«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Y’en a qui finissent par comprendre...

Oui au monde, non au Québec

Le gouvernement fédéral a présenté une nouvelle politique extérieure ambitieuse quelques jours après avoir refusé tout net de réparer sa déchirure constitutionnelle intérieure. Belle ironie.

Le Canada s’estime compétent pour guider les peuples du monde à mieux vivre ensemble, mais exclut de ses bonnes œuvres le retour d’un de ses trois peuples fondateurs dans le giron constitutionnel.

La nouvelle politique internationale dévoilée mardi par la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, confirme la volonté du Canada de jouer un rôle plus important dans le monde. Pendant que les États-Unis adoptent une position de repli, le Canada veut augmenter son influence. L’annonce hier d’une augmentation de 14 milliards $ du budget de la défense donnera au Canada les moyens de ses ambitions.

Et le Québec, lui ?

Dans ce contexte, comment ne pas ressentir encore plus fort la gifle administrée par le premier ministre Trudeau aux Québécois qui se disent encore Canadiens ? Comment expliquer qu’il ait balayé de façon aussi humiliante l’impressionnant document de 200 pages préparé par Philippe Couillard sur la place du Québec dans le Canada ?

En prime, les souverainistes vont se délecter longtemps de l’arrogance du gouvernement fédéral envers le Québec et du mépris de ses aspirations légitimes. Par contre, pour défendre les aspirations des Ukrainiens...

La perspective de rouvrir la discussion sur les demandes du Québec manière Meech-Charlottetown peut sembler aussi réjouissante qu’un traitement de canal mais, un jour, il faudra s’y mettre. Le document de Philippe Couillard aurait été un point de départ apaisant pour tout au moins recommencer à en parler.

En cette année du 150e, un gouvernement fédéral visionnaire aurait pu reprendre le débat sur des bases nouvelles, jumelant par exemple les aspirations nationales des Québécois et celles des nations autochtones, qui ne sont pas reconnues dans la Constitution. Pas même comme premiers peuples fondateurs.

Peut-être au 200e. Si le Québec répond toujours « présent ! »

 


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