«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

L’endoctrinement à l’idéologie multiculturelle de la mondialisation. Pendant ce temps on fabrique des analphabètes.

Le système d’éducation a été dévoyé, détourné et confisqué pour jouer un rôle prépondérant dans la réorientation de l’État. À l’image de ce dernier, sous le coup des réformes successives, l’enseignement s’est donné l’objectif de former les individus en fonction de leur insertion au système économique mondialisé. On ne veut plus désormais leur transmettre une culture, générale ou particulière, pour en faire des êtres humains plus complets. Non, le nouvel objectif fondamental de l’appareil pédagogique québécois est de transformer les jeunes en main d’œuvre qualifiée prête à affronter les défis de la « compétitivité » mondiale. Le cours Éthique et culture religieuse s’inscrit dans cette démarche, contribuant à la préparation des conditions mentales d’une mobilité totale du capital et des marchandises. Par l’endoctrinement à l’idéologie multiculturelle de la mondialisation, ÉCR vise à transformer les jeunes étudiants en « citoyens du monde » intégralement déracinés. C’est l’idée même de frontière qui passe à la trappe. ÉCR contribue à éliminer tout héritage commun et les repères qui viennent avec.

On perçoit par ailleurs que l’élève, qu’on appelle désormais l’« apprenant », serait en mesure de se construire lui-même : il ne devrait pas se contenter d’assimiler le savoir transmis, car cela l’enfermerait dans une vision du monde trop « étroite ». La déconstruction de tout ordre moral est la condition de base de son remplacement par un ordre marchand.

La déplorable école moderne

L’école québécoise actuelle est en partie la créature d’universitaires québécois qui versent dans de drôles de théories pédagogiques, tandis que l’université elle-même s’efforce de dépasser la vision traditionnelle du savoir. À l’instar de l’école primaire et secondaire, qui construit des individus compétents et compatibles avec le système économique dominant, l’université fonde de plus en plus largement les savoirs qu’elle transmet sur leur valeur économique présumée. Délégitimer les institutions et les traditions qui sont un frein à l’expansion du capital est un moyen d’atteindre ce but.

En prônant l’acquisition de « compétences » au détriment des connaissances, on restreint l’éducation à un rôle strictement technique et utilitaire. Le relativisme pédagogique, qui se voudrait le garant de l’ouverture des esprits, est en réalité une manifestation de leur étroitesse. Il n’est plus question de transmettre à l’étudiant les outils pour juger ce qui est bon et juste, et ce qui ne l’est pas.

En s’adaptant compulsivement à l’élève, le système éducatif le conforte dans l’individualisme, qui limite sa capacité de jugement et de réflexion. L’école se caractérise aujourd’hui par l’oubli de la société en général, de ses normes et de ses institutions ; cela se traduit notamment par le refus de s’intéresser à l’identité nationale du Québec, à son histoire, à sa culture. L’idée même d’une éducation nationale semble actuellement inconcevable. L’éducation est pourtant le principal moyen par lequel une société renouvelle son existence, en plus de permettre à l’individu de se situer au sein d’une entité qui lui préexiste et le dépasse.

La maximisation de l’accessibilité et la « démocratisation » de l’école ont conduit à un abaissement constant de ses exigences, caractérisé notamment par les bulletins non -chiffrés et la limitation du redoublement. L’autorité du maître est également remise en question : il ne faudrait surtout pas qu’au mépris de l’autonomie de l’« apprenant », celui-ci en vienne à imiter les méthodes de travail de l’enseignant. Il risquerait alors d’être contaminé par la maladie du conformisme.

Retirer le contenu religieux ?

Le cours Éthique et culture religieuse est révélateur de cette dimension, lui qui s’attache à inciter l’élève à redessiner le Québec sur une page blanche. Tout cela, encore une fois, est conforme à une conception marchande qui érige le choix personnel en absolu indépassable.

D’importants travaux, comme l’étude de la sociologue Joëlle Quérin ou le récent collectif dirigé par l’essayiste Daniel Baril, ont démontré la nature foncièrement idéologique du cours. L’avocat et professeur Guillaume Rousseau a quant à lui prouvé qu’ÉCR était même juridiquement lié au multiculturalisme canadien.

Le titre du cours l’indique, le volet consacré aux religions est central aux buts affirmés de son enseignement. Rien à redire sur l’objectif : connaître et comprendre les religions détient une grande valeur. Le problème, ce sont les lunettes roses avec lesquelles ces croyances et pratiques sont lues. Cela n’est guère étonnant, si tant est que l’étudiant doive s’interdire de les juger et les considérer toutes comme étant acceptables car étant des « choix individuels », ce qui est également hautement discutable.

Or, une pétition a été déposée à l’Assemblée nationale pour retirer le contenu religieux d’ÉCR. Celle-ci est parrainée par le député de Rosemont, Jean-François Lisée, qui s’est aussi engagé à éliminer le cours pendant sa course à la direction du Parti québécois. ÉCR est-il réformable ? Peut-on éliminer les vers qui grugent allègrement le fruit pour y trouver un quartier encore comestible ? Tenter la chose serait à tout le moins un pas dans la bonne direction. C’est pourquoi j’ai signé la pétition et je vous invite à m’imiter. Il faudra bien liquider ÉCR avant que ce soit ÉCR qui nous liquide.


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