«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Voilà comment s’installe une médecine à deux vitesses

Les longs délais d’accès au public pourraient décourager les patients

La fin des frais accessoires sera profitable au privé

L’abolition des frais accessoires représente une occasion d’affaires intéressante pour des cliniques et entreprises privées du domaine de la santé, qui tireront profit des délais d’attente au public, croient certains.

« C’est une aubaine », réagit le Dr Marc Lacroix, qui gère un réseau de six cliniques complètement privées.

« Pour nous, c’est une bonne occasion d’affaires. Mais pour la population, ce sera une perte importante », nuance-t-il.

En vertu de l’abolition des frais accessoires, hier, les médecins du réseau public ne peuvent plus faire payer certains services aux patients, comme les prélèvements sanguins, certains vaccins (zona, méningite) et les endoscopies.

Devant cette contrainte, des médecins cesseront d’offrir certains services, ce qui augmentera la pression sur les listes d’attente du public.

Pour compenser, le ministère de la Santé s’est notamment engagé à offrir davantage de plages horaires dans les hôpitaux.

Hier, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a toutefois souligné que les patients devront s’attendre à une baisse des services (voir autre texte). Une situation qui favorisera les compagnies privées.

Recrutement à venir ?

« Les entreprises privées, c’est extraordinaire pour elles », estime le Dr Louis Godin, président de la FMOQ.

« C’est clair que le patient qui n’est pas capable d’avoir un service dans le régime public facilement, il va aller dans le privé », dit-il.

Avec cinq cliniques dans la région de Québec et une à Montréal, le Dr Lacroix évalue actuellement les possibilités d’offrir davantage de services pour lesquels les délais risquent d’augmenter au public, dont les endoscopies.

Les discussions pour embaucher deux médecins spécialistes et deux omnipraticiens sont en cours.

« On devient l’alternative pour les patients qui ne voudront pas attendre dans le public, ajoute le Dr Lacroix. Les prochains mois vont être très fertiles en recrutement. »

Récemment, deux cliniques de gastro-entérologie du réseau public ont annoncé leur fermeture.

Pas si pire

Au regroupement des Médecins québécois pour un régime public (MQRP), on craint davantage des bris de services auprès des spécialistes que chez les omnipraticiens.

« Dire que tout va s’effondrer dans les cliniques, c’est un peu catastrophiste, dit la Dre Isabelle Leblanc, présidente. Les gens vont continuer à avoir un accès, et encore plus ceux qui ne pouvaient pas payer. »

« Pour l’énorme majorité des médecins de famille, les frais accessoires étaient vraiment le crémage sur le gâteau », dit celle dont l’organisation milite depuis de nombreuses années en faveur de l’abolition de ces frais.

Entente pour la vasectomie et des chirurgies

Dr Louis Godin. Président de la FMOQ
Photo d’archives
Dr Louis Godin. Président de la FMOQ

Les Québécois n’auront plus à débourser un sou pour les chirurgies mineures et les vasectomies, assure le syndicat des médecins de famille, qui paiera ces opérations à même son budget annuel.

« Collectivement, on a pris ces décisions-là face aux demandes du public, a expliqué le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin. C’est un geste honorable de la part des médecins de famille. »

Fin des frais

En vertu de l’abolition des frais accessoires, hier, la FMOQ a annoncé avoir conclu une entente avec le ministère de la Santé concernant la vasectomie et les chirurgies mineures (lacérations de plaies, kystes, abcès).

La FMOQ paiera ces services, d’une valeur de deux millions $ par année, à même son budget global de rémunération, et le patient n’aura pas à payer.

Toutefois, plusieurs autres services qui étaient auparavant facturés (prélèvements sanguins, certains vaccins, etc.) ne font toujours pas l’objet d’une entente et ne pourront plus être facturés. Résultat : des médecins cesseront d’offrir le service.

Fin des services

« Ne plus permettre de pouvoir facturer, c’est clair que les cliniques vont devoir cesser d’offrir ce service-là », dit le Dr Godin.

« On doit constater qu’il y a un fort risque que les services soient diminués dans les prochaines semaines », a-t-il ajouté.

À court terme, les discussions se poursuivront avec le gouvernement pour en arriver à des ententes.

Du côté de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), les négociations se poursuivent sur plusieurs dossiers non réglés.

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a assuré mercredi qu’il n’y aurait aucune baisse de service, et que des ententes étaient conclues avec les optométristes, les dentistes et les pharmaciens.

Les patients qui croient avoir payé des frais accessoires illégalement peuvent s’adresser à la Régie de l’assurance maladie du Québec, qui a le pouvoir d’imposer des amendes aux médecins fautifs.

 


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