«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le sondage de Radio-Canada relance le débat sur l’immigration à l’échelle nationale

Ouvert à l’immigration, mais...

Les « multiculturalistes », principalement logés à l’enseigne du Parti libéral du Canada et de Québec solidaire, accusent d’intolérance et de racisme les tenants d’une affirmation plus ferme de l’identité québécoise ou canadienne. Toutefois, les données récentes d’un sondage CROP-Radio-Canada fait ressortir une capacité et un niveau d’accueil élevés à l’égard des communautés culturelles et des réfugiés. Cette ouverture demeure cependant fragile parce qu’un pourcentage important des citoyens accueillants souhaite une intégration plus grande aux us et coutumes canadiens et québécois.

Un élément intéressant de ce sondage, c’est que nous pouvons constater que les préoccupations identitaires ne sont pas exclusives aux citoyens québécois, elles se retrouvent présentes dans le reste du Canada avec un pourcentage inférieur, mais rassemblant tout de même une majorité de Canadiens. Il y a fort à parier que les craintes reliées à l’affaiblissement de la langue française au Québec expliquent les besoins identitaires plus élevés des Québécois.

Par ailleurs, les sentiments à l’égard de la communauté musulmane sont passablement mitigés et le capital de sympathie amassé à la suite des assassinats de Québec demeure très friable. Les amalgames entre musulmans et terroristes sont très forts et leurs coutumes religieuses sont largement remises en question avec un soupçon de comportement anti-égalitaire à l’égard des femmes. Les réticences face à l’immigration musulmane et les résistances à leur accorder des accommodements raisonnables s’expliquent par la perception que cette communauté constitue un plus grand danger pour l’identité et la sécurité canadienne.

À tort ou à raison, de nombreux Canadiens et Québécois sont critiques face à l’immigration et aux différences culturelles. L’équilibre est précaire et le déni de cette problématique par nos premiers ministres ou quelques partis politiques ne peut que rapprocher le point de rupture entre les Canadiens de longue date et ceux arrivés plus récemment. Nos premiers ministres devront prendre la mesure de ce ressentiment et en tenir compte dans leurs avancées politiques s’ils ne veulent pas que la situation se dégrade. Ce constat est tout aussi vrai pour la nouvelle coqueluche de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, qui reniait la classe politique des trente dernières années parce qu’elle nous aurait séparé sur une base ethnique, semonce principalement servi à l’égard de la charte de Drainville ou du nationalisme caquiste,

Encore une fois, c’est la portion modérée des Canadiens et des Québécois qui constituent la clé de l’apaisement et c’est à ces citoyens qualifiés d’assimilateur dans le sondage CROP-Radio-Canada que nos politiciens devraient apporter des solutions satisfaisantes pour assurer un climat serein et la paix sociale. De chaque côté du spectre, nous trouvons à peu près un tiers de la population qui est soit très ouverte à l’immigration et aux coutumes des autres, soit un autre tiers intolérant et fermé à la moindre différence. Quelles que soient les politiques qui seront mises de l’avant, ces deux classes de citoyens ne modifieront pas vraiment leurs perceptions et leurs attitudes. Au centre de ce spectre, il y à toutefois un plus du quart des citoyens qui souhaitent une plus grande intégration des communautés culturelles sans toutefois les rejeter. C’est cette classe de citoyens qui peut consolider le ferment de la société de demain si nos politiciens prennent en compte leurs doléances, sinon ils risquent de les faire basculer du côté des intolérants qui se rebuteront à l’immigration.

La Commission Bouchard-Taylor, la charte des valeurs du PQ ou le test de citoyenneté de la CAQ s’avèrent peut-être des réponses inadéquates à une problématique réelle, mais elles ont le mérite d’exprimer un niveau de conscience qui incite à agir plus que de sombrer dans un laisser faire à la Couillard ou à la Trudeau qui durcit les relations entre les communautés culturelles et accroît les tensions sociales.

À la lumière du sondage CROP-Radio-Canada, il s’avère encore plus désolant que notre premier ministre provinciale n’ait pas saisi la main tendue des oppositions à la suite des évènements de Québec pour s’ouvrir au rapport de la Commission Bouchard-Taylor et ainsi offrir une réponse satisfaisante à une majorité de Québécois.
 


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