«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

« Le gouvernement canadien, lui, va d’un fantasme à l’autre »

Nous sommes redevenus des porteurs d’eau

La question des langues au Canada est d’abord une question de rapports de force, donc, pour l’essentiel, une question démographique et politique

dimanche 8 janvier

« Il y a un travail de sensibilisation à faire au niveau de cette perception-là. »

Tous les clichés des relations publiques y sont. C’est l’attaché de presse de Mélanie Joly qui s’exprime ainsi.

Il réagissait au sondage dévoilé cette semaine qui montrait que la très grande majorité des anglophones ne considèrent pas le français comme une langue menacée au Canada.

Bref, si les Canadiens anglais étaient plus « sensibles », ils « percevraient » mieux. Commandé par Ottawa, je subodore que le sondage vise à calibrer la propagande qui marquera le 150e anniversaire du Canada en 2017.

Réalité

C’est évidemment de la pure bouillie pour les chats : la question des langues au Canada est d’abord une question de rapports de force, donc, pour l’essentiel­­, une question démographique et politique. Évidemment, La Presse, dans une de ses habituelles contorsions, a trouvé le moyen de se réjouir que 82 % des anglophones disent que la dualité linguistique « facilite la compréhension » et fait partie de l’identité canadienne.

Vous auriez des pourcentages similaires si vous demandiez s’il est bien ou mal de tromper son conjoint. Peu importe que ces anglophones ne puissent pas tenir une conversation en français.

Et je ne blâme surtout pas les anglophones du reste du Canada : pourquoi devraient-ils se forcer pour apprendre une langue française parfaitement inutile pour l’immense majorité d’entre eux ? Au Canada, apprendre l’anglais est une nécessité pour les francophones, mais apprendre le français est une coquetterie pour les anglophones hors Québec. Ne blâmons pas non plus les immigrants.

Le multiculturalisme, religion laïque officielle du Canada, les encourage à garder leur culture et leur langue d’origine : pourquoi devraient-ils être sensibles au sort d’une langue française, minoritaire parmi d’autres, qui n’a pour seul trait distinctif que d’être ici avant leur arrivée ?

Le gouvernement canadien, lui, va d’un fantasme à l’autre.

Trudeau père voulait que le gouvernement fédéral fonctionne dans les deux langues d’un océan à l’autre. Du délire.

Trudeau fils parle les deux langues officielles en même temps, mais veut faire du Canada un État « post-national ». Encore du délire.

Nous

Le combat pour la langue française est d’abord la responsabilité du gouvernement du Québec et des francophones.

Or, ces derniers, pour beaucoup d’entre eux, la parlent mal, l’écrivent mal, applaudissent ceux qui la parlent aussi mal qu’eux, se moquent de ceux qui essaient de bien parler et, fondamentalement, s’en foutent.

Nos institutions multiplient les programmes bilingues et les traductions sur demande, ce qui envoie le message que le français est optionnel ou sur un pied d’égalité avec l’anglais.

Le gouvernement Couillard, lui, s’en fout parce qu’il sait qui vote pour lui.

Essentiellement, si la langue française recule au Canada, les francophones n’ont qu’à en tirer les conclusions politiques et à agir en conséquence. Mais ils refusent de le faire.

Alors, pourquoi s’étonner que les anglophones regardent de haut la langue d’un peuple qui devrait écrire « grand parleur, petit faiseur » sur ses plaques d’immatriculation en guise de devise nationale ?

 


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