«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Comment peuvent-ils encore se regarder en face quand ils sont confrontés à l’état dans lequel ils ont mis l’ex-Yougoslavie, l’Irak, la Syrie ?

Par pitié, cher Zozo, laissez les Ukrainiens écrire leur histoire… Ne vous ingérez plus !

vendredi 21 février 2014

Mais rien ne leur servira donc de leçon ? Mais ils ne tireront donc aucun enseignement de leurs sottises passées ? Mais ils continueront à nier les dégâts, que dis-je, les ravages qu’a entraînés leur exceptionnelle maîtrise du discours, de la communication, de l’éloquence, alliée à leur fabuleuse ignorance de l’histoire, de la géographie, des peuples, des pays, des lieux, des hommes, de leurs intérêts, de leur sensibilité, de leurs passions ? Peu leur importe la réalité. Ils mettent leur influence au service des mêmes préjugés, des mêmes partis pris, de la même mauvaise foi. Quel que soit l’événement, ils lui appliquent imperturbablement les mêmes schémas, avec les mêmes résultats.

Créditons-les par hypothèse des meilleures intentions. Ne voient-ils pas qu’elles ont pavé les chemins de l’enfer ? Comment peuvent-ils encore se regarder en face quand ils sont confrontés à l’état dans lequel ils ont mis l’ex-Yougoslavie, aujourd’hui puzzle de nationalités désagrégées, l’Irak, où l’oppression chiite a succédé à l’oppression sunnite et où le bilan quotidien des violences tourne autour de trente morts, la Libye, désormais sanctuaire d’Al-Qaïda et champ clos de haines d’un autre âge entre tribus, la Syrie qui n’a plus le choix qu’entre la dictature du clan Assad et l’instauration d’un califat djihadiste ? Partout les interventions disproportionnées de l’Occident, tantôt mouche du coche, tantôt marteau-pilon, n’ont fait qu’aggraver la situation, remplacé un ordre injuste par un chaos plus injuste encore et fait des pays concernés autant de foyers de violence, de terrorisme et de massacres.

Eh bien, ils nous remettent ça à propos de l’Ukraine, assurés – compte tenu des précédents – que dirigeants déroutés, médias médusés et public (hélas !) abusé leur emboîteront le pas.

L’Ukraine, vieille terre chrétienne mais État depuis si peu indépendant, écartelée entre son attirance pour l’Europe et son attachement à la Russie, oscillant entre les deux au gré de l’alternance entre des majorités également corrompues, hésitant entre unité et partition, entre des intérêts et des fidélités difficilement compatibles, cherche son chemin dans le désordre, la fureur et la nuit. Qui ramènera la paix sur les bords du Dniepr où des hommes sont prêts à payer leur engagement du prix le plus élevé, de leur vie ?

Heureusement, Zozo est arrivé, en se pressant, fou de joie à l’idée de se pavaner une fois encore sur la scène internationale, cheveux et chemise au vent, prêt à indiquer la route à ce malheureux peuple si évidemment incapable de régler ses problèmes sans lui. Il a, comme d’habitude, écrit le scénario et distribué les rôles. D’un côté les méchants – qu’importe à Zozo qu’ils aient été légalement élus –, de l’autre les gentils – Zozo verra plus tard à faire le tri entre les gentils vraiment gentils (les démocrates) et les gentils moins gentils, héritiers du nationaliste antisémite, pogromiste et pro-nazi Bandera. D’un côté de paisibles manifestants contraints à se défendre par une répression odieuse, de l’autre une police dont les excès évoquent ceux de la Gestapo. Oublions que, depuis deux mois, l’opposition occupe ou encercle le Parlement, la mairie de la capitale, le siège du gouvernement, les principaux ministères. Quel pouvoir, même le plus démocratique, accepterait-il cela ? Le nombre, impressionnant, des victimes est mis en évidence. Qui s’aviserait que près de la moitié des morts appartiennent aux forces de l’ordre, ce qui donne à penser que l’on n’a pas affaire au massacre d’hommes désarmés par des brutes suréquipées mais bel et bien à des affrontements entre combattants, et donc à une guerre civile ? Si la moitié occidentale du pays en est le théâtre, l’autre moitié, parfaitement calme, loin de se joindre aux troubles, sollicite la protection du grand voisin russe, seul à même de contrebalancer le coup d’État rampant discrètement soutenu par l’Union européenne et les États-Unis. Zozo en fait son affaire : quelques sanctions, quelques millions, quelques avions, et l’Ukraine basculera du bon côté. S’il le faut, Zozo est prêt à frapper un grand coup et à boycotter les Jeux de Sotchi. Pendant qu’il y est, et pour ce que cela lui coûte…

Cher Zozo, jusqu’à quel point le devoir d’ingérence exclut-il le devoir de compétence ? Peut-être, maintenant que vous êtes un grand garçon, serait-il temps de vous poser la question. Au fait, et puisque cela semble vous échapper : Kiev est plus proche de Moscou que de Saint-Germain-des-Prés.


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