«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La petite guerre

Non au Burkini

La menace du fondamentalisme et le problème de la transnationalisation

Chronique de Sengtiane Trempe
vendredi 25 novembre 2016
634 visites 4 messages

« Dans ce monde déterritorialisé, les mobilisations ont leur ruse : ceux qui ont créé l’affaire Salman Rushdie ou inventé la question du voile savait que les acteurs occidentaux, étatiques ou privés, en feraient une machine de guerre qui servirait parfaitement aux fins de « culturalisation » des ressentiments sociaux ». Chapitre VIII, De la Recomposition dans La Fin des Territoires, Bertrand Badie

Pourquoi dire non au burkini ? L’argumentaire du libéralisme emprisonne les individus dans un cadre d’analyse, de compréhension, de raisonnement qui ratisse à perte de vue. La liberté individuelle prime sur celle de la collectivité. Nous assistons aujourd’hui au mariage des « grands esprits mondialistes », de la gauche sociétale à la droite économique contre toute forme de nationalisme.

L’importance de la question du burkini s’inscrit dans la crise de souveraineté de l’État-nation. L’incarnation de l’Islam ne pourra jamais être l’État-nation. L’État-nation se veut être une institution séculière et même une institution laïque. Séculière car il y a eu une période dans l’histoire de distanciation face au religieux ; laïque car il y a une séparation entre le religieux et l’État. En opposition, l’incarnation politico-institutionnelle de l’islam ne peut seulement qu’être l’umma. Qu’est-ce l’umma ? Le terme désigne la communauté des croyants. La religion est l’équivalent d’un État sans frontière. Puisqu’elle s’exprime d’abord à travers la démographie de cette grande famille de croyants exempte de barrières nationales, alors l’assise territoriale - élément fondateur de l’Etat-nation - prend le bord. Elle (l’umma) est par définition transnationale car son but ultime est de se répandre à travers le monde entier et de convertir jusqu’au dernier des infidèles. Donc un État fondamentaliste (qu’incarne l’Islam) n’est pas un État-nation. Il ne l’est ni dans sa relation au monde, ni dans sa relation avec la collectivité de la patrie, c’est-à-dire celle qui vit sur le territoire national.

Le burkini s’inscrit dans le grand projet fondamentaliste du califat mondial. Une théocratie mondiale échappe au paradigme de l’État-national. Ce projet fondamentaliste en est un de conquête et procède par la prosélytisme de la foi. Avec la bénédiction de la gauche sociétale qui se porte à la défense de toutes les minorités qui soient, l’Islam - projet fondamentaliste- procède intrinsèquement de la destruction des institutions en place - locales, nationales et internationales - pour qu’elles s’harmonisent avec les grands principes de la foi musulmane. Dans un monde déterritorialisé, où les rapports entre les groupes transnationaux sont difficilement contrôlables, l’État fondamentaliste dispose du terreau idéologique par excellence pour s’imposer.

L’umma, le fondamentalisme religieux et l’Islam sont dépourvus des objectifs régaliens de l’État-national. L’islam politique n’a pas comme intention d’être le représentant ni de ses membres, ni de leur identité autre que celle prescrite par un livre écrit en 632 par un gardien de chameau. Il n’est qu’à la recherche d’un but unique : la soumission à son dieu, et à son code juridique encapsulé dans la charia. En ce sens, défendre l’Islam, c’est aider la dissolution de toute la matière historique de l’État-nation, c’est encourager la négation de la légitimité de l’État-nation, pourtant seule forme politique dans l’Histoire à trouver son propos dans la protection de son peuple et le respect du territoire de ses voisins, tel que le fondent les Traités de Westphalie de 1648. Défendre l’Islam c’est en revanche encourager le communautarisme dans lequel se retranchent les identités fondamentales et a partir duquel elles se mobilisent contre « l’État-nation assiégé ». Si vraiment vous êtes épris de liberté pour le peuple et que vous importe la paix entre les Nations, alors vous combattrez l’islam politique jusque dans ses moindres provocations exhibitionnistes visant à conquérir l’espace public et définir la Cité. Et cela comprend cet obscène burkini.

NB : Islam (avec une majuscule) désigne la civilisation islamique. L’islam (avec une minuscule) désigne la religion.

Commentaires

  • gilles verrier, 27 novembre 2016 12h30

    Bonjour,

    Il faut rester dans des solutions de bon droit. Si l’assimilation est imposée aux musulmans il faudrait aussi l’appliquer aux Juifs qui refusent de s’intégrer et aux Siks et aux autres. Loin d’éviter la guerre civile cela pourrait nous y précipiter. La solution consiste davantage à se mobiliser pour briser la complaisance des autorités politiques à l’égard des sources du terrorisme.

    Je l’explique en détails ici en réponse plus complète à votre article.

    http://www.lebonnetdespatriotes.net/lbdp/index.php/dossierslbdp/item/8864-qui-au-canada-protège-le-principal-foyer-du-terrorisme-international- ?

  • Sengtiane Trempe, 26 novembre 2016 19h16

    @ Gaston Carmichael

    Merci beaucoup de votre commentaire, ça me fait un grand plaisir. Je vais répondre sans équivoque.

    Il n’est pas question de tolérer quelque hérésie qui soit et permettre l’intromission du système de valeur de la civilisation canadienne et française. En fait comme le témoigne l’histoire de l’Europe ancienne, il n’y a aucune possibilité d’asseoir quelconque civilisation lorsque l’islam vient constamment dérober la fondation des systèmes des valeurs que partage les canadiens français. Accorder quelconque passe droit est extrêmement préjudiciable pour la sécurité publique, préjudiciable pour la puissance étatique mais également pour eux-même qui sont marginalisés jusqu’au plan matériel. La solution c’est l’assimilation. Il n’y a que la conversion de valeurs, c’est à dire d’adopter totalement les valeurs et la réalité historique du Québec qui peut permettre d’éviter la guerre civile.

    Au plaisir

    ST

  • corbeil yves, 25 novembre 2016 14h00

    Bonjour ! Le pire reste à venir.

  • Gaston Carmichael, 25 novembre 2016 09h01

    Mais où pouvons-nous tracer la ligne pour bloquer la route à cet envahisseur ?

    - Iriez-vous aussi loin que de prohiber le port de signes religieux dans la sphère civile (Walmart, Tim Horton, plages publiques, etc...) ?

    - Serait-il pensable/souhaitable/faisable de modifier les règles de l’immigration pour dire que les personnes de religion musulmanes sont invitées à aller ailleurs (sauf dans les cas de réunification familiale pour ceux et celles déjà installés ici) ?

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