«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Lisée s’engage

Pas de Charte, ni de proposition sur la laïcité. Pas de référendum sur quelque sujet que ce soit

vendredi 21 octobre 2016


Lisée précise sa pensée dans une entrevue accordée à Patrice Roy au Téléjournal Grand Montréal du lundi, 17 octobre


Patrice Roy : Le mot Charte vous ne l’utilisez plus.


Jean-François Lisée : Non. Je ne l’utilise plus.


PR : Ce ne sera pas une charte. Il y aura quelque chose, mais pas une charte…


JFL : C’est cela.


PR : Vous dites : il faut rééquilibrer mon propre discours. Maka Kotto, qui a été nommé président du caucus, lui-même, vous a reproché d’avoir fait peur pendant votre campagne. Agnès Maltais vous a reproché également d’avoir fait peur au cours de votre campagne. Alors, qu’est-ce que vous mettez de côté. Sans donner tous les détails. Le voile des enseignants, est-ce que vous y tenez ? Les nouvelles enseignantes, on enlève le voile ?


JFL : Non. Ce n’était pas ma position pendant la campagne et ce ne l’est pas aujourd’hui. Je dis que, pour nos enfants, nos jeunes enfants, dans les garderies et les écoles primaires, les pédagogues nous ont dit : eux ne peuvent pas faire la distinction entre la figure d’autorité, l’enseignante ou l’éducatrice, et le symbole qu’il soit religieux, ou une casquette de Greenpeace ou un bouton de Justin Trudeau. Ils vont penser que c’est cela l’autorité. Ça normalise. Si c’est le cas, ayons une discussion là-dessus. Pas une commission parlementaire où des crackpots vont venir dire n’importe quoi. Non, non, des experts vont venir nous dire, c’est pas grave ou c’est assez grave. Et si ce l’était, seulement pour les nouvelles embauches…


PR : Votre avis n’est pas fait, même pour les nouvelles embauches, vous êtes ouvert à la discusssion…


JFL : Moi, je veux avoir des décisions fondées sur la connaissance.


PR : Mais, avant la campagne électorale, est-ce que vous direz aux Québécois : Nous, un éventuel gouvernement du Parti Québécois…


JFL : Nous aurons une discussion…


PR : Et vous n’irez pas plus loin ?


JFL : Et si la recommandation est d’agir, ce sera seulement pour les nouvelles embauches et seulement pour les garderies et les écoles primaires. Un autre gouvernement dans 4 ans, 8 ans, 12 ans, pourra continuer cette discussion-là. La laïcité, c’est quelque chose qui avance pas à pas depuis 40, 50 ans...


PR : Burqa, niqab, là vous dites : discussion également… Mais je n’aurai pas de position ferme pour dire : on les abolit dans l’espace public.


JFL : C’est clair que, si je veux une discussion, c’est parce que je pense que la question se pose et qu’une des réponses à cette question, c’est oui, interdisons-les. Sinon, je ne voudrais pas de discussion. Il y a dix démocraties européennes qui ont eu cette discussion-là. Les réponses ne sont pas toujours les mêmes. Dans certains cas, comme la France, c’est l’interdiction totale. Dans d’autres cas, c’est seulement dans les moyens de transport ou dans les salles. Dans d’autres cas, c’est les policiers qui ont le droit de vérifier l’identité sans mandat et sans raison, simplement pour contrôler l’identité. Je dis : il y a deux raisons pour lesquelles, on voudrait avoir cela. Manuel Valls l’a bien expliqué à M. Couillard la semaine dernière, parce qu’il ne semblait pas au courant, on peut être suffisamment à gauche, progressiste et insister sur l’égalité entre les hommes et les femmes pour que, pour cette raison-là, ce symbole absolu de sujétion des femmes, ne soit pas dans l’espace public. C’est une raison. Et l’autre raison, c’est la raison de sécurité. Ouvrons cette discussion-là. Encore une fois, je ne veux pas avoir une grande commission parlementaire avec des gens qui sont…


PR : Ce ne sera pas, avant 2018, une position très claire : un gouvernement du Parti Québécois fera ceci, cela…. Vous allez dire : on va en discuter.


JFL : On va discuter de ces deux choses-là.


PR : Ce ne sera pas plus précis que ça.


JFL : Non. Parce que la discussion n’a pas eu lieu.
 


Sur le référendum


PR : Le référendum, là, vous avez été d’une clarté absolue. Pas de référendum, si vous votez pour le Parti Québécois en 2018. Par contre, donnez-vous au congrès le dernier mot là-dessus ou si vous vous gardez le dernier mot ?


JFL : Écoutez, le congrès, je l’ai dit à vos collègues pendant toute la campagne, ça va être 66-33.


PR : Oui, mais si ce n’était pas 66-33 et si, oh ! surprise !, c’est déjà arrivé dans l’histoire du PQ, que le congrès dise : Non, nous on tient quand même à peut-être se garder une porte ouverte pour un référendum. Est-ce que vous désavouez le congrès ?


JFL : Ce n’est pas une hypothèse qui me semble vraisemblable. 50% des membres ont voté pour moi. Il y a eu des ralliements. On a entendu même Martine Ouellet déclarer hier : écoutez, les membres ont tranché. Je ne pense pas qu’il y aura pas un gros combat d’arrière-garde là-dessus. Il va y en avoir. Mais le congrès va valider la décision des membres du vote de vendredi et on va de l’avant avec cela.


PR : D’accord, mais s’il ne validait pas…


JFL : Il va valider.


PR : Mais, on ne peut pas savoir, souvenez-vous le renérendum…


JFL : On va maintenir le suspense… Je veux que vous soyez là pour voir si j’ai raison…


PR : Pour vous, c’est clair comme de l’eau de roche. Que vous ne laisserez pas une porte ouverte…


JFL : Et même, je vais en fermer une autre devant vous, si vous voulez. Pendant ces quatre ans-là, il n’y aura de référendum ni sur la souveraineté, ni sur quelque autre sujet que ce soit. Ce sera quatre années sans référendum. Parce que je ne veux pas que les gens pensent que je vais essayer de trouver une façon…


PR : Une tactique… Certains diront : il y a une tactique…


JFL : Une tactique… Je ne sais pas pourquoi ils disent cela…


PR : Parce que vous êtes…


JFL : Je ne sais pas où les gens prennent ça. On fera des consultations. On fera des débats, mais j’écarte l’outil référendaire pour quatre ans.


PR : Là-dessus, voyant le contexte qu’on ne voit pas venir, on sait jamais : rebuffades énormes en santé, ou ailleurs, coup de force du fédéral, vous vous menottez-là, vous dites : quoi qu’il arrive au Canada, il n’y aura pas de référendum sur la souveraineté.


JFL : Il va y avoir un vote en octobre 2022. Ceux qui sont choqués pour quelque raison que ce soit dans l’intervalle, en 2022, ils pourront exprimer leur volonté de quitter le Canada.


PPR : Une autre question, très, très courte : Pipeline, sous aucune considération ?


JFL : Non seulement, c’est absurde, 860 de nos cours d’eau qui sont en danger, mais en plus on serait des citoyens planétaires qui permettraient de brûler du pétrole que, s’il était complètement brûlé… et ça va être une guérilla juridique et administrative de tous les instants pour empêcher cela.


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