«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La caste au pouvoir trouve « parfaitement normal que leurs domestiques, les nounous, les femmes de ménage, les plongeurs, les chauffeurs, les caissières soient parqués dans des banlieues pourries, et viennent les servir dans les centres-villes, en circulant de préférence sous la terre. »

Paris la mixte, mon cul !

Des Noirs et des Blancs mais rarement en même temps

dimanche 11 juin

Anne Hidalgo nous a rappelé avec force un des principes qui guident son action : « Paris est une ville mixte et je continuerai à veiller que cela reste le cas dans les lieux publics ». Non mais ! L’esplanade de l’Hôtel de Ville en est une preuve. On y voit des blancs, et on y voit aussi des noirs. Mais attention, pas en même temps.

J’avais été un peu gêné par la polémique sur le festival au cours duquel étaient organisés des ateliers « non mixtes » réservés aux femmes noires, sans homme, ni blanc (femmes comprises). Gêné par la personnalité des organisateurs et de ceux qui les soutenaient – le PIR, Rokhaya Diallo, Houria Bouteldja – le genre de casting qui dit clairement quelles sont les détestables intentions.

Mais en même temps, c’était une vraie question. J’ai pensé qu’il fallait cependant dire les choses, parce que les ateliers non mixtes ça existe. Descendant du TGV il y a quelques jours, je croisais une équipe d’une trentaine de personnes attendant sur le quai pour pouvoir se précipiter dans le train et le nettoyer. Je l’ai clairement vu l’atelier non mixte, il n’y avait que des femmes, noires. Comme ces matins d’hiver où je promène (très tôt) mon chien, et où je croise, sur le froid sombre des trottoirs, sortant de la Gare de Lyon, tous ces fantômes en boubous qui trottinent vers les grands immeubles, pour que les cadres des sociétés et les fonctionnaires du ministère des Finances trouvent, bureau propre et corbeille vidée en arrivant. Que des femmes, noires là aussi.

Paris en noir et blanc

Et c’est à ces occasions que saute aux yeux le système, dont d’ailleurs les défenseurs du festival n’ont pas dit un mot, celui de ces habitants des grandes métropoles connectées qui élisent scrupuleusement Anne Hidalgo et Sadiq Khan, en profitant grassement de la mondialisation et acclamant Emmanuel Macron. Qui sont généreux, humanistes, pas racistes pour deux sous, mais trouvent parfaitement normal que leurs domestiques, les nounous, les femmes de ménage, les plongeurs, les chauffeurs, les caissières soient parqués dans des banlieues pourries, et viennent les servir dans les centres-villes, en circulant de préférence sous la terre.

Tôt le matin pour les femmes de ménage, et tard le soir pour les plongeurs, quand les « insiders » repus sortent des restaurants branchés où ils ont passé la soirée. Et surtout pas en voiture. En auraient-il qui n’ont pas été brûlées par les racailles dans leur quartier, la circulation est volontairement rendue insupportable, et les voies rapides confisquées pour la promenade de quelques-uns, et la valorisation du patrimoine immobilier de tous les autres.

Une photo significative a été publiée dans la presse, et a circulé sur les réseaux. On y voyait un groupe de femmes noires manifestant devant l’Hôtel de Ville de Paris. Bel atelier non mixte, puisqu’il s’agissait des femmes de ménage de la Ville qui, soutenues par la CGT, exprimaient leur volonté de voir améliorer leurs conditions de travail dont on imagine facilement qu’elles ne doivent pas être folichonnes.

La « start-up nation » prend place

Une autre photo lui succède ce matin, celle du « dîner en blanc », qui a eu lieu cette année sur… le même esplanade de l’Hôtel de Ville. Le « dîner en blanc » est ce « flash-mob » inventé il y a une trentaine d’années, c’est-à-dire bien avant Facebook, au cours duquel les grands, moyens, et petits-bourgeois de Paris, se rassemblent par centaines, voire par milliers, à un endroit connu au dernier moment pour y dîner, de pied en cap habillés de blanc. Investissant sans autorisation préfectorale, en plein état d’urgence, et avec une arrogance ingénue, l’espace public, ces gens-là festoient sans mesurer l’indécence de cette prétention à signifier que la règle commune ne leur est pas applicable. Autre façon de dire qu’ils sont les maîtres puisque les autorités laissent faire. Cette année, c’était sous les fenêtres d’Anne Hidalgo.

Rapprochement absolument meurtrier, que de voir cet autre atelier non-mixte, où cette multitude de personnes blanches de peau et de tenue occupent illégalement l’espace commun. On imagine en plus que beaucoup d’entre eux protestent hautement (à juste titre et comme moi) contre les prières de rue. Sans mesurer qu’il y a quand même un petit problème et qu’ils ne sont pas idéalement placés.

Les organisateurs, sûrs d’eux, nous annoncent encore plus grand pour le 30e anniversaire l’année prochaine. Rappelez-moi le score d’Emmanuel Macron à Paris le 7 mai. 89,69 % ?

La « start-up nation », je crois que je vais avoir du mal.

 


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