes de Sun News.


EXTRAITS D’UNE LETTRE D’OPINION DE STEPHEN HARPER ÉCRITE EN 2001

« Le bilinguisme officiel au Canada n’est pas seulement une politique. Il s’est élevé au rang d’une véritable religion. C’est un dogme que tous doivent accepter sans poser de questions. »

« Alors qu’il tente à répétition et sans succès de faire la promotion du français à l’extérieur du Québec, le gouvernement fédéral cède de plus en plus aux volontés des activistes de l’unilinguisme officiel au Québec. »

« La discrimination contre les anglophones et les institutions anglophones par les lois linguistiques du Québec est bien documentée. »

« Comme religion, le bilinguisme est un dieu déchu. Il a produit de l’iniquité, n’a pas stimulé l’unité canadienne et il a coûté des millions aux contribuables canadiens. C’est, j’imagine, ce qui se produit quand vous mêlez la religion et l’État. »

Ce que cet article nous montre, c’est de quelle façon les médias canadiens contribuent par leur fiel démagogique anti-québécois à la dégradation du climat social au Québec en encourageant les anglophones du Québec dans leur intolérance, et même leur racisme, à l’endroit des Québécois francophones et de leurs aspirations collectives.

Et l’extrait de la lettre d’opinion de Stephen Harper datée de 2001 nous montre comment les politiciens canadiens ont eux-mêmes contribué à cette dégradation en tenant des propos irréfléchis et irresponsables dans le seul but de se gagner des appuis électoraux.

Cela dit, dans le cas de Stephen Harper, il faut se demander s’il n’exprimait pas alors véritablement le fond de sa pensée quand on voit comment il a fait fi des garanties linguistiques contenues dans la Constitution de 1982 en nommant au poste de vérificateur général et à la Cour suprême du Canada deux anglophones unilingues au cours de la dernière année.

Mais ce n’est pas tout, le cas du site www.ParkAvenueGazette.com n’est pas un cas isolé, il en existe au moins un autre de même farine « No Dogs or Anglophones » . Dans un texte daté du 31 août comportant la photo de Pauline Marois intitulé « How to Ruin a Long Weekend », vous y trouvez ceci :

« I shudder to think what five years of Pauline Marois will bring. Think of the idiots she brings along, like Drainville and Lisée, two fools who couldn’t run a depanneur.

Imagine these idiots trifling with your lives, it’s enough to make one vomit. »

Je suis convaincu que MM Lisée et Drainville seront stupéfaits de découvrir l’intensité des sentiments négatifs qu’ils inspirent dans la communauté anglophone.

Mais ce n’est rien, un autre article sur le même site s’intitule « Welcome to Quebekistan ». On ne peut véritablement apprécier tout le mépris que suggère ce titre que si l’on connaît la piètre estime dans laquelle les anglophones tiennent les ressortissants des pays en « Stan » (Pakistan, Afghanistan, etc.).

De tels propos sont évidemment à rapprocher de ceux qui on valu hier à un employé d’Eidos d’être congédié hier, comme nous l’apprenait La Presse. Lisez bien, les cheveux vont vous en dresser sur la tête :

VINCENT BROUSSEAU-POULIOT

La Presse

Un employé du studio de jeu vidéo Eidos Montréal, Blake Marsh, a été congédié ce matin en raison des propos qu’il a tenus dans Facebook sur l’attentat au Métropolis, Pauline Marois.

« Les bons assassins sont difficiles à trouver, ces jours-ci », a écrit Blake Marsh en anglais sur sa page Facebook, avant d’ajouter dans ses commentaires : « Je ne donne pas un mois à cette pute avant que quelqu’un fasse ce qui doit être fait avec davantage de précision. » Les propos, rapportés en premier par Les Affaires, ont été retirés de sa page Facebook.

Âgé d’environ 25 ans, Blake Marsh a étudié à l’école secondaire publique anglophone Chambly Academy et au Collège Champlain, à Saint-Lambert, avant de devenir testeur chez VMC Game Labs en 2007. Il travaillait depuis mai 2008 à Eidos Montréal, l’un des plus importants studios de jeu vidéo au Québec, avec environ 330 employés.

Encore mardi, le jour même du scrutin, l’animateur Tommy Schnurmacher de la radio-poubelle anglophone CJAD tenait des propos outranciers sur lesquels les autorités seraient bien avisées de se pencher.

Et tout ceci n’est pas un phénomène récent. En juin 2008, Jacques Lanctôt dénonçait dans le Journal de Montréal l’existence d’une station de radio ontarienne établie à la frontière du Québec « qui programme des émissions à caractère belliqueux et raciste sur le Québec ».

« Oui, vous ne rêvez pas, la chose est possible, malheureusement. Cette station est sans doute mobile, car on n’est jamais parvenu à la localiser pour la faire taire ou brouiller les ondes complètement. Elle diffuse 24 heures sur 24, sept jours par semaine.

Les médias ontariens, qui semblent au courant de cet attentat à la souveraineté du Québec, ont reçu la consigne de ne pas ébruiter ces faits, comme s’il s’agissait ni plus ni moins d’appuyer tacitement cette pratique déloyale, voire illégale, ou de la banaliser. La rumeur veut que quelques grosses fondations privées, dont il m’a été impossible, pour le moment, de connaître les noms, financeraient cette campagne de salissage. « Radio Papineau », c’est ainsi qu’elle serait baptisée, aborde en français, mais aussi en anglais, des thèmes politiques, sociaux et culturels d’actualité. Elle comporte aussi un volet historique, où l’histoire du Canada est expliquée sous un tout autre angle que celui qui est enseigné dans les écoles québécoises.

Apparemment, la Sûreté du Québec serait au courant de ce viol des ondes, mais comme il s’agit de signaux sophistiqués, qui utilisent les ondes satellitaires, il devient difficile de bloquer la diffusion d’une telle radio-poubelle et d’en connaître les promoteurs. On ne peut pas pour l’instant capter ces émissions dans la grande région de Montréal. »

En 2007, Vigile s’alarmait de la prolifération de sites haineux anti-québécois en se demandant si elle n’était pas programmée

Et bien oui, cette menace était bel et bien programmée et l’attentat terroriste de mardi soir en constitue l’éloquente et tragique confirmation.

Dans toute cette affaire, Bain n’est qu’un pauvre type. Les vrais responsables sont : Harper, Charest, Tremblay, les divers ministres qui se sont succédés à la Justice au Québec depuis 10 ans, les services policiers (GRC (terrorisme et crimes haineux), SQ (protection des dignitaires), le SPVM (ordre public), le National Post, le Globe and Mail, The Gazette, The Suburban, et tous ceux qui ont, par commission, omission ou démission, participé à la diffusion de propos anti-Québécois, anti-français et carrément racistes au fil des années.

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