«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un parti générationnel ?

PQ : la fin d’une époque ?

Maintenant au 3e rang, le PQ vit des moments parmi les plus difficiles de son histoire.

Il subit des pertes sur sa gauche et sur sa droite.

Il a perdu son identité.

Son électorat s’effrite depuis la fin des années 1990.

Il n’est plus la maison commune de tous les souverainistes, désormais éparpillés.

Le désir de battre le PLQ pourrait conduire nombre de francophones à voter tactiquement pour la CAQ.

Le PQ est-il entré en phase terminale ? Pourrait-il subir le sort du Bloc québécois, réduit à une poignée d’élus ?

Renouvellement

Graver sa pierre tombale serait prématuré. Les quinze mois d’ici aux prochaines élections sont une éternité politique.

Mais un coup d’œil dans le rétroviseur de l’Histoire donne à réfléchir.

Depuis 1867, un seul parti politique au Québec a traversé le temps et duré jusqu’à aujourd’hui : le PLQ.

En face de lui, trois partis ont successivement été la principale solution de rechange : d’abord, le Parti conservateur du Québec, puis l’Union nationale, puis le PQ.

La percée de l’Union nationale, en 1936, a sonné le glas du Parti conservateur. Il ne servait plus à rien.

La naissance du PQ a déclenché le compte à rebours qui a conduit, rapidement, à la mort de l’Union nationale. Elle ne servait plus à rien.

On doit au politologue Vincent Lemieux la thèse des partis dits « générationnels ».

Un groupe de gens à peu près du même âge partagent une insatisfaction. Ces gens croient aussi, grosso modo, aux mêmes solutions de rechange.

Si leur diagnostic et leurs solutions sont en phase avec des aspirations largement partagées dans la société, ce parti grandira, s’installera, tuant au passage celui qui n’est plus en phase avec son époque.

Quand la ruralité s’est mise à décliner au profit de l’urbanisation, quand les baby-boomers se sont installés aux commandes de la société, le PQ a supplanté l’Union nationale, car il était davantage l’écho et le reflet de ce nouveau Québec.

En France, en Espagne, en Italie, le déclin de la vieille classe ouvrière industrielle a entraîné l’inéluctable marginalisation de partis communistes jadis puissants.

Élite

Comment expliquer l’exceptionnelle longévité du PLQ ? C’est assez simple.

Le Québec peut bien changer, mais il a et aura toujours une élite économique.

Le PLQ, c’est son outil, périodiquement renouvelé pour véhiculer les intérêts des réseaux d’affaires.

Le PLQ incarne aussi la stabilité et le refus des changements brusques, deux valeurs très prisées par un peuple québécois ballotté par l’Histoire.

Comme il est aussi le principal rempart face à cette « menace séparatiste » honnie par les immigrants, ces derniers, chaque année, apportent de nouvelles cohortes d’électeurs au PLQ.

C’est un atout électoral considérable que de pouvoir importer ses électeurs.

Coincé entre la CAQ et QS, boudé par des jeunes qui le voient comme un parti de baby-boomers, le PQ pourrait-il subir le sort de l’Union nationale ?

Je poursuis ma réflexion samedi.


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