«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Nous les inférieurs ...

Tribune libre de Vigile
samedi 28 novembre 2015
579 visites 6 messages

Comme on l’a déjà vu dans le passé, le témoignage d’individus anglophones touchent parfois des points que nous nous interdisons d’aborder, nous, comme société, en tout cas dans les médias traditionnels.

Le texte What are Anglophones in Québec really like ? décrit clairement son sujet sans passer à côté de ce qui n’est pas autorisé, normalement. Il est nuancé, il se permet même de catégoriser les francophobes. Il me semble qu’il serait pédagogique de traduire et de publier ce texte, ce que je ne saurais faire moi-même sans erreur.

Nic Payne en dit : « Des francos complexés, des anglos pleins de mépris distillant un propos parfois violent, une ouverture à sens unique, un Québec où tout le monde n’est pas Québécois. Autant de choses que la rectitude politique, ainsi qu’une furieuse volonté de balayer l’évidence sous le tapis, interdisent de dire, sous peine de se voir accoler les pires étiquettes. »

Ça dure depuis assez longtemps maintenant, il faut casser la baraque. Il faut cesser d’être gentil et dénoncer haut et fort ces « white people » qui se croient supérieurs (en terme de civilisation) et pour qui l’ouverture au monde signifie strictement se fondre dans la masse anglophone.

Trop de générations ont regardé ces « white people » et ont voulu leur ressembler, être comme eux. Trop de gens se sont mis à penser comme eux. Oui c’est raciste de vouloir être différents, oui c’est stupide de refuser l’anglais, etc. En conséquence trop de gens aujourd’hui ont cette mentalité malsaine et pratiquement suicidaire de rejeter ce que nous sommes.

Le problème : c’est devenu un réflexe automatique chez la plupart de ces francophones atteints. C’est pourquoi je parle de casser la baraque. Il faut enfin s’adresser directement à ceux qui nous combattent.

Ce texte dénonciateur devrait être le discours quotidien de l’indépendantiste, sa position. C’est ce discours qu’il faut diffuser dans le ROC mais aussi et surtout auprès des francophones qui jouent aux vierges offensées dès qu’on questionne l’immigration ou les accommodements raisonnables. Ces colonisés, comme le dit l’auteur, qui refusent une Charte québécoise et pourfendent ses défenseurs, une Charte se prononçant sur notre existence et notre volonté de pérennité, comme si cela n’était pas parfaitement normal.

Commentaires

  • Marcel Haché, 29 novembre 2015 13h13

    Le Québec est devenu une société riche sans l’Indépendance. C’est précisément parce Nous sommes devenus une communauté riche que Nous hésitons à l’égard de l’Indépendance.

    Faire campagne sur le thème de la richesse, en particulier que Nous deviendrions plus riches avec l’Indépendance, relève, au plan de la joute électorale, cela relève de la pensée magique. C’est du moins le sens qu’il faudrait tirer de la réponse de l’électorat au discours de celui qui garde toute votre admiration lors des deux dernières élections provinciales.

    Il faut nommer ses ennemis pour pouvoir les combattre, vous avez raison m. Bouchard, mais cela constitue encore une méchante grosse job dans tout notre camp comme dans toute notre flotte, y compris au navire amiral… Nous peinons encore à sortir de l’Incantation.

  • André Gignac, 29 novembre 2015 10h48

    Monsieur Bouchard

    Je suis très content que vous abordiez ce sujet qui est tabou au Québec mais qui doit être crevé afin de sortir de ce coma collectif paralysant qui nous empêche d’évoluer. Moi, je n’ai pas de problème avec ça pour tirer à bras raccourcis sur le West Island ou sur l’immigration démesurée au Québec mais l’appui n’est pas fort, je vous l’assure. Ce qui manque aux Québécois, c’est un minimum de fierté et de respect d’eux-mêmes ; le fait de ne pas être ancré dans une identité québécoise forte nous empêche de réagir spontanément et rapidement avec agressivité face à la provocation ou à tout autre problème qui nous touche collectivement.

    Nous sommes toujours portés à nous écraser et à tenter d’éviter d’affronter les vrais problèmes touchant notre collectivité avec pleins de raccourcis et de fuites par en avant. Pensez à l’élection du 7 avril 2014 qui nous a fait paniquer juste à entendre le mot référendum. Franchement, ça l’a dénoté à quel point nous étions colonisés et fiers de l’être. Il faut que cette maudite mentalité de colonisés et de perdants cesse ; nous ne sommes plus en 1759 sur les Plaines d’Abraham. C’est la raison pour laquelle les Québécois, amateurs de hockey, se projettent tellement dans les victoires du club de hockey Canadien de Montréal. Ce qui nous manque aussi, c’est la spontanéité d’agir rapidement face à une agression collective comme celle de la ministre Weil de la Citoyenneté et de l’Immigration, la semaine dernière, lorsqu’elle a parlé des écoles anglaises de Montréal qui étaient prêtes à accueillir les immigrants syriens pour les éduquer en anglais.

    Les Montréalais auraient dû manifester spontanément par centaines devant le bureau de la ministre Weil ; ça n’a aucun bon sens d’avoir manqué une aussi belle occasion. Nous n’avons pas ce réflexe de nous faire respecter collectivement, c’est malheureux. Ne comptons pas sur le PQ pour le faire, ce parti est aussi fédéraliste que le PLQ. Hier, j’ai visionné le vidéo de Marine Le Pen sur Vigile. Wow ! quel charisme ! Le PQ sans un chef avec un charisme semblable aura de la difficulté à convaincre les Québécois à réaliser l’indépendance ; ça prend des tripes pour faire résonner la fibre nationaliste. Voilà ce que j’avais à écrire pour le moment, j’y reviendrai. Excellent texte !

    André Gignac 29/11/15

  • Michel Guay, 29 novembre 2015 09h16

    À lire mon site MPQ . Pour que les Québécois votent pour l’indépendance il faut leur permettre de devenir indépendant en distribuant comme dans toutes les principales périodes historiques du Québec Une PARTIE DU TERRITOIRE .

    Michel Guay

  • D. Drouin, 28 novembre 2015 20h45

    Très intéressant et pas encourageant du tout.

    Je me permets de mettre le lien pour la version française

    http://unamericainauquebec.blogspot.ca/2015/11/qui-sont-vraiment-les-anglophones-du.html

  • Ouhgo, 28 novembre 2015 20h07

    Peuple vaincu, jamais relevé. La jeune génération est tellement écoeurée de voir ses parents bafoués par des générations de "vainqueurs" qu’elle opte pour nier son identité : comme un suicide, pour arrêter de souffrir.
    Les "rendus ailleurs" croient qu’en travestissant leur nom, leur prononciation mal apprise, leurs habitudes alimentaires et vestimentaires, ils deviendront "des leurs". Ils ont eu beau prétendre que leur vote Mulcair ou Trudeau était stratégique pour conjurer le démon, ils n’ont pu jouer le jeu jusqu’au bout : Trudeau élu, ils plongent dans une nouvelle trudeaumanie qui les mènera à d’autres aéroports fantômes, d’autres sièges en jeu pour une nouvelle constitution, d’autres Québec bashing voués à leur faire ravaler leurs rêves autonomistes, leur fierté pour une Amérique généreuse de ses origines.
    Quand on se comporte comme une carpette, on ne se surprend pas de voir les bottines rustres se frotter dans notre face.

  • Pierre Bouchard, 28 novembre 2015 16h55

    Notez que l’auteur a publié la version française, elle est disponible en suivant le lien original qui mène au texte anglais. En haut de ce texte il y a le lien pour la version française.

    Jean-Martin Aussant dit que pour rallier les québécois à la cause de l’indépendance, il faut travailler du côté de l’économie, le côté identitaire étant vécu par chacun de façon intrinsèque et, en conséquence, on n’a pas à convaincre quiconque là-dessus. À mon avis il se trompe (ça ne change rien à cet homme politique que j’admire), au contraire l’état de faible conscience citoyenne diluée dans de plus en plus de franges de la société fait en sorte qu’au Québec, les citoyens sont plus fortement conditionnés qu’ailleurs à haïr tout ce qui est « trop québécois », entendre « arriéré ».

    Aujourd’hui les preuves ont été faites qu’on est capable au Québec de « jouer parmi les grands » en ce qui concerne l’économie, les mentalités ont évolué à ce sujet. Par contre, de façon générale parmi les gens qui ne veulent pas que nous soyons libres de nous occuper nous-mêmes de nos affaires, on pense encore que nous sommes inférieurs, nous sommes des adolescents, inaptes à donner notre avis sur les grands enjeux internationaux, par exemple, et non autorisés à nous prononcer sur notre avenir.

    Après les grands chantiers économiques il faudra entreprendre le dernier grand chantier, celui de la dignité.

    Je ne demande pas une chasse aux sorcières ; dénonçons systématiquement les idées multiculturalistes chaque fois qu’elles sont exprimées, comme autant d’attaques directes à notre intégrité.

    Chaque fois qu’un interlocuteur indépendantiste est interviewé ou participe à une tribune télévisée, il devrait tenir un discours s’inspirant du texte dont on parle.

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