«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Y’en a qui ne comprennent vraiment pas vite, ou alors peut-être sont-ils payés pour avoir l’air de ne pas comprendre

Noël en octobre

lundi 21 octobre 2013

Comme les zombies sortis de terre le week-end dernier pour hanter les rues de Montréal, le spectre de la controverse péri-référendaire s’est subitement matérialisé. Et c’est le gouvernement Harper qui a ouvert le sarcophage en perpétrant une « attaque frontale et sournoise » contre le Québec, a estimé, hier, le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier.

L’affaire concerne le cadre référendaire défini par la Loi 99 adoptée sous Lucien Bouchard, en décembre 2000.

En gros, cette loi proclamait l’autorité du Québec sur le processus référendaire et confirmait la règle du « 50 % plus un » ayant prévalu lors des consultations précédentes. L’adoption de la loi québécoise suivait celle de la Loi sur la clarté référendaire, en juin précédent, sous Jean Chrétien. Peu après ce duel législatif, le chef de l’ex-parti Égalité, Keith Henderson, déposait devant la Cour supérieure une contestation de la Loi 99, ce qui ouvrait un labyrinthe procédural exploré depuis ce jour à pas de tortue dans l’indifférence générale.

Il y a quelques jours, Ottawa choisissait de s’impliquer dans la cause, le geste étant révélé par le magazine Maclean’s.

***

Depuis 48 heures, les spéculations abondent quant aux motivations des conservateurs et aux conséquences qu’aura cette résurrection d’un dossier... mort-vivant. Or, la chose semble plus claire sur le second point que sur le premier : ce n’est pas l’Halloween que va fêter le gouvernement péquiste, mais la Noël en octobre !

Le contexte est d’une grande clarté, en effet.

La rumeur d’un scrutin le 9 décembre est persistante. Avec un débat sur la Charte des valeurs se déroulant depuis des mois sur le terrain de l’identité, tacitement de la « survie », la table est déjà mise pour une campagne électorale qui s’amorcerait sur ce thème, dont le champion est évidemment le Parti québécois. Et voilà que tombe le cadeau d’Ottawa : la perspective d’une bonne vieille chicane fédérale-provinciale dont on ne pourra même pas attribuer la paternité aux souverainistes.

Libéraux et caquistes soutiennent la position historique voulant que le Québec soit maître de son destin. Tout comme les néo-démocrates de Thomas Mulcair, en particulier quant à la règle du « 50 % plus un ». Comment faire autrement ? Une motion de défiance face à Ottawa, vraisemblablement promise à l’adoption unanime, sera déposée cette semaine à l’Assemblée nationale.

Bref, la machine s’est mise à tourner par une sorte d’automatisme - ou de fatalité - politique que l’on a appris à connaître depuis des décennies...

Deux choses seront donc utiles à ce moment-ci. Un : comprendre ce que l’affaire révèle des stratégies et intentions de Stephen Harper. Deux : faire en sorte que la machine ne broie pas tout souci pour les problèmes plus immédiats qu’affronte le Québec, à ce point connus et répertoriés qu’on n’a plus à en dresser la liste.


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