«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Lisée qui tente de prendre position... jamais facile !

Lisée réclame la suspension de l’Entente sur les tiers pays sûrs

dimanche 13 août

Le chef du Parti québécois prend les grands moyens dans l’espoir d’obtenir l’attention des premiers ministres du Québec et du Canada au sujet des demandeurs d’asile. Vendredi, Jean-François Lisée leur a fait parvenir une lettre officielle visant à mettre un terme à cette crise devenue, selon lui, un problème « d’acceptabilité sociale ».

Dans sa requête, il réclame la suspension de l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs. « […] son maintien, écrit-il, entraîne des conséquences indignes de ce à quoi peuvent s’attendre les Québécois en matière d’accueil des réfugiés. »

C’est cet accord qui permet aux demandeurs d’asile de traverser la frontière entre les deux pays à des points de passage non reconnus. La démarche étant illégale, ces personnes sont mises en état d’arrestation une fois au pays, mais ne peuvent être refoulées aux États-Unis comme ce serait le cas à un poste frontalier.

En conférence de presse jeudi, M. Lisée avait fait cette demande, mais estime qu’une lettre officielle a plus de poids et espère que les premiers ministres Philippe Couillard et Justin Trudeau y donneront une suite favorable.

« Le problème que ça pose, c’est qu’on a l’impression que la frontière n’existe pas. Sans cette entente, les gens se présenteraient aux postes frontaliers », a expliqué le chef de l’opposition officielle en entrevue à Radio-Canada. « Elle a des conséquences qui sont néfastes. […] C’est le temps de regarder en face et de dire que ce n’est pas une bonne décision. »

« Un problème d’acceptabilité sociale »

Deux jours avant la première sortie publique de son chef sur le sujet, la porte-parole en matière d’immigration, Carole Poirier, s’était montrée moins ferme sur les points de passage illégaux. Elle demandait avant tout à ce que le gouvernement délivre un « permis de travail pour une durée indéterminée » afin de permettre aux demandeurs d’asile en attente de travailler.

Jean-François Lisée croit avoir maintenant complété le message. « Il y a un problème d’acceptabilité sociale, c’est très au clair au Québec face à ces migrants, affirme-t-il. Si on peut faire en sorte qu’un certain nombre d’entre eux subviennent à leurs besoins, travaillent et aient des revenus en attendant de savoir s’ils peuvent rester ou partir, je pense que ça va aider. »

Une campagne d’information

Dans sa lettre, M. Lisée somme les gouvernements fédéral et québécois de déployer « de toute urgence une campagne d’information » pour informer les personnes cherchant l’asile que « la majorité des demandeurs actuels verront leur requête rejetée ».

Ce message semble du moins avoir déjà été entendu par le premier ministre québécois. En mêlée de presse au Congrès annuel de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard a indiqué que les moyens de communication nécessaires seront mis en place auprès des communautés haïtiennes.

Radios, journaux, délégations… Québec souhaite rappeler aux demandeurs d’asile, indique M. Couillard, que leur « acceptation n’est pas un fait accompli ».


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