«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Ne pas désespérer Gravelbourg

Chronique de Jean-Pierre Durand
mardi 7 septembre 2010
709 visites 10 messages

Il est rare que je m’affale devant la télé. Pourtant, mon câblodistributeur me fournit l’accès à d’innombrables postes anglo-américains ou à contenu anglo-américain (ce qui est du pareil au même, sauf que doublé en français). Il y a bien sûr un contenu indigène sur certaines chaînes, comme quelques bons téléromans québécois, mais la pub me dérange et je crains la fidélisation comme la peste. Bref, je m’abstiens la plupart du temps de la regarder, trouvant la vie bien trop courte pour la vivre par procuration devant le petit écran, fût-il géant et à haute définition.

Mais parfois je succombe et je m’évache une heure ou deux pour regarder « Belle et Bum » ou « La petite séduction ». Cette dernière émission, qu’anime le sympathique Dany Turcotte, n’est pas la trouvaille du siècle, loin s’en faut, mais c’est une production estivale qui dégage un certain charme, alors soyons indulgent. À chaque fois, c’est le même topo, le fou du roi de TLMEP, accompagné d’un invité vedette, nous fait découvrir un village du Québec, comme à l’époque de la « Soirée canadienne » animée par Louis Bilodeau. Leurs habitants se prêtent alors au jeu pour impressionner, distraire et séduire l’invité de Dany, en misant sur les attraits touristiques du coin, leur patrimoine et leur boustifaille. On se doute que les dés sont pipés et que l’invité complice succombera en bout de piste à tant d’attention à son égard. Mais on n’en demande pas plus à ce genre de programme, surtout quand il est servi en pleine canicule.

Comme l’émission est présentée à Radio-Canada (et produite par La Presse Télé, du groupe Gesca), il n’est pas rare, mission de propagande oblige, que les lieux de tournage se transportent aussi ailleurs au pays, qui dans un village acadien, un patelin franco-ontarien ou une bourgade de l’Ouest canadien où l’on baragouine encore le français, question de nous rentrer dans le coco que le Canada est non seulement le plusse beau pays du monde, mais aussi un pays bilingue... d’une mare à l’autre. Mais les faits sont têtus et, parfois, le jupon dépasse un peu trop, si bien que même la meilleure volonté du monde et une mise en scène à l’avenant n’arrivent pas à nous emberlificoter, à nous faire gober que ce pays sans bon sens serait bilingue mur à mur ou mer à mer. C’était justement le cas l’autre soir, alors que l’émission nous amenait à Gravelbourg, chez les Fransaskois.

Dès les premières images, on sentait que le fait français, s’il était encore perceptible en Saskatchewan, en était à son dernier mille, qu’il s’en allait sur la bum. Déjà que les enfants, c’est si mignon des enfants, reçurent Dany et son invité (Mario Pelchat) en leur chantant dans les deux langues officielles, avec un accent laborieux pour le français, comme s’il s’agissait davantage d’une langue seconde que d’une langue maternelle. Rien de nouveau à l’horizon pour quiconque a entendu aux nouvelles un fermier d’origine canadienne-française des Prairies prendre tout son petit change pour parler sa langue maternelle devant la caméra.

En fait,toute l’émission, sous des dehors réjouissants et festifs attendus, nous montrait une communauté francophone à l’agonie, où seuls les aînés pouvaient encore s’exprimer aisément en français. On apprit que le collège Mathieu de Gravelbourg, institution mythique naguère florissante pour les Fransaskois, était à la recherche désespérée d’élèves, si bien que l’animateur lança même un appel aux Québécois, sur le ton mi-sérieux d’un Dany Verveine, à venir s’établir dans l’Ouest !

Au fond, il n’y avait rien d’étonnant dans cette émission pour qui connaît un tant soit peu l’histoire des Francos (ou les Frogs,comme ils disent si gentiment là-bas) de l’Ouest canadien. Il y a belle lurette en effet que la Saskatchewan a rivé la communauté canadienne-française à un rang subalterne, l’a réduite à une peau de chagrin.

Remontons dans le temps, alors qu’entre 1885 et le début de la crise économique des années trente, la population de langue française de ce qui deviendra en 1905 la province de la Saskatchewan passa de 700 âmes à plus de 50 000. Au début de la colonisation de l’Ouest canadien, dans les régions des Territoires du Nord-Ouest (pour les districts d’Assiniboia et de la Saskatchewan), le français, comme l’anglais, est la langue officielle et peut s’entendre à l’Assemblée législative. Mais, petit à petit, la majorité anglophone s’impose et abolit les droits des francophones, en limitant dès 1888 l’enseignement en français et en y obligeant l’enseignement de l’anglais… et vous vous doutez bien qu’il n’y avait pas d’« Alliance Saskatchewan » généreusement subventionnée pour freiner le processus d’anglicisation.

Bien entendu,les francophones ont combattu ces mesures avec l’énergie du désespoir, mais ce fut peine perdue, les dégâts seront tels que jamais ils n’arriveront à se rattraper et à remonter la pente. Les orangistes, aidés du Ku Klux Klan, auront pour ainsi dire gain de cause. Quand les Fransaskois réussirent à regagner certains droits (par exemple, en 1958, alors que le ministère de l’Éducation reconnaît pour la première fois le programme de français de l’Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan en lui accordant des crédits), il était déjà trop tard, le temps avait fait ses ravages.

Dans son poignant récit intitulé Le Grand nettoyage canadien (Les-Filles-à-papa, Repentigny, 2006), Ernest Bourgault, qui a milité pour le droit à l’enseignement du français en Saskatchewan, rend compte de cette bataille perdue des Fransaskois. Permettez que je le cite :

« Une langue qui a eu cours dans un territoire donné, mais qui a cessé d’y avoir cours est une langue morte. Le processus est irréversible. Que l’on n’essaie pas de cacher le cadavre de la langue française avec des classes dites d’immersion, des activités de folklore, ou encore des conseils scolaires francophones qui enseignent le français à des étudiants anglophones immergés dans une société unilingue anglophone… ces efforts sont d’une efficacité douteuse pour la survie d’une langue. (…)On construit ce pays sur un mensonge. Soyons francs, l’État canadien fait semblant, l’État canadien ment. »

Ne nous contons pas de pipes, la mission de la SRC, à travers des émissions comme « La petite séduction », est de nous faire croire que la francophonie canadienne se porte bien, que le pays est aussi bilingue que ne le sont les boîtes de Special K, que deux langues peuvent vivre sur un même pied sur un même territoire. Tout cela n’est que chimères, on le sait bien et le constat est attristant, même pour nous, les méchants séparatisses.

Je sais bien qu’il y a dans le ROC des foyers qui résistent à l’anglicisation, qui ne demandent pas mieux que de « poldériser » leur territoire pour que la mer anglophone ne puisse l’envahir. Dans mon for intérieur, j’aimerais courir à leur secours, leur dire qu’ils vont y arriver à force d’acharnement et de détermination, que le Québec tout entier est derrière eux, mais à quoi bon se bercer d’illusions, l’anglicisation est leur cheval de Troie et il faudrait bien plus qu’un miracle du frère André pour changer la donne. Que dire aux gens de Gravelbourg ? Qu’ils vont gagner la bataille et rebondir ? Faut-il se faire tant d’accroires ? Je ne crois pas, même si cela me fait mal, parce que je vois bien que c’est aussi le sort qui attend d’autres communautés francophones minoritaires, même si je vois bien que c’est le sort qui nous pend au bout du nez, même au Québec, si nous n’y prenons garde. Gravelbourg, c’est un avant-goût de ce qui nous attend ici-même si nous ne prenons pas notre destin en main, si nous laissons le bilinguisme s’installer dans nos institutions et sur nos terres, si nous permettons aux nouveaux arrivants de s’inscrire dans les cégeps anglophones plutôt que québécois, si nous soutenons financièrement un système universitaire anglophone au-delà du poids démographique réel de la communauté anglophone. Bref, nous n’avons pas de temps à perdre si nous ne voulons pas ressembler à un gros Gravelbourg où le folklore aura pris le dessus.

Hier, au supermarché IGA de Repentigny, les messages à l’interphone étaient présentés dans les deux langues officielles, chose impensable à Ottawa où tout est en anglais, comme à Gravelbourg. Alors, mon cher Dany, c’est pour quand une « petite séduction » à Repentigny, qu’on puisse te chanter I’m a Frog ?

(Le titre de cette chronique m’a été inspiré de Sartre et de Billancourt.)

Commentaires

  • LeCanardHasBeen, 10 septembre 2010 21h07

    A part le chapeau d’entête, je suis passablement d’accord avec tout l’article après avoir vécu dans l’Ouest canadien depuis 30 ans maintenant. La même chose pourrait se dire pour Maillardville et tant d’autres foyers franco qui ont jadis "rayonné".

    Ce rôle de diaspora mentionné en commentaire pour le milieu minoritaire me semble important et devrait être salutaire pour le Québec puisqu’il y a des choses que nous comprenons pour lequel vous n’avez *absolument aucune* idée pour ne pas les avoir vécu, tout simplement. C’est sûr aussi que la SRC n’a présentement *aucune* crédibilité dans sa couverture de ce qui se passe en milieu minoritaire. Pire encore, elle opprime toute possibilité d’une saine diaspora de par la propagande qu’elle véhicule, i.e. pollution de notre environnement mental.

    Je signale que les Québécois sont contents que les anglophones québécois aient réussi à "s’intégrer" au Québec ces dernières années, devenant parfaitement bilingues ce faisant. Les "francos" du hors-Québec ont fait pareillement bien avant avec la différence que cette "intégration" soit devenue une assimilation. L’espace respirable est malheureusement quasi inexistant présentement à mon avis. Comment pourrait-il le devenir ??? Ne pas désespérer...et dominer ses peurs pour avancer représente ma seule piste !

    Je termine en signalant que vous n’avez *aucun droit* au Québec de parler "d’avant-goût de ce qui vous attend" pour vendre une option politique (avec laquelle incidemment je sympathise) quand des communautés se meurent littéralement dans des maisons d’ainés qui se sont jadis battus (dans la mesure de leurs moyens sous l’oppression de leur église et une éducation limitée). Ce que je sais en tant que minoritaire est que ce genre de pollution de *votre* environnement mental vous nuira tôt ou tard, si ce n’est déjà fait auprès des classes qui ont perdu intérêt à votre discours polluant. Prenez cela comme leçon en provenance de cette diaspora !

  • Robert Chevalier de Beauchesne, 10 septembre 2010 00h20

    @ Jean-François-le-Québécois

    Se dire Canadien-Français ne nous a jamais réduits à un rôle de conquis, bien au contraire cela prouvait au yeux de tous, qu’en dépit de la Conquête, la nation française issue du Canada de la Nouvelle-France continuait d’exister et de croître dans toute sa singularité. Autrement dit, que du fait de la Conquête, pas une mais deux nations pleines et entières (si on fait abstraction des réalités autochtones) coexistaient au Canada. Cette coexistence n’a pas été sereine, parce que l’impérialisme anglo-saxon n’a jamais vraiment accepté la réalité nationale canadienne-française en dehors de la province de Québec, et encore. Mais nous n’avions guère le choix face au péril d’une annexion possible par les États-Unis qui eut signifié la fin de notre nationalité et celle du pays que nous avions fondé. Il fallut donc composer avec les Anglais, avaler nombre de couleuvres et subir bien des affronts en gardant l’espoir de faire advenir un Canada véritablement binational. Nous n’avons d’ailleurs pas toujours perdu, le relèvement de la province en 1867 étant sans doute notre plus grande victoire, mais Dieu sait que ça n’a jamais été facile pour nous. Sans notre fécondité, notre force de travail, et notre obstination farouche à demeurer français et catholique, à demeurer Canadiens-Français, nous aurions sans doute disparus en tant que nation.

    Mais au 20e siècle, après les campagnes de centralisation fédérale qui accompagnèrent les deux grandes guerres et qui firent d’Ottawa le siège d’un État national canadian, qu’elles qu’aient été nos forces passées, elles s’avéraient désormais insuffisantes pour assurer notre avenir. Il fut évident pour nombre d’entre nous que la nation canadienne-française se devait de disposer elle aussi d’un État national. Seul le Québec pouvait bien évidemment convenir, et la décolonisation aidant, certains allèrent même jusqu’à réclamer son indépendance (Laurentiens, RIN, PRQ, RN), mais toujours dans le but précis d’assurer l’émancipation politique des seuls Canadiens-Français (de Québécois il n’est jamais question au départ). L’Union nationale n’alla pas aussi loin, recherchant au sein du Canada, la reconnaissance d’un État national canadien-français qui fut l’égal en droit et en dignité du Canada anglais.

    En 1967, les Canadiens-Français en étaient là, à rechercher cette « Égalité ou indépendance », précisément ce qu’entérinèrent les États généraux du Canada Français qui proclamèrent solennellement l’existence séculaire de la nation canadienne-française, son droit à l’autodétermination et le fait que le Québec constituait son État national.

    Que pouvait-on vouloir de plus ? Restait à rebaptiser officiellement la province de Québec du nom de Canada Français et à entamer des négociations de nation à nation. Cela afin de retirer la juste part de la souveraineté fédérale qui nous revenait de sorte que notre État canadien-français puisse jouir des prérogatives d’un véritable État national, indépendant si nécessaire.

    Dites-moi, alors que tout était assez clair, que nous nous assumions comme jamais en tant que nation, en tant que Canadiens-Français, que nous jouissions d’une bonne unanimité et qu’un président français hors du commun nous appuyait ouvertement, dites-moi pourquoi il a fallu tout chambouler et devenir tout à coup Québécois ? Pourquoi donc fallait-il passer d’une nation intrinsèquement française de culture et co-fondatrice d’un pays indépendant, à cette nation québécoise pluraliste, majoritairement francophone et n’ayant d’autre référent qu’un simple État provincial ? Dites-moi pourquoi avoir ainsi renié votre nationalité, votre histoire et vos droits, pourquoi en avoir privé vos enfants ? C’est la seule chose que je cherche à comprendre.

    Et qu’on ne vienne pas me dire bêtement qu’un Canada Français n’aurait pu exister à côté du Canada, alors que la Biélorussie (la Russie Blanche) côtoie bien la Russie.

    RCdB

  • Marie Mance Vallée, 9 septembre 2010 17h34

    En effet, nous avons été très désinvoltes, et souvent méprisants, envers la diaspora canadienne-française, acadienne et franco-américaine. Et nous leur demandions de nous aimer malgré tout.

    Il est vrai qu’à l’époque de la mort des Canadiens- Français, les Québécois se disaient les meilleurs au monde.

    Où en sommes-nous aujourd’hui ? Nous avons peine à mettre un frein à notre propre assimilation, et ce, à tous les points de vue.

  • Jean-François-le-Québécois, 9 septembre 2010 16h05

    @ Robert Chevalier de Beauchesne :

    « Personne ne devrait se réjouir du mal qu’aura causé la petitesse du nationalisme québécois. »

    Vous êtes sûr que vous ne vous trompez pas de cible, en affirmant une telle chose ?

    Les instigateurs de la situation difficle que nous vivons, comme peuple, furent nos conquérants Anglo-Saxons. Avec la Révolution tranquille, nous avons brisé une bonne partie de nos chaînes, mais il nous fallait (et il nous faut toujours) un pays à nous, pour pouvoir vraiment s’émanciper, et atteindre l’exploitation de notre plein potentiel.

    Nous ne pouvions pas continuer à nous dire uniquement Canadiens-français. Non, car cela était devenu, quand nos conquérants nous ont volé notre pays, et se sont approprié le nom de « Canadiens », une appellation qui nous confirmait dans notre « rôle » de conquis. Il nous fallait une nouvelle identité : Québécois ! Nous voulions alors quitter cet ensemble canadien.

    C’est triste, que nos frères de sang hors-Québec, n’aient pas pu nous suivre dans cette aventure... Mais il fallait nous sauver, nous, d’abord ! Et nous n’avions pas la force, les ressources nécessaires, pour vraiment en faire plus.

    Le Québec, avec sa majorité francophone, et ses frontières bien reconnues, c’est comme la forteresse naturelle du peuple français d’Amérique. Rien de moins !

    Nos frères Acadiens, Franco-manitobains, etc, seront toujours libres, et les bienvenus je crois, à venir s’établir ici ! Et une fois qu’ils auront le droit de vote, ils pourront faire le bon choix, advenant un troisième référendum, bien sûr !

  • Robert Chevalier de Beauchesne, 9 septembre 2010 09h18

    Tout cela est déplorable, surtout lorsqu’on veut bien se rappeler que pour l’essentiel, c’est nous qui les avons condamnés en reniant notre nationalité commune et en refusant de faire du Québec l’État national des Canadiens-Français. Nous en avons ainsi fait nos pires ennemis alors que nous aurions pu les conserver comme frères et en faire nos meilleurs ambassadeurs. Non pas que nous aurions pu enrayer leur anglicisation, mais nous aurions pu limiter leur assimilation. Voyez les Italo-Américains qui pour la plupart ne parlent sans doute plus que l’anglais, ils restent attachés à leurs origines et forment une diaspora qui accentue le rayonnement de la culture italienne. C’est ce rôle de diaspora, le seul qui aurait pu nourrir leur attachement à la culture française, que nous leur avons refusé à partir du tournant des années 1970. Et nous avons fait la même chose envers les Franco-Américains. Personne ne devrait se réjouir du mal qu’aura causé la petitesse du nationalisme québécois.

    RCdB

  • Marie Mance Vallée, 8 septembre 2010 20h19

    @ M. Dubreuil

    Ce que vous racontez est vrai. J’ai rencontré, il y a quatre ou cinq ans des francos-ontariens. Nous jasions autour d’un feu de camp. Et je n’avais jamais entendu de toute ma vie des propos aussi véhéments envers les Québécois, y compris M. Parizeau. Les insultes pleuvaient. Et là, j’en passe.

    Finalement, lorsqu’ils eurent fini de lâcher leur fiel à notre endroit, je leur ai posé la question suivante :

    Est-ce que vous nous détestez parce que nous vous empêchons de vous assimiler définitivement ?

    Ils se sont levés et sont partis.

    J’ai eu pitié d’eux.

  • Jean-François-le-Québécois, 8 septembre 2010 18h28

    « ...où seuls les aînés pouvaient encore s’exprimer aisément en français. »

    Aisément, peut-être. Mais je serais curieux d’en entendre des échantillons, pour juger de la qualité, de leur français.

    Peuvent-ils s’exprimer en français, en utilisant, par exemple, d’autres temps (de conjugaison) que le présent de l’indicatif et le passé (sans trop distinguer l’imprafait et le composé ?)...

    À quoi ressemble le français parlé là-bas, voilà une question inportante !

  • Marcel Haché, 8 septembre 2010 14h40

    La survie du français dans l’Ouest canadien passe par Québec. (Évidemment, pas le Québec lâche de Charest et du P.L.Q.)
    Souverain, oui-oui, un Québec souverain—les québécois—pourrait regarder comme vous, M. Durand, par-dessus la clôture, écouter, entendre et réagir ICI pour ICI, pour Nous, comme en réponse à la plainte en provenance de l’Ouest, ou même de l’Acadie, des gens qui font encore partie de Nous.

    Une virile ré-ci-pro-ci-té politique ferait plus pour tous les nôtres—pour Nous d’ici, en tout premier lieu—ferait plus que tous les divertissements de la bonne entente, mollassonne, fabriqués souvent par des kollaborateurs de RadioCan.

    Ce sont d’ailleurs ces mêmes mollassons et têtes molles de RadioCan qui veulent Nous faire croire que Nous aurions besoin—besoin !—d’une immigration outrancière, et que notre salut national passerait incidemment par notre tassement.

  • Jacques Dubreuil, 8 septembre 2010 09h00

    Monsieur Durand, votre analyse est juste (hélas !). Nos frères francophones du Canada sont traités de façon injuste depuis très longtemps mais l’idéologie canadienne officielle leur interdit de se plaindre. En fait, cette idéologie est si massivement diffusée que c’est plutôt contre les Québécois que les francophones de l’Ouest en ont. Les Anglais leur transmettent leur « amour » (souvenez-vous comme ils nous aimaient trois jours avant le référendum de 1995) leur amour contre nous, donc, à grand coup de publicité subliminale ou ouverte. C’est rendu qu’on peut traiter les Québécois de n’importe quoi sans se faire reprendre. J’ai vu ça, cet été, dans mon voyage à Calgary.

  • Bernard Desgagné, 7 septembre 2010 20h19

    Pour avoir habité pendant quatorze ans dans l’Ouest canadien, je peux corroborer entièrement le diagnostic du Dr Jean-Pierre concernant les causes du décès constatées sur le cadavre. Le bilinguisme est l’antichambre de l’assimilation. Le Québec va y passer, lui aussi, s’il ne se réveille pas.

    Permettez-moi toutefois de préciser, cher Jean-Pierre, que nous ne sommes pas en train de laisser le bilinguisme s’installer dans nos institutions ; il y est déjà. Les lois sont bilingues, les tribunaux sont bilingues, la police est bilingue, l’enseignement est bilingue, les services publics sont activement bilingues, les médias sont bilingues, le commerce est bilingue, les musées sont bilingues, la culture est bilingue. À part Pauline, qui meurt d’envie de le devenir, qu’est-ce qui n’est pas encore bilingue au Québec ?

    Pire encore, le PQ veut protéger le bilinguisme institutionnel. Les auteurs de la proposition principale qui sera soumise prochainement aux membres semblent avoir comme ambition de fonder un État bilingue. Au point 3.6 de la proposition, ils écrivent : « Un gouvernement souverainiste réaffirmera la garantie de la préservation des droits linguistiques de la communauté anglophone. [Il] Assurera le maintien du patrimoine institutionnel de la communauté anglophone. » Autrement dit, la colonie anglo-canadienne va pouvoir continuer de vivre dans son anglosphère grassement subventionnée, en marge du reste de la société québécoise, avec des privilèges délirants. Le cancer linguistique au coeur de Montréal va être nourri généreusement, pour qu’il continue de dévorer la langue française.

    Bref, le Québec, même souverain, sera une espèce d’incarnation du rêve de Trudeau, où tous les citoyens seront bilingues et où la colonie anglo-canadienne conservera les privilèges néocoloniaux qui font de l’anglais, au Québec même, une langue ayant un statut et un pouvoir d’attraction nettement supérieurs au français.

    Pendant ce temps, au Canada anglais, la totalité de la population sait parler anglais et seulement une personne sur dix est bilingue, ce qui n’empêche pas les Canadiens anglais de se sentir aussi intelligents que nous.

    Au Québec comme en Saskatchewan, les francophones qui ne savent pas parler anglais sont considérés comme des attardés ayant un demi-cerveau.

    Au Québec comme en Saskatchewan, les anglophones qui ne parlent pas français étudient à nos frais à McGill, dirigent des entreprises prospères et préparent leur déclaration de revenus en anglais.

    Ah ! J’oubliais. Le recul du français, ça doit être la faute des immigrants. Surtout de ceux qui arrivent du Maghreb, d’Haïti, du Liban, du Sénégal, du Rwanda et de la RDC. Ils parlent français à leur arrivée et se font immédiatement dire que, s’ils ne connaissent pas l’anglais, ils vont rester au chômage. Alors, ça doit être eux qui anglicisent le Québec, n’est-ce pas ?

    Faut vraiment être suicidaire ou complètement taré pour avoir écrit l’article 3.6 de la proposition principale du PQ. Je n’ai pas fini d’en parler.

Écrire un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document
Ajouter un document

Éviter les réponses à un autre commentaire, les commentaires s'appliquent au texte seulement.

Pas d'attaques personnelles ni de propos injurieux ou discriminatoires.

Vigile se réserve le droit de refuser tout commentaire sans avoir à justifier sa décision éditoriale.

Veuillez lire attentivement les consignes détaillées avant de soumettre votre premier commentaire.

Consignes détaillées

Financement de Vigile

N’hésitez pas à contribuer à sa production

Joignez-vous aux Amis de Vigile

Objectif 2017: 60 000$
3 110$  5%
Paiement en ligne
Don récurrent

Contributions récentes :

  • 24/03 Ludovic Marin: 10$
  • 24/03 Michel Tremblay: 5$
  • 24/03 André Lepage: 5$
  • 24/03 Joshua Ménard-Suarez: 10$
  • 24/03 Éric Haddad: 5$
  • 24/03 Maxime Poulin: 10$
  • 24/03 Gilbert Paquette: 10$
  • 24/03 Carole Smith: 5$

Toutes les contributions

Merci beaucoup!

Publicités