«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Indépendance politique du Québec

Les indépendantistes-péquistes

Retour sur l’épisode du « beau risque » en 1984 et ses suites

Chronique de Bruno Deshaies
vendredi 17 juillet 2015
1 142 visites 5 messages

Bruno Deshaies, 16 juillet 2015

« Les hommes traînent une poutre,
chacun exprime son avis
sur la façon de la traîner et l’endroit où la mettre.
 »
(Léon Tosltoï)

Dans le dernier numéro du Bulletin d’histoire politique (vol. 23, no 3),
l’archiviste et historien Pierre-Louis Lapointe apporte un éclairage particulier sur la crise au PQ, en 1984-1985, à l’occasion du « beau risque » que René Lévesque avait entériné. « Le détournement » qui qualifie cet événement a entraîné une série de démissions de ministres et de députés dont celle de Denise Leblanc-Bantey, députée des Iles-de-la-Madeleine.

Pierre-Louis Lapointe rappelle le parcours singulier de cette femme à partir de l’étude des archives de Madame Denise Leblanc-Bantey et les tiraillements qu’elle a vécus en tant que députée et ministre du gouvernement Lévesque. Compte tenu des résultats de ses recherches, il écorche au passage la biographie de René Lévesque écrite par Pierre Godin qu’il désigne estime plutôt une hagiographie du « grand homme ». Il ne découvre pas la même histoire dans la carrière de Madame Leblanc-Bantey et aussi de la manière dont elle a vécu « le détournement », en 1984, du « beau risque » de René Lévesque. Sur cet épisode troublant de l’histoire du PQ, Pierre Godin et Éric Bédard accordent peu d’importance à cette crise majeure du gouvernement Lévesque et de son parti.

Insatisfaite de la tournure des événements et maintenant étiquetée dans le camp des « purs et durs », elle participe activement à la fondation du Rassemblement démocratique pour l’indépendance (RDI) dont elle est élue présidente le 30 mars 1985. Ce parti disparaîtra en 1989. Se formera parallèlement le Parti indépendantiste (PI) qui vivotera de 1985 à 1990. Récemment, le parti Option nationale (ON) avec Jean-Martin Aussant n’a pas eu plus de succès. Le Chef de cette formation a démissionné. Le PQ a repris le pouvoir avec Madame Pauline Marois, puis elle a été battue aux élections générales en 2014. Après la démission de Madame Marois comme Chef du PQ, une longue course à la chefferie de ce parti nous a conduits à l’élection de Monsieur Pierre Karl Péladeau. Qui ne soupçonne pas des tensions au sein de ce parti politique renaissant.


« Tant et aussi longtemps que les souverainistes-péquistes vont traîner la contradiction entre les MOYENS et la FIN, il n’y a pas de salut possible. »

Revenons à Madame Leblanc-Bantey et à l’article de Pierre-Louis Lapointe intitulée « La Jeanne d’Arc des Îles ». Dans sa conclusion, il retient cette idée : « L’étude de cette première grande crise politique du Parti québécois nous apparaît incontournable pour comprendre ce qui se passe actuellement au sein de cette formation politique. » Puis il termine avec cette suggestion : « …l’exemple de Denise Leblanc-Bantey devrait inspirer la reprise du feu qui court, imperceptiblement, dans les tréfonds de l’âme québécoise ».

Le récit du parcours des indépendantistes-péquistes de 1984-1985 devrait nous faire réfléchir sur ce qui pourrait à nouveau se produire dans les années à venir. En ce sens, nous appréhendons comme Pierre-Louis Lapointe ce qui pourrait advenir si le Parti Québécois d’aujourd’hui oubliait le passé de leur formation politique.

Retour sur l’épisode du « beau risque » en 1984

Dressant le résumé de cet épisode tragique, voici ce que j’avais écrit le 6 décembre 2010 :

Le rappel de la crise ministérielle de 1984 fera-t-elle réfléchir les partisans et les militants péquistes et même bloquistes ? Le mouvement souverainiste traditionnel doit maintenant et obligatoirement s’élargir à l’ensemble de la population québécoise et de la société civile. Ces deux partis n’ont aucun droit d’exercer un monopole sur l’option indépendantiste. Un vaste mouvement populaire doit occuper sa place dans l’espace public et s’organiser pour mettre le cap sur l’indépendance nationale du Québec. C’est un appel à la “nécessaire unité québécoise”.


Bruno DESHAIES, « La “SOUVERAINETÉ EXPRESS” est-elle un mal ? http://service.vigile.quebec/La-SOUVERAINETE-EXPRESS-est-elle La grave crise ministérielle du gouvernement Lévesque en 1984. » (Lundi 6 décembre 2010) INDÉPENDANCE DU QUÉBEC 375. Visites : 431 + 6 messages 663 2015-07-16 10:53


La reprise du pouvoir péquiste par Jacques Parizeau et le Référendum de 1995 ont eux aussi entraîné leur lot de difficultés et de problèmes. L’échec référendaire crève-cœur a laissé des traces. Le parti québécois a cherché ses repères. Malgré les gouvernements de Lucien Bouchard, de Bernard Landry et de celui de Pauline Marois, le parti avait été fragilisé (sans compter l’échec d’André Boisclair et sa démission).

Donc, au cours des trente dernières années, les indépendantistes doivent comprendre que cette crise n’est pas complètement achevée, car l’Article 1 du Programme du PQ porte les germes de la dissension. Tant et aussi longtemps que les souverainistes-péquistes vont traîner la contradiction entre les moyens et la fin, il n’y a pas de salut possible. Référendum, constituante et constitution sont autant de pommes de discorde que la nature même de l’indépendance du « pays ». La crise de 1984 en est la preuve évidente. Démission de René Lévesque le 20 juin 1985 suivie finalement des démissions du Cabinet d’Yves Bérubé, Yves Duhaime et Clément Richard le 16 octobre 1985.

En cours de crise, arrive la création de différents partis politiques indépendantistes qui n’existeront pas très longtemps. Monsieur Jacques Parizeau reprendra le flambeau, en 1988, pour la suite de l’histoire…

« L’être collectif » des Québécois est en cause d’après Jacques Beauchmin.

Dans un essai paru récemment, Jacques Beauchemin s’interroge sur l’indépendance et « l’être collectif » des Québécois » ─ enore cette question d’identité et de psyché collective. Il conclut :


« Je ne vois rien d’autres à faire, alors que s’achève mon exploration des dédales de notre être collectif que de nous mettre face à nous-mêmes à présent que tout a été dit dans notre histoire et que nous sommes appelés à conclure. » (L’indépendance en héritage, Québec, Boréal Express, 2015, p. 147.)

Chacun sait qu’en histoire il est très difficile d’affirmer catégoriquement « que tout a été dit ». Selon son dire les « franco-québécois » doivent « conclure ». Or, « pour nous mettre en face de nous-mêmes », il va falloir se poser des questions sur lesquelles on tergiverse et, d’autres, que nous ne voulons pas nous poser. Par exemple : Voulons-nous, oui ou non, demeurer dans la fédération canadienne ? Voulons-nous, oui ou non, accepter de porter notre regard sur l’optique indépendantiste qui permet de mieux comprendre les bienfaits de l’indépendance ? Voulons-nous, oui ou non, nous investir dans le provincialisme en ayant l’assurance d’améliorer notre sort collectif dans le perspective d’un fédéralisme réformé ? Voulons-nous, oui ou non, nous satisfaire du statu quo ? Beaucoup d’autres questions encore peuvent être posées. Les réponses dépendront donc des questions posées. Cependant, il est certain que l’élite indépendantiste a des devoirs à faire en vue d’accélérer le changement. La masse ne fera pas le changement sans son aide.

« La masse suivra lorsque les indépendantistes fervents auront mis à jour l’idéologie indépendantiste pour atteindre l’esprit et le cœur des Québécoises et des Québécois. »

Le statu quo est-il possible en histoire ?

Ici, il ne peut s’agir simplement de l’histoire des idées, de l’historiographie ou de ce qu’on peut penser de notre « être collectif ». Pourquoi ? Parce qu’il existe des réalités historiques profondes qui sont déterminées par notre statut de nation annexée. Or, au point de vue de la « science », il importe principalement de savoir si nous avons bien pensé. Les Canadiens-Français pensent avoir commis au point de départ une « erreur d’orientation ». Ce n’est pas l’explication la plus crédible. Nos illusions ne causent pas notre état de vie actuelle. Il s’agit plutôt d’une « erreur d’appréciation » qui vient aggraver légèrement notre situation sans en être la cause. D’où le FAIT que les effets sont constants et permanents. Toutefois, nos erreurs d’appréciation ne viennent qu’aggraver la dite « fatigue culturelle » et notre statut provincial d’une nation fédérée, c’est-à-dire subordonnée et superposée ─ toujours en état de dépendance et de privation.

Il faut sortir de ce cercle vicieux. C’est à nous de faire finir l’histoire comme nous le désirons et non de se laisser écraser par le passé ou par l’histoire que nous nous racontons. Il faudrait chercher les vraies causes qui nous permettraient de sortir de l’impasse du statut permanent de nation annexée. Si nous y parvenions collectivement, la désespérance atavique devrait connaître sa fin.

Le temps est venu de changer de « normes ».

Il faut aller plus loin et s’interroger soi-même sur notre Passé. Notre « erreur d’appréciation » est certainement en cause. Le temps est venu de changer de « normes ». Mais ce n’est pas facile. Antoine de Saint-Exupéry écrit dans Citadelle : « Quand les vérités sont évidentes et absolument contradictoires, tu ne peux rien, sinon changer ton langage . (Chap. CXXII) »

Quelle est la fin visée.

En faisant un pastiche de la phrase de Léon Tolstoï, on pourrait réfléchir un peu mieux sur nous-mêmes.

« Les Québécois traînent l’idée d’indépendance, chacun exprime son avis sur la façon d’agir et sur le choix de la fin visée. » (Chronique du 1er juillet 2014)

En 2015, pourrons-nous assister à une ferme volonté des souverainistes-péquistes de chercher à se comprendre sur la nature de l’indépendance politique du Québec d’abord ainsi que d’apprendre à préparer les conditions satisfaisantes pour réaliser un front uni. L’élite indépendantiste devrait se rendre à l’évidence que leur formation politique doit se doter d’une doctrine commune solide si elle ne veut pas éloigner la masse de l’objectif qu’elle désire partager et réaliser réellement.

Pour « Réussir », il serait urgent de mettre un terme à cette zizanie lancinante entre les indépendantistes ou souverainistes qui couve depuis 50 ans. L’abcès se doit d’être crevé. La masse suivra lorsque les indépendantistes fervents auront mis à jour l’idéologie indépendantiste pour atteindre l’esprit et le cœur des Québécoises et des Québécois. Ce travail de sape ne peut se faire dans la confusion, le ton plaintif et encore moins en reportant sur la « masse » l’incapacité de l’élite indépendantiste à avoir le courage de mettre au point le cadrage et la mise au foyer de la cible de l’indépendance politique du Québec.

LECTURES

Bernard FRAPPIER, « La question nationale n’est toujours pas réglée. » 2008 - Billet de Vigile par Bernard Frappier (reprise de 2002). Mercredi 30 avril 2008. 2 026 visites + 9 messages Résumé. La logique est dans les choses. Puisque le PQ ne semble pas résolu à prendre le chemin de la lutte, puisqu’il se contente de la rhétorique, puisqu’il esquive l’action, faut-il s’étonner que s’affaiblisse le lien qui cimentait la coalition péquiste ? Le PQ a perdu son âme. Le corps péquiste se défait, morceau par morceau. Visites : 2 024 + 9 messages 13-07-2015. EXTRAIT : « Le projet péquiste s’est enlisé depuis le 30 octobre 1995. La Grande Frousse d’Octobre 95, c’est le PQ qui l’a eue... S’il fallait que le OUI gagne, bonjour les problèmes... Ce serait une crise avec Ottawa... Vaudrait mieux négocier, régler à l’amiable, demander à Ottawa la permission. Ce serait « moralement irréprochable », même si ce serait politiquement « irréalisable »... Etc. »
Une analyse qui rejoint à la fois les points de vue de Pierre Daviau (2006 et 2007) et de L’Engagé (2011).

Maurice SÉGUIN, « Maîtrise de la vie politique et économique au Canada-Anglais et au Canada-Français. »Dans Histoire de deux nationalismes au Canada (1997).

« Sera-t-il permis au Québec de transformer ses relations de dépendance en relations d’égalité dans l’indépendance ? En d’autres termes, sera-t-il possible au Québec de corriger deux siècles [et demi] d’histoire ? L’Amérique anglaise lui a dit non en 1760 par la Conquête. Le Canada-Anglais lui a dit non en 1840 par l’union législative et en 1867 par l’union fédérale. Quelle réponse réserve le vingt-et-unième siècle ? »

Nous savons maintenant que depuis 1980 le Canada-Anglais s’est démontré un défenseur indéfectible et intransigeant de l’unité canadienne. Pour que notre être collectif se mute, il faut une élite consciente de vouloir faire le grand changement qui correspond à une « révolution politique » : deux États indépendants : Québec vs Canada (indépendance et interdépendance).

CONTROVERSE PROVINCIALISTE

Sortir de notre fixation sur le « Grand soir »
Énergie Est
PQ : la confusion qui consacre notre impuissance
Ce qui vaut pour la Colombie-Britannique vaut aussi pour le Québec
Jean-Claude Pomerleau, Editorial de Vigile, mercredi 17 juin 2015. 1 385 visites + 15 messages 15/07/2015 23:31

Commentaire

Marcel Haché, 17 juin 19h42
Cette maudite fixation du Grand Soir va finir par déconsidérer définitivement le P.Q. aux yeux de l’électorat. P.K.P. va devoir quitter le confort idéologique du navire amiral pour chasser sur les terres provinciales. S’il se ferme à tout provincialisme, il va emmener le P.Q. pas très loin des résultats obtenus par O.N.

Sortir de la confusion et le problème du MUR

Le mot « confusion » est juste, car il signifie, selon le dictionnaire, une situation embrouillée où chacun s’agite en tous sens. Tel est le sens même de la citation de Tolstoï. La politique-domaine-des-rivalités-partisanes entraîne inévitablement des débats. L’Energie de l’Est fait partie de ce champ politique. Bien sûr, le PQ doit se faire une « tête » comme on dit. C’est la lutte dans le régime et elle est incontournable. Cependant, étant donné qu’on peut marcher et mâcher de la gomme en même temps, on peut imaginer que la lutte nationale peut se faire concomitamment par une équipe dédiée à faire avancer le Québec dans la voie de l’indépendance politique du Québec.

Malheureusement, une frange de souverainistes soutient que c’est une erreur que de propager l’optique indépendantiste. Selon leurs normes ce serait foncer dans le MUR. Il y a plusieurs années sur Vigile Gilles Bousquet, Pierre Bouchard, André Simard et bien d’autres défendaient cette thèse. Et alors ! C’est un peu la peur du Coup de la Brinks. http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/21205.html Ils jouaient dans la même cour que Claude Morin. Vous ne trouvez pas qu’on a perdu assez de temps. Vous êtes strictement dans la politique-domaine-des-rivalités-partisanes. Le Devoir depuis sa création par Henri Bourassa, en 1910, s’occupe bien de ce champ de bataille. C’est encore vrai aujourd’hui. C’est ça être DANS le régime.

Pour changer le tir, il faut changer de normes. Mais pour lesquelles ? Ce sont celles de l’optique indépendantiste qui devraient nous guider. Le « Grand Soir » est entre les mains de la masse éclairée par de nouvelles normes. Elles sont pourtant connues. Mais la résistance des traditionnalistes est notre propre MUR.

Le MUR, les pays qui sont devenus indépendants comme l’Italie ou l’Allemagne au XIXe siècle l’ont connu. Les États-Unis d’Amérique l’ont connu au XVIIIe siècle jusqu’à leur Déclaration d’indépendance, en 1776, et même jusqu’à la rédaction de leur projet de constitution de 1787 qui a finalement reçu l’approbation par tous les États quelques années plus tard. Et que dire de tous les pays qui ont été admis à l’ONU depuis sa création en 1945. Tous ces peuples ou toutes ces nations ont travaillé fort pour y arriver. Pour les Québécois, ce chemin ne passera pas à côté de la nécessaire unité québécoise. « Un nouveau jour va se lever » https://www.youtube.com/watch?v=qJrAFQK1-X0 nous à chanter Jacques Michel. C’est de beaucoup plus encourageant.

Commentaires

  • Bruno Deshaies, 12 août 2015 10h09

    Rappel d’une Tribune libre de Monique Chapdeleine.

    À mon avis, il y a un nombre considérable d’individus au Québec qui pense comme Madame Chapdeleine. Cependant, un certain milieu de souverainistes s’obstine à discuter pour discuter de la fameuse « question nationale » dans le cadre de la politique « politicienne ». Des opinions de toutes sortes, on en trouve dans tous nos journaux tous les jours (et que dire de l’Internet). « Chacun traîne une poutre... » (Léon Tolstoï). On sait aujourd’hui où toute cette conversation nous mène. Pour dire comme l’autre : « On jase... »

    Madame Chapdeleine nous propose de nous élever un cran plus haut. Nous avons « un choix décisif » à endosser ouvertement et collectivement. Autrement dit : il faut prendre une décision d’abord afin d’arriver à la bonne destination. Il nous faut cesser de tourner en rond indéfiniment dans des palabres interminables (permettez-moi ce pléonasme). Madame Chapdeleine nous propose cette prise de conscience nationale dans l’optique indépendantiste.

    RÉFÉRENCE

    Monique CHAPDELAINE, « L’indépendance du Québec, un choix décisif. Il est impératif de choisir l’indépendance nationale du Québec et d’adopter un discours unique, clair et cohérent. Tribune libre de Vigile, samedi 27 septembre 2014
    412 visites 2 messages. Lire la suite :
    http://service.vigile.quebec/L-independance-du-Quebec-un-choix

  • Bruno Deshaies, 3 août 2015 22h49

    2015-08-03 22:29

    Deux nations indépendantes sous un même toit, est-ce possible ?

    J’aurais préféré réagir au commentaire de Marcel Haché sur ma chronique du 16 juillet 2015 mais, après réflexion, je constate que son commentaire a ouvert la porte à des problèmes plus vastes que celui de l’électorat. L’élection d’un parti politique quel qu’il soit, souverainiste ou fédéraliste, sous n’importe quelles nuances, dépend des humeurs de millions d’enquêteurs. Chaque électeur évalue la situation selon ses propres « normes ». Qui peut trouver la « norme » du commun dénominateur ?

    Je ne crois pas trop, comme l’écrit Marcel Haché, si c’est « l’horrible multiculturalisme canadien [qui a] tout contaminé », mais je sais que le fédéralisme, quel qu’il soit sous quelle que forme d’union fédérale, n’est pas nécessairement la panacée à tous les maux de l’histoire de l’humanité. Car il est facile de confondre « union sociale (1) » et union fédérale. Le gouvernement du Canada a franchi la limite depuis longtemps.

    [Lire la suite…] http://blogscienceshumaines.blogspot.ca/

    NOTE

    (1) Ou, autrement dit, un « accord commun en société » ou même une « union sociale plurielle ». http://tr.revues.org/753 L’article de la philosophe Joëlle ZASK, « Le public chez Dewey : une union sociale plurielle », serait pour nous une excellente source de réflexion. Publié dans un collectif intitulé Pragmatismes (voir la Revue de sciences humaines, Tracés, 15/2008 : p. 169-189. Résumé. La citoyenneté est une institution problématique. Au cours de l’histoire, le citoyen se voit tiraillé entre deux exigences : [1] participer ou [2] acquérir les compétences requises pour juger correctement des affaires communes. Le but de cet article est de montrer que seul un accord social fondé sur la pluralité des voix peut assurer une coordination entre ces deux exigences. On trouve dans la philosophie de John Dewey un bon exemple de combinaison [1] entre le fait de prendre part et [2] celui de développer une opinion publique véritable : le « public » est présenté comme une communauté d’enquêteurs. Afin d’insister sur l’originalité de cette conception, on distinguera le « public » des formes d’union fondées sur l’identité de leurs membres, tels la « masse » ou le « peuple ».

  • Marcel Haché, 18 juillet 2015 11h14

    C’est depuis toujours que l’Électorat québécois a vu des fédéralistes se battre entre eux au nom même du fédéralisme canadien.

    D’une certaine manière, les indépendantistes québécois n’ont jamais eu aucune chance de véritablement faire une percée auprès de l’Électorat, pour cette raison précise qu’il lui apparaît, à cet Électorat, à tort ou à raison, que les indépendantistes semblent reprendre toujours les mêmes vieux chevaux de bataille que les fédéralistes, et vouloir en découdre eux aussi avec le « fédéral ». Ce serait utile, oui, utile, de reconnaître que les fédéralistes québécois ont eux-mêmes longtemps contesté et même cassé du sucre sur le dos du « fédéral ». C’était le temps où, parmi les rouges, il existait encore cette chose qui s’appelle le patriotisme. C’était le temps d’avant, celui avant que l’horrible multiculturalisme canadien n’ait tout contaminé.

    L’Électorat s’est tout simplement fatigué de cette chamaillade incessante avec le « fédéral », dont on peut penser que cette avenue politique est devenue de peu d’utilité pour notre Cause.

    Je puis me tromper, bien évidemment, mais c’est ma conviction que l’Électorat boude davantage les indépendantistes que l’Indépendance elle-même. (Sinon, pourquoi les rouges craindraient-ils autant P.K.P. ?)

    Quelque part, en effet, l’Électorat souhaiterait bien qu’advenant une hypothétique « situation » d’indépendance, Ottawa et Québec s’entendent…plutôt qu’ils ne se chamaillent.

    Si le P.Q. maintient le cap d’une guérilla politique avec le « fédéral », il perdra à l’avance, la probabilité est grande à cet effet, il perdra ET la guérilla ET même la Guerre. C’est ce qu’a compris la gang qui tient présentement le Québec. Cette détestable gang, s’appuyant sur l’électorat du West Island, n’est pas une gang si nombreuse non plus qu’elle est invincible, mais c’est une gang efficace et influente. C’est surtout une gang qui ne trouve plus aucun avantage politique dans une quelconque recherche de confrontation et de bisbille avec le « fédéral ». Contrairement aux fédéralistes de jadis, ceux d’aujourd’hui qui sont sérieux et qui prétendent au Pouvoir, ne cherchent plus à se chamailler avec Ottawa ! En particulier la gang à Couillard, qui laisse totalement libre et tout grand ouvert le champ (de ruines…) de la guérilla péquiste à l’égard du « fédéral ». Ils savent que c’est une avenue politique contre-productive pour le P.Q. Les rouges ont pris la mesure exacte du vote orange…

    Nous aurons beau nous évertuer à faire une contestation politique du régime lui-même, nous les indépendantistes, si le P.Q. ne parvient pas d’abord par articuler une contestation « dans » le régime qui autorise un large consensus, contestation qui intéresse aussi un tant soit peu l’Électorat, il se pourrait bien que les portes de la cité ne nous soient jamais ouvertes, ni le Pouvoir accessible.

    Un Redressement National, s’il doit y en avoir un-et je crois qu’il devra y en avoir un, et c’est bien plus facile à faire qu’on ne le croit s’il s’agit de mener un véritable Combat- ça commencera après la prise du pouvoir provincial, eh oui, eh oui, après avoir fait contestation « dans » le régime canadien. Pas "avant", bel et bien "après" avoir reçu les clés de la cité.

    Évidemment, un tel Redressement National et un véritable Combat n’ont rien à voir avec la tenue d’un autre référendum de losers. Si nous sommes sérieux à cet égard, nous devrions savoir, depuis deux référendums perdus inutilement¹, nous devrions être capables de reconnaître qu’un des effets indésirables à très long terme des référendums, c’est qu’ils servent sûrement à la mobilisation en début, mais plus sûrement encore à la démobilisation à la fin, qu’ils mènent tout droit au cynisme et la passivité des Électeurs, partout à travers le monde, qu’ils soient du côté des vainqueurs ou des losers.

    Comme nous le verrons à la longue en Écosse et, plus récemment mais plus rapidement en Grèce… On jase.

    ¹ La menace de tenir un référendum, cela a autrement plus de portée politique subversive que la tenue effective d’un référendum, qui a ce maudit effet pervers de révéler le « score » à l’ennemi…

  • Bruno Deshaies, 17 juillet 2015 20h06

    @François,

    Je vous remercie d’avoir signalé cette coquille. En effet, j’avais bien noté Pierre Godin, mais... Donc, mes excuses, car votre référence est bel et bien Pierre Godin. Aussi bien donner la référence Internet : http://www.editionsboreal.qc.ca/catalogue/auteurs/pierre-godin-441.html

    Merci !

  • François, 17 juillet 2015 11h53

    Cher M. Deshaies, il y a une coquille majeure dans votre texte. C’est Pierre Godin qui est l’auteur de la biographie de René Levesque et non pas Gérald Godin !

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