«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La course à la direction du Parti Québécois

Notre pire adversaire est en nous : la peur

Chronique de Bernard Desgagné
lundi 3 octobre 2016
820 visites 7 messages

« Si on n’en parle pas, c’est que ça n’existe pas. C’est ça, le pouvoir des médias. » — Dubuc, le directeur de l’information dans Elvis Gratton XXX : La Vengeance d’Elvis Wong, de Pierre Falardeau

J’aime bien les analogies sportives, car je m’y connais. Joueur de hockey, coureur de demi-fond, puis skieur de fond et biathlonien, j’ai enseigné pendant des années l’éducation physique et j’ai été entraineur sportif, notamment en athlétisme et en soccer. Or, ces jours-ci, dans la course à la direction du Parti Québécois, il est souvent question de travail d’équipe. Chaque joueur, si talentueux soit-il, doit harmoniser ses efforts avec ceux de ses coéquipiers pour que la stratégie porte des fruits.

Le Parti Québécois brandit souvent l’argument de la division des troupes pour inciter tous les indépendantistes à se rallier à lui. Des ultrapéquistes vont même jusqu’à accuser Québec Solidaire d’être l’allié du Parti libéral. Réunissons toutes nos étoiles dans notre équipe nationale, disent-ils, et la victoire sera à la portée du Québec. En théorie, ça a l’air simple, mais en pratique…

Mettons que le champion buteur des bleus se met à faire des passes à l’équipe des rouges. Au même moment, l’armoire à glace des bleus commence à avoir peur des mises en échec malgré ses 6 pieds et 4 pouces. Le gardien de but des bleus, lui, a l’air d’avoir perdu ses verres de contact. Pris de panique, l’entraineur des bleus dit à ses joueurs : « O.K., les boys, comme vous avez pas trop l’air hot à soir et qu’on perd 3 à 2 avec 10 minutes à faire, on va se replier tout le monde dans notre territoire et puis attendre les conditions gagnantes en priant la sainte vierge. » L’esprit d’équipe, en pareil cas, c’est de dire aux joueurs et à l’entraineur qui sont sortis trop tard dans les bars la veille de rester dans les gradins pendant que d’autres jouent le match.

En politique comme dans le sport, le but est de gagner, et l’esprit d’équipe ne consiste pas à obéir bêtement pendant que tout le monde s’en va à l’abattoir, mais bien à extirper de la pensée de nos coéquipiers les mauvaises idées de défaite et de découragement que tente de leur insuffler l’adversaire.

Pour gagner, c’est soi-même qu’il faut vaincre

Le travail d’équipe n’est pas la seule analogie qu’on peut faire entre la politique et le sport. N’importe quel sportif de haut niveau vous dira que, pour gagner, il faut apprendre à se surpasser soi-même. Il faut vaincre ses craintes et son manque de confiance. La performance du sportif dépend de ses efforts et ses décisions à lui. C’est ce que fait le sportif lui-même qui compte, car il n’a que peu de contrôle sur la performance de son adversaire. Il doit rester concentré sur son plan de match et ne pas se laisser distraire. C’est ainsi qu’il maintiendra sa confiance en ses capacités et qu’il pourra donner le meilleur de lui-même.

Or, dans la lutte pour la souveraineté du Québec, l’adversaire a réussi à faire perdre confiance à certains militants indépendantistes. Beaucoup de péquistes sont aujourd’hui tétanisés par la peur, qui est bien mauvaise conseillère en politique comme dans le sport. La machine fédérale à asservir leur est entrée dans le cerveau.

Chaque jour, des indépendantistes sont malheureusement trop à l’écoute de ce que leur racontent, sur le Québec et sur le monde, des médias au service d’une oligarchie apatride dont le seul dieu est l’argent. Radio-Canada, TVA, La Presse : même combat pour faire comprendre aux gens ordinaires qu’il est dangereux de remettre en question fondamentalement le capitalisme financier débridé — au mieux, on peut revendiquer plus de miettes — et qu’il est également dangereux pour un peuple de vouloir être souverain, au lieu de se contenter d’un simulacre de démocratie.

Le Téléjournal, le TVA Nouvelles et les autres émissions d’information à grand budget, aux échos omniprésents dans les médias sociaux, ne nous offrent pas du tout une représentation fidèle de la réalité. Le mandat de TVA est de faire de l’argent avec des potins et du sensationnalisme, tandis que le mandat de Radio-Canada, ne l’oublions surtout pas, consiste à favoriser l’unité « nationale », donc à lutter contre le projet indépendantiste québécois avec un machiavélisme toujours renouvelé. Par comparaison avec les radios poubelles de Québec ou même avec TVA, Radio-Canada fait peut-être bonne figure, mais c’est précisément avec son apparence de rigueur et de professionnalisme entretenue grâce à des centaines de millions de dollars issus des poches des contribuables qu’elle parvient à duper beaucoup de Québécois relativement instruits et politisés, notamment des indépendantistes.

La vision du monde que les grands médias cherchent à nous enfoncer dans la tête est façonnée par des directeurs de l’information dont le travail consiste à sélectionner habilement les questions sur lesquelles ils braqueront les projecteurs, au détriment de ce qui ne sert pas les desseins de leurs patrons. Ainsi, depuis quelque temps, des sondages plus ou moins défavorables à la souveraineté du Québec sont mis en exergue par les médias, au point où un ancien employé de Radio-Canada aujourd’hui candidat à la direction du Parti Québécois, Jean-François Lisée, a fait de ces sondages la principale justification de sa proposition de reléguer l’option souverainiste aux calendes grecques. Et pour les partisans de ce candidat, les sondages semblent être devenus une obsession. C’est un beau cas de lavage de cerveau médiatique.

La réalité du fédéralisme immuable et de la minorisation

Les sondages sont en bonne partie le reflet des idées que les médias s’efforcent de mettre dans la tête des gens. En pleine course à la direction du Parti Québécois, après avoir boudé le discours indépendantiste pendant des années, les directeurs de l’information vérifient si leur stratégie a été efficace. Parlez-en au député du Bloc Québécois Louis Plamondon. Dans la foulée de l’artificielle et éphémère vague orange de 2011, construite de toutes pièces avec des sondages, lui dont le parti avait tout de même recueilli un vote sur quatre au Québec a vu ses points de presse complètement désertés pendant quatre ans par les salariés des grandes entreprises de presse québécoises. Si on n’en parle pas, c’est que ça n’existe pas, n’est-ce pas ? Les médias influencent énormément l’opinion publique et font mine d’être surpris lorsque les sondages confirment cette influence.

Or, au-delà de l’occultation médiatique, existe-t-il une seule raison pour laquelle l’indépendance du Québec ne serait plus aussi nécessaire aujourd’hui qu’en 1995 ? La fédération canadienne a-t-elle subi des transformations qui seraient favorables au Québec, depuis le dernier référendum ? Bien sûr que non ! C’est même tout à fait le contraire.

À l’heure actuelle, les Québécois sont plus minoritaires que jamais au Canada. En 1995, ils avaient 75 députés sur 295 (soit 25,4 % des voix) ; ils n’en ont plus que 78 sur 338 (soit 23,1 %). Leur langue subit plus que jamais les assauts de la langue dollar. Parlez-en aux immigrants francophones qui, après avoir été sélectionnés par le ministère de l’Immigration du Québec pour leur connaissance du français, se font dire, dès qu’ils débarquent à Montréal, qu’ils n’auront pas de job s’ils ne parlent pas anglais.

Les entreprises fédérales comme les banques, les sociétés de télécommunications et les grandes sociétés de transport ne sont toujours pas soumises à la Charte de la langue française du Québec ou loi 101. Ottawa envoie toujours des centaines de millions de dollars chaque année à l’Université McGill et à d’autres établissements ou groupes de langue anglaise du Québec afin de les aider à créer des milieux de travail anglais. Par conséquent, le français recule au Québec, notamment à Montréal. Et dans les autres provinces canadiennes, c’est l’hécatombe. Le Canada a deux langues officielles, mais il y en a une qui est un peu plus officielle que l’autre.

Comme en 1995, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), dont les membres sont nommés par le gouvernement d’Ottawa, détermine qui aura le droit de diffuser de la propagande au Québec. Et Ottawa finance encore massivement la diffusion de la propagande fédérale par Radio-Canada, avec les impôts des Québécois. Au référendum de 1995, le réseau français de Radio-Canada accordait un temps d’antenne égal aux deux camps, mais le réseau anglais, lui, favorisait nettement le camp du non. C’est ce que Radio-Canada qualifie de journalisme impartial.

L’argent des Québécois sert encore à financer les entreprises guerrières de l’OTAN, où le terrorisme et les énormes mensonges politicomédiatiques jouent un rôle de plus en plus grand. En 1994, c’était le renversement d’Habyarimana dans un bain de sang, au Rwanda, par les terroristes du FPR aidés de saint Dallaire. Puis, ce fut le bombardement de la Yougoslavie et la torture d’enfants somaliens. Ce fut aussi l’Afghanistan, pays dévasté et occupé par l’OTAN où beaucoup de soldats québécois sont morts en vain.

En 2011, Ottawa a utilisé l’argent des contribuables québécois, des pilotes québécois et un général québécois pour semer la terreur et la destruction dans le pays le plus prospère d’Afrique, la Libye, qui est depuis lors la proie d’un chaos indescriptible. La même année, Ottawa a financé les terroristes sanguinaires des Forces nouvelles en Côte d’Ivoire avec l’argent des Québécois. Résultat : cet autre pays d’Afrique qui pourrait être prospère est aujourd’hui sous l’emprise d’une dictature impitoyable.

En 2013, les taxes et les impôts que l’État fédéral perçoit au Québec ont servi à financer le renversement par les armes du président démocratiquement élu de l’Ukraine en faisant croire au public québécois qu’il s’agissait d’un soulèvement populaire. L’Ukraine est plongée depuis dans une guerre civile que Radio-Canada impute à Vladimir Poutine. Étrangement, la Crimée, elle, vit en paix depuis que les Criméens ont choisi démocratiquement, par une majorité écrasante, de réintégrer leur patrie de toujours, la Russie.

Mais le pire, dans l’utilisation guerrière de l’argent des Québécois, c’est sans doute l’appui indéfectible d’Ottawa aux mercenaires étrangers qui terrorisent les Syriens depuis 2011, dans le but de renverser le président Assad et de semer le désordre et la violence dans un pays qui serait ainsi « démocratisé », nous dit-on. Ces mercenaires terroristes s’appellent tantôt Daech, tantôt Al-Nosra et n’ont jamais été « modérés », contrairement à ce que ne cesse de nous raconter Radio-Canada. La République arabe syrienne est le seul pays arabe dont les institutions publiques sont laïques, mais Ottawa préfèrerait y installer un régime de djihadistes qu’il fait semblant de combattre avec une hypocrisie invraisemblable. Il y en aurait beaucoup à dire sur l’utilisation de l’argent des Québécois pour nourrir le conflit en Syrie, mais revenons à ce qui se passe chez nous.

Dans la fédération canadienne qui ne cesse de se dire vertueuse et exemplaire, l’omnipotent premier ministre du Canada, qui est élu par la nation anglaise de plus en plus majoritaire du Canada et qui doit rendre des comptes avant tout à Bay Street, nomme directement ou indirectement beaucoup de monde. Il nomme les ministres. Il nomme les juges, y compris ceux du Québec. Il nomme les sénateurs, les présidents des sociétés d’État, le commissaire de la GRC et celui du SCRS ainsi que les membres de plusieurs organismes de règlementation, notamment l’Office national de l’énergie, basé à Calgary, qui est souverain en matière de pipelines. Belle démocratie !

L’économie du Canada est plus que jamais axée sur l’exploitation du pétrole, tandis que l’intérêt du Québec est dans les énergies et les technologies vertes. Ottawa subventionne à coups de milliards les pétrolières de l’Ouest et l’industrie de l’automobile en Ontario, mais néglige l’industrie forestière au Québec et les technologies d’avenir qu’elle recèle. Enfin, le Canada anglais bitumineux nous dit d’encaisser nos chèques de péréquation et de fermer nos gueules quand ses riches actionnaires veulent polluer nos cours d’eau et nos terres agricoles avec du pétrole, sans aucune retombée économique valable pour le Québec.

Vous en voulez d’autres, des conditions gagnantes ?

Dans la course à la direction du Parti Québécois, deux candidats m’ont paru dignes de présider aux destinées de la nation québécoise : Martine Ouellet et Paul St-Pierre Plamondon. J’ai beaucoup de sympathie pour le second, qui a des qualités exceptionnelles. Néanmoins, je pense que le Parti Québécois doit cesser d’avoir peur. Notre pire adversaire est en nous-mêmes, et la courageuse Martine Ouellet est la seule à nous proposer de vaincre nos démons. Elle aura mon premier vote.


Extrait du film Elvis Gratton XXX : La Vengeance d’Elvis Wong, de Pierre Falardeau

Commentaires

  • Stéphane Sauvé-Boulet, 4 octobre 2016 16h42

    Monsieur,

    Votre texte m’a amené à prendre mon courage à deux mains, briser ma peur d’être vulnérable, me révéler sous mon vrai nom et dire "oui" à cette game de hockey auquel vous faites allusion. Je suis prêt à aller dans les coins.

    Votre texte me donne la conviction de notre réussite. Oeuvrons en équipe, et libérons nous de ces satanés lubies qui nous empêchent d’être le meilleur de qui nous sommes. C’est ce que je retiens.

    Peu importe l’issue du vote de Vendredi, le train est parti.

    Mes chaleureuses salutations d’Ottawa...

  • stephane sauvé , 4 octobre 2016 16h22

    Quel texte !!!!!!

    vous m avez convaincu.

  • Michelle Bergeron, 4 octobre 2016 14h45

    Tout a fait d’accord avec vos choix. La seule ombre au tableau c’est que la population a refuser de voter pour les verts alors que le PQ a pris la relève ce qui fait ombrage au tableau à mon humble avis. Le PQ se doit d’être neutre à tout point aucune division droite, gauche, catho, écolos etc seul l’indépendance a un sens à mon point de vue pour mieux redevenir une coalition.

  • Jacques Tremblay, 4 octobre 2016 12h13

    Dans Léolo, un film de Jean-Claude Lauzon, il y a une scène que les péquistes et autres indépendantistes devraient revoir et méditer. C’est celle où on voit un grand et fort Canadien-Français, tout en muscles, se faire péter la gueule par une petit anglo qui fait à peine 145 livres (tout mouillé). À l’issue du combat, le petit anglo dit à Monsieur Univers : « Tu sais pourquoi tu te fais battre ? Parce que t’as peur... T’es chieux... ». Ça dit beaucoup de choses.

    Pour devenir un pays indépendant, il va falloir beaucoup plus qu’un référendum. L’ingrédient principal sera le courage, le courage de dire « Ça va faire. » Ça va faire la présence de l’anglais partout, ça va faire l’obligation de parler anglais pour obtenir un emploi, ça va faire le financement des écoles et institutions anglophones, ça va faire la mainmise des gouvernements étrangers sur notre territoire et sur nos ressources, ça va faire une fiscalité à l’avantage des riches, ça va faire la monarchie et le serment de fidélité à la reine d’Angleterre, ça va faire les accommodements pour des raisons religieuses, ça va faire le reniement de notre histoire et de ce que nous sommes...

    Je rêve d’un gouvernement capable de courage et qui fera ce qu’un gouvernement doit faire, c’est-à-dire des lois, et surtout des lois qui ne chercheront pas nécessairement à plaire à tout le monde, mais qui feront l’affaire de la majorité. Tant pis si ça ne plait pas à Ottawa et à sa Supreme Court. Tant mieux pour nous, cela va sans dire. La meilleure pédagogie d’un gouvernement indépendantistes, c’est la législation. On verra alors les cris du West Island et ceux des bien-pensants de partout. Le courage sera de tenir debout. À ce moment-là, on pourra demander à la population si elle veut sa complète indépendance ou si elle préfère s’écraser.

  • Gaston Carmichael, 3 octobre 2016 20h58

    À TLMEP, dimanche soir, Radio-Canada a encore bien rempli sa mission. Dans le montage qu’ils ont fait du passage de nos quatre mousquetaires, Lisée a été présenté dans le rôle du méchant, tandis qu’on donnait le beau rôle à Cloutier. Les deux autres étaient des acteurs de soutien.

    JFL s’est donné la peine d’élaborer un programme en 18 ou 20 propositions (je ne les compte plus). Toutefois, nos média fédéralistes ont décidé qu’il n’y avait que deux enjeux à cette campagne : l’identitaire et le référendum. On a escamoté tout les autres sujets. L’entrevue de JFL avec Michel C. Auger était particulièrement révélatrice de cette stratégie.

    Pour R-C, Lisée est l’homme à abattre. Cloutier est l’homme à imposer. Ouellet et PSPP semblent avoir déjà été éliminés de cette course. J’ose espérer que les membres leur réserve une méchante surprise vendredi.

  • Jean Bouthillette, 3 octobre 2016 20h11

    Wow ! Quel état des lieux.

    Tous les membres du Parti Québécois devrait en recevoir une copie avant le vote.

  • Frédéric Charest, 3 octobre 2016 19h09

    Merci Mr. Desgagnés de rappeler l’esprit d’équipe à ceux qui croit que cela ne s’applique qu’au montreal canandians.

    J’ai justement vu pour la première fois "La vengeance d’Elvis Wong" la semaine dernière et ai constaté que Falardeau et Poulin nous a vraiment payé la traite !

    Ce film contient beaucoup plus qu’il n’y paraît...

    Des vidéos pour les sceptiques de l’opacité généralisée :

    USA News Is FAKED : https://www.youtube.com/watch?v=4sKTe6hzlio

    ONCLE BERNARD – L’ANTI-LEÇON D’ÉCONOMIE - Extrait 1 : https://www.youtube.com/watch?v=xBuhmrK3rUg

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