«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Stratégie référendaire

Lettre philosophique d’un jeune patriote

La nationalisation de l’eau au Québec

Tribune libre de Vigile
mardi 15 décembre 2015
727 visites 4 messages

Bonjour Monsieur Péladeau et tout les membres du parti Québécois,

Mon nom est Jean-Philippe Dagenais, je suis un jeune militant du parti Québécois, Bachelier dans le domaine des nouvelles technologies, et assez impliqué politiquement et socialement : j’ai par ailleurs fait campagne à l’été 2015 avec une candidate à l’investiture du bloc (Laurentides-Labelle). Bref je m’implique socialement autant que possible, car tout comme vous, je rêve qu’un jour le Québec devienne un pays.

La raison pour laquelle aujourd’hui j’ai décidé de vous écrire est que je sens en vous une ouverture d’esprit et un amour profond pour les Québécois. Ce qui m’a permis de mettre ma timidité de côté et d’oser écrire cette lettre. Je désire participer à la création de ce pays, en vous partageant quelques idées et sentiments pour réaliser ce projet immense.

Je crois que le temps ne joue certes pas en notre faveur, que ce soient les circonstances économiques, la globalisation mondiale, ou les récents résultats électoraux. Parfois j’imagine pouvoir retourner dans le passé et pouvoir changer certains événements historiques : quelle serait notre vie aujourd’hui ? Il m’arrive souvent de me demander que serait-ce le Québec d’aujourd’hui si nous avions repoussé les premières attaques anglaises ; ou que le referendum de 1995 ait pu avoir totalement toutes ses chances… Cependant nous pouvons encore décider de notre vie de demain.

La communication rapide que nous offre internet aujourd’hui est surement notre meilleur allié dans cette course contre la montre, que ce soit pour vous partager des idées ou pour les diffuser pour le Parti québécois via les réseaux sociaux etc. Vous savez canaliser les nombreuses idées et suggestions qui vous parviennent de tous les Québécois pour réaliser notre projet tant convoité.

Je pense qu’un projet aussi grand peut tout à fait être porté par un homme charismatique, bien entouré et conseillé et j’ose vous proposer une vision stratégique. Peut-être auriez-vous besoin de l’aide de chaque Québécois pour faire du Québec un pays ?

Premièrement, je crois fermement que les prochaines élections se joueront sur ce point ci : Personne n’est mieux placé que vous pour insuffler une nouvelle vie économique au Québec, pour faire rêver les Québécois avec un projet ambitieux qui leur redonne confiance et espoir en l’avenir, en plus d’avoir fait la démonstration de ses qualités de leader et d’entrepreneur. Vous allez pouvoir incarner le leader dont nous avons besoin, car les Québécois ont besoin de rêver.

Pour que l’indépendance du Québec se réalise, les Québécois doivent reprendre confiance en leur système économique, qui est présentement au plus bas. Pour reprendre cette confiance, je me suis posé la question suivante : Quelle est la plus grande réalisation que le Québec ait pu créer ces 50 dernières années ? C’est bien sûr l’hydroélectricité, qui nous a permis de nous émanciper tant au point de vue économique que technique et de devenir des leaders mondiaux dans ce domaine. Bref, comme l’expression le dit si bien, elle a mis le Québec sur la Map. Cela fut possible grâce à un geste démesurément ambitieux de René-Lévesque : la nationalisation de l’hydroélectricité. Aujourd’hui je vous demande de retrouver cette ambition démesurée et de miser sur cette force immense qui a fait notre gloire dans le passé, l’eau.

Dans le futur, cette ressource naturelle deviendra immensément importante sur la planète, elle est source de vie et le Québec détient 20 pour cent de toute l’eau potable qu’il y a sur la terre. Présentement des compagnies privées exploitent cette ressource naturelle librement en versant de trop maigres redevances, exactement comme ce fut le cas pour l’électricité avant René-Lévesque.

Alors pourquoi ne pas proposer au Québécois un nouveau projet aussi démesurément ambitieux que le premier le fut : c’est à dire, la nationalisation de l’eau au Québec ? D’ailleurs la première à avoir cette magnifique idée fut la jeune député Martine Ouellet. Tout comme la Suède qui est un pays prospère et qui a fortement nationalisé ses secteurs primaires, je crois profondément que c’est en proposant un tel projet que vous saurez capter le désir de rêve qui dort en chaque Québécois et qui souhaite participer à l’émancipation du Québec de demain. Que chacun soit riche et responsable de l’eau de nos sols, la richesse mondiale de demain.

Selon moi l’ambition est ici la clef symbolique et financière, pour que les Québécois reprennent leur force et leur confiance au point de vue économique.

Deuxièmement, le parti québécois doit renouer avec la jeunesse québécoise, cette jeunesse qui c’est si fortement imposée et manifestée durant ce fameux printemps érable québécois. Militante, informée, réseautée, politisée, elle fera la différence au moment des urnes pour l’indépendance. Elle ne demande elle aussi qu’à croire et rêver en un projet aussi ambitieux et symbolique que celui qu’elle défend au final à chaque marche, une éducation abordable pour tous : la gratuité scolaire la représente le mieux.

Bien sûr ce projet peut sembler révolutionnaire en soi en contexte nord-américain, mais il est pourtant évident, courant et admis en Europe et presque partout ailleurs. Alors pourquoi pas ? Lorsque Jean-Martin Aussant fut chef du parti Option national, il fit une étude sur la faisabilité d’une telle option, il en arriva à la conclusion que la gratuité scolaire serait payante pour les Québécois, immédiatement, mais aussi à plus long terme, en retombées directes et indirectes telles que les contributions aux impôts ou le déploiement des talents d’une population mieux parée pour l’avenir.

Je connais aussi des chercheurs, telle que Samuelle Ducrocq-Henry qui fut ma professeure au baccalauréat en création 3D (UQ) mais aussi candidate d’ON et du Bloc, qui a des solutions et brevet pour le permettre : juste dans son cas, son programme électoral était basé sur l’entrepreneuriat et l’éducation pour les Laurentides, via le principe d’université-nuage (Cloud Université) qui avait retenu déjà l’attention de Mr Aussant en 2012.

Il existe donc des solutions économiques et technologiques efficaces pour non seulement rentabiliser la gratuité scolaire (on parle ici de plusieurs centaines de millions de dollars d’économie en virtualisant le 1/5e des cours supérieurs), mais aussi pour placer le système de l’enseignement supérieur québécois au sommet au niveau mondial, tant en termes de qualité d’enseignement (team teaching avec les meilleures facultés) que d’économie d’échelle (via un enseignement partiellement virtualisé), accessible à tous, sur tout le territoire, en tout temps.

Plus les Québécois seront éduqués, meilleurs seront les emplois, les salaires et les impôts.
Pour rejoindre cette jeunesse québécoise, il faut se mettre au diapason de celle-ci qui demande de grands changements et qui n’a pas peur d’oser demander du changement pour faire bouger les choses. Elle n’est pas seule, des profs, des intervenants, la plupart des milieux éduqués et de l’intelligentsia francophone sont sensibles à sa cause.

Une jeunesse visionnaire qui rêve à une société ouverte sur le monde et plus équitable sera votre meilleur fer de lance.

Je suis certain qu’en faisant la preuve après un mandat de 4 ans à reconstruire le Québec avec des projets aussi ambitieux et audacieux que ceux expliqués précédemment que nous irons alors vers un référendum gagnant, car la démonstration économique aura été évidente – donc les argumentaires basés sur la peur des partisans du non tomberont alors d’autant mieux.

Je crois que de nombreux beaux esprits indépendantistes qui sont aussi des intervenants actifs dans la société vous soutiennent et ont beaucoup à vous offrir pour une aide concrète : j’en connais plusieurs qui ont des solutions économiques, sociales, éducatives ou géostratégiques, etc. Votre idée d’école de formation du Parti Québécois est déjà formidable en ce sens : j’en connais qui y ont déjà répondu.
Nous formons d’ores et déjà un peuple et nous sommes nombreux : nous voulons vous aider à nous réaliser comme pays.

C’est durant ces années de premier mandat que tout se jouera : quand vous aurez redonné confiance autant au point de vue de l’économie que de l’éducation aux Québécois, je suis sûr que les Québécois i vous tendront la main en vous disant oui sans hésiter : Oui nous voulons vous suivre et devenir un pays libre !

Puisqu’en effet il s’agit bel et bien d’une relation de confiance qui doit s’établir entre le peuple et ces dirigeants, cela demande du temps. C’est un peu comme une nouvelle amitié ou un nouvel amour, la personne doit faire ses preuves et démontrer à l’autre qu’elle mérite cette confiance et qu’elle est digne de celle-ci. Cette relation va se bâtir pierre par pierre et alors elle nous mènera inexorablement vers cette liberté tant convoitée si elle est bien menée : notre liberté.

Je vous remercie infiniment d’avoir pris le temps de lire ma lettre et j’espère qu’elle aura pu vous aider dans votre démarche précieuse pour nous tous.

Commentaires

  • Fred Labrie, 17 décembre 2015 23h25

    Je ne doute pas de la capacité du PQ nouveau à gouverner le Québec avec compétence et ambition. Toutefois, le PQ ne pourra jamais mobiliser la population en faveur de l’indépendance s’il n’affirme pas clairement devant ses électeurs que c’est dans cet objectif précis qu’ils doivent voter pour lui. Pour mobiliser la population, il faut se présenter devant elle avec un objectif clair, un projet clair et un engagement clair à tout mettre en oeuvre pour les réaliser. Il devrait par conséquent solliciter explicitement la population en ces termes : ’’Si vous votez pour nous, nous ferons l’indépendance et tous nos gestes, toutes nos politiques, toutes nos lois irons dans ce sens, qui est celui du bien commun. ’’ Il devrait aussi s’engager à mettre sur pied une assemblée constituante qui définisse clairement les institutions, leur fonctionnement, de même que les garanties qu’un futur état souverain sera tenu de respecter. Cette constitution serait le fruit d’une vaste consultation par laquelle les Québécois de tous les milieux, de toutes origines, de toutes allégeances, de toutes convictions, seraient conviés à rêver tout haut à un modèle idéal, le plus consensuel possible. Suite à cet exercice, qui pourrait notamment inclure les projets ambitieux que vous mentionnez, comme la nationalisation de l’eau, ( et non, l’eau n’est pas nationalisée comme le prétend un autre commentaire précédent, puisque des compagnies privées l’embouteillent à vil prix pour nous la revendre plus cher qu’un litre de pétrole...) le PQ pourrait à la fois gouverner en mettant en place les parties qu’il jugerait réalisables immédiatement et faire entériner cette constitution d’un Québec indépendant par le peuple Québécois. Il ne pourrait y avoir de question plus claire que : ’’ Voulez vous oui, ou non, entériner cette constitution qui fait du Québec un pays indépendant ?’’

  • Gaston Carmichael, 16 décembre 2015 16h45

    Bonjour M. Dagenais,

    Bienvenue sur Vigile. Ce sont des jeunes comme vous dont le mouvement indépendantiste manque cruellement présentement. Il faut se renouveler à la base, et ça commence par les jeunes. Donc, merci de partager vos réflexions avec nous.

    Je suis justement en train de lire le livre de Jacques Parizeau "La souveraineté du Québec : Hier, aujourd’hui, et demain". Je vous cite un extrait intéressant, que je met en parallèle avec un paragraphe de votre texte :

    De Parizeau : « Le Parti québécois prend le pouvoir en novembre 1976, avec seulement 41 % des voix. La majorité des sièges est cependant largement suffisante pour gouverner. Le Conseil des ministres est étonnant, certainement le plus étoffé de tous ceux que le Québec ait connus sur le plan des diplômes, des carrières et de la notoriété publique. La qualité de la législation (dont la Charte de la langue française, le financement des partis politiques, la protection du territoire agricole, l’assurance-automobile, la santé et sécurité au travail, etc.), la capacité de résister aux assauts des milieux financiers en s’appuyant sur les instruments qu’a légués la Révolution tranquille, la propreté de la gestion des affaires publiques, créent une profonde impression. L’objectif de la souveraineté en pâtit, cependant, en ce sens que la préparation du référendum va en souffrir. »

    Vous écrivez : « Je suis certain qu’en faisant la preuve après un mandat de 4 ans à reconstruire le Québec avec des projets aussi ambitieux et audacieux que ceux expliqués précédemment que nous irons alors vers un référendum gagnant, car la démonstration économique aura été évidente – donc les argumentaires basés sur la peur des partisans du non tomberont alors d’autant mieux. »

    Cela ressemble beaucoup à la stratégie de René Lévesque en 1976, n’est-ce pas ?.

    Avec ce certificat d’excellent gouvernement en poche, René Lévesque lance donc le référendum de 1980. La population lui répond "non merci" à hauteur de 60%. Toutefois, aux élections de 1981 la population lui accorde de nouveau sa confiance. La population reconnaît donc le bon gouvernement provincial, mais cela est loin d’être suffisant pour calmer la peur instillée par les fédéraleux.

    Il manque donc au moins un autre ingrédient pour faire monter la pâte.

    Merci encore, et au plaisir de vous lire souvent sur Vigile.

    Gaston.

  • Serge Jean, 16 décembre 2015 16h11

    L’eau est déjà nationale ; à nous de se lever avec les onze autres nations et de la défendre.

    Serge Jean

  • Jean Brilland, 16 décembre 2015 09h03

    Merci d’avoir pris le temps d’écrire ici sur Vigile.

    Vous avez bien raison, c’est un visionnaire que l’on appelle. Mais voilà, le temps nous est compté, et si PKP ne se manifeste pas dans les prochains mois, ce sera encore plus ardu et compliqué pour changer la donne.

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