«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un Devoir qui joue avec sa (propre) réputation

Mystification et contrevérité autour de Marine Le Pen

Courte intervention sur la Présidentielle française

Tribune libre de Vigile
dimanche 23 avril
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M. Brian Myles, directeur du Devoir
Mme Luce Julien, rédactrice en chef au Devoir
Rédaction du Devoir

Dans une France qui - à l’instar du Québec de notre Philippe Pétain en commande - ne semble plus en capacité d’engranger une opinion majoritaire (par activisme forcené des uns et par concours de l’abstention complice des autres, tout ensemble) que sur le dossier de l’englissement « systémique » du pays (ce que pour ma part j’appelle l’ostracisme tranquille de soi), bien malin qui pourrait prédire, aujourd’hui même, dans cette 5e République fondée par le Général de Gaulle il y a soixante ans (moins trois petites mousses égarées sous quelque Récamier en Quai d’Orsay), l’issue du scrutin du Premier tour de la Présidentielle actuellement en cours en terre des Lavoisier, des Victor Hugo, des Cézanne et des Clemenceau.

Par le biais de courts descriptifs des cinq principaux candidats, publiés en page B2 de sa dernière édition, Le Devoir, quant à lui, semble toutefois témoigner d’un parti-pris (ou devrais-je écrire un parti-exclu ?) qui détone fort (et détonne aussi) dans le cadre d’une présentation en principe objective et factuelle (nous ne nageons pas ici, en effet, claires ou troubles, c’est selon, dans les eaux d’un éditorial ou d’une chronique d’opinion).

Ainsi lisons-nous d’entrée de jeu ce qui suit à la faveur de la fenêtre portant sur la « postulante » Marine Le Pen :

« La fille de Jean-Marie Le Pen a renouvelé le vieux FN antisémite, dont elle a même expulsé le fondateur, son père. Le FN se veut antieuropéen et férocement anti-immigration […] ».

Antisémitisme, antieuropéanité, « férocité » et anti-immigration. Sans oublier, bien sûr, en toutes lettres (en guise moins de repoussoir que de contrefort), le nom du père déchu. Et tout ce « bagage » coup-de-poing de vocables en moins de deux courtes phrases ! Voilà un exploit de concision qui, admettons-le, laissera pantois tout esprit amoureux des nuances aussi bien que de l’honnêteté intellectuelle dans la diffusion de l’information.

Or, à la lecture de cet encadré-réquisitoire j’ai éprouvé cette curieuse impression de relire, sous forme d’un copier/coller, quelque passage de l’un ou l’autre des papiers de M. Guy Taillefer, éditorialiste de la maison (également, n’est-ce pas, chef de division et responsable de la page Idées*), parus à la faveur, il y a quelques mois, de la venue de madame Le Pen en sol québécois.

Pour ma part, je nommerai Information sous mode Gesca ce type d’exposé.

À savoir, celui où la vérité et la factualité ne font jamais vraiment le poids face aux préférences idéologiques du propriétaire du média concerné (de la rue St-Jacques en l’occurrence).

Cela dit, eh oui, de la bouche plumante d’un homme de gauche. Qui serait bien embêté ce matin, il est vrai, si d’aventure Français il était, d’accorder avec honneur et enthousiasme son appui citoyen à l’un ou l’autre desdits prétendants au trône convoité - Ô cadeau de Grec - en Élysée.

Jean-Luc Gouin
depuis la Capitale nationale, aux toutes premières heures du 23 avril 2017

- 

* Bien que cette dernière information ait récemment disparu (tout comme la présence de M. Paul Cauchon… ?) de la liste des assignations de tout un chacun au sein de l’équipe de rédaction, lequel répertoire apparaît en permanence en section inférieure de ladite page Idées.

Commentaires

  • Marie-Louise, 30 avril 01h59

    Le Devoir , Marine, le Front national et autres mignardises
    Complément à l’attention de M. Brian Myles

    Hélas, l’auteur de ce texte, selon moi, vise en plein dans le mille.

    Et c’est précisément pour le type de raisons avancées en ces lignes que je me suis, pour ma part, grandement éloignée du Devoir dans la dernière année.

    Incidemment, les contributions de messieurs Myles et Taillefer semblent le plus souvent, tels des frères siamois répétant les mêmes « idées du jour », s’abreuver aux mêmes sources idéologiques, molles, de notre temps. D’où, aux dires de monsieur le directeur, le « choix clair » (sic) qui s’offre à l’électorat français à l’horizon du second tour de la présidentielle du 7 mai prochain. Clair, dit-il...? Singulier. Pour le moins.

    Comme s’il était « clair » de s’enfermer à double tour en cagibi en compagnie d’un serpent à lunettes (ou cobra) plutôt que d’un serpent à sonnette (ou crotale).

    Les journaux de Power Corporation nous ont depuis longtemps rompus à ces raccourcis volontairement aveugles (je ne crois pas que la bêtise, l’ignorance ou l’inintelligence soient ici en cause : ce qui, cela dit, n’en rend la réalité que plus méprisable) à la mode André Pratte et autres Alain Dubuc ou Lysiane Gagnon. D’hier ou d’aujourd’hui.

    Or la grande qualité du Devoir consistait à savoir échapper, précisément, à cette vision tantôt réductrice, tantôt tordue, tantôt simpliste du politique (mais n’est-ce pas là l’ADN de toute propagande ?). Le politique québécois au premier chef. Il est dommage, extrêmement dommage, que ce soit de moins en moins le cas.

    Ah ! si Le Devoir avait eu l’audace de publier ce texte dans ses propres pages, il aurait au moins démontré, ce faisant (a contrario de La Presse ou du Soleil, par exemple), qu’il ne craint pas la critique. Car, connaissant la plume de cet auteur, travaillant toujours à visière levée, et jamais de blanc ganté, il m’apparaît peu vraisemblable d’estimer qu’il n’ait point d’abord proposé sa « réflexion » à M. Cauchon. Paul s’entend. Point Martin.

    Il y a de belles et fortes plumes au sein du Devoir. Bien que certaines d’entre elles, il faut bien le dire, n’éprouvent aucun scrupule à écrire des âneries à répétition (si tant est qu’elles en aient conscience, bien assurément). Pourvu que ça aille dans le sens du vent. De l’air du temps. Style Macron, quoi. Notamment en ce qui regarde la question québécoise (les dossiers de la Langue et de la Libération nationale en particulier). N’est-ce pas, M. Myles ?

    Reste que ce Devoir manière Myles, Taillefer, Luce Julien et autres Francine Pelletier (une fois sur deux, en tout cas, concernant cette dernière), Deglise et Fabrice Vil aussi (bien que je ne prétende pas ici être exhaustive…), m’aura catapultée de ce journal comme jamais auparavant.

    À l’exemple de Radio-Canada, tiens. Et ce, depuis déjà de nombreuses années.

    Comme si ne plus aller nulle part (appelons cela l’Histoire stationnaire) était devenu en soi une attitude digne de fierté. Et d’intelligence.

    Comme si, en d’autres mots, une colonne vertébrale n’était présentable que frappée d’une solide scoliose congénitale.

    Comme si, enfin, à ce titre, la « position debout » participait par définition de l’intolérance !

    Bref. Nonobstant de bonnes pages, je n’en disconviendrai pas (ce serait injuste de ma part), je suis à bien des égards déçue de « votre » Devoir, monsieur Brian Myles.

    Ce Devoir, qui était le meilleur, n’est plus, sous votre férule, et je regrette sincèrement de devoir l’écrire ici, que le moins mauvais de tous nos quotidiens en pays de Pierre Bourgault.

    C’est déjà pas mal, me rétorquerez-vous… ? Tel un étudiant ambitieux... Tout heureux de bénéficier de la note de passage.

    Mais que voilà, tout de même, une bien piètre consolation.
    Quand on connaît les autres.

    Jour-No !

  • Jean-Luc Gouin, 27 avril 01h04

    Bonjour,

    Une version peaufinée et « mise à jour » de cette intervention, et définitive de ce fait, est accessible en ces lieux.

    Car il est pour le moins peu probable que ce texte, entre-temps proposé au quotidien concerné, se voit publié dans les pages d’un Devoir où, à l’évidence, le soussigné est devenu persona non grata depuis maintenant une bonne année.

    Comme il en est d’ailleurs de toutes ses propositions à La Presse de Gesca - Power Corporation - Desmarais Family. Et pour le coup, depuis toujours…

    (De nombreux lecteurs de la présente comprennent fort bien, à l’instant, dans le tissu ligneux même de leur crayon, tout le scandale immonde, véritable injure quotidienne à la démocratie québécoise des idées, que représente - depuis toujours… - cette « presse » simoniaque)

    Quant au Soleil de Martin Cauchon, en Capitale (surtout pas nationale !, clame, effrayé jusqu’à la miction involontaire, notre propre premier ministre) — un Soleil on ne peut plus frileux (ô paradoxe), provincial (l’énurétique, soudain, se rassérène) et orienté (vers l’Ouest, autre paradoxe) —, est-il utile ou pertinent d’en dire quoi que ce soit… ?

    --------

    Liberté d’expression et solidité de l’information-béton en pays de René Lévesque.

    Pense-t-on…

    Dans un bref moment d’absence. Ou d’insouciance. Ou d’inconscience. Accompagné, ou non, c’est selon, de quelque vapeur délétère.

    Hélas, ce n’est certes pas le cannabis du petit garçon de monsieur papa, n’est-ce pas, qui amplifiera, disons, en ces matières, le coefficient de conscience - et de vigilance - du citoyen lambda.

    JLG

    PS : Je vous retourne la politesse, monsieur Gilles.
    Au verbe toujours vert en dépit des ans et des hivers

  • Gilles Verrier, 25 avril 23h41

    « La fille de Jean-Marie Le Pen a renouvelé le vieux FN antisémite, dont elle a même expulsé le fondateur, son père. Le FN se veut antieuropéen et férocement anti-immigration […] ».

    « Soviétique » ou digne d’une certaine Allemagne des années 30-40 ? Comment qualifier cette grotesque désinformation qui ne vise qu’à souiller un interlocuteur pour le décrédibiliser à peu de frais ?
    Quelle honte ! Mais en même temps, cela permet de nous situer sur « les progrès » de l’« information » !!! Ou comment faire par une entourloupe pour ne pas évoquer les 144 propositions présidentielles de Marine ?

    https://www.marine2017.fr/wp-content/uploads/2017/02/projet-presidentiel-marine-le-pen.pdf

    Cordiales salutations à Jean-Luc

  • Marcel Haché, 24 avril 13h35

    « Finalement, En Marche n’est pas un mouvement, mais bien un PS 2.0. C’est un PS duquel on a expulser la frange des purs et durs. » G. Carmichael.

    Expulser la frange des « purs et durs » pour recevoir l’appui de la gang à Fillon. L’U.M.P.S. à son meilleur ! La gauche qui survit grâce à la droite ! La gauche antinationale et la droite antinationale, ensemble : c’est cela le P.S. 2.0 ?

    Il n’y a plus de P.S. Il n’y a plus que des socialistes. Le même phénomène est en marche au Québec…avec le P.Q. et les péquisteux. On jase.

  • Gaston Carmichael, 24 avril 09h47

    Le PS n’est pas mort, loin de là

    Macron était le dauphin de Hollande. On sait aussi que Hollande voulait faire tourner le PS un peu plus vers le centre. Il s’en trouvait empêché par le noyau pur et dur du parti, représenté par Hamon.

    On a donc fait comme le serpent qui mue, et quitte sa vieille peau. On a créé ce "mouvement" En Marche, auquel s’est finalement rallié la majorité de l’establishment du PS, abandonnant ainsi Hamon, qui s’est retrouvé sur un rafiot à la dérive sans équipage.

    Finalement, En Marche n’est pas un mouvement, mais bien un PS 2.0. C’est un PS duquel on a expulser la frange des purs et durs. On en aura la confirmation lors des législatives de Juin.

  • Marcel Haché, 24 avril 07h53

    De quoi a-t-il l’air le P.Q. ce lundi matin 24 avril 2017, maintenant que le parti « ami » français (P.S) est détruit à 6% de l’électorat français ? Surtout maintenant que le chef du P.S. retourne sa veste et donne son appui à l’anti-souverainiste Macron ?

    De quoi a-t-il l’air le grand capitaine JFL, maintenant que Marine Le Pen accède au deuxième tour « historique » de la présidentielle française ?

    Le P.Q. est en sursis. Et JFL m’a l’air maintenant de ce que le général De Gaulle dit un jour d’un ancien premier ministre du Québec : un tout « petit bonhomme ».

    Ni le chef ni le P.Q.des péquisteux n’ont été à la hauteur du Brexit, et pas davantage ils n’ont été à la hauteur de la dernière présidentielle américaine.

    Les héritiers de René Lévesque ne sont pas plus maintenant à la hauteur du succès du Front National en France que ne le fut le fondateur du P.Q. lui-même il y a longtemps, agacé et même embarrassé par le « vive le Québec libre » du Grand Général.

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