«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Maria trahie Maria

Tribune libre de Vigile
vendredi 20 décembre 2013
263 visites 1 message

Maria Mourani est une des premières personnalités politiques à laquelle je me suis identifié. Je venais de commencer à militer pour l’indépendance du Québec quand je l’ai rencontré pour la première fois en 2008. Elle venait de fonder le Mouvement Montréal français (MMF). Elle m’évoquait beaucoup d’espoir en la relève du mouvement. Disons que cette année-là, selon ma perception, l’aile parlementaire du camp indépendantiste avait encore la tête d’André Boisclair.

Plus tard en 2010, j’avais été kidnappé par la police au G20 de Toronto. C’était Maria qui avait défendu notre cause au parlement. Elle nous y avait accueillis, quelques autres du Regroupement des arrêté-e-s du G20 et moi, pour nous faire faire un tour de la place. Elle nous a montré les symboles du peuple québécois au-dessus de la porte des vaincus, celle par laquelle entre l’opposition lors des cérémonies officielles. Ça ou la licorne, représentant le Québec sur les armoiries du Canada, enchainée par le cou à l’entrée du parlement d’Ottawa.

Le 2 mai 2011, quand le Bloc a été terrassé, moi j’avais gagné mes élections parce que Maria avait gardé son comté. J’ai voté pour elle lors de la course à la chefferie et enfin, c’est grâce à elle que je milite au Bloc présentement. Sans jamais m’impliquer directement avec elle dans les instances, j’étais là parce qu’elle y était aussi, pour défendre mon peuple et la liberté comme elle, pour être sur la ligne de front contre les injustices les plus crasses, comme elle.

Maintenant, pour défendre l’identité québécoise qu’elle dit, Maria est rendue fédéraliste. Il n’y a pas mille fédérations canadiennes. Il n’y a pas mille fédéralismes. Il y a qu’un seul ; celui de l’état d’Ottawa. Celui des réserves et de la Crise d’Oka. Celui de l’ethnocide canadien-français et de la Crise d’Octobre. Celui du génocide Métis et de la pendaison de Louis Riel. Celui du colonialisme d’hier et du colonialisme d’aujourd’hui. Quand tu es fédéraliste, tu ne défends pas une idée, tu défends un état et pas n’importe lequel, celui d’Harper et à la fois celui de Trudeau. Celui de la corruption bleue ou celui-là de la corruption rouge, ça dépend de la mode.

Maria est rendue fédéraliste parce qu’elle est contre la charte de la laïcité proposée par le gouvernement provincial du Québec. Si l’état Québécois n’a pas toujours raison, celui d’Ottawa a toujours tort. Ottawa a toujours tort parce qu’il est fondé sur la violence contre notre peuple. Peu importe ce que tu fais avec les profits des vols et des massacres, ça reste des vols et des massacres.

Pour vrai Maria est fédéraliste ? La même Maria qui a défendu mes droits et ceux des autres arrêtés lors du G20 au nom de la démocratie supporte maintenant le Canada anti-démocratique de la loi sur la Clarté. Ce Canada incestueux, violeur de sa propre démocratie en trichant lors du référendum de 1995 ?

D’accord, je dois croire la principale concernée. Celle qui m’a encouragé à venir militer pour la démocratie et la liberté avec elle au sein du Bloc Québécois est maintenant fédéraliste. Moi je ne la suivrai pas de l’autre bord de la ligne. Maria, le Canada que tu défends n’est pas chimérique, quand tu es fédéraliste, tu défends le seul Canada qui existe. Ce n’est pas un sophisme d’écrire que défendre un état violent équivaut à défendre ses politiques violentes que tu te prononces pour ou contre elles.

L’indépendantisme, c’est ne pas reconnaitre la légitimité de cet état. Le fédéralisme, c’est le défendre. Je me souviens dans une cage à Toronto, pour moi, il n’y avait pas que les ogres à moustache, il y avait les politiciens fédéralistes qui cautionnaient cette barbarie qui était aussi de l’autre bord du grillage.

Maria, tu es fédéraliste, tu es du bord de ces fanatiques ethnocidaires du West-Island que tu combattais au MMF. Tu es du bord de ceux qui ont tué la démocratie en votant la loi sur la Clarté. Tu es du bord des policiers qui nous ont battus au G20. Maria, tu es de l’autre bord de la cage.

Mathieu Boucher,
20 décembre 2013

Commentaires

  • Rhéal Mathieu, 20 décembre 2013 15h30

    Mathieu,

    Merci pour ton témoignage de première main.

    Continue, tu es sur la bonne voie.

    Rhéal Mathieu

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