«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un cancer nommé Couillard

Mémoire morte

Gabriel Nadeau-Dubois voudrait qu’on le voit comme le Bernie Sanders de la politique québécoise en se drapant dans le socialisme démocratique et en aspirant à un modèle sociale plus progressiste. Plusieurs commentateurs de la scène politique lui ont déjà fait remarqué que le modèle québécois correspond largement à ce que Sanders souhaiterait pour les États-Unis. Il aurait fallu aussi lui expliqué que le modèle socio-démocrate au Québec a mieux résisté à la dévastation que dans toutes les autres provinces canadiennes.

Encore aujourd’hui et malgré les années d’austérité Couillard, le Québec demeure une des provinces qui a le mieux résisté au néolibéralisme et qui enregistre les inégalités les moins grandes entre ses citoyens. Il le doit sûrement à la vitalité de sa société civile qui compte le taux de syndicalisation le plus élevé au Canada, qui est championne dans la mutualité et la coopération et qui jouit du dynamisme d’un mouvement communautaire très engagé. Il a aussi bénéficié de femmes et d’hommes politiques sensibles aux aspirations des citoyens et qui ont fait preuve d’imagination pour protéger les acquis de la révolution tranquille face aux pressions mondiales de libéralisation des marchés.

Malgré la devise du Québec « Je me souviens », gravée sur nos plaques d’immatriculation, plusieurs oublient que le modèle québécois n’est pas le fruit d’un deus ex machina, mais bel et bien une construction patiente de politiques publiques et de programmes sociaux, par les gouvernements qui se sont succédé, et qui font ce que nous sommes aujourd’hui. Les gouvernements libéraux des années 60 et 70, sous Lesage et Bourassa, peuvent être qualifiés de progressistes et socio-démocrates annonçant un temps nouveau pour le Québec.

Le premier gouvernement Lévesque fut indubitablement celui qui a construit, sur les assises de ses prédécesseurs, le modèle tant chéri encore aujourd’hui. Ce sont des gouvernements péquistes qui l’ont le mieux protégé tout en parvenant à s’aliéner un large pan de sympathisants parce qu’enlisés dans les contingences du pouvoir et dans les contraintes économiques. La gouvernance responsable force parfois à faire des choix qui font mal pour préserver l’essentiel de nos politiques fondées sur la solidarité.

La gouvernance idéologique des libéraux dans les années 2000 n’a de cesse de mettre en péril le modèle. Si Jean Charest avait compris l’attachement des Québécois à leurs institutions et leurs programmes en calmant ses ardeurs de réingénierie, le gouvernement Couillard s’avère un cancer permanent pour le modèle québécois. Sournoisement, il réduit la capacité d’intervention de l’État et il contribue à rendre nos institutions inefficaces pour les larguer peu à peu au secteur privé. Encore plus saugrenues, les fonctions régaliennes de l’État, comme la sécurité, sont aussi dans la mire du privé qui y voit des sources de profits.

Le pire qui puisse arriver pour le modèle chéri par GND, ce serait la réélection des libéraux. Cependant, ses trous de mémoire pourraient lui jouer de mauvais tours et contribuer à une sérieuse dilution de l’opposition au profit des libéraux qui continueraient ainsi de sabrer dans nos politiques publiques et nos programmes sociaux.


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