«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les vraies affaires. Mais lesquelles ?

La liberté est une « vraie bonne affaire »

Tribune libre de Vigile
lundi 17 mars 2014
443 visites 2 messages

Supposons. Le maître chirurgien Couillard est en train de réparer le tibia que Tit-Paul la Pitoune s’est fracturé en bûchant trop fort. L’éminent chirurgien est inquiet, pas tellement pour Tit-Paul, mais pour son tibia. Il se demande si Tit-Paul, à son réveil, se fixera comme priorité de s’occuper désormais de ses ‘’vraies affaires’’, c’est-à-dire de ses tibias, de ses fémurs, de ses côtes et de sa colonne vertébrale ? Même au sortir du bloc opératoire, le grand chirurgien continue de penser que le Tit-Paul global, c’est une ‘’affaire” moins importante que son squelette.

Et Tit-Paul, qu’en pense-t-il, lui ? Au sortir de l’hôpital, se donnera-t-il désormais comme priorité de surveiller son squelette fragile et exposé à tous les mauvais coups du sort, du ROC et des billots ? Sera-t-il assez inconscient pour oublier que son squelette est la ‘’vraie affaire’’ qui devrait le préoccuper à l’avenir ? Car sans squellette, un homme peut-il vivre heureux et être un bon citoyen utile pour le Revenu National Brut ? Questions à mettre au menu de la prochaine confrontation de nos chefs politiques.
Pour les aider à bien répondre, on peut leur fournir un certain nombre de questions susceptibles d’alerter leur bon sens. Le bon sens, ça existe, et c’est plus important à cultiver que ‘’le sens des affaires”.

Il est urgent de réparer un tibia fracturé, comme il est urgent et même indispensable de manger et de respirer ; mais est-ce que manger et respirer sont les ‘’vraies affaires’’ des Québécois avant, pendant et après les campagnes électorales ?

Comme Al Capone, les sheiks d’Arabie saoudite ou du Texas, le docteur Arthur Porter, Power Desmarais Corporation et le Henri-Paul Rousseau de la Caisse de dépôt, tu peux ‘’brasser des affaires’’ et même de très grosses affaires ; mais faut-il en conclure que ces grands hommes s’occupent de leurs ‘’vraies affaires’’ d’êtres humains ? Ton paradis fiscal, est-ce une ‘’affaire” plus importante que le Paradis ou le Néant à la fin de tes jours ?

La musique, l’amour, le rire, la poésie, les fleurs, la joie, le jeu, ne font pas partie, à proprement parler, du ‘’monde des affaires” ; mais tout de même, est-ce là des affaires au moins aussi importantes que le Plan nord et la rentabilité du Fleuve Saint-Laurent ?

La Commission Charbonneau a pour mission de dénicher les rastaquouères et fripouilles qui grouillent, grenouillent, magouillent et zigouillent dans les bas-fonds et les hauts-lieux de notre honorable faune criminelle cravatée. Alors, pourquoi cette commission éteint- elle son spot au moment même où les Québécois auraient tout intérêt à savoir qui élire pour s’occuper de leurs affaires ? Si elle n’avait pas consacré tout ce temps à pourchasser et étiqueter les rats de cale, elle en aurait eu davantage pour nous informer des <> qui se brassent à l’étage des barons élus ou éligibles.

La charte qui vise à préserver et développer l’identité d’un peuple, est-ce une ’’affaire’’ aussi importante que <

La navette spatiale est une ‘’vraie affaire” ; elle témoigne du génie de l’homme. Mais la langue est une invention autrement plus géniale et utile. Et le soin qu’on apporte à la défendre et cultiver est une affaire beaucoup plus importante que l’ambition de devenir aussi populaire que Michael Jackson, Jack L’Éventreur, Lady Gaga, millionnaire, sénateur ou Premier ministre à double salaire. Et si on croit que la langue, comme dit Vigneault, est l’ADN de la culture d’un individu et d’un peuple, on considère la langue de son peuple comme une ‘’affaire’’ de la plus haute importance ; on ne doit pas laisser à la Supreme Court d’un pays étranger ennemi le plaisir sadique de la démolir à la hache.

Une nouvelle affaire : les fédéralistes, aussi fourbes qu’hypocrites, s’inquiètent et se scandalisent d’avance : Pierre Karl Péladeau va sûrement biaiser l’information de ses journaux, c’est-à- dire leur donner la couleur sinistre de l’indépendance. Mais ils ne se scandalisent pas si les richissimes propriétaires de La Presse et de Radio-Canada nous inondent de propagande fédéralisante, à longueur d’année, à longueur de siècle. Jusqu’a utiliser la météo, cinquante fois par jour, pour nous vendre le beau et grand Canada from coast to coast.

Est-ce que, pour un individu et un peuple normaux, la liberté est une ‘’vraie bonne affaire’’ ou ‘’une marque de yogourt” ? Est-ce que les individus et les peuples normaux ne considèrent pas leur liberté comme un de leurs biens les plus précieux ? Considèrent-ils cette liberté plus importante que ce que nos Couillards appellent les ‘’vraies affaires ?“ Est-ce que ta liberté, c’est un bien que tu dois laisser à des étrangers le soin de gérer à leur profit ? Est-ce à eux de déterminer la Constitution de ton pays ? Est-ce à eux de te dire, par une loi sur la clarté référendaire, à quelles conditions ils te laisseront libres de faire à leur tête ? Staline, le ‘’Petit père des peuples’’, et grand champion tueur en millions, demandait : ‘’La liberté ? Pourquoi faire ?’’ Lui aussi, il pensait que la liberté, ce n’est pas une ‘’vraie affaire’’. S’ils disaient le fin fond de leur pensée, les Couillards nous demanderaient : ’’La liberté, quossa donne, hein ?”

Enfin, tu pourras leur poser et te poser à toi-même d’autres questions de ce genre. Pour vérifier ton bon sens, ton équilibre mental et moral, et pour te dispenser de suivre en polichinelle anONyme et NON-identifié les zigzags de <> ou les rumeurs incantatoires des sONdages d’opiniON.

Commentaires

  • Francis Déry, 19 mars 2014 04h56

    Un gros brasseur d’affaires, m. Molson, vous répondra que la réalité est le produit d’une déficience d’alcool dans le sang. Il vous passera de la bière en guise de solution.
    Les successeurs de Staline ont préférer démocratiser la vodka.

  • Marcel Haché, 18 mars 2014 08h30

    Dans le monde des affaires, la réalité est implacable et difinitive. Elle est insurmontable.Ceux qui brassent de grosses affaires sont tétanisés par tout ce qui pourrait ressembler à un vent de changement.

    Ce n’est pas pour rien que la candidature de P.K.Péladeau frappe aussi fort ceux qui n’ont pas d’imagination : dans le dictionnaire qu’ils gardent et qu’ils ont assimilé, le mot émancipation n’y figure pas.

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