«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

PQ, où vas-tu ?

Voici des éléments de réponses

Tribune libre de Vigile
jeudi 14 mai 2015
577 visites 2 messages

Dans sa chronique du 13 mai, M. Facal pose la question « PQ, qui es-tu ». Cette question nous trompe. Elle oriente les réponses sur le même terrain qui a mené le PQ à un vaste son champ de ruines. Elle enclave les réflexions dans un gros livre d’excuses redondantes et d’affirmations biaisées & nous rend incapables de remettre en question la souveraineté, comme si elle était Divine.

À mon avis, la question qui devrait être posée est « PQ, où veux-tu nous amener ». La majorité dira, vers la souveraineté. La question devient alors « PQ où veux-tu nous amener avec la souveraineté ». Répondre « ni à gauche ni à droite, mais en avant » suscitent toujours de chaleureux applaudissements chez les militants, mais ne convainc pas l’ensemble des Québécoises (Note 1). Pire, cela camoufle l’ambigüité du fondement du PQ et du mouvement souverainiste. Et l’a justifié par des « pour nous permettre de... pour avoir... » démontre qu’il y a un amont à la souveraineté. Cette ambigüité est : Le Québec n’a pas de projet de société. N’ayant pas de projet de société, le PQ ne peut pas justifier objectivement & logiquement la souveraineté.

Quelle pourrait être la réponse du PQ à la question « PQ, où veux-tu nous amener » ? Voici une proposition :

Vers le Futur que vous (les Québécoises) voulez & que nous allons concevoir ensemble. Concrètement nous allons proposer d’élaborer le Projet de société du Québec. Voici quelques caractéristiques qui donnent un aperçu de la démarche et ces grandes lignes :

1) Le Projet de société du Québec n’est pas la souveraineté. Il est en amont de celle-ci ;

2) Pour une communauté comme le Québec et avec le type d’enjeux qu’elle est et sera confrontés, le projet doit avoir un horizon d’au moins 50 ans ;

3) Le projet doit être le résultat d’une réflexion structurée qui répond, entre autres, aux questions suivantes :
a) Quelles sont les enjeux que la communauté devra faire face ?
b) Quelles sont ses forces, ses faiblesses, ses menaces et ses opportunités ;
c) Suite aux réflexions & réponses à ces deux premières questions, le Projet, la Vision du Québec commence à prendre forme ;
d) Quels seront les grands moyens (stratégies) pour réaliser ce projet de société ? C’est à cette étape que l’option souverainiste sera mise sur la table. Et elle sera en « compétition » avec d’autres options ;
e) Quelles seront les valeurs nécessaires pour réaliser ce projet. Certaines existent déjà d’autres devront être promues ;
f) Quels seront les grands objectifs par période de 10 ans ;

4) L’élaboration de ce plan doit ce faire avec la participation de tous les Québécoises et non seulement ses militants. Notons que nous avons maintenant la technologie pour le faire. L’approche est bottom-up et non top-down ;

5) Une fois complété, ce plan fera l’objet d’un référendum. Lorsqu’accepté, il fera partie des documents constitutifs de la province ou du pays, selon le plan approuvé. Ceci pour éviter qu’à chaque changement de parti il se produise une déviation au projet de société.
Peu importe le parti politique au pouvoir, son mandant, ses décisions viseront la réalisation du Projet de société pour le Québec.

Le lecteur aura noté qu’il s’agit d’élaborer le projet du Québec à partir d’une démarche stratégique reconnue et éprouvée.

De toute évidence, une telle approche remet en question le fondement principal des souverainistes, soit de faire la souveraineté. Pour le PQ, cela l’obligera à redéfinir son article 1. L’option souverainiste devient alors une option parmi d’autres. Mais elle ne disparaît pas.

À titre d’exemple, voici comment pourrait se lire le nouvel article 1 du PQ :

1) Dans les deux premières années de son mandat, le PQ s’engage à mettre en place une démarche objective, éprouver, structurer dont le but sera d’élaborer, d’articuler et de compléter le plan « le Futur que le Québec veut ». Cette démarche se fera dans une approche bottom-up avec la participation de tous les Québécoises. Tous les moyens (stratégies) pour réaliser ce plan seront évalués. En ce qui concerne le type de statut politique requis, toutes les options, incluant la souveraineté, seront mises sur la table et leur pertinence comparée ;

2) Une fois le plan complété (bien entendu d’autres étapes s’ajouteront à celles que j’ai mentionnées précédemment), le PQ invitera les Québécoises à voter sur le projet dans son ensemble.

Est-ce risqué pour le PQ ?

Non. Le PQ est actuellement un champ de ruines & l’option souverainiste est en train de disparaître pour de mauvaises raisons. Tristement se sont les souverainistes avec leur approche « quasi religieuse » qui l’a font mourir. Ce n’est pas avec des chansons, des monologues, des discours à l’emporte-pièce, qui vantent ces avantages en abaissant les autres options que l’option souverainiste se justifiera. Elle se justifiera en la comparant avec d’autres options dans sa plus grande capacité à réaliser le « Futur que les Québécoises) veulent ».

Les souverainistes tout comme les fédéralistes ne devraient surtout pas craindre cette comparaison, convaincus qu’ils sont de leur option.

Il s’agit d’une opportunité historique pour le PQ : être le premier parti politique du Québec à doter le Québec du « Futur que les Québécoises veulent » et être un exemple pour les autres communautés à l’échelle planétaire. Il est terrifiant de constater que le Québec comme la grande majorité (au risque de dire tous) des pays n’ont pas de vision pour leur communauté. C’est à se demander où ils s’en vont tous. Réponse : Ils se suivent tous, se comparent entre eux et se consolent sans savoir s’ils vont dans quelle direction ils vont. Faire les mêmes erreurs que les autres devient la bonne chose à faire. La bonne direction est celle que tout le monde prend !

La mission du prochain chef du PQ d’ici les prochaines élections :

1.Convaincre son parti de modifier l’article 1 et lui donner le courage de mettre la souveraineté comme une option a être évaluée avec d’autres en référence au plan « Futur que les Québécoises veulent » ;
2. Préparer la démarche stratégique pour qu’elle soit prête à démarrer dès le lendemain de son élection ;
3. Convaincre le Québec d’embarquer dans la démarche ;
4. Convaincre le Québec de sa capacité à être objectif dans la démarche ;
5. Convaincre l’électorat que la démarche peut être réalisée parallèlement à une saine gestion du Québec.

Michel Aubin
Cultivateur

Note 1. Québécoise comprend Québécois.
Articles suggérés :
Le Québec n’a pas de vision : http://tinyurl.com/9h82ufo
L’indépendance c. Vision : http://vigile.net/Independance-c-Vision
Le paradigme du manchot ou « Avant d’être à gauche ou à droite, il faut être » :
http://tinyurl.com/kwcvlga

Commentaires

  • Michel Matte, 14 mai 2015 20h33

    Votre interrogation est intéressante mais elle n’est pas réaliste.
    Voici pourquoi.

    1) Quel que soit le projet de société des Québécois, ils ne pourront le réaliser parce qu’il sont soumis au régime canadien. Un exemple est la loi 101 votée par l’Assemblée nationale mais charcutée à répétition par la Cour suprême du Canada. L’étranglement fiscal du Québec est un autre exemple.

    2) Donc la question est plutôt de savoir si nous voulons avoir un projet comme société ou bien nous fondre dans la majorité anglophone et disparaître. Mais alors c’est accepter de mourir comme société, de perdre notre identité et de régresser comme citoyens et comme peuple. C’est aussi justifier l’exploitation que nous subissons parce que nous nous considérons comme inférieurs.

    3) En d’autres mots voulons-nous être libres ? À ce sujet je vous recommande de lire Pierre Falardeau cité ici :
    http://vigile.net/L-election-de-Pierre-Karl-Peladeau

    4) On ne peut pas planifier l’avenir d’un peuple comme un plan décennal ou autre. Il faut plutôt libérer la parole des citoyens et respecter la démocratie qui évolue avec la société.

    5) L’approche du bon gouvernement à l’écoute du peuple a déjà été tentée et ce fut un échec. Voir l’explication de Simon-Pierre Savard-Tremblay cité dans le même article.

    6) Pendant qu’on discute de la société idéale, la maison brûle. Il est urgent de se réapproprier notre État. Voir l’excellent texte de Sylvie Moses :
    http://vigile.net/Vous-le-PLQ

  • RenéP., 14 mai 2015 20h15

    La question ne consiste pas à savoir où le PQ s’en va mais plutôt comment le PQ va s’y prendre pour arrêter la lente disparition de l’unique peuple francophone d’amérique que constitue le peuple québécois.
    Depuis la conquête par l’Angleterre, le peuple québécois est constamment attaqué, autant de l’intérieur que de l’extérieur,
    de façon à lui faire perdre son identité, sa nature intrinsèque, sa quintessence.
    Comment mettre fin à ce processus de dénaturation ? Comment mettre fin à ce dérapage génocidaire dans lequel on nous a engagés ? Comment induire le peuple québécois à croire en lui, à se faire confiance, à s’affirmer selon sa nature intrinsèque, à se dire "OUI J’EXISTE" ?
    Voilà, à mon avis, la question à poser.

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