«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Sortir de la maison de fous fédérale

ÉLECTIONS

PQ : des candidats portés par l’idée d’un pays

samedi 1er mars 2014

Québec — Plusieurs candidats et militants du Parti québécois sentent un appétit pour une nouvelle consultation sur l’avenir du Québec semblable à celui ayant porté l’équipe de Jacques Parizeau à la tête d’un gouvernement majoritaire il y a près de 20 ans. L’indépendance du Québec sera au premier plan de la campagne électorale. Et après.

Sans complexe, les candidats péquistes n’hésitent pas à désirer publiquement la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec.

Sylvie Legault, candidate du PQ dans la circonscription de Mercier, dit plonger tête baissée dans la campagne électorale puisqu’elle sent un « momentum » auprès du PQ et de la population. « Pourquoi j’embarque là-dedans, fondamentalement, c’est parce que je veux faire un pas de plus pour aller vers le pays », affirme-t-elle à l’occasion d’un entretien avec Le Devoir. « Il y a ça qui m’intéresse fondamentalement, viscéralement », ajoute-t-elle, installée dans la cuisine de sa maison de ville située au coeur du Plateau-Mont-Royal.

Bénévole auprès du PQ à l’occasion d’une élection partielle en 1973, puis des élections générales de 1976, Mme Legault se rappelle « la griserie incroyable qui se répandait partout à travers le Québec ». « La fierté d’être Québécois et d’avancer. Wow ! J’aimerais ça retrouver ce feeling-là plus que tout. »

Soif d’indépendance

« Il y a un appétit au sein du Parti québécois [de relancer le débat constitutionnel]. C’est drôle, je sens la même chose aussi au sein de la population », souligne le candidat du PQ dans la circonscription montréalaise de Laurier-Dorion, Pierre Céré. Le porte-parole du Conseil national des chômeurs proposera aux électeurs « un projet du pays qui se conjugue dans la diversité culturelle avec sa souche fondatrice ». Quatre ans après avoir reproché au PQ d’être « rendu plate » et « d’avoir les deux pieds dans la même bottine », M. Céré vante aujourd’hui la vivacité de la formation politique dirigée par Pauline Marois, dans laquelle il souhaite contribuer à rapatrier le régime d’assurance-emploi à Québec. « Je pense qu’il faut sortir de cette maison de fous là du fédéral. Je pense qu’il faut ramener tout cela au Québec. »

Rêvant de « faire un pays », la comédienne-chanteuse Sylvie Legault s’est dite assurée de ne pas avoir fait le saut en politique en vain. L’indépendance du Québec sera un enjeu du prochain rendez-vous électoral, est-elle persuadée.

Elle ne s’inquiète pas des sondages d’opinion qui évaluent à environ 40% l’appétit des Québécois pour un nouveau référendum sur l’indépendance. « Ma job, la mienne et celle de mon équipe, est de redonner le goût du Québec et de croire à ça ! lance-t-elle, tout en agrippant son téléphone portable. Ha ! Une amie me félicite ! Ça n’arrête pas. »

Elle tentera de se faire élire dans la circonscription de Mercier où elle habite depuis 1977. Un défi de taille. En septembre 2012, le député sortant Amir Khadir avait battu à plate couture son adversaire péquiste, Jean Poirier. « Il faut reprendre [de Québec solidaire] ce qui nous appartient. »

Livre blanc

La campagne électorale n’est pas encore lancée. Peu importe, Sylvie Legault appelle les indépendantistes à se rallier derrière le Parti québécois lors du prochain scrutin. « On va faire le pays et après ça, si vous voulez, vous irez avec Québec solidaire ou un autre parti d’opposition. On n’est pas assez nombreux pour se fragmenter. »

Étudiant au cégep de Jonquière, Alexis Deschênes avait 17 ans « et quelques mois » lors du référendum du 30 octobre 1995. « C’était triste, mais je me suis dit : ce n’est pas grave, on va se reprendre », confie-t-il à l’autre bout du fil. À ses yeux, « c’est le devoir de chaque génération que de porter, peu importe le contexte politique, le plus loin possible cette idée d’indépendance », fait-il valoir.

Plusieurs se sont étonnés de voir le candidat du PQ dans la circonscription de Trois-Rivières réciter une profession indépendantiste à chaque sortie médiatique ou presque. « Je vais faire de la politique pour l’indépendance. Peu importe les sondages, j’y crois, à cette idée. Et mon engagement n’est pas conjoncturel », soutient l’ancien correspondant parlementaire à l’Assemblée nationale. « Les raisons qui me motivent, moi, à faire de la politique, c’est d’abord le projet d’indépendance du Québec. Je trouve qu’il n’y a pas plus beau projet politique que de se battre pour la liberté de sa patrie », plaide le jeune avocat.

D’ailleurs, le ministre Yves-François Blanchet, semble avoir été emporté par un certain enthousiasme cette semaine lorsqu’il a relevé publiquement que chaque « cycle » de gouvernement a donné lieu à un référendum sur la souveraineté du Québec. « On [est] peut-être dans une perspective d’un mandat majoritaire, ça pourrait être très stimulant pour les militants [puis] qu’il n’y avait pas eu de cycle péquiste sans consultation sur la souveraineté », a-t-il déclaré à l’entrée du Conseil des ministres mercredi. Il s’est toutefois gardé de prédire la tenue d’un troisième référendum au cours du prochain mandat de l’équipe du PQ.

Sylvie Legault, Pierre Céré et Alexis Deschênes se sont réjouis de voir la première ministre Pauline Marois s’engager il y a trois semaines à déposer un livre blanc sur l’avenir du Québec si elle est réélue. La proposition de la chef du PQ est « très emballante », dit Alexis Deschênes. Il s’agirait du premier exercice de consultation du genre depuis la Commission nationale sur l’avenir du Québec tenue avant le référendum de 1995. « Ça va être rafraîchissant que les Québécois puissent réfléchir ensemble sur leur destin national », dit-il.

La première ministre Pauline Marois serait mal avisée de se contenter de l’élaboration d’un livre blanc si elle se voit confier les rênes d’un gouvernement majoritaire à l’issue des prochaines élections. Des militants indépendantistes ne lui pardonneraient pas. « Nous serrons les coudes durant la campagne électorale. L’idée de tenir un livre blanc n’est pas mauvaise si on veut faire prendre la sauce au lendemain de l’élection d’un gouvernement majoritaire », explique un militant de longue date de la formation politique au Devoir, avant d’ajouter : « Mais, nous ne nous satisferons pas d’un livre blanc. Nous avons déjà joué dans ce film-là. Pauline Marois n’est pas sans savoir que le Parti québécois a la réputation de “ manger ses chefs ”. »


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