«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Alouette, je te plumerai... (air pourtant bien connu)

Le « modus operandi » des spoliateurs (7)

Les visées du fédéral et de l’Empire Desmarais sur le Mouvement Desjardins

Les loups sont affamés ces temps-ci

Tribune libre de Vigile
lundi 21 novembre 2011
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J’ai hâte de pouvoir vous parler d’autre chose que de Power Corporation, mais depuis que j’ai commencé à le faire, je vais de découverte en découverte, à mon plus grand étonnement. Jamais je n’aurais pensé que ce groupe était devenu une véritable pieuvre dont les tentacules se déployaient jusque dans nos centres de décision et de pouvoir pour les assujettir au service de ses intérêts.

À chaque nouvelle découverte, le premier moment de surprise passé, je me suis interrogé sur le sens qu’il fallait y donner et les conclusions qu’il convenait d’en tirer. Et à chaque fois, avant de me résoudre à signaler un nouveau cas, je me suis demandé si je n’étais pas en train de céder à l’hystérie du complot.

Dans un certain sens, j’aurais presque préféré que ce soit le cas, tant ces découvertes mettent en relief la fragilité de nos institutions et la légèreté avec laquelle nos élus et les dirigeants de nos entreprises publiques sont prêts à trahir leur mandat de fiduciaires du bien public et de nos intérêts collectifs au bénéfice d’intérêts privés.

Le scandale rejaillit sur nous tous et nous interpelle tous. Si nos fiduciaires ont des devoirs, nous en avons nous aussi, à commencer par celui d’exercer un contrôle et de demander des comptes, et il semble que nous ayons failli dans un cas comme dans l’autre. Notre manque de vigilance nous coûte déjà très cher, et pourrait nous coûter encore plus cher si nous ne nous empressons pas de reprendre le contrôle de nos affaires.

Au début de l’année en cours, en cherchant à comprendre comment la « comète » Bouchard en était venue à représenter les intérêts de l’industrie pétrolière et gazière, j’avais eu la surprise de découvrir qu’un membre de la haute direction du Mouvement Desjardins, Christiane Bergevin, vice-présidente exécutive aux partenariats stratégiques, siégeait au conseil d’administration de Talisman Energy, l’entreprise qui allait défrayer les honoraires de Lucien Bouchard, et j’écrivais ceci :

« Je suis prêt à parier que la plupart des sociétaires des Caisses Desjardins n’ont aucune idée de la façon dont a évolué le Mouvement Desjardins ces dernières années, ni que sa présidente, Monique Leroux, est également membre du conseil d’administration (tout comme le PDG d’Hydro-Québec, Thierry Vandal) du Conference Board, cette officine de propagande fédéraliste qui déverse régulièrement son fiel sur le Québec. Je serais très curieux de savoir ce qu’en pense Claude Béland. »

Les mois allaient passer jusqu’à ce que j’aie récemment l’occasion de croiser Claude Béland et d’échanger quelques mots avec lui à l’occasion d’un lancement de livre (Pierre Graveline, La liberté du Québec). Rapidement, j’en vins à lui demander ce qu’il pensait des orientations du mouvement qu’il avait dirigé pendant tant d’années. Je fus surpris de l’entendre me répondre qu’il ne le reconnaissait plus et qu’il était inquiet de le voir aller.

Dans les semaines qui suivirent, j’entrepris de fouiller un peu le dossier pour découvrir que Claude Béland avait en fait donné une entrevue à ce sujet à la journaliste Maxime Bertrand de Radio-Canada, une initiative que la direction actuelle du Mouvement Desjardins n’avait guère prisée. La présidente, Monique Leroux, s’était même crue obligée de « nier que le Mouvement Desjardins soit devenu semblable à une banque ».

En poursuivant mes recherches, je découvris que Claude Béland, en qualité de président du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), avait comparu en 2010 devant le comité sénatorial permanent des finances pour dénoncer un projet de loi fédéral omnibus

« … qui comportait plus de 800 pages et 2000 articles et abordait différents sujets dont la création de coopératives de crédit fédérales. Le gouvernement fédéral proposait ainsi de mettre en place un cadre qui permettra aux coopératives de crédit et aux caisses populaires provinciales d’être constituées, ou de poursuivre leurs opérations, en tant que coopératives de crédit fédérales, qui seront reconnues comme des banques aux termes de la Loi sur les banques. »

En fouillant encore, je découvris qu’il s’agissait du projet de loi C-9 intitulé « Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 4 mars 2010 et mettant en oeuvre d’autres mesures », ou en version abrégée « Loi sur l’emploi et la croissance économique ». Effectivement, lorsqu’on en consulte la table des matières, on découvre, à la toute fin, Partie 17, art. 1894.1 et suivants, des amendements à la « Loi sur les banques » qui touchent les « Coopératives de crédit » comme le Mouvement Desjardins, et qui leur permettront, sur simple demande au gouvernement fédéral de poursuivre leurs activités en vertu de la loi fédérale, donc pour une institution comme le Mouvement Desjardins, d’échapper au contrôle du Québec et de passer sous contrôle fédéral pour devenir éventuellement une banque fédérale. Ouf !

Vous voyez le tour de passe-passe ? Un jour un fleuron Québécois, le lendemain une banque fédérale, et astreinte au bilinguisme de la Loi sur les langues officielles en plus !

Alors, la première chose qu’il faut dire, c’est qu’en raison du déclenchement de la dernière campagne électorale, cette loi ne put être adoptée et que le contrôle du Mouvement Desjardins demeure encore au Québec, pour le moment.

Pour le moment seulement, car le gouvernement fédéral va devoir prochainement présenter un autre budget qui comportera ces mêmes mesures, et cette fois-ci, elles seront adoptées parce que le gouvernement Harper est désormais majoritaire suite à l’élection du 2 mai dernier.

Avant d’aller plus loin, admirez l’astuce ! Des mesures fondamentales qui vont modifier profondément l’équilibre des pouvoirs économiques entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux noyées dans un projet de loi omnibus comportant plus de 2000 articles (2208 pour être précis) ! Et avez-vous entendu un seul mot du ministre des Finances du Québec pour alerter l’opinion québécoise et défendre les compétences du Québec ? Non, pas un seul.

Alors, après le projet de loi fédéral pour mettre sur pied une commission nationale des valeurs mobilières et s’emparer de la compétence des provinces en la matière, voici que le gouvernement fédéral récidive et cherche à prendre le contrôle de Desjardins ! J’entends déjà Bachand nous susurrer sa réponse mièvre : « Le Mouvement Desjardins a le choix, il n’est pas obligé de passer sous contrôle fédéral. Il est maître de ses décisions. »

***

À ce stade-ci, vous me direz « Bon, on veut bien comprendre ce que vient faire le fédéral dans le dossier, mais Power ? »

C’est encore plus astucieux. Pour ma part, j’ai commencé à comprendre ce qui se passait quand Hydro-Québec a annoncé son intention d’acquérir Énergie NB. Cette décision sortait de nulle part et ne correspondait à aucune logique d’affaires pour Hydro-Québec. Mais alors, à quelle(s) logique(s) pouvait-elle répondre ? En fait, à deux logiques différentes, une logique politique, et une logique d’intérêts autres que ceux d’Hydro-Québec ou du Québec, les deux imbriquées l’une dans l’autre.

Quiconque est intéressé à acquérir Hydro-Québec comprend rapidement qu’il ne parviendra pas à le faire facilement tant qu’Hydro-Québec sera sous l’autorité du Gouvernement du Québec. Mais si Québec perd cette autorité parce qu’il devient une entreprise aux activités interprovinciales, donc nécessairement assujettie à la compétence fédérale, l’intérêt pour le Gouvernement du Québec de demeurer le seul actionnaire d’Hydro-Québec diminue considérablement, et une privatisation partielle ou totale devient envisageable assez rapidement, surtout si quelques « Lucides » à la solde des intérêts qui convoitent Hydro-Québec sont parvenus à convaincre la population québécoise que sa dette collective est tellement élevée qu’il faut la réduire en vendant les bijoux de famille.

Après cette fusion ratée est apparue dans le décor l’affaire Petrolia à Anticosti dans laquelle on retrouvait encore la main d’Hydro-Québec derrière laquelle se profilait l’ombre de Power.

Puis le Plan Nord et ses étranges concessions aux compagnies minières, et surtout l’Accord économique global Canada/Union Européenne par lequel le Québec se trouverait à perdre une partie de ses compétences au profit du fédéral, toujours au bénéfice d’intérêts autres que ceux du Québec et des Québécois.

On voit bien que le « modus operandi » est toujours le même et qu’il s’agit de réduire l’emprise du Gouvernement du Québec sur le patrimoine collectif des Québécois pour que des intérêts privés puissent s’en emparer.

Dans le cas de Desjardins, la stratégie comporte deux étapes (c’est Claude Morin qui va être heureux de voir son modèle faire école !). D’abord Desjardins passe sous contrôle fédéral, et puis Desjardins passe sous le contrôle de Power.

Je me suis laissé dire que la présidente du Mouvement Desjardins est tellement confiante de passer prochainement sous contrôle fédéral qu’elle a même commencé à dire à son autorité de contrôle actuelle, l’Autorité des marchés financiers, que si celle-ci lui mettait des bâtons dans les roues pour certains de ses projets, elle irait se chercher une charte fédérale.

Quant à Power, il faut savoir qu’en affaires, tout fonctionne par réseaux de contacts, et que si vous vous mettez à fouiller pour vérifier s’il existe des contacts entre Monique Leroux, les Desmarais, Power, et Lucien Bouchard, vous allez être surpris de leur quantité. À croire qu’ils sont cul et chemise. Encore tout récemment, Michel David du Devoir nous apprenait que « Jean Charest s’était vu remettre le prestigieux prix Woodrow Wilson pour le « service public », en même temps que la présidente du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, honorée dans la catégorie « présence sociale de l’entreprise » ».

Or le prix Woodrow Wilson est décerné par le Woodrow Wilson Center. Comme je l’écrivais il y a quelques semaines, « Oui, au cas où vous ne le sauriez pas, c’est « l’empire » qui est derrière cette initiative. Allez donc jeter un coup d’oeil sur le site de l’organisation qui l’attribue. Vous découvrirez que Paul Desmarais père y est associé depuis 2003 lorsqu’il a lui-même reçu ce prix en 2003 en compagnie de son bon pote Brian Mulroney. » Et, touche délicate s’il en est, Monique Leroux reçoit le prix dans la même catégorie que Paul Desmarais père en 2003, soit « présence sociale de l’entreprise ». Sortez vos mouchoirs !

Mais, me direz-vous, tout ça, c’est bien beau, mais ça ne nous explique pas pourquoi l’Oncle Paul tient tant à mettre la main sur Desjardins.

La réponse est toute simple. Les modifications prévues à la législation fédérale dont je vous ai parlé plus haut vont permettre au Mouvement Desjardins de devenir une banque, et Paul Desmarais rêve d’une banque depuis toujours. Pour preuve, je vous renvoie d’abord à un article de Gérard Bérubé du Devoir qui date de 2008 « Perspectives - Et si Power voulait la Nationale ? » , et je vous explique qu’un groupe de services financiers comme l’est Power à 80 % n’a pas de rêve plus cher que de mettre la main sur une banque.

Pourquoi ? Parce qu’une banque lui offre des perspectives de revenus bien plus stables que des compagnies d’assurance ou des maisons de placement dont les revenus sont liés à la performance des marchés financiers qui, comme chacun sait, peuvent connaître de très grosses fluctuations. C’est d’ailleurs le cas en ce moment, et je soulignais encore ces jours derniers que le cas de Power était particulièrement préoccupant à cet égard.

Tandis qu’une banque… Comme le dit avec cette désinvolture et la gouaille qu’on lui connaît Jean-Paul Belmondo dans un film intitulé « Les morfalous »,« C’est bandant une banque… ».


Belmondo - C'est bandant une banque ! par lefranchouillard

Mais blague à part, les actualités des derniers mois ont permis à tout le monde de comprendre qu’une banque était une véritable machine à imprimer de l’argent. Alors imaginez que vous êtes mal pris, comme Power l’est en ce moment, et que vous pouvez compter sur une machine à imprimer de l’argent de la taille de celle qu’aurait le Mouvement Desjardins s’il devenait une banque… 

Donc, si vous êtes un sociétaire de Desjardins et que la sécurité de votre épargne vous préoccupe le moindrement, faites le nécessaire pour que l’Oncle Paul ne mette pas le grappin dessus. Et si vous êtes un Québécois fier des réalisations du mouvement coopératif, faites de même. Et dépêchez-vous, les loups sont affamés ces temps-ci, et ils vont l’être encore plus dans les mois qui viennent.

Commentaires

  • M Dubé, 10 mai 2015 07h13

    Au Québec les gens doivent travailler plus. Bien sûr ! Je gage que ce message bien que publiqc ne s’adressait pas à la population du Québec car bien qu’il y ait eu des gains très importants ( au point où on disait que la société des loisirs était pour les années 2000 grâce à l’automatisation, la robotique et l’informatique ) nous devons encore travailler et par surcroît travailler plus ; tout ces gains nous échappent. Pourquoi travailler plus ... mais c’est que pendent qu’on travaille, le regard baissé vers la survie ou le désir matériel on ne voit pas les ruses qui nous dépossèdent de notre héritage. Si l’argent n’existait pas, quel moyens utiliseraient les spoliateurs ?

  • richard Boutin, 3 mai 2015 23h19

    Posez la question, qui est Monique Leroux

    une ex associee d Ernst and Young dont le modus vivendi est d infiltrer les entreprises
    c est tres pres du dijiadisme, mais pacifique juste l argent pas mahomet

  • André TAILLON, 3 mai 2015 13h20

    Prendre le taureau par les cornes et fonder une nouvelles coop Québecoise !

  • alain s, 30 novembre 2011 06h29

    Une cooperative national !!

    Un levier financier et social incroyable, pour tous les Quebecois, une cooperative qui dicterai certaines grandes politique au Quebec a travers les divers groupes cooperatifs du mouvement ex les groupes d’achats responsable qui favoriserai l’ achat local ou le service pour les membres desirent offrir des biens ou service au differents groupes d’ achat. la cooperative se doterai de groupes d’ invesstisseurs ....

  • André B, 23 novembre 2011 09h55

    Voila, on est en train de tout perdre petit à petit avec notre Johny Charest et notre Stephen Harper. Et pendant ce temps, le Bloc est quasi absent sur la scène fédérale depuis la dernière élection alors qu’au PQ on se bat entre nous autour du non-leadership de Pauline. On se tire dans le pied jour après jour et c’est à croire que seul un Jacques Parizeau semble avoir une colonne vertébrale dans toute cette pagaille. Je me demande encore si nous ne serions pas mieux de le ramener à la tête du PQ afin qu’il redonne un peu de sens à la NATION.

  • Campbell, Normand, 22 novembre 2011 21h44

    J’ai lu avec attention l’exposé de votre recherche, je ne voyais pas que le mouvement DESJ. se dirigeait vers ce que vous expliquez, mais il est grand temps d’agir et puisque les québécois en général ne lisent pas,mais de cela j’en doute, pourquoi alors ne pas produire un film ?

    Un ancien président d’une petite caisse de village.

  • Louis Côté, 22 novembre 2011 09h09

    Et, ça explique la tiédeur de la réaction de Desjardins dans l’affaire des valeurs mobilières.

    Louis Côté

  • Pierre Schneider, 22 novembre 2011 05h13

    Monsieur LE HiR, votre fort intéressant texte me bouleverse au plus haut point. Il confirme ce que je pressentais depuis que Monique Leroux a pris le contrôle de notre mouvement Desjardins.
    Nous sommes des millions de sociétaires qui se semblent plus avoir beaucoup de droits face aux nouvelles politiques de Desjardins qui, on le voit bien, est en train d’échapper è tout notre contrôle.
    Que faire dans une situation si urgente ? Croyez-vous qu’alerter les actionnaires pourrait y changer quelque chose. Je crois lire dans le pessimisme de M, Claude Béland un constat d’échec qui ressemble à de la résignation devant l’inévitable...
    Je n’ai aucune compétence dans le domaine économique, coops et institutions financières, mais ne devrions-nous pas, si Desjardins nous échappe, mettre sur pied une nouvelle institution québécoise populaire, style Banque du Peuple, sans être assujetti à la loi fédérale ?
    Peut-être La Caisse des Québécois ? Avec vos compétences dans ce domaine, peut-être pourriez-vous nous faire des suggestions, car si nous perdons Desjardins et l’Hydro, c’est tout notre Québec que nous perdrons à jamais.

  • 22 novembre 2011 00h26

    Il y a longtemps que certains cadres de Desjardins désirent faire évoluer le mouvement vers une banque.Les tentatives d’associations avec les caisses de crédit de l’Ouest canadien (Manitoba surtout) et avec celles de l’Ontario n’ayant mené à rien, la seule voie pour l’expansion reste une charte fédérale .Qui est responsable de cette évolution ?

    Dans l’ordre ;

    1) Les membres de Desjardins qui exigent des rentabilités sans cesse en augmentation, le paradoxe du système capitaliste. Il n’y a plus place pour une croissance organique au Québec.

    2) Une partie des cadres dirigeants de Desjardins qui veulent passer à la caisse....jeu de mots facile.

    3) Le manque de démocratie du mouvement. Qui s’intéresse réellement, maintenant aux élections de dirigeants des caisses, particulièrement en milieu urbain ? Ma caisse a un actif sous gestion de plus de 200 millions de $. J’ai assisté à la dernière réunion annuelle et en suis sorti avec la certitude que tout avait été concocté à l’avance.

    Ces tendances se sont nettement accélérées avec l’arrivée de madame Monique F. Leroux qui promène un passé de vice-présidente de la Banque Royale et une année chez Québécor (ou elle s’est fait remercier par PKP, sans ménagement...). Elle est là pour presser le citron, elle fait son travail, tant qu’a savoir si Desmarais veut mettre la main sur le Mouvement, je ne sais.

    Voir son CV à

    http://investing.businessweek.com/research/stocks/private/person.asp?personId=8545974&privcapId=992419&previousCapId=992419&previousTitle=Mouvement%20des%20caisses%20Desjardins

    Les Caisses se comportent de toute facon, déjà, comme une banque, fermant et fusionnant les caisses ou les points de service qui ne sont pas assez rentables, licenciant sans pitié les collaborateurs, (il existait à une époque un lieu surnommé le "Club Med" ou le personnel en surplus avait pour unique fonction de se trouver...un autre travail....), donnant des pans entiers de l’organisation en sous-traitance (l’informatique est ainsi passé de l’interne puis à CGI et maintenant IBM), avec bien sûr la suppression de tous les avantages sociaux tels que plan de pensions, etc, escortant le personnel licencié vers la sortie tout en l’accompagnant de gardes de sécurité, fusionnant des entités séparés (Visa Desjardins par exemple), etc, etc.

    Les Caisses tout comme nos banques canadiennes ont fait payer en frais de recherche et de développement, toute l’infrastructure, matériels, logiciels, services, nécessaires à la mise en place des guichets automatiques et nous font payer maintenant des frais exhorbitants pour un service qui a déjà été subventionné.

    Qu’il est loin le temps de l’entreprise intégrée à son milieu mais en même temps "La Pieuvre Verte" continue a maintenir dans l’opinion publique, de manière très habile, l’illusion que rien n’a changé ("Près de notre monde", tu parles !!!!)

    Monsieur Le Hir, les membres des Caisses sont loin et la démocratie du mouvement n’est qu’un leurre pour les naifs.

    Gabriel Alphonse Desjardins doit se retourner dans sa tombe.....

  • O, 21 novembre 2011 22h54

    Lu avec assez d’attention pour comprendre que Desjardins passe à Power... et bien compris la conclusion :

    "Donc, si vous êtes un sociétaire de Desjardins et que la sécurité de votre épargne vous préoccupe le moindrement, faites le nécessaire pour que l’Oncle Paul ne mette pas le grappin dessus."

    Mais pas vu le mot d’ordre pour "faire le nécessaire"...

  • Jean-Pierre Bélisle, 21 novembre 2011 22h16

    La fierté des réalisations du mouvement coopératif ? Vous blaguez ! Cela appartient déjà au passé.

    On le sent si on ne le voit pas, mais Desjardins a depuis longtemps dépassé son stade primitif de développement.

    À l’instar du Québec dans la confédération, ses vêtements provinciaux sont devenus trop petits pour ses besoins et son appétit international. Le passage de Desjardins sous charte fédérale n’est qu’une question de temps, à moins bien entendu, que le Québec ne déclare son indépendance et que Desjardins se transforme peu après en la Banque du Québec.

    Déjà, le 23 octobre 1998 (1), Claude Béland s’était rendu à une séance du Comité du Sénat, pour réclamer rien de moins au Gouvernement fédéral qu’il autorise "la mise en place d’une banque coopérative à charte fédérale".

    Ainsi que résuma le sénateur Joyal : "Vous confirmez, en définitive, l’approche selon laquelle la croissance du Mouvement Desjardins passe par l’établissement d’une Banque Desjardins ?" - ET Claude Béland de répondre : "Oui, mais ce serait une banque coopérative".(2)

    Ce qui m’intrigue, c’est que votre texte ne fait pas référence à cette partie importante de l’histoire. Le vilain Oncle Paul n’explique peut-être pas tout.

    En fait, à creuser un peu plus, cette histoire pourrait même éclabousser beaucoup plus loin qu’on pense.

    JPB

    (1) René Croteau, "Le mouvement Desjardins, 1997-2003 : un patrimoine coopératif défiguré et dénaturé" (Google Books)

    (2) Mesquin, Serge Joyal demanda : "De combien de temps auriez-vous besoin, de façon réaliste, compte tenu de tout ce qui devrait être mis en place pour que vous puissiez ouvrir la Banque Desjardins, et que M. Béland devienne le nouveau président de la Banque Desjardins ?"
    http://www.parl.gc.ca/Content/SEN/Committee/361/bank/32mn-f.htm?Language=F&Parl=36&Ses=1&comm_id=1

  • 21 novembre 2011 22h04

    Bonjour M. Le Hir,

    Il y a quelques mois, j’ignorais presque tout ce qui se tramait avec ces Desmarais, Péladeau, le PLQ. et tout ce que j’apprends sur votre site. Je suis même bouleversée de réaliser qu’on survit en attendant d’être gobés par ces loups.

    Dans mon livre à moi, je croyais sincèrement que ces sujets ne me concernaient pas puisque nous avons des élus qui devraient s’occuper de tout cela et qui au contraire ne nous en glisse pas un traître mot.

    Je me demande encore comment il se fait que nous devons autant nous protéger de nos politiciens qui ont un travail à faire alors que je ne leur demande pas de faire le mien.

    Donc, je suis découragée parce qu’il faut être partout à la fois. Ces requins de la finance m’écœurent, d’autant plus quand je réalise que je les ai déjà estimé. On dirait qu’on ne s’en sortira jamais. Et la mafia dans tout ça qui rode autour de tout ces B.S. de luxe et le PLQ qui risque d’entrer à la prochaine élection. OUF !

    À part l’idée de castrer tous les mâles de la planète pour au minimum les quarante prochaines années, je ne trouve pas de solution. (Désolée pour vous) :))

    C’est tout de même passionnant de vous lire et ne lâchez pas.

  • André Meloche, 21 novembre 2011 20h51

    Il est toujours intéressant de vous lire, Monsieur Le Hir. Mais tristement, la grande majorité québécoise est illettrée ! Elle n’a aucune conscience autre que celle de l’attroupement aux abords des abattoirs ou des arénas (des arènes romaines)…

    Ce ne sont pas les canailles qui nous arnaquent qui nous coulent mais la sottise de la populace qui nous noie ! Malheureusement pour nous, lettrés et conscients des vagues et ressacs de la mouvance humaine, nous sommes emportés par l’aveuglement du plus grand nombre. Il faut savoir, pour conserver le sens de la beauté de ce monde, penser en apnée !

    Je ne pense pas que le peuple daigne s’abaisser à lire. Et c’est en cela que lentement, au rythme des révolutions et des souffrances humaines – car oui, les souffrances humaines ont non seulement un rythme mais une effroyable durée –, le changement s’effectue toujours dans l’aveuglement et la violence, comme la beauté naît toujours d’un trait de génie, la plupart du temps de manière posthume.

    Les parasites de ce monde se nourrissent toujours de la bête ! Et les responsables de ce putsch économique sauront bien se reconnaître. Mais j’oubliais, ils ne lisent pas les feuilles de choux populistes.

    Si je n’étais si dévasté, je dirais que nous vivons une belle époque, très formatrice sur le plan anthropologique. Mais comme le totalitarisme risque à tout moment de ressurgir – eh oui ! de nouveaux êtres naissent chaque jour ! et pourquoi pas un adorable petit Adolph, un gentil chérubin nommé Joseph –, préparons-nous au pire tout en évoquant le meilleur.

    Les Québécois n’ont pas assez souffert. Ou ceux qui « se souviennent » sont morts et leurs descendants s’appellent The Swamp !

    Seul un mouvement aveugle et incontrôlé peut faire trembler les empires. Mais il n’est pas faux non plus de prétendre que le travail de sape, lorsqu’il est raffiné et porteur de vérité, contribue – c’est la nature de votre travail, il me semble – à l’épanouissement de la conscience.

    Pour terminer, les imbéciles qui hurlent constamment – quand les loups hurlent, ils ne mordent pas – en dénonçant la théorie du complot sont des perroquets !

    Jules César a bel et bien été assassiné à la suite d’un complot. Les complots, ça existe ! Sinon le mot n’aurait jamais été inventé. Mais il est aussi vrai de dire, en pensant à la horde sauvage de Freud qui tue le père car aucun de ses membres n’est capable à lui seul de prendre le pouvoir, que lorsque le complot existe, la solidarité n’existe pas et on doit constamment marcher le dos au mur, surtout auprès de ses amis. Parlez-en à l’âme de Kadafi !

  • 21 novembre 2011 19h43

    De plus, le Québec doit se préparer à une nouvelle victoire du PLQ aux prochaines élections. Ce sera le triomphe de l’argent-roi sur la vie d’une Nation qui peine
    à se reconnaître et vouloir agir en tant qu’État,alors qu’elle a les moyens de le faire.

    JRMS

  • François Ricard (l&8217;inconnu), 21 novembre 2011 18h45

    "Mettra sur pied une commission indépendante qui se penchera sur la concentration des médias au Québec et émettra des recommandations au gouvernement."
    M. Aussant et l’ON ont bien identifié la domination de Desmarais dans le domaine de l’information. Et ils comptent y faire face.
    Depuis plus de trente années, Desmarais contrôle l’information au Québec. Avec la connivence des gouvernements en place, il exerce cette domination sans être importuné le moindrement. Pourtant, légalement et légitimement, l’on pourrait lui retirer La Presse car il n’a pas tenu la promesse qu’il avait faite que le journal resterait à jamais indépendant vis-à-vis la politique.
    Mais c’était une promesse bidon avec les doigts de la main croisés : il a eu tôt fait de déclarer que la ligne éditoriale serait fédéraliste et que les informations concernant le fédéralisme étaient plus importantes que les informations concernant la souveraineté ou l’indépendance.
    M. Parizeau l’a bien dit : "Le Québec, c’est l’empire Desmarais"

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