«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Tout ça, c’est la faute à Couillard !
Qu’à cela ne tienne, La Presse va le liquider vite fait

Pauline Marois : bilan moyen, remontée certaine

mercredi 11 décembre 2013

En cette fin d’année, il est certainement permis, pour les troupes de Pauline Marois, de rêver d’un grand coup ce printemps, comme le démontrent les chiffres compilés par CROP dans son coup de sonde mensuel.

Pour les libéraux, par contre, dont le chef Philippe Couillard vient tout juste d’être élu dans Outremont, une baisse légère dans les intentions de vote et un score faible auprès des électeurs francophones devraient refroidir leurs ardeurs électorales.

Fait rare dans un sondage (et cadeau inespéré pour Pauline Marois) : tous les indicateurs sont en hausse pour le gouvernement péquiste. Intentions de vote, cote de « première-ministrabilité », taux de satisfaction à l’endroit du gouvernement (un bond de près de 10 points !), évaluation générale de la situation au Québec, tout est au vert pour Mme Marois.

En fait, les six derniers mois de 2013 ont été bénéfiques pour le PQ, qui est passé de 25% en juin à 35% ce mois-ci. La gestion de l’après-catastrophe de Lac-Mégantic et les débats intenses entourant le projet de charte de la laïcité ne sont certainement pas étrangers à cette remontée.

Même l’annonce du report du déficit zéro n’a pas nui au gouvernement Marois, au contraire. En fait, il valait mieux crever cet abcès dès maintenant que d’attendre le prochain budget. Cette stratégie libère le gouvernement d’un lourd fardeau. Il sera vraisemblablement plus payant pour le gouvernement de proposer un plan de relance dans son prochain budget que d’admettre, à la veille d’une campagne électorale, qu’il s’est trompé dans ses prévisions.

De son côté, le PLQ stagne, au mieux, ce qui constitue presque une bonne nouvelle pour Philippe Couillard, qui a eu, disons-le, un automne difficile.

La CAQ monte un peu, mais n’arrive pas à passer au-delà du cap des 20%. Québec solidaire fait du surplace, autour de 10%, mais ce chiffre est trompeur, puisque ses appuis (et ses chances de croissance) se concentrent massivement dans une poignée de circonscriptions francophones de Montréal. Le score de QS aux partielles de lundi donneront d’ailleurs tout un coup de fouet aux militants et bénévoles en vue de la prochaine générale, d’autant plus que les liens entre QS, Projet Montréal et le NPD peuvent créer, dans certains secteurs, une force organisationnelle et militante motivée et efficace.

Bilan mitigé

Les bons résultats du gouvernement semblent indiquer que le projet de charte de la laïcité, sujet omniprésent depuis août, commence à percoler dans l’électorat. On a dit, peut-être à tort, que le dépôt du fameux projet de loi par le ministre Bernard Drainville ne changerait rien à la donne. Ceux qui sont favorables le resteront, les autres continueront de s’y opposer. Apparemment, il y a un effet « Charte » positif pour le gouvernement, qui dispose en outre d’une marge de manoeuvre pour adoucir les angles les plus pointus de son projet avant les prochaines élections.

Ce sondage nous dit deux autres choses : le PQ voudra des élections tôt en 2014, et vous n’avez pas fini d’entendre parler de la Charte de la laïcité.

On verra, dans les sondages de février et mars, si la tendance positive se maintient pour le PQ, mais le gouvernement Marois s’en tire pour le moment plutôt bien, après une session ardue.

La Charte de la laïcité demeure un sujet explosif et risqué. Le report du déficit zéro (et l’aveu d’erreur dans les provisions par le ministre des Finances, Nicolas Marceau, dont il faut néanmoins saluer la franchise) aurait pu aussi se retourner contre le gouvernement.

Ce gouvernement a connu quelques moments mous, cet automne : le « zigonnage » autour du projet de loi sur les mines, la partie de bras de fer avec les commissions scolaires, le reclassement coûteux et laborieux d’André Boisclair, la commission parlementaire expéditive (dont les résultats étaient courus d’avance), les commissions furtives et inutiles, Duceppe (assurance-emploi) et Ménard (police et printemps érable).

S’il fallait décerner, par ailleurs, une anti-étoile à un membre du gouvernement, elle reviendrait sans doute au ministre de la Santé, Réjean Hébert, qui a reporté la refonte de la loi antitabac et l’assurance autonomie, en plus d’être incapable de concrétiser l’entente permettant aux pharmaciens de renouveler ou de délivrer certaines ordonnances.

De tout cela, par contre, rien ne semble indisposer l’électorat, qui est, apparemment, plus indulgent que les analystes !


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