«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

« Il faut sortir le débat du carcan provincial et en sortir par le haut »

PQ : sortie de secours ?

mardi 12 septembre

Imaginez un instant que vous êtes Jean-François Lisée ou l’un de ses proches collaborateurs.

Vous êtes en difficulté. Le congrès du PQ s’ouvre. Qu’est-ce que vous espérez ?

Vous espérez un appui massif au chef, pas de dérapages, de belles images d’une famille unie.

En fin de semaine, vous avez obtenu tout cela : un succès à 100 %.

Sauf que...

Fondamentalement, Jean-François Lisée a présenté le PQ comme la meilleure solution de rechange au PLQ.

Il a dit : nous aurons le meilleur programme, la meilleure équipe et je vous montrerai que je suis le meilleur chef.

Sauf que ça ne suffira pas pour coiffer la CAQ et menacer le PLQ.

La CAQ aura aussi un programme étoffé, elle recrutera de bons candidats, elle a un chef qui a montré sa pugnacité, et le fait qu’elle n’a jamais gouverné pourrait, cette fois, être un atout.

Se positionner comme un futur « bon gouvernement provincial » sera insuffisant.

Il faudra que le PQ rebrasse les cartes, qu’il change les termes du débat politique.

Il est parfaitement normal que M. Lisée n’ait rien proposé d’audacieux lors du congrès.

Mettez-vous à sa place. Quand vous affrontez un vote de confiance, vous dites à ceux qui vont voter ce qu’ils veulent entendre.

Mais quand vous êtes à mi-chemin du quatrième quart et que vous perdez par plus de deux touchés, miser sur un jeu au sol conservateur ne suffit plus.

Il faut sortir du plan de match initial et fouiller dans le cartable qui contient les jeux audacieux.

Que pourrait-il tenter ? Voici une avenue.

Le PQ est confronté à la question suivante : comment ramener des nationalistes au bercail si on ne peut pas leur proposer la souveraineté ?

C’est bien de parler d’identité, mais la CAQ le fera aussi.

Le PQ doit aller sur le seul terrain où il pourrait peut-être mener le jeu.

Ce terrain, c’est celui du statut politique du Québec.

Il faut sortir le débat du carcan provincial et en sortir par le haut.

Le PQ pourrait attaquer le statu quo constitutionnel.

Il pourrait montrer les préjudices très concrets qu’il pose au Québec dans un tas de domaines.

Il pourrait faire le procès politique et économique du régime canadien.

Il pourrait annoncer qu’il votera des lois dans des domaines de compétence partagée.

Il pourrait annoncer qu’il enclenchera unilatéralement la procédure de révision constitutionnelle, forçant le reste du Canada à réagir.

Ainsi, il viserait au cœur, renouerait avec l’essentiel, se démarquerait des autres.

Audace

Les souverainistes écossais et catalans ne se sont jamais interdit de demander plus d’autonomie d’ici à la souveraineté.

Le PQ, lui, a toujours craint d’être accusé de vouloir renouveler le fédéralisme, comme s’il n’y avait aucun espace de jeu entre le zéro et le tout.

C’est du réflexe et non de la réflexion.

Le temps de l’audace est arrivé.


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