«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les médias américains sont pourtant tout ce qu’il y a de plus coulants à son endroit et envers ses politiques

Obama considère les médias comme des ennemis des États-Unis

vendredi 2 août 2013

Le soldat Bradley Manning était accusé de collusion avec l’ennemi et d’espionnage pour avoir transmis à Wikileaks en novembre 2009, alors qu’il était analyste de renseignements en Irak, des centaines de milliers de documents diplomatiques et militaires américains. Il a été déclaré non coupable de la première accusation et coupable de la seconde.

Manning n’est ni un traitre, ni un espion qui espérait monnayer des secrets d’État américains. Il voulait simplement alerter ses concitoyens et le reste de la planète sur des comportements criminels et des actions illégales perpétrés par des représentants du gouvernement des États-Unis. Comme l’a souligné son avocat durant le procès, Manning était simplement un jeune homme naïf et bien intentionné qui a été révolté parce qu’il a vu en Irak.

La juge-colonel Denise Lind a refusé que la défense expose les motivations de Manning. Lors d’une audience préliminaire, il avait expliqué qu’il avait coulé l’information pour exposer le « goût du sang » des forces américaines ainsi que la duplicité et la mauvaise foi de la diplomatie de son pays.

Une vidéo qu’il a transmise montrait l’équipage d’un hélicoptère qui abattait à la mitrailleuse un groupe de civils irakiens et deux journalistes de l’agence Reuter. On entendait les voix du pilote et du mitrailleur qui s’amusaient du crime qu’ils étaient en train de commettre. Les deux militaires n’ont jamais eu à répondre de leur crime de guerre devant la justice.

Les révélations du soldat Manning ont largement contribué à démontrer les abus commis par les forces américaines en Irak et en Afghanistan et comment les autorités politiques et militaires du pays trompaient l’opinion publique. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a qualifié la condamnation de « dangereux précédent » décrivant Manning comme la source journalistique la plus importante jamais vue.

Accuser des lanceurs d’alerte en vertu de l’« Espionage Act » est particulièrement abusif. La loi a été adoptée lors de la première guerre mondiale et a rarement été utilisée contre de vrais espions. Elle a surtout été utilisée pour limiter la liberté de presse par l’administration démocrate actuelle. Depuis que le président Obama est au pouvoir, sept lanceurs d’alerte ont été accusés d’espionnage pour avoir coulé des informations aux médias alors que sous toutes les administrations précédentes, cela ne s’était passé que trois fois.

C’est à croire qu’Obama considère les journalistes et l’opinion publique américaine comme des ennemis. En agissant ainsi, l’administration Obama viole carrément le Premier Amendement de la Constitution américaine de 1791, qui assure la liberté d’information aux États-Unis.

Contrairement au Canada, les États-Unis n’ont pas de lois sur les secrets officiels. Et il a toujours été difficile d’en faire adopter une. La tradition de liberté de presse américaine veut que le droit de savoir du peuple est plus important que le droit du gouvernement de lui cacher des choses.

Le jugement de la colonel Lind va permettre de considérer toutes fuites touchant des questions de sécurité nationales comme aidant les ennemis des États-Unis. L’administration Obama espère que la condamnation pour espionnage de Manning va intimider de futurs lanceurs d’alerte.

Le gouvernement américain a l’intention d’invoquer aussi l’« Espionage Act » dans le cas d’Edward Snowden qui a révélé comment les États-Unis livraient une surveillance généralisée des communications de ses citoyens et de la planète entière. Comme Manning, Snowden, actuellement bloqué à l’aéroport de Moscou, a agi dans l’intérêt public et de façon totalement désintéressée alors qu’il savait que sa dénonciation aux médias allait lui causer de graves préjudices.

C’est un abus scandaleux et une injustice grave que d’assimiler des fuites aux médias à des activités d’espionnage.


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